Octobre d’espoir ou sombre octobre?

Le référendum de 1995 est l'une des dernières grandes péripéties politiques ayant affecté la nation québécoise.
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Le référendum de 1995 est l'une des dernières grandes péripéties politiques ayant affecté la nation québécoise.

Depuis la Conquête, nous, Québécoises et Québécois, n’avons jamais connu une seule journée d’indépendance. Et nous voilà maintenant dans une ère où la conjoncture vécue par la planète entière oblige chacune des sociétés nationales qui la peuplent et la composent à compter sur tous les outils possibles pour répondre aux pressions croissantes s’exerçant sur chaque citoyenne et citoyen de tout territoire donné et pour se trouver ainsi à même de contribuer à la marche générale mondiale des choses.

L’élection du 1er octobre prochain au Québec sera au moins aussi capitale que toutes celles qui l’ont précédée depuis la mise en place, sous l’Acte constitutionnel de 1791, d’un premier Parlement québécois. Au tout début, l’Assemblée se réunissait encadrée par un pénible régime d’occupation britannique. Puis il y eut le régime d’exception militaire (fin 1837-début 1841), lequel se termina à l’inique Proclamation du Canada (10 février 1841) qui mit fin au Parlement québécois. Après l’AABn (1867), un nouveau Parlement québécois, provincial celui-là, fut installé, de nouveau à Québec, et a permis à la nation québécoise de gérer une portion d’État, ce qui a assuré une survie politique à la vie nationale québécoise, mais dans des conditions continuellement difficiles parce qu’elle y était limitée par le contrôle ultime d’un gouvernement central de la nation qui s’identifia d’abord comme britannique, puis canadienne.

Les dernières grandes péripéties politiques ayant affecté récemment la nation québécoise (la plus essentielle étant le référendum de 1995, nettement gagné par le Oui chez les francophones, formellement perdu au total, mais non sans avoir provoqué un questionnement fondamental sur les interventions on ne peut plus suspectes de l’État canadien), l’ont propulsée dans une dérive inquiétante marquée par une détresse certaine et une tentation de la démission au regard de l’héritage pourtant tenace laissé par toutes les générations antérieures.

L’avenir du Québec

Donc, à l’élection prochaine, l’avenir non seulement du mouvement indépendantiste mais du Québec même se jouera possiblement, notamment à cause d’un système électoral qui ne favorise pas pleinement l’expression de la volonté démocratique.

Pour les Québécois de toutes convictions et de toutes origines, cette élection sera un pensez-y bien, l’occasion d’une réflexion en profondeur. Les enjeux sont si lourds qu’il ne saurait être question, « quoi qu’il advienne », pour reprendre l’expression historique du premier ministre Robert Bourassa, de ne pas être présents sur le terrain pour poursuivre la lutte vitale du peuple québécois. Mais nous souhaitons bien sûr que cela se manifeste dans les meilleures conditions possibles.

Le Québec ne peut plus continuer avec un gouvernement issu de son Assemblée nationale dont la ligne politique correspond à celle pilotée à son égard par la nation canadienne, comme si le Parlement québécois était une simple succursale régionale sous l’autorité politique de celle-ci. C’est ce que la dernière version du pouvoir libéral dans la Vieille Capitale a donné sous Philippe Couillard : une caricature de ce qu’a été le grand parti politique d’Honoré Mercier et de Jean Lesage, transformé en son propre champ de ruines.

Il ne peut pas davantage retourner à une phase antérieure de notre histoire, avec ce que cela implique de mollesse dans la résistance et de maladresse dans l’ouverture aux nouvelles réalités du Québec. La CAQ est peut-être une coalition comme l’avait été à l’origine le parti de M. Duplessis, mais, tout comme celui-ci, elle n’est pas porteuse d’avenir et ne mérite pas son nom.

Le Québec ne peut se battre éternellement contre lui-même, en adoptant régulièrement des politiques contraires à ses intérêts, à ses aspirations, à son respect de lui-même, au bien public pour tout dire. Il doit à tout prix reprendre l’initiative de son combat pour son émancipation et relancer sa marche vers l’avant, au lieu de s’enfoncer dans un bourbier fait de reculs, de grandes et de petites frayeurs, de médiocrité érigée en système.

