Citoyens québécois et musulmans

«Qui a dit que la laïcité était un enjeu à régler une fois pour toutes par l’État, de surcroît en utilisant un arsenal législatif musclé?» s'interroge l'auteur.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne «Qui a dit que la laïcité était un enjeu à régler une fois pour toutes par l’État, de surcroît en utilisant un arsenal législatif musclé?» s'interroge l'auteur.

S’agissant du débat sur la laïcité, les déclarations publiques des derniers jours ont clairement fait ressortir les limites, sinon les contradictions du débat dans lequel s’engage présentement la société québécoise. En plus des obstacles légaux qui se dressent sur le chemin de la future loi, inscrits dans la Charte des droits et libertés de la personne, et des risques de dérapage politique disgracieux, apparaissent maintenant de manière plus évidente les conséquences sociales déplorables du projet que caresse le gouvernement caquiste.

Il n’est pas nécessaire d’être un grand clerc pour comprendre que le programme législatif du premier ministre vise avant tout les musulmans, et particulièrement les femmes musulmanes. On ne voit pas très bien, en effet, dans le discours actuel, quel autre groupe ou communauté religieuse pourrait se mériter une attention aussi soutenue. À tout le moins, il est facile de prévoir que la loi atteindrait avec plus de force les femmes qui se voilent le visage en tout ou en partie ; ce qui revient à dire qu’elle s’appliquerait avec plus de sévérité et de régularité à une minorité bien déterminée de la société. Ce parti pris est contraire à l’esprit de la démocratie et au traitement équitable que l’État doit réserver à tous ses citoyens. La loi projetée porte aussi, bien au-delà de la fonction publique et du secteur de l’enseignement, des risques de stigmatisation évidents. Même si elles n’entrent pas sous le coup de la loi, un grand nombre de femmes musulmanes et de personnes appartenant visiblement à des traditions non chrétiennes seront touchées indirectement sur le marché du travail par ces mesures législatives. Elles seront à tout le moins soumises à une attention médiatique disproportionnée et désignées à l’opprobre général.

Besoins à court terme

En l’absence de crise sociale aiguë ou de raisons pressantes d’agir, le gouvernement n’intervient ici qu’en fonction de ses besoins politiques à court terme. Qui a dit que la laïcité était un enjeu à régler une fois pour toutes par l’État, de surcroît en utilisant un arsenal législatif musclé ? Bien au contraire, le pluralisme religieux fait partie d’un ensemble de valeurs qui sont soumises à des négociations constantes entre les différents acteurs sociaux, le plus souvent avec des résultats positifs et raisonnables. L’État n’a pas pour rôle de juger laquelle des traditions religieuses a le plus de valeur dans sa forme extérieure ou sur la place publique. Il doit plutôt jeter un regard neutre et bienveillant sur toutes les croyances et préserver la liberté de conscience de tous les citoyens.

Rédiger une loi qui vise un groupe religieux en particulier mènera à une intensification des formes d’hostilité qui s’exercent déjà contre les musulmans au sein de la société québécoise. L’impair législatif est d’autant plus lourd de conséquences qu’en agissant ainsi, le gouvernement bloque la voie à une intégration réussie des femmes musulmanes au sein de la société québécoise et relaie une attitude préjudiciable. Privées d’accès à l’emploi, de leur dignité de citoyen et des moyens d’entrer en contact avec la majorité francophone, les personnes que la future loi désigne comme fautives se trouveront encore plus isolées et ostracisées qu’auparavant.

Ceux et celles que le premier ministre pointe du doigt subiront longtemps les conséquences d’un programme législatif irréfléchi, aux objectifs nébuleux et formulé de manière approximative. Loin de faciliter la transition vers une pleine participation de tous, on peut prévoir que le gouvernement va plutôt durcir les oppositions à la diversité culturelle au sein de notre société et aggraver les préjugés envers les minorités religieuses, notamment musulmanes. Il confortera aussi dans leur opinion défavorable une partie de la population qui se méfie déjà de l’altérité sous toutes ses formes. Nul besoin de chercher très loin dans l’actualité les preuves d’une hostilité latente à l’endroit de l’islam de la part de certains individus peu tolérants, et que les médias relaient avec régularité. Exactement le contraire de ce que les caquistes prétendent accomplir par leur programme législatif et les moyens qu’il propose, c’est-à-dire en limitant les libertés fondamentales d’une fraction de la population et en réduisant ouvertement le droit des individus à l’expression de leurs convictions profondes. Plutôt que ce coup de force législatif, il vaudrait mieux que le gouvernement s’engage à développer une attitude préventive et accueillante envers la diversité, qu’il se résolve à accompagner les minorités vulnérables et à éduquer la population en général.

