Signes religieux et symboles d’oppression: fin d’un amalgame

«Le débat sur les signes religieux a donné lieu à un amalgame avec les symboles d’oppression des femmes», selon les auteures.
Photo: iStock «Le débat sur les signes religieux a donné lieu à un amalgame avec les symboles d’oppression des femmes», selon les auteures.

Le débat sur les signes religieux a donné lieu à un amalgame avec les symboles d’oppression des femmes. Nous proposons qu’on s’en libère et qu’on opère une distinction entre les deux.

Les signes religieux représentent une allégeance à un système religieux. Les symboles d’oppression des femmes représentent une appartenance à un système social (religieux ou autre) qui s’en sert pour faire l’oppression des femmes. Historiquement, ces systèmes n’ont cessé de trouver des moyens de rabaisser, d’opprimer et de réprimer les femmes. Étant donné le recoupement facile entre les deux, on s’est adonné à un amalgame qui est nocif et à un glissement sémantique qui l’est tout autant. Oppression veut dire qu’un système dominant l’impose, qu’il soit accepté ou non. Soumission veut dire qu’il est accepté, bon gré mal gré. Aliénation veut dire qu’il est adopté, transmis et même parfois revendiqué par les femmes.

Qu’on parle de voile catholique, islamique ou autre, ils relèvent de la même logique que d’autres manifestations plus flagrantes comme le confinement des femmes à la maison, leur soumission à un homme de la famille, la privation de droits civiques ou encore les pieds bandés des Chinoises. À l’extrême, on trouve les mutilations sexuelles, le viol, la lapidation, l’esclavage sexuel et les mariages précoces.

Bien sûr, il faut considérer l’origine géographique (si nous étions nées en territoire ouïghour, nous serions des Chinoises musulmanes réprimées par le gouvernement chinois) ou microgéographique (comme les communautés dans un pays comme le nôtre) des femmes, qui ont des raisons compréhensibles de porter un voile au titre de symbole identitaire. On veut simplement qu’il soit reconnu qu’un voile, quel que soit le système auquel il se réfère, est tout bonnement un symbole d’oppression des femmes. Le passé québécois a assez souffert des abus de l’Église catholique, sur les Autochtones et beaucoup de monde, pour ne pas déboucher sur une autre oppression. Et s’il faut parler de la souffrance des femmes, parlons de la nôtre, nous qui souffrons chaque fois de voir une femme porter un symbole d’oppression, de soumission et d’aliénation, au Québec comme ailleurs. Nous suggérons aux femmes d’ici qui portent le voile sans obligation de le faire de penser à la souffrance des femmes qui y sont obligées, parfois sous peine de mort, et de considérer une solidarité avec elles en évitant de le porter. Une solidarité qui s’appellerait sororité.

Finalement, citons le président Nasser d’Égypte, qui, à l’instar d’Atatürk en Turquie, a voulu à l’époque débarrasser le Parlement égyptien ainsi que sa population du voile islamique, et se moquait des démarches à son égard pour rendre le port du voile obligatoire, et à qui un membre de l’assemblée a répondu : si les hommes aiment tant le voile, qu’ils le portent eux-mêmes !

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58 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 7 février 2019 06 h 12

    On n'a pas besoin d'acquiescer à l'obscurantisme et à la misogynie pour démontrer notre tolérance.

    Bravo et félicitations mesdames, pour un article pertinent et plein de sagesse. Effectivement, au lieu de penser à la libération de ces femmes qui ne veulent pas porter ce voile de la honte, on nous accuse d'un manque de tolérance à la diversité. C'est à dire, il faut délaisser à la femme la liberté de se voiler, de s’enfermer et de rester arriérée.
    On n'a pas besoin d'acquiescer à l'obscurantisme et à la misogynie pour démontrer notre tolérance. Et où se trouve notre solidarité avec les femmes de l'Iran et de l'Arabie saoudite qui risquent leur vie si elles enlèvent leur hijab?