* Texte appuyé par Michel Blondin, Jocelyne Couture, André Jacob, Micheline Labelle, Jean-François Payette, Samie Pagé-Quirion, Ercilia Palacio-Quintin, Michel Roche, Simon-Pierre Savard-Tremblay, Pierre Serré, membres du conseil d’administration des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO).

19 commentaires
  • Marguerite Paradis - Abonnée 6 septembre 2018 07 h 04

    Monsieur Plante et cie, je suis aussi « souveraine ».
    Malheureusement, le Parti québécois n'a plus les « coudées franches », depuis son élection avec comme PM monsieur Bouchard. Ensuite, cela a été de mal en pire pour avoir ou garder le pouvoir.
    Dommages pour le Québec.

    • André Labelle - Inscrit 6 septembre 2018 17 h 45

      La dure réalité c’st que pour capable de faire l'indépendance du Québec, il faut être au pouvoir. Évidemment certain(e)s prôneront la «révolutionnn carramba !» Mais ça les p'tits amis c'est une autre histoire .... ! ;-)
      Aux dernières élections, le perfide M.Couillard a accusé le PQ d’avoir le projet secret de faire un référendum. On connait le résultat de cette élection.
      On accuse le PQ de mettre la souveraineté de côté car il ne prône pas un référendum sur le sujet dans son premier mandat. En même temps on l’accuse de ne pas faire la promotion de la souveraineté. Trop de souverainistes préfèrent les héros morts aux combattants vivants. C’est vraiment là faire le jeu des fédéralistes.
      Être au pouvoir donne beaucoup de pouvoir. C'est une autre dure réalité ...

      «On a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort.»
      [Raymond Devos]

  • Michel Thériault - Inscrit 6 septembre 2018 07 h 33

    Bien beau texte mais...

    ...mais il n'y a actuellement aucun, je dis bien AUCUN parti politique faisant la promotion de l'indépendance du Québec.

    Michel Thériault, apatride. Et cynique.

    • André Labelle - Inscrit 6 septembre 2018 17 h 08

      De toute évidence vous confondez mission et stratégie.
      Si je comprends bien votre crie du coeur vous êtes à la recherche d'un parti politique qui préférerait se lancer dans une stratégie suicidaire. Si vous préférez les héros morts, libre à vous. Mais personnellement je préfère des soldats vivants.
      « Le soleil a toujours blessé les yeux de ses adorateurs. »
      [Louis Aragon]

  • Claude Bariteau - Abonné 6 septembre 2018 08 h 10

    Je n'appuie pas ce texte

    Le Québec n’appartient pas aux descendants des ressortissants français. Ces derniers, la conquête finalisée des territoires français devinrent sujets britanniques et les dirigeants britanniques s'allièrent leurs élites.

    Avec l'arrivée de loyalistes, les Bas et Haut Canada, créés, furent subordonnés aux dirigeants britanniques. Le Parti patriote voulut renverser cet ordre. Le Royaume-Uni l'a préservé militairement et a uni ces entités.

    Les habitants de l’ex-Bas Canada furent alors incités par LaFontaine à se lier à ceux de l’ex-Haut Canada. Le Dominion of Canada consolida cet alignement selon les vues de Lord Action d'un État multinational à l'image du Royaume-Uni avec la connivence de Cartier et l’aval d’élus de l’ex-Bas Canada sans mandat.

    Dans ce Dominion, les provinces furent chargées des affaires locales. Riel pendu, une manifestation de franco-catholiques incite Mercier à déclarer la province foyer des « Canadiens français ». Cette idée s’enracine lors des Deux Grandes Guerres. Alors qu’une décolonisation a cours, le Québec se met à niveau en 1960 dans le Canada avec le retour de points d’impôt.

    Après la création du RIN, le « Vive le Québec libre » et le lancement du mouvement Lévesque pour rapatrier des pouvoirs, Trudeau s’investit à Ottawa pour activer la vision d’un État multinational d’Acton.

    Il y parvient en 1982 sans consultation des Canadiens car il craint le rejet du Québec. Le référendum de 1995 voulait changer cet ordre, même réaliser l’indépendance par décision des parlementaires.

    En démocratie, créer un État indépendant est incompatible avec une approche associée à une nation préexistante. Voilà pourquoi je n’appuie pas ce texte.

    La bataille en démocratie sera toujours citoyenne. Le Canada de Trudeau la craint. Aussi cherche-t-il à saborder les institutions du Québec à l'aide du PLQ, aussi la CAQ, et à diviser ses habitants pour que n'émerge pas un mouvement citoyen pour créer le pays du Québec.