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56 commentaires
  • Jacques Gagnon - Abonné 7 février 2019 00 h 59

    Un point de vue

    Vous êtes bien à Ottawa et cela se voit.

    • Pierre Desautels - Abonné 7 février 2019 11 h 23


      C'est très édifiant comme argumentaire.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 7 février 2019 13 h 35

      M. Anctil se réclame aussi sur Internet d'être membre de : The ROYAL Society of Canada...rien de moins.
      Multiculturaliste postcanadian (sic), ça fait un bout qu'il a oblitéré ses racines.
      Préférant le melting pot canadian...
      Monsieur le Professeur ...se dit historien. Je veux bien...mais il choisit SES Histoires.
      Celles tenant de la religion juive et de sa diaspora et, celles des...immigrants musulmans... ont sa faveur.
      Surtout si ces derniers sont...islamistes. Le pile et la face d'une même pièce de monnaie.

      Les chrétiens...sont les catholiques, les protestants, les orthodoxes...et autres sous idéologies.
      Les Chrétiens constituent, encore aujourd'hui, la dominance religieuse dans le Monde.
      Les musulmans...sont les islammistes: les sunnites et les chiites...et autres sous idéologies.
      Ces derniers, les musulmans-islamistes, constitueront la dominance religieuse ...en 2070... dans le Monde.

      Rien n'est plus semblable, "du pareil au même", que la photo prise il y a 2000 ans et celle d'aujourd'hui...
      L'IDÉOLOGIE , PROPHÈTE et POUVOIR. Et vice et versa .

    • Sylvain Auclair - Abonné 7 février 2019 18 h 59

      Madame Sévigny, qu'on le veuille ou non, le Canada est une monarchie... La Royal Society, c'est l'Académie des sciences du Canada.

  • Lionel Orengo - Inscrit 7 février 2019 04 h 00

    ça commence par le voile

    La ministre des femmes au Québec devrait tourner sa langue plusieurs fois dans sa bouche à l'avenir avant de confesser sa foi catholique à l'occasion d'une polémique qu'elle initie sur le voile.

    Pour le reste, intéressez-vous de près à ce qui se passe dans d'autres sociétés démocratiques. Prenez l'exemple de la France et de la Belgique et relisez "La Peste" de Camus (vous comprendrez l'allégorie). Ca commence de manière anodine, par une histoire de voile, dans une école, dans une crèche, cela continue par l'impossibilité d'enseigner à l'école la littérature, les sciences et l'Histoire. Puis alors, c'est au tour des jeunes femmes qui n'osent plus prendre les transports en commun et qui sont les victimes d'odieux viols collectifs. A la fin, c'est un parti politique qui prône la ségrégation hommes/femme dans les bus et impose la Charia. Je délire, je diabolise ? Non, même pas.

    Je me permets de rappeler une bribe du papier de Sophie Durocher publié dans le JDM du 28 janvier dernier :
    (...) "Et puis, un dernier rappel aux anti-loi sur le signes religieux : svp arrêtez de dire que les employés de l’État vont perdre leur emploi À CAUSE de leurs signes religieux. Ils ne perdront leur emploi qu’à cause de leur REFUS de retirer leur signe religieux pendant leurs heures de travail. Ce n’est pas du tout la même chose. Si tu places la loi de Dieu ( de ton Dieu) au-dessus de la loi des hommes, ce n’est pas à la loi de s’adapter à tes préférences. C’est à toi de t’adapter aux lois en vigueur."

    En conclusion, l'interdiction des signes religieux dans l'espace public à commencer par le voile islamique tant pour les agents en autorité que pour les bénéficiaires des services publics découle de plusieurs principes laïques de bon sens :
    - La séparation des religions et de l'Etat garantissant leur neutralité réciproque ;
    - La garantie de la liberté de conscience des citoyens ;
    - L'impérieuse nécessité de conserver toute spiritualité dans le domaine privé et intime.

  • Claude Bariteau - Abonné 7 février 2019 05 h 53

    Vous postulez que « le programme législatif du premier ministre vise avant tout les musulmans, et particulièrement les femmes musulmanes ». Puis, vous vous concluez ce gouvernement devrait plutôt mieux accueillir la diversité, accompagner « les minorités vulnérables et éduquer la population en général. »

    Tout ça parce que la question de la laïcité mise de l’avant, que vous discréditez d’entrée de jeu, serait porteuse de stigmatisation sociétale alors qu’il s’agit, avec elle, d’accueillir justement la diversité dans l’espace publique, de protéger les minorités qui s’y expriment et d’éduquer la population en général en faisant des institutions publiques des lieux où les signes religieux, quels qu’ils soient, sont bannis.