    • Pierre Desautels - Abonné 7 février 2019 11 h 13


      Depuis le début de ce débat lancinant et pénible, les féministes sont divisées sur la question. Aux nouvelles, ce matin, la militante Nadia ElMabrouk affirmait que partout où le voile progresse, les droits des femmes régressent. Ce qui est peut-être vrai ailleurs, où les pouvoirs politiques et religieux s'entremêlent, mais ce n'est pas le cas ici au Québec.

      La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a plutôt répliqué sagement que le vêtement est secondaire :"Pour moi, l'émancipation des femmes, ça passe d'abord et avant tout par la capacité des femmes à avoir une job, étudier, être payée équitablement, qu'on s'occupe de la conciliation travail-famille, que les femmes puissent accéder à des postes de pouvoir et à des postes décisionnels."

      Peut importe les raisons pour lesquelles quelques femmes instruites, compétentes, francophones, portent le voile, il n'en demeure pas moins qu'en occupant des postes qui font qu'elles apportent une contribution à notre société, on devrait les laisser tranquilles. L'État, (et de surcroît dans un État de droit) ne devrait pas se mêler de leurs vêtements, mais de ses affaires.

    • Carmen Labelle - Abonnée 7 février 2019 12 h 50

      M. Des autels vous êtes naïf si vous pensez que ces signes religieux, ce voile en particulier, n’est pas complètement politisé. Gilets jaunes en France, casquettes rouges des Trumpistes, cravate rouge des liberux etc, l’habit fait véritablement le moine en transmettant un message Le fondateur du progressiste Congrès musulman canadien , Tarek Fatah, affirme que ce voile est Le drapeau des Freres musulmans. Je vous invite à lire dans le Devour un autre article sur le sujet « pourquoi et comment le vêtement est utilisé comme marquer idéologique »

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 février 2019 14 h 23

      La différence, madame Labelle, c'est que le gilet jaune est revendiqué, tout comme la casquette. Plus ils et elles sont nombreux à le faire, plus le sens tend à se crystalliser autour de quelques idées ou d'une personne avec effet de boucle de rétroaction positive. Que Tarek Fatah affirme que le voile témoigne d'une allégeance n'a pas pour effet de la créer pratiquement si elle n'existe pas. En fait, tout ce qui lève dans l'espace public québécois à propos du voile, c'est la suspicion de ses adversaires, encore qu'elle ait peu d'éléments concrets ni nouveaux à se mettre sous la dent pour alimenter et renouveler son discours.

    • Pierre Desautels - Abonné 7 février 2019 14 h 35


      @Carmen Labelle.

      Je crois que la naïveté vient de votre côté. Le voile est porté pour différentes raisons et même si pour certaines c'est un geste politique, ce n'est pas l'interdiction qui va arranger les choses, bien au contraire. Si vous croyez que le fait que quelques enseignantes perdent leur emploi ou sont déplacées dans des postes administratifs va faire une différence, vous vous trompez. Ces femmes pourront se tourner vers les institutions scolaires privées où le port du hijab sera permis. Pascal Bérubé du PQ a souligné avec justesse que les congédiements risquent de créer des martyrs et cela va au contraire radicaliser certains membres jusqu'ici modérés de la communauté musulmane.

      Il ne faudrait pas se surprendre alors que le nombre de femmes portant ce hijab dans l'espace public augmente. Est-ce que vous allez demander son interdiction là-aussi? Vous voyez bien que votre combat est inutile et même contre-productif.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 février 2019 07 h 10

    Des pieds bandés aux talons aiguille

    Soyons bref, pour une fois, quitte à repasser par ici.

    Les talons aiguille gênent la marche et modifient la posture naturelle du corps. Comme d'autres accessoires vestimentaires et cosmétiques, ils ont contribué activement à la sujétion sexuelle des femmes, à leur chosification. Aucune femme ne pourrait donc revendiquer leur usage autrement qu'à faire injure frontale aux acquis du féminisme. Il faudrait donc les interdire ?

    Au jeu

    • Kathleen Goulet - Inscrite 7 février 2019 08 h 48

      Merci pour ce commentaire !

