Intégrer le covoiturage au cocktail transport: il faut plus d’options pour le citoyen

«Le taxi et le covoiturage n’ont certainement pas atteint leur plein potentiel d’efficacité et de services offerts aux citoyens,» affirme l'auteur.
Photo: Olivier Zuida Archives Le Devoir «Le taxi et le covoiturage n’ont certainement pas atteint leur plein potentiel d’efficacité et de services offerts aux citoyens,» affirme l'auteur.

À l’approche de la rentrée automnale et des problèmes de congestion anticipés, il faut des options de mobilité abordables pour les utilisateurs du transport collectif traditionnel. En plus du transport collectif structurant, l’accroissement des services de mobilité qui réduit les coûts, offre une efficacité accrue de déplacements et garantit la sécurité est le bienvenu. On constate que l’environnement légal et réglementaire est en retard sur les besoins actuels en mobilité.

Héritant d’un système d’encadrement rigide, le taxi et le covoiturage n’ont certainement pas atteint leur plein potentiel d’efficacité et de services offerts aux citoyens. Par ailleurs, il y a beaucoup trop de places inoccupées dans les automobiles qui circulent. L’occasion de revoir l’encadrement actuel doit favoriser une meilleure utilisation du parc automobile existant.

Revoir l’encadrement de l’offre et la tarification des services de transport rémunéré de personnes devrait conduire à des services plus abordables qui généreront des gains individuels et collectifs par rapport au gouffre des coûts de l’automobile. Cela permettra aussi de s’adapter aux évolutions rapides des besoins et des technologies. En effet, pour nous, les diverses formes de partage de véhicules, dont le taxi et le transport rémunéré de personnes, doivent dorénavant être considérées comme faisant partie des transports collectifs, du cocktail transport.

En conséquence, nous croyons qu’il faut poursuivre le développement par l’État des réseaux de transport en commun et accélérer le développement du spectre des services entre le taxi et le covoiturage. Cela passe par l’élargissement des services de transport rémunéré de personnes et leur encadrement de manière à inciter les partenariats avec les autorités de transport collectif.

Nous souhaitons donc un nouvel encadrement plus flexible et un meilleur soutien des autorités concernées afin d’offrir à la population le covoiturage multimodal comme une réelle option et un mode à part entière du cocktail transport et ainsi parfaire les balises de la mobilité citoyenne.

Le covoiturage multimodal permet de mieux répondre aux besoins diversifiés des citoyens. L’arrivée de nouveaux produits tels Netlift, OuiHop’, etc., ne fait que s’accélérer. Une saine approche consisterait alors à les tester selon des objectifs collectifs de mobilité et à soutenir financièrement les utilisateurs de ces innovations pour qu’elles augmentent et améliorent l’offre existante de service afin d’offrir plus d’options à la population.

En complément d’une offre solide et structurante de transport collectif traditionnel, il serait économiquement avantageux de mieux utiliser les automobiles existantes et leur lot d’espaces passagers pour réduire la part de l’auto solo. Pensons aux déplacements dans les petites municipalités, pensons au premier et dernier kilomètre dans les quartiers avec du transport collectif traditionnel. Ce sont toutes des possibilités offertes par l’évolution du transport rémunéré de personnes.

Nous favorisons le développement du spectre des services entre le taxi et le covoiturage, dans un environnement qui favorise la baisse des prix et la multiplication des services existants. L’ajout de nouveaux services de mobilité, comme le transport rémunéré de personnes par automobile, qui n’accroissent pas les problèmes existants de congestion et de pollution, nous semble souhaitable, surtout lorsqu’ils complètent l’offre en transports en commun là où celle-ci est insuffisante.

Nous croyons donc que l’élargissement des services de transport rémunéré de personnes tel le covoiturage multimodal doit être soutenu financièrement de manière à inciter les partenariats avec les autorités de transport collectif. L’objectif premier sera de garantir une tarification abordable, intégrée et prévisible pour l’utilisateur. Il faut aussi s’assurer que le service proposé est novateur, convivial et sécuritaire. Pour les autorités, une traçabilité des déplacements et des transactions, et aussi de l’utilisation du service, est essentielle afin d’assurer une saine gestion des fonds publics et d’obtenir des données robustes sur les besoins de mobilité de la population.

La rentrée de septembre 2018, les impacts des travaux du REM sur les clients actuels du transport en commun et la fin du projet-pilote d’Uber à Montréal offrent une belle occasion de réaliser un projet-pilote de covoiturage multimodal. Cela permettra à la société québécoise d’amorcer le rattrapage qu’elle doit effectuer en matière d’encadrement du transport rémunéré de personnes.

* Trajectoire Québec intervient dans la promotion des droits des citoyens en matière de transports collectifs partout au Québec. L’association soutient l’accès à des services de mobilité abordables, sécuritaires et de qualité.

3 commentaires
  • Jean Lacoursière - Abonné 17 août 2018 06 h 57

    Aucun élargissement d'autoroute sans voie réservée au covoiturage (et au bus, aux taxis...)

    Décourageant fut d'entendre, en février 2017, la députée provinciale Véronyque Tremblay atteindre le septième ciel de sa conception de la justice sociale en disant fièrement que la voie additionnelle sur Laurentienne sud (à Québec) serait accessible à TOUT LE MONDE, pas seulement aux autobus, négligeant au passage de parler du covoiturage. L'autoroute Laurentienne n'aura donc pas une voie réservée au transport en commun et au covoiturage. Même pas aux heures de pointe. On peut dès maintenant être certain qu'elle n'en aura jamais, de voie réservée, parce que si nos élus manquent de courage pour l'exiger dans les plans de l'élargissement, imaginez combien ils en manqueront quand l'autoroute sera congestionnée à nouveau dans 10 - 20 ans. Avec le nano-courage et le nano-jugement dont font preuve nos élus en cette matière, cela équivaudra en terme de difficulté à tenter de remettre le dentifrice dans le tube.

    Voici l'article rapportant la joie de la députée Tremblay devant l'absence de voie réservée:

    https://www.lesoleil.com/actualite/laurentienne-elargie-entre-de-la-faune-et-louis-xiv-4ae407f1a2f4463028da97138c78899a

  • Gilles Bonin - Abonné 17 août 2018 07 h 11

    Dans nos sociétés

    avec la domination du sacro-saint «moi, moi, moi»; des horaires de travail éclatés, des obligations familiales (garderies, écoles) aussi, le co-voiturage ne demeurera qu'un mode alternatif marginal et irrégulier. Malheureusement la grave erreur de l'étalement urbain depuis les années 50-60 aura rendu le problème du transport quasiment insoluble sinon persuader les gens qu'ils ont des heures à perdre en bouchons routiers...

  • Hélène Paulette - Abonnée 17 août 2018 11 h 12

    Le co-voiturage à deux?

    Il faut surtout rétablir le transport par autobus en région qui rétrécit comme peau de chagrin par manque de rentabilité.