    Mais de ça, vous ne faites pas écho, l’important demeurant à vos yeux que les institutions publiques ne soient pas laïques et régulées par des pratiques chez ses membres exemptes de signes religieux pour témoigner de la séparation de l’État des religions.

    Aussi j’en conclus que vous prônez des institutions publiques religieusement investies, banalisant toute règle de laïcité, mais aussi tout ce qui confirme une autorité politique. En dérive une autorité d’un État post-national qui, comme c’est le cas du Canada, élague le concept de nation accolé aux États souverains et indépendants.

    En petit clerc que je suis, je décode de votre texte une vision du politique présente dans les grands empires d’hier qui, pour survivre, reconnaissaient les particularités religieuses et culturelles des populations sur les territoires intégrés et conquis, ce que fit la Grande-Bretagne en créant le Dominion of Canada et que poursuit le Canada en misant sur l’immigration plutôt que les conquêtes territoriales.

    Il faudrait peut-être le préciser, car ça expliquerait votre penchant pour l’accueil, l’accompagnement et l’éducation et votre aversion envers la laïcité.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 février 2019 06 h 59

      Pourriez-vous indiquer à quel endroit il « discrédite » la laïcité de l'État ?
      Vous ne trouvez pas que le banissement des diverses formes d'expression de la diversité n'est pas la manière la plus évidente de lui faire accueil ?
      Où avez-vous trouvé que l'auteur milite en faveur d'un investissement des institutions publiques AFIN qu'elles ne soient plus laïques et que soit abolie la « séparation » entre l'État et des religions à qui les chartes ne reconnaissent plus depuis fort longtemps aucune légitimité politique spéciale liée à leur caractère religieux ?

    • Raymond Labelle - Abonné 7 février 2019 10 h 47

      La politique coloniale du R-U. dans un certain passé pourrait-elle en partie être une ancêtre de l’idée de ne pas nécessairement réprimer et exclure toute expression culturelle ou religieuse non-WASP (White Anglo-Saxon Protestant) dans l’appareil d’État ?

      Peut-être. Mais nous pouvons tenter de déterminer la meilleure politique actuelle en nous inspirant du passé, prenant le meilleur et éliminant le pire et aussi inventer à partir du présent.

      Par exemple, l’idée de démocratie représentative telle qu’appliquée en Occident a en partie comme ancêtre la formation du Parlement en Angleterre. On a beau en avoir contre la Conquête, ceci n’est pas une raison pour devenir partisan de la dictature.

  • Nadia Alexan - Abonnée 7 février 2019 05 h 54

    Au contraire, une loi contre le port du hijab sera libératrice pour toutes ces femmes qui ne veulent pas le porter.

    L'auteur, Pierre Anctil, ne comprend pas encore que le port du hijab n'a rien à faire avec la religion et la foi. Le voile n'est même pas une obligation religieuse. Il n'y a pas longtemps, il n'y avait pas une seule femme voilée au Moyen Orient, à l'exception de l'état barbare de l'Arabie saoudite.
    Le hijab et le porte-étendard d'un islam politique, misogyne et totalitaire. Ce hijab exprime le rejet des valeurs occidentales et le refus de l'intégration à la société d'accueil. Ce n'est pas une expression de diversité et de pluralisme comme vous le dites. Au contraire, on n'a pas besoin d'acquiescer à l'obscurantisme et à la misogynie pour démontrer notre tolérance.
    Les pères de la Révolution tranquille envisagent la laïcité et la neutralité de l'État, effectivement pour le respect de toutes religions. Mais, la religion se pratique en privée, pas au seine de nos écoles et de nos institutions publiques. On a sorti les frères et les soeurs de nos écoles et on a enlevé le crucifix de nos murs, effectivement pour démontrer notre ouverture à la diversité, mais cela ne veut pas dire un retour du cléricalisme dans nos institutions.
    Contrairement à ce que vous avancez, une loi sur la laïcité sera libératrice pour toutes ces filles et toutes ces femmes qui ne veulent pas porter ce vêtement de la honte, elles seront libérées par une législation en leur faveur. Pensez à toutes ces filles comme la jeune Axa Pervez et les soeurs Chafia, tuées par leurs pères parce qu'elles ne voulaient pas le porter.

    • Ghisline Larose - Abonnée 7 février 2019 09 h 15

      Je suis bien d'accord avec ton propos Nadia Alexan-- Je peux pas croire que des gens ayant une certaine capacité de réflexion et de compréhension sur l'égalité des femmes et des hommes puissent encore tenir ce genre de discours ma;gré tous ce que des femmes musulmanrs ont exprimé-- Je réécris ici ce que cet érudit de l'islam a dit il y a quelques jours :"Le voile est une atteinte à la dignité humaine dans sa composante féminine."
      Qui sinon des intégristes disent le contraire?
      Comment nos citoyens peuvent-ils endosser ces pressions dites religieuses?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 février 2019 10 h 09

      Aucune femme ne doit être obligée à porter le voile.
      Aucune à ne pas le porter.

