La liberté d’opinion et d’expression en péril

«ll est urgent de protéger notre accès à une information indépendante, pluraliste, basée sur des faits, condition indispensable pour que les individus se forgent librement une opinion et participent valablement au débat démocratique», estiment les auteurs. 
Photo: Gonzalo Fuentes Agence France-Presse «ll est urgent de protéger notre accès à une information indépendante, pluraliste, basée sur des faits, condition indispensable pour que les individus se forgent librement une opinion et participent valablement au débat démocratique», estiment les auteurs. 

La liberté d’opinion et d’expression, qui est constitutive de la démocratie, fait face aujourd’hui à de grands périls. Ce droit fondamental repose sur la possibilité d’accéder à des informations libres, plurielles et fiables. Or les médias, qui vérifient les faits et s’obligent à confronter les points de vue, se trouvent fragilisés par la transformation numérique. La désinformation massive en ligne se propage, cherchant à orienter les débats, voire à intervenir dans les élections pour en fausser le résultat. Un peu partout, des intérêts particuliers continuent à asservir l’information et, dans de nombreux pays, le contrôle politique de la presse et les menaces contre les journalistes connaissent une terrible recrudescence.

Il est urgent, dans ce contexte, que nos démocraties se mobilisent. Elles ne doivent pas céder à la résignation. Il est urgent de protéger notre accès à une information indépendante, pluraliste, basée sur des faits, condition indispensable pour que les individus se forgent librement une opinion et participent valablement au débat démocratique. C’est la raison pour laquelle nous saluons le travail de la Commission internationale indépendante sur l’information et la démocratie qui a présenté, ce 11 novembre 2018 au Forum de Paris sur la Paix, le résultat de ses travaux.

Cette commission, créée à l’initiative de Reporters sans frontières, nous appelle à considérer l’espace mondial de la communication et de l’information comme un bien commun de l’humanité, dans lequel doivent être promus la liberté, le pluralisme et l’intégrité des informations. Elle propose que les acteurs en position de structurer cet espace global, en particulier les plateformes numériques, aient des responsabilités en matière de neutralité politique et idéologique, de pluralisme, de transparence. Elle appelle également, ce qui est très novateur, à la reconnaissance que les individus ont un droit, non seulement à une information indépendante et plurielle, mais aussi à une information fiable.

Ces propositions sont stimulantes, innovantes. Sur cette base, nous avons décidé d’engager un processus politique. L’objectif est que nos États, dans les mois qui viennent, se dotent de leur propre feuille de route pour promouvoir l’exercice de la liberté d’opinion et d’expression dans le contexte technologique et politique du XXIe siècle. Il est aussi important qu’un maximum d’États se rallient à cette initiative. Soixante-dix ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, nous réitérerons ainsi notre engagement en faveur des droits les plus essentiels de nos populations.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

15 commentaires
  • Réal Boivin - Abonné 14 novembre 2018 04 h 59

    D'accord avec ce texte mais...

    La liberté d'expression est vraiment essentielle pour l'avenir de toutes les démocraties. Le hic est que ce droit est de plus en plus bafouer lorsque vient le temps de critiquer les religions et les dogmes dépasses qu'elles propagent. Le premier ministre Trudeau est le premier à traiter de raciste quiconque veut discuter de la place qu'occupe ces dogmes aujourd'hui en 2018. L'humanité a sérieusement besoin de penser à son futur car les enjeux sont nombreux et on sait que les vieilles recettes n'ont pas fonctionné.

    • Cyril Dionne - Abonné 14 novembre 2018 22 h 30

      Curieux tout de même, notre adolescent en chef, Justin, ne fait aucune mention ou critique de l'Arabie saoudite, les chefs de file en matière de l'inégalité homme-femme, l'intolérance des autres croyances et supporteur du blasphème qui va à l'encontre de la liberté de conscience et d'expression. Raif Badawi a osé critiquer les dogmes et superstitions des croyances aux amis imaginaires de la musulmanie et il s’est retrouvé en prison, coups de fouet inclus.

      Désinformation et propagande quand tu nous tiens.

  • Pierre Desautels - Abonné 14 novembre 2018 08 h 45

    Faux.