      C'est exactement ça qui me dérange avec ce débat ! Au lieu de s'attaquer à un symbole qu'on ne connaît pas et qu'on ne comprend pas réellement (parce qu'il n'appartient pas à notre culture), regardons donc les symboles occidentaux oppressant, parce qu'il a et beaucoup. Les talons hauts en sont un, les vêtements, le poids, le maquillage, l'épilation, etc. Tous ces symboles qui pour nos yeux d'occidentaux nous semblent moins "visible" dans l'espace public parce que nous y sommes habitués. Je me demande qui est plus aliéné que qui.

      Le jour où on arrêtera de juger les femmes sur leur vêtement, leur t-shirt, leurs poils et leur poids, on pourra peut-être se permettre de dire que le hidjab est un symbole d'oppression. En attendant, regardons notre propre nombril, y'a déjà beaucoup de saleté.

    • Cyril Dionne - Abonné 7 février 2019 09 h 56

      « Le jour où on arrêtera de juger les femmes sur leur vêtement »

      Est-ce que vous parlez de Catherine Dorion qui semble porter plus d’attention à ses vêtements qu’elle porte qu’à ses politiques?

    • Céline Delorme - Abonnée 7 février 2019 12 h 24

      M Maltais Desjardins, comme certains hommes, est favorable au port du voile qui infériorise les femmes. C'est son opinion.
      Bravo aux auteures de cette lettre: "Si les hommes aiment tant le voile, qu'ils le portent".
      Selon M Maltais, les talons aiguilles seraient comparables. M Maltais semble trop instuit et intelligent pour faire une comparaison aussi ridicule. Alors Dites moi:
      Citez-moi des cas dans le monde où des femmes sont menacées d'être emprisonnées, d'être violentées, ou violées, arrosées d'acide, ou enfermées à clé dans leur maison par leur père ou leur frère, si elles ne portent pas de talons aiguilles?
      Citez moi des témoignages de femmes qui ont dû quitter leur pays d'origine et se réfugier au Canada pcq on les obligeait à porter des talons aiguilles qu'elles ne voulaient pas?
      Le seul exemple connu est le tapis rouge du festival de Cannes où les services de sécurité exigeaient des talons hauts, ceci a été annulé après que des actrices ont décidé de monter le tapis pieds nus. Personne n'a été violentée, ni emprisonnée. Dans certains emplois les talons hauts sont demandés par l'employeur, mais les normes du travail protègent celles qui le refusent. Aucun cas d'emprisonnement connu.

    • Carmen Labelle - Abonnée 7 février 2019 14 h 05

      Monsieur le philosophe, votre comparaison est boiteuse. Les femmes qui choisissent de porter un accessoire de mode le font par goût et non par obligation religieuse et le font de façon intermittente. Elles ne chaussent pas systématiquement des talons hauts des qu’elles mettent le pied dehors de chez elles, contrairement aux femmes qui se couvrent le moindre cheveu et le cou toutes les fois où elles sortent de chez elle.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 février 2019 14 h 29

      @ Céline Delorme,

      Citez-nous donc des cas où des femmes sont menacées d'être emprisonnées, violentées, violées, arrosées d'acide, ou enfermées à clé dans leur maison par leur père ou leur frère, si elles ne portent pas le voile au Québec?

      Et pourquoi ça n'arrive pas ?

      Parce que la loi interdit et condamne déjà ça au Québec

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 février 2019 15 h 44

      « M Maltais Desjardins, comme certains hommes, est favorable au port du voile qui infériorise les femmes. C'est son opinion. »

      Je ne réponds pas aux sophismes grossiers.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 février 2019 19 h 04

      Madame labelle, voir plus loin dans le fil ! Merci.

  • Denis Vallières - Abonné 7 février 2019 07 h 42

    Avant toute affirmation péremptoire

    Avant d'aller plus loin dans les conséquence d'une affirmation telle que : « [...] un voile, quel que soit le système auquel il se réfère, est tout bonnement un symbole d’oppression des femmes », je suggère aux autrices de ce billet de lire cet excellent ouvrage : "Au-delà du voile, femmes musulmanes en Iran" par Marie-Claude Lutrand et Behdjat Yazdekhasti. On y emprunte beaucoup de pistes historiques, philologiques et anthropologiques qui offrent une bonne perspective sur cet objet si paradoxal et controversé qu'est le voile.