    • Jean-François Trottier - Abonné 6 septembre 2018 09 h 57

      M. Bariteau, vous me bassinez avec votre "notion citoyenne". C'est de la pure rhétorique.

      Le citoyen n'est en rien supérieur à l'humain ni même au vivant. Le nouvel arrivant, qui n'est pas citoyen, vaut autant que vous et moi.

      Les institutions politiques, dans tous les pays du monde, sont faites pour rendre le pays gouvernable. Si l'individu (pas le citoyen!) y est respecté, c'est parce qu'au surplus il existe des lois pour ce faire. Le citoyen n'est PAS la base des pays, en fait au départ la plupart des pays appartenaient à une personne ou un petit groupe, roi, empereur ou autre, dont la Res Publica romaine, pas les citoyens!

      Un pays est un territoire reconnu par tous, mais.... selon un droit divin! Je n'aime pas ça, mais c'est un fait : tant que certain pays auront à leur tête un souverain qui a été sacré, tant que les autres pays reconnaîtront ce souverain qui tient sa place du droit divin, bin...

      Enfin, il n'y a absolument rien d'incompatible entre une nation préexistante et un pays, oh que non. Vous confondez le droit et la politique, assez bêtement dois-je dire.

      Un pays est, comme je le disais, un territoire acquis de droit divin, ne serait-ce que parce qu'il n'existe aucune autre autorité supérieure, même pas l'ONU. Il correspond à un gouvernement et à des moeurs politiques, sociales, économiques, etc.

      L'ensemble de ces moeurs forme ce qu'on appelle la culture, dont la meilleure définition que j'aie trouvée est "la somme des différences avec les autres", les autres pouvant être le voisin ou un autre pays selon ce qu'on compare en un moment donné.
      C'est sur la culture que s'appuie la notion d'état-nation que vous niez véhémentement.

      C'est la culture, dont deux cents ans d'apartheid linguistique, qui fait que le peuple québécois qui a pris racine ici depuis des siècles ou hier doit s'approprier les leviers de pouvoir politique et économique.
      Et pas une idée de citoyenneté aussi vague qu'un océan d'inculture.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 6 septembre 2018 12 h 11

      "En démocratie, créer un État indépendant est incompatible avec une approche associée à une nation préexistante." - Claude Bariteau

      M. Bariteau, s'il n'y a pas de nation préexistante en mal de pays, il n'y a aucune raison d'en créer un par pure fantaisie citoyenne.

    • Raymond Labelle - Abonné 6 septembre 2018 12 h 56

      "En démocratie, créer un État indépendant est incompatible avec une approche associée à une nation préexistante."

      S'il n'y a pas de nation préexistante, quelle raison le Québec aurait-il de plus pour faire l'indépendance que l'Alberta, la Colombie-Britannique ou la Nouvelle-Écosse par exemple? Je fais un peu de provoc, mais je suis certain que vous avez réfléchi à cette question M. Bariteau - curieux de connaître votre réponse.

    • Claude Bariteau - Abonné 6 septembre 2018 14 h 13

      À vous lire, M. Trottier, la citoyenneté est une lubie, car les pays naissent de droits divins et les gouvernements sont élus par des individus qui valent autant qu’un citoyen même s’ils n’ont pas droite de vote.

      Pour vous, un citoyen ne saurait être la base d’un pays, car un pays n’appartient ni ne naît des citoyens. Les États-Unis, selon vos vues, seraient nés d’individus, non de personnes qui voulaient en être citoyens. Idem pour la France et bien d’autres.

      Vous en rajoutez en avançant qu’il n’existe aucune autorité autre que divine. Du coup, les guerres qui ont conduit à la création de plusieurs pays furent des guerres saintes. Vous voilà de recul dans l’histoire avant 1648.

      Et vous ne vous arrêtez pas. Après l’autorité divine, vous faites écho à la culture en référant à l’État-nation qui a pris assise avec l’industrialisation avant de se transformer en un État au service de tous ces citoyens et de toutes ces citoyennes dans tous les pays existant.

      Puis, de ces énoncés, vous en concluez que le peuple québécois, que je présume les descendants des ressortissants français et ceux qui s’y associent, doit s’approprier les leviers du pouvoir politique et économique.