    Justin Trudeau, malgré tous ses torts, n'a jamais traité de raciste quiconque veut discuter de la place "qu'occupent ces dogmes en 2018." Vous êtes de mauvaise foi. Il a plutôt dénoncé les dérapages et les amalgames que les débats apportent parfois et les colporteurs de haine de certains mouvements populistes de la droite qui ne veulent pas discuter mais seulement profiter de la situation

    En fait, les religions n'ont jamais été autant critiquées que maintenant, ici et ailleurs, et l'athéisme est en forte progression partout. Il faut croire que certains ont l'épiderme trop sensible et ne peuvent supporter une réplique à leurs arguments, mais il est faux de croire que votre liberté d'expression est bafouée, bien au contraire.

    • André Joyal - Inscrit 14 novembre 2018 12 h 29

      « Il a plutôt dénoncé les dérapages et les amalgames que les débats apportent parfois et les colporteurs de haine de certains mouvements populistes de la droite...»

      Traiter quelqu'un d'intolérant, fusse-t-il de droite, uniquement parce que la personne s'informe à savoir qui va payer pour recevoir tous les migrants illégaux ( ou irréguliers, si vous préférez) porte atteinte à la liberté d'expression.

    • Pierre Desautels - Abonné 14 novembre 2018 16 h 59


      @André Joyal

      Porte atteinte à la liberté d'expression? Pas du tout. La personne qui se sent visée a la liberté de répliquer. Il faut arrêter de pleurnicher et de passer pour des victimes. Nous ne sommes pas en Turquie.

  • Jocelyn Mercier - Abonné 14 novembre 2018 09 h 51

    Tromperie

    Quand je consulte les médias "traditionnels", je constate qu'ils nous trompent en nous disant qu'une partie de la vérité. Tromper, c'est mentir. Les médias semblent obéir à des intérêts politiques. Il n'y a pas de neutralité des médias. C'est un mensonge. Maintenant, les dirigents de notre monde travaillent à éliminer l'information en provenance de l'internet )vrai ou fausse). Ce sont nos dirigents qui menacent la liberté d'expression. Les journalistes ne sont pas neutres, alors je propose qu'ils affichent clairement leurs positions politiques.

  • Jean-François Trottier - Abonné 14 novembre 2018 10 h 03

    Belle façon de se laver les mains!

    Messieurs, vos paroles sont vides de sens réel.

    La démocratie se vit encore et toujours à l'intérieur des pays, pas internationalement.
    En quoi la réunion de quelques chefs d'États en un seul écrit peut-elle être utilse à la démocratie si les électeurs respectifs de ces personnnages n'y ont aucune incidence ?
    Les belles pensées ci-étalées sont avant tout un aveu d'incompétence, celui qui dit "Pas mon secteur, voyez plus haut"... Y a quoi, plus haut ?
    Faudrait regarder plus bas, au ras du sol. Hé! vous parlez de démocratie!

    C'est à l'intérieur des pays que celle-ci se vit. Le pouvoir interne, c'est précisément votre secteur, que vous avez vous-mêmes troqué pour quelques points de PIB.

    Cette perte de pouvoir, vous l'avez orchestrée via des baisses d'imposition populistes, la création de paradis fiscaux, mais surtout des traités de libre-échange aussi brillants que le tout-à-l'égoût : des ententes globales qui se foutent des particularités régionales, dont le biotope indéfinissable et pourtant réel de chaque contrée, tant au sens d'environnement que de respect de la tolérabilité des gens et industries.

    Aujourd'hui pour respecter ces traités vous devez faire reviser chaque loi, ce qui dit bien comment vous avez abdiqué vos responsabilités démocratiques.
    Jamais votre pays n'est à l'abri d'une poursuite internationale sur quelque décision que vous preniez.

    Elle est où votre démocratie ? Vous vous prenez au sérieux, c'est entendu, mais votre poste, lui ? Pas vraiment, on le voit.

    Par lâcheté vous signez des traités qui comprennent l'entièreté de l'économie de votre pays, prétendûment pour raisons de profits.
    Mon oeil! La dette internationale atteint des sommets historiques, une crise financière aux proportions inimaginables est envisageable, donc assurée : il n'existe plus aucune barrière financière, ni appareil d'État pour stabiliser les économies.

    Votre démission, vous l'avez déjà signée. Ne reste qu'à partir.

  • Paul Gagnon - Inscrit 14 novembre 2018 10 h 16

    Bullshit ou mensonges?

    Voir : "De l'art de dire des conneries" - Harry Frankfurt.

    Pour Trudeau et Macron (ne connaissant pas les autres) on peut dire qu'ils mentent dans la mesure où ils censurent eux-mêmes ceux qui ne pensent pas comme eux, en les démonisant. C’est ce qui les différencie de Trump qui fait plutôt dans la bullshit.

    Bref, on est bien gouvernés…