  • Christian Montmarquette - Abonné 7 février 2019 07 h 43

    Entraver le droit au travail n'est pas de l'émancipation


    "On veut simplement qu’il soit reconnu qu’un voile, quel que soit le système auquel il se réfère, est tout bonnement un symbole d’oppression des femmes. Le passé québécois a assez souffert des abus de l’Église catholique.." .. dit l'article.

    Toutes ces femmes ne portent pas le voile pour les mêmes raisons, et certaines, par simple expression culturelle; on ne peut donc généraliser.

    D'ailleurs, ce n'est pas en s'attaquant à leur droit de travailler que l'on contribuera à libérer les femmes qui auraient besoin de l'être. Au contraire, on les rendra encore plus dépendantes de leurs maris, comme à l'époque de la Grande noirceur qui a précédé la Révolution tranquille au Québec.

    Christian Montmarquette

    • Carmen Labelle - Abonnée 7 février 2019 14 h 09

      On encore la cassette de la perte d’emploi. Si je refuse d’enlever mes piercing ou m’obstine à porter ma casquette ou mon t-shirt à tête de mort alors que mon emploi ou l’emploinpour Lequel je postule les proscrit, ,c’est moi qui me prive de cet emploi, j’en suis seule res’onsable Si je préfère des bouts de tissus ou des bijoux à un bon emploi, point barre.
      Il me semble que c’est facile à comprendre .

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 février 2019 17 h 34

      @ Carmen Labelle

      Les casquettes, les t-shirt et les percing ne sont pas inclus dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

      - CQFD

  • Christian Montmarquette - Abonné 7 février 2019 07 h 50

    Pouvoir de coercition ou incarner l'institution?


    Qu'on soit pour ou contre, il me semble que la question de restreindre les signes religieux, non pas à ceux qui "détiennent un pouvoir de coercition", mais à ceux qui "incarnent l'État", la loi et les institutions, soit: les juges; les policiers; les procureurs de la couronne et les présidents et vice-présidents de l'Assemblée nationale de même que le Lieutenant-gouverneur, m'apparait recevable. À la différence des simples "employés.es de l'État" comme les enseignants.tes. C'est d'ailleurs pourquoi faire une exception pour les instituteurs, alors qu'on permettrait le port de signes religieux aux infirmières et autres ne me semble pas équitable.

    Sans compter que, question de laïcité, QS devrait se concentrer sur l'élimination des subventions aux écoles confessionnelles; le retrait du crucifix à l'Assemblée nationale et l'élimination des exemptions de taxes aux organismes religieux, là où s'établit la véritable laïcité de l'État quoi.

    Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 7 février 2019 10 h 06

      M. Montmarquette, je vous l'ai déjà dit : vous pourrez exclure les professeurs une fois que vous aurez apporté la preuve tangible qu'un enseignant a moins d'ascendant sur ses élèves qu'un patron sur la secrétaire qu'il tripote impunément.

      Une secrétaire ne prend pas son patron pour le détenteur de toute connaissance, sauf si elle a un problème personnel.
      Un élève, oui. En fait c'est ce qu'on lui demande!

      Un prof du système public ne représente pas l'État, mais il est payé par l'État pour afficher en tout point une complète neutralité face aux croyances et opinions, ce qui est ab-so-lu-ment contradictoire avec TOUS les monothéismes... et nous ne parlons pas vraiment d'autre chose que je sache : christiannisme, islam, hindouisme, sikhisme, tous des des monothéismes.

      Le symbole dépasse l'individu. Sinon, ben, c'est pas un symbole! Les symboles religieux soint TOUS des symboles de pouvoir politique quoi que vous disiez. Êtes-vous en faveur de symboles politiques dans les écoles? Connaissez-vous les religions seulement?

      Oter le crucifix et faire disparaître les exemptions pour les institutions religiieuses, certainement.

