SAQ: l’enjeu n’est pas idéologique

La vraie problématique n’est pas idéologique: c’est à la base une question de plaisir du vin et de diversité.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La vraie problématique n’est pas idéologique: c’est à la base une question de plaisir du vin et de diversité.

Le débat sur l’avenir de la Société des alcools du Québec (SAQ) a refait surface avec l’annonce presque simultanée de la Coalition avenir Québec et du Parti libéral du Québec de revoir le modèle d’affaires de la société d’État s’ils se font élire en...

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12 commentaires
  • Louise-Julie Bertrand - Abonné 11 juin 2018 07 h 55

    Mythe économique

    Étant économiste, vous devriez savoir que l'économie de marché tends à créer des oligopoles. Vos petites boutiques spécialisées seront englouties dans de grandes corporations qui finiront par appliquer plus ou moins les mêmes règles que la société des alcools. C'est bien parce qu'on gère les organismes para-publique comme des entreprises privées (la maximisation des profits avant tout) qu'on voit l'offre s'amenuiser et non le contraire.

    Jean-Pierre Parent

    • Marc Davignon - Abonné 11 juin 2018 08 h 18

      Non! Monsieur désire de petites boutiques pour «connaisseurs», pour «l'élite». Petites boutiques qui visent le marché du «luxe», marché, paradoxalement, en essor (quand on sait que les inégalités augmentent). Pas vraiment l'fun d'être obligé de côtoyé la plèbe. Or, cela n'empêche nullement que les petites boutiques soient des «satellites» de gros oligopoles (à la vitesse que ça va, ce sera un monopole ... privé celui-là, ce n’est pas pareil, c'est beaucoup mieux!).

  • Claude Bariteau - Abonné 11 juin 2018 08 h 16

    Votre raisonnement ne me convainc pas.

    Dans ce domaine, m'intéresse comme vous le plaisir.

    Vous argumenter que la SAQ, parce qu'elle vise la réplique partout de ses produits, concentre ses achats dans des créneaux de vente qui lui empêchent d'offrir des gammes de produits de fabrication moins industrielles.

    Il y a déjà des boutiques de luxe pour des portefeuilles de luxe et les produits étallés varient selon les succursales, la plupart ayant toutefois, des étallages spécialisés et il est possible d'acheter en ligne certains produits plus rares, qui sont livrés en succursale.

    En fait, si privatisation il y a, ça ne devrait que toucher les produits qui sont moins demandés en succursale, ce qui permettrait d'ajouter des produits plus diversifiés, notamment les vins de provenance plus artisanale de différents pays.

    Selon ce que je lis, je ne pense pas que ce soit votre position. Pourtant, cette position aurait le mérite d'octroyer plus de place à des produits recherchés par les épicuriens et feraient de nouveaux dépôts publics ou des compléments.

  • Gilles Théberge - Abonné 11 juin 2018 09 h 10


    Vou dites, «  En outre, la SAQ ne souhaite pas gérer plus d’un certain nombre de références, pour des raisons de coûts et de logistique. »...

    Ah bon. Et l’entreprise privée, avec moins de moyens, ferait davantage de place à une plus grande diversité...?

    Comment ils feraient ça ?

    • Louis Fortin - Abonné 11 juin 2018 09 h 35

      Ben voyons M. Théberge,
      Tout le monde sait que le privé est plus efficace que le public... Ils trouveront bien une façon de sauver quelque part!

  • Pierre Raymond - Abonné 11 juin 2018 11 h 27

    Pour une fois, je trouve cette proposition séduisante moi qui redoute comme la peste la privatisation de la SAQ.

    Mais je demeure prudent et vous pose la question suivante :
    Au fil du tmps, à qui seraient vendus et revendus ces petits commerces qui auraient été ouverts pour le bon motif ?

    • André Joyal - Inscrit 11 juin 2018 13 h 43

      @ M.Raymond. «, à qui seraient vendus et revendus ces petits commerces qui auraient été ouverts pour le bon motif ?» Pourquoi seraient-ils destinés à être vendus? Les quelque 60 fromageries artisanales qui font le bonheur de connaisseurs pas nécessairement fortunés, sont-elles destinées à être vendues à Saputo et à d'autres semblables?.
      Moi qui, à l'été 79, ai publié dans la chronique «Idées» du Devoir une page complète pour défendre la SAQ contre les attaques d'un économiste libertarien, 39 ans plus tard,j'appuie à 100% la position de mon collègue de l'UQTR.

      L'été dernier, de passage chez un viticulteur de Toscane, ma famille et moi avons grandement apprécié le vin qui accompagnait divers plats. Quand nous avons demandé à note hôte pourquoi on ne trouvait pas son vin à la SAQ, en levant les épaulses en signe d'impuissance et en un bon français, il a répondu: «Pas possible!»
      Dommage.

    • François Beaulne - Abonné 12 juin 2018 11 h 28

      Tout à fait d'accord avec la question que vous soulevez. Contrairement à ce que prétend M. Joyal, il n'existe aucune garantie que l'apparition en champignons de 'petites boutiques spécialisées" n'évoluera pas, à son tour, en 'chaînes spécialisées" faisant une concurrence déloyale à la SAQ puisque non soumises aux mêmes règles syndiacales. Comparer la vente de fromages ou la vente de saucisses spécialisés à la vente du vin ne tient pas la route. M. Joyal aurait'il par hasard oublié la vente du OKA traditionnel fabriqué par les Bénédictins à la multinationale Agropur? Et que dire de la surveillance de la qualité des produits. On oublie trop souvent que la SAQ n'est pas qu'un commerçant de vin. Elle possède également des laboratoires qui testent la qualité des vins importés, ce qui ne se fait pas là où la vente de l'alccol est privatisé, comme aux Etats-Unis, par exemple. C'est ainsi que ce qui est devenu dans les années '80 et '90 le scandale des vins de Bordeaux ou des vins autrichiens a été mis au jour grâce aux échantillonnages de la SAQ.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 11 juin 2018 11 h 51

    «… pouvoir déguster au Québec ses délicieux produits non offerts par la SAQ » (Frédéric Laurin)

    Monsieur,

    Peut-être ignorez-vous (ou peut-être feignez-vous d'ignorer...) que la SAQ offre déjà un service d'importation privée… Vous n'avez qu'à vous en prévaloir :


    «Si vous avez 18 ans ou plus et que vous résidez au Québec, la SAQ vous offre la possibilité d'acquérir des boissons alcooliques qui ne sont pas commercialisées dans son réseau au moyen des commandes privées.»

    Réf.: https://www.saq.com/content/SAQ/fr/a-propos/faire-affaire-avec-la-saq/particuliers.html