      Par les armes ? De droit divin ? Au nom des individus ? Démocratiquement par référendum ou plébiscite ?

      Si c’est démocratiquement, les gens, qui voteront en faveur de cette appropriation, feront quoi. Ils s’en remettront à Dieu, refuseront d'être citoyens et citoyennes du pays du Québec parce que c’est trop vague alors que la citoyenneté réfère à un pays, se foutront des Nations-Unies et prôneront la liberté totale des individus.

      Vraiment, vos propos ne tiennent pas la route.

    • Claude Bariteau - Abonné 6 septembre 2018 14 h 44

      M. Morin, très peu de pays sont nés de « nation préexistante » ? Plusieurs sont nés d'un rejet d'un pouvoir colonial, d'autres de la fissuration d'empires ou de regroupements de peuples sur un territoire qui se donnent un gouvernement.

      Dans la majorité des cas, ce fut pour créer une entité politique distincte de la précédente, souvent par des grens qui entendaient contrôler politiquement leur avenir et devenir, surtout depuis que la citoyenneté est associée à un pays indépendant, des citoyens et des citoyennes de ce pays.

      Il y a au Québec des habitants qui furent définis membres d'un groupe en référence aux ressortissants des Français demeurés sur place, mais il y en a d'autres, d'origines diverses, qui y étaient déjà ont choisi d'y vivre.

      Rien ne dit qu'ils ne sont pas en mal d'un pays autre que le Canada, mais tout laisse croire qu'ils participeraient à créer le pays du Québec s'ils n'avaient pas à se joindre à une nation préexistante, mais pouvaient s'investir à créer une nouvelle nation.

      Un sondage de Drouilly et Cotnoir fait en 2000 a révélé que les gens de l'immigration et les Anglo-québécois étaient plus favorables à l'indépendance si elle ne visait pas à hausser les pouvoirs des Québécois de langue française.

      C'est fondamental. Le PQ, avant 1995, a valorisé une approche citoyenne avant de revenir à la nation préexistante et à la convergence. Depuis, il est en chute parce qu'il n'arrive pas à réaligner son tir alors que le Canada fait des ravages au Québec depuis 2003 et continuera d'en faire avec la CAQ comme ça s'est produit après l'écrasement militaire des patriotes qui avaient une approche citoyenne qui a su mobiliser les descendants des ressoritssants français et plusieurs autres habitants d'origine s autres pour changer l'ordre politique.

      C'est une approche de ce type qui peut conduire à créer le pays du Québec. Elle n'évacue pas le passé. Elle le conjugue au présent avec les autres habitants du Québec.

    • Raymond Labelle - Abonné 6 septembre 2018 16 h 56

      Chassé-croisé: quand j'ai posé ma question, la point comparable soulevé par M. Morin n'avait pas encore été publié. En répondant à M. Morin, vous avez répondu à ma question M. Bariteau.

      Bien sûr, cela pourrait soulever d'autres réflexions et discussions - trop longues pour ce forum peut-être.

      Quoiqu'il en soit, merci de ces précisions M. Bariteau - au moins on vous comprend mieux.

    • Michel Blondin - Abonné 7 septembre 2018 14 h 29


      Cette notion de nation préexistante est-elle utile dans le débat?
      C’est indiscutable que le mouvement indépendantiste (PQ et QS) est fondé sur la participation démocratique citoyenne. La nation préexistante est cependant une notion vague.
      Elle est reliée à celle de peuple de la loi 99 qui le prétend d’entrée de jeu. Je cite le préambule:
      "CONSIDÉRANT que le peuple québécois, majoritairement de langue française, possède des caractéristiques propres et témoigne d’une continuité historique enracinée dans son territoire sur lequel il exerce ses droits par l’entremise d’un État national moderne doté d’un gouvernement, d’une assemblée nationale et de tribunaux indépendants et impartiaux;"

      La notion de peuple confronte celle de nation préexistante. En réalité vous nous dites, n’oubliez-pas les anglais en communauté et les immigrants qui préfèrent s’adapter à la culture canadienne et parler la langue anglaise. Doit-on revenir aux 92 résolutions et devenir une nation bilingue comme annoncée?