      Cesser de remettre de l'argent aux écoles privées dont les confessionnelles, oui.
      Mais par étapes :
      On doit permettre aux élèves de terminer le cycle complet dans leur institution.
      On doit laisser au public le temps d'intégrer les étudiants.
      Certains collèges ont développé une expertise très forte pour les étudiants divergents en tout genre. Perdre cette expertise serait un crime. Il faudra plusieurs années de passage.
      Le public et le privé ne sont pas des vases communicants, La perte d'emplois d'un côté n'est pas parallèle à la création de l'autre côté. Faut agir lentement et humainement.
      On devra bâtir des nouvelles écoles.

      C'est pas vraiment un économie de soustraire le privé, en tout cas pas à moyen terme, et je n'ai même pas parlé des troubles sociaux forcément engendrés tant dans chez les étudiants que chez les profs.

    • Cyril Dionne - Abonné 7 février 2019 10 h 14

      Pardieu, « À la différence des simples des simples employés.es de l'État" comme les enseignants.tes. ». Sur quelle planète vivez-vous M. Montmarquette?

      Primo, les enseignants sont une figure d’autorité avec un pouvoir de coercition, sinon toute la conception de l’école et de l’éducation n’existe plus. Pour cela, il faut enseigner et être dans la salle de classe pour comprendre. Au primaire, les enseignants passent plus de temps avec enfants que leurs parents. Deuxio, c’est dans les écoles qu’on retrouve le plus de symboles ostentatoires en société, point à la ligne. Tertio, avec une clientèle influençable comme les enfants, eh bien, le prosélytisme n’a pas sa place dans cette enceinte publique. Enfin, ce sont ceux qui sont contre le progrès social qui sont contre la laïcité dans les écoles. On retrouve notamment, le parti libéral du Québec et du Canada, les syndicats qui veulent garder leurs membres et leur pouvoir, les multiculturalistes et enfin, les antinationalistes de Québec solidaire.

      En passant, je suis enseignant et je n’ai jamais considéré mes confrères et consœurs comme des simples employés de l’état. Bien au contraire.

      Cyril Dionne

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 février 2019 10 h 55

      "Primo, les enseignants sont une figure d’autorité avec un pouvoir de coercition" - Cyril Dionne

      Je vous ferai remarquer que je conteste cette définition de "figure d’autorité" et la remplace par les personnes qui : "INCARNENT L'ÉTAT".

      D'autant plus qu'à ce titre, il faudrait inclure les médecins qui sont des "autorités médicales". Et pourquoi pas le PDG de l’Autorité des Marché financiers tant qu'à y être?

      Or, les enseignants n'incarnent pas l'État, les lois et les institutions, à un point tels qu'ils leur arrivent de contester leur propres institutions.

      Ce sont les juges, les policiers, les avocats de la couronne, les présidents de l'Assemblée nationale etc qui incarnent l'État.

      Si vous refusez cette définition, alors nous ne jouons pas sur le même terrain et cette discussion ne mène nulle part.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 février 2019 13 h 22

      @ Jean-François Trottier

      "Cesser de remettre de l'argent aux écoles privées dont les confessionnelles, oui. Mais par étapes"- Jean-François Trottier

      Vous, qui vous prétendez sans cesse un expert du programme de QS, venez de démontrer votre ignorance en tentant de défoncer des portes ouvertes, puisque notre programme prévoit une transition de 4 ans:

      "Québec solidaire va mettre fin au financement public des écoles privées"- QS, 01 SEP 2018.

      Extrait : Échéancier de transition :L

      An 1 : Mise sur pied d’un Bureau de transition. Un gouvernement solidaire expliquera à la population, aux parents et administrateurs d’établissements privés quelles sont leurs options.

      An 2 : Début des négociations avec les établissements privés souhaitant intégrer le système public.

      An 3 : Adoption d’un protocole avec les établissements et début des premières transitions vers le public.

      An 4 : Fin des subventions aux écoles privées

      .

    • Léonce Naud - Abonné 7 février 2019 16 h 49

      M. Montmarquette : « Les deux premiers fonctionnaires de l’État, c’est la nourrice et le maître d’école. » Victor Hugo, Les Misérables.