    • Gilles Théberge - Abonné 7 février 2019 11 h 12

      Voici ce qu disait il y’a peu de temps la haute cour d’Égypte sur le port du voile dan cet État pourtant d’obédience islamique:

      « La Haute Cour constitutionnelle d'Égypte a été amenée à statuer dans son arrêt du 18 mai 1996 sur la constitutionnalité de l'interdiction ou/et de la limitation du port du voile, partiel (hidjab) ou intégral (niqab)14. Ainsi, elle a statué « qu’il n'existait pas de texte absolu dans son origine et sa signification réglementant en détail les vêtements que la femme doit porter et les parties de son corps qu'elle doit obligatoirement voiler». Mohammed Tantaoui, alors Grand Mufti de la Dar al-Ifta al-Misriyyah (en), célèbre centre de recherches islamiques créé en 1895, appuya alors l'interprétation de la Haute Cour, déclarant : « Le niqab n'est pas une obligation religieuse (ibada (en)), mais une simple pratique coutumière (âda). »

      C’est bel et bien une conduite à mettre sur la culture. Qu’on ne vienne pas nous dire qu’il s’agit de foi...

    • Raymond Labelle - Abonné 7 février 2019 12 h 17

      "Qu’on ne vienne pas nous dire qu’il s’agit de foi." L'interprétation que donne une religion donnée à un texte fait partie de cette religion. Par exemple, il n'est écrit nulle part dans le Nouveau Testament que les femmes ne peuvent pas être prêtres ou que les prêtres ne peuvent pas se marier et avoir des enfants, mais l'interprétation qu'en fait l'Église catholique fait partie de la religion catholique. D'autres religions chrétiennes interprètent les Évangiles différemment.

    • Raymond Labelle - Abonné 7 février 2019 13 h 29

      "D'autres religions chrétiennes interprètent les Évangiles différemment." J'aurais dû écrire "Nouveau Testament" au lieu de "Évangiles".

  • François Beaulé - Abonné 7 février 2019 06 h 19

    L'opinion de Pierre Anctil n'est pas celle d'un scientifique

    Ce monsieur ne devrait pas utiliser son titre de professeur à l'université pour exprimer une opinion à ce point partiale. Son texte est une plaidoirie et non pas un examen objectif. À le lire, tous les arguments plaideraient en faveur de la totale liberté d'afficher des symboles religieux en tout temps et en tous lieux. Alors que de très bons arguments en faveur d'une restriction existent aussi et sont occultés par ce professeur dit de « science » humaine.

    • Louise Melançon - Abonnée 7 février 2019 09 h 56

      Tout à fait d'accord avec ce jugement sur la lettre de Mpnsieur Anctil!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 7 février 2019 10 h 07

      Son point de vue n'est pas celui d'un expert des questions qu'il traite. La mention de son titre porte à confusion. Pour ce qui est du discrédit que vous jetez sur le fait qu'il soit en « science » humaine...

    • Raymond Labelle - Abonné 7 février 2019 10 h 14

      M. Anctil ne met que son nom à la signature - il ne mentionne aucun titre. Il indique qu'il est du Département d'histoire de l'Université d'Ottawa, mais il est tout à fait clair que le sujet dont il traite n'est pas une question académique de la discipline "histoire". D'ailleurs, hormis quelques références à l'actualité récente nécessaires pour une mise en contexte, il n'invoque pas d'argument renvoyant particulièrement à la discipline historique à l’appui de ce qu’il défend. En ce sens, c'est plutôt honnête, je dirais.

      J-P Sartre définissait un intellectuel en partie comme quelqu'un "qui se mêle de ce qui ne le regarde pas". Si Émile Zola n'avait fait qu'écrire des romans, il n'aurait été qu'écrivain - son engagement dans l'affaire Dreyfus en a fait un "intellectuel". Par exemple.

    • Serge Lamarche - Abonné 7 février 2019 16 h 13

      Pierre Anctil a raison. Les lois restreignant les religions sont ridicules. On se souvient que les chrétiens étaient jetés aux lions par l'empire Romain. Et bien quelques décades plus tard, l'empire Romain était Chrétien. Si vous continuez à faire des musulmans des victimes, vos enfants le deviendront.
      Les sikh portent un turban.
      Les papes portent un mitre.
      Les cowboys portent un ten-gallons.
      Les québécois pure laine portent une tuque.
      Chapeau au sujet du chapeau. Une discussion qui se rapproche du nombre d'anges capables de danser sur une aiguille.