      Les stratégies politiques eux ne sont pas une question de notion intellectuelle mais des mises en pratique qui découlent des conséquences de la démocratie. La corrélation entre les non francophones et le vote des Anglos est d’une telle véracité (voir les études de Pierre Drouilly à la fondation Groulx) que les résultats de ces études ne peuvent être remis en question. Ils indiquent que le vote des non-francophones est contre l’Indépendance et la langue française. Ce sont les Anglos qui remettent en question (Objection canadienne) l’identité québécoise comme citoyen. La menacede partitionner le Québec n'est pas banale.
      L’Objection canadienne vient donc directement court-circuiter l’existence de la nation préexistante. Si la nation préexistante se désagrège s’ensuit l’anglicisation de sa majorité qui devient canadienne. Affirmer que l'indépendance appartient.aux citoyens sur ce territoire n'est-elle pas une évidence plutôt criante de l'Objection.?

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 6 septembre 2018 08 h 42

    … ?!? …

    « Le Québec ne peut se battre éternellement contre lui-même, en adoptant régulièrement des politiques contraires à ses intérêts (…). Il doit à tout prix reprendre l’initiative de son combat pour son émancipation et relancer sa marche vers l’avant, au lieu de s’enfoncer (…). » (Jean-René Plante + Appuis, IPSO)

    Effectivement, mais ce « mais » :

    Depuis l’ère des Duplessiste et de la Révolution Tranquille, on-dirait que le Québec aime s’enfarger (se déconstruire ?!?) dans des nids de poule et de vouloir tomber dans des domaines dont il est et demeure, pourtant, allergique (Austérité, fédéralisme … .) !

    Le jour où le Québec ira de l’avant avec son projet de retrait du Canada (ce pays si loin et si proche de nulle part !), il aura saisi l’importance de s’affranchir avec des liens familiaux et sociaux, des liens essentiels susceptibles de relancer son Histoire et sa Mémoire d’identité et de langue !

    Entre-temps ou …

    … ?!? … - 6 sept 2018 -

  • Jean-François Trottier - Abonné 6 septembre 2018 10 h 14

    Pas tannés des drapeaux ?

    Je déteste ces discours qui placent le Québec au-dessus de tout. Ce n'est pas pour le Québec que le Québec doit devenir indépendant.

    Le Québec n'est pas une cause mais le territoire où nous vovons.

    Lévesque, Parizeau, Payette (la grande dame qui nous manque déjà), Laurin, Morin, Charron, tous ont expliqué dans le détail pourquoi ils croyaient l'indépendance essentielle. Aucun n'a agité de drapeau. ils ont tous utilisé la persuasion et l'approche personnelle, tout proche de leur coeur. Hé oui, même Parizeau qu'on appelait Monsieur devenait fébrile lorsqu'il en parlait! Et Laurin le faisait avec un amour des gens qui me chavirait chaque fois.

    Mais tous prenaient le risque de "se" dire, de nommer les raisons profondes de leur engagement. Pas selon un drapeau en tout cas.

    Crier "Québec" cent fois ne mène qu'à laisser l'impression d'être embrigadé dans une mouvement auquel on ne comprend rien.
    Mais rapporter des appuis, des votes, enrichir un débat ? Aucun. Pas zéro, bien pire.

    Une bonne partie de la défection envers le mouvement indépendantiste vient du fait que, depuis longtemps, on a cessé d'expliquer et de le faire le plus honnêtement possible. C'est pas des "Y faut y faut", c'est des voici dans notre contexte actuel pourquoi il est nécessaire que nous devenions entièrement responsables de notre environnement à tout point de vue.

    Faut pas prendre les gens pour des imbéciles quoi, même si à court terme, on le voit avec le PLQ, cest payant.

    • André Labelle - Inscrit 6 septembre 2018 16 h 06

      Même sur la photo qui n'est pas le fait de l'auteur du texte, je ne vois aucun drapeau ni dans les mots ni dans l'esprit du texte. Peut-être assimilez personnellement la quête de la souveraineté uniquement comme une bataille de drapeau. Si c'est le cas je comprends votre frustration. Mais j'estime que l'auteur est bien ancré dans la réalité concrète. Son premier paragraphe en entier n'est que cela : Le Québec vit dans un monde qui doit résoudre de très graves problèmes très concerts tant locaux que planétaires.
      Est-ce que votre pessisme orienté sert une cause spécifique. Si c'est le cas ce serait bien de l'identifier cette cause.

      «Les masques à la longue collent à la peau. L'hypocrisie finit par être de bonne foi.»
      [Edmond et Jules de Goncourt]