Pour de meilleures ressources à BAnQ et aux archives privées

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, qui administre les programmes liés au domaine de l’archivistique au Québec, peine à faire augmenter les budgets alloués au milieu des archives, déplore l'auteure.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Bibliothèque et Archives nationales du Québec, qui administre les programmes liés au domaine de l’archivistique au Québec, peine à faire augmenter les budgets alloués au milieu des archives, déplore l'auteure.

Ces derniers mois, le Parti libéral, malgré des coupes manifestement très impopulaires dans plusieurs secteurs, a permis la concrétisation d’une Politique culturelle revisitée et forte d’une importante mobilisation lors des consultations qui ont mené à son élaboration.

Or, le nouveau gouvernement élu, qui s’apprête à prendre le pouvoir par la grande porte, ne servirait pas le Québec en oubliant de consentir un regard attentif à tout le travail, même s’il lui semble perfectible, qui a été réalisé et qui mérite d’être pris en compte.

D’autre part, force est de constater que Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), de notoriété nationale et internationale, qui administre les programmes liés au domaine de l’archivistique au Québec, peine à faire augmenter les budgets alloués au milieu des archives. Disons-le, sensiblement le même montant lui est versé par le ministère de la Culture et des Communications depuis près de 20 ans.

Exactement 28 ans se sont écoulés depuis que la première institution d’archives privées a reçu son « agrément » en 1990. Pour une fois, loin de la vénérable métropole, c’était un événement célébré dans une des plus belles régions du Québec, la Gaspésie. Qu’en est-il aujourd’hui ? En février 2018, 42 institutions recevaient l’« agrément ». Celles-ci se trouvent présentes sur l’ensemble du territoire québécois. Dans les faits, elles oeuvrent au coeur de plus de 35 circonscriptions électorales. La reconnaissance de l’État, face à l’excellence notoire de cette quarantaine d’institutions et services qui se consacrent à assurer la pérennité des archives privées, se fait, certes, par l’attribution d’un certificat d’agrément. Ce papier, hautement mérité, n’est pourtant pas automatiquement accompagné d’une aide financière. Est-ce réaliste ?

Des centres essentiels

Les préoccupations de la population en général sont malheureusement encore loin de ces questions. À tort, dirons-nous ! Quiconque a déjà donné les archives d’un parent, de sa famille, d’un commerce ou d’un organisme à un centre d’archives connaît l’importance de ces lieux de préservation de l’histoire. Quiconque a déjà fait des recherches personnelles, généalogiques, pour un documentaire ou un roman historique, sait aussi combien ces centres sont essentiels.

Souvent dans l’ombre, loin des piquets de grève, des grands rassemblements médiatiques, les archivistes assument pleinement leurs tâches de gardiens et de diffuseurs du savoir passé. Leurs responsabilités sont immenses. Leurs compétences se distinguent par une formation spécialisée et des aptitudes à la fois précises et polyvalentes. Leur passion au travail est peu commune. Leur moral a toutefois ses limites.

Au cours de la dernière année, le manque de ressources de BAnQ et spécialement les craintes des services d’archives privées agréés (SAPA) quant à leur avenir ont été mis au jour dans plusieurs médias. Plusieurs députés et députées, tant de la CAQ, que du Parti québécois ou de Québec solidaire, ont manifesté leur appui envers ces inquiétudes majeures qui ont déjà, à l’heure où l’on publie ces lignes, des conséquences dramatiques pour plusieurs SAPA. Malgré le fait qu’ils soient restés insuffisants et qu’ils n’aient fait l’objet d’aucune possible récurrence, l’ex-ministre Marie Montpetit avait même trouvé quelques montants supplémentaires.

Rêvons un peu. Certains de ces appuis politiques ont maintenant la capacité de se concrétiser par un soutien accru. Pouvons-nous espérer qu’ensemble, nos élus et élues sachent redonner à la culture ses lettres de noblesse et faire en sorte d’attribuer les ressources financières appropriées tant à BAnQ qu’au secteur vulnérable des archives privées ? Les services d’archives privées agréés du Québec sont en droit d’y croire enfin.

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1 commentaire
  • Placide Couture - Inscrit 18 octobre 2018 13 h 19

    Au cœur de notre identité québécoise.

    Je vous appuie sans réserve. Un peuple qui ne protège pas son passé n’a pas d’avenir. Nos décideurs doivent comprendre que tout l’argent mis dans la culture et la lecture est un investissement éminemment rentable pour une société. Nos bibliothèques sont au coeur de notre identité québécoise.