    • Jean-François Trottier - Abonné 7 février 2019 18 h 40

      M. Montmarquette,

      Au sujet de l'arrêt des paiements au privé :
      De un, je n'ai rien écrit qui puisse dire que je vous contredisais à cet endroit. J'ajoutais un point que je trouve essentiel. Je vous suggère de ravaler votre haine à cinq cennes pour une fois.

      De deux, si VOUS parliez du programme, ben pas moi. Je donnais une opinion et il s'adonne que cette opinion s'accordait à peu près avec ce que vous écriviez. Écriviez, je dis. Parce que penser, j'ai mes doutes :

      Je vous prie, sans trop espérer, de cesser de croire que tout le monde est comme vous. Je sais bien que hors de QS vous n'existez pas et que selon vous l 'univers a commencé en 2009. Vous le démontrez à bras raccourci depuis très longtemps.
      La majorité des gens pensent par eux-mêmes, M. Montmarquette. Je sais, pour vous c'est un péché mortel, mais voilà, je me fous de votre esprit sectaire.

      De trois, ces 4 ans sde QS sont nettement insuffisants. En ceci QS fait comme toujours en se foutant des la réalité. Bâtissez toutes les écoles nécessaires en 4 ans, vous! Tiens, je vous fournirai le marteau. Non mais!
      Des écoles, ce n'est pas seulement des murs et un prof qui débite de la matière en avant. Ça se bâtit, école et l'équipe qui y travaille.
      Mais non, en bon "révolutionnaire" (c'est vous qui le dites, n'est-ce pas), vous voulez tout casser. C'est épais comme c'est pas permis.

      La plus importante raison est le passage des profs d'un système à l'autre et surtout le passage de l'expertise. Non, 4 ans ne sont pas suffisants, un point c'est tout.
      Mais bon, c'est pas ce que QS dit donc c'est forcément faux, hein? Plus apparatchik que ça...

      Vous n'avez que le budget en tête, moi je parle d'humain et d'ensembles d'humains, ce truc dont vous ignorez tout. Ça paraît.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 février 2019 19 h 37

      @ Léonce Naud,

      Connaissant votre positionnement général sur l'axe politique, si j'étais vous, j'éviterais de me référer à Victor Hugo.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 7 février 2019 23 h 03

      @ Monsieur Naud.
      Assez rigolo votre remarque! Mais pleine de leçon
      Au 19e siècle de Victor Hugo, la nourice est le symbole de « l’ancien régime » très hiérarchisée dans la morale catholique... La nourice est une femme qui ne possède rien, sinon un pouvoir pour transmettre la vie et son lait pour alimenter son enfant et les enfants d’autres mère! Et oui, cette femme par sa générosité va « influencer » les enfants qu’elle alimente... non pas à cause des médaille ou des madones ou des signes religieux qu’elle porte.

      À l’âge scolaire, cet enfant français du 19e siècle se rendra peut-être (si les parents sont de conditions modestes) à l’école publique et laïque. Son maître ne fera pas d’enseignement religieux et il est possible qu’il soit anti-cléricale. Par contre, en France du 19e siècle, les fils du riche bourgeois et celui du « noble » et aristocrate décadent ira étudier dans les colléges privés bien catholiques et réputés des Jésuites ou autre institution!

      Je me demande si les laïcistes se sont attardés à examiner les paradoxes sociologiques que la laïcité à la française a produite en prenant la référence du 20ième siècle. Par exemple, l’élite intellectuelle française et les hommes politiques les plus brillants ont-ils reçu leur « éducation » de base dans des écoles privées dirigées souvent par des prêtres et religieux? Et pourtant, cette élite intellectuelle ne donne pas le primat aux croyances religieuses face au système juridique et à la laïcité de l’État.

      Par contre, on peut se demander, comment se fait-il qu’une grande portion de la population française, éduquée dans l’école publique laïque, soit croyante et praticane! Et phénomène particulier, ce monde de l’ordinaire se reconnait dans le nationalisme des « valeurs » profondes de la vieille France de Marie LePen.