De l’indépendance si difficile à réaliser

«Vous comprenez maintenant mon idéal, pour ne pas dire mon rêve, de voir un jour le Québec devenir indépendant.»
Photo: iStock «Vous comprenez maintenant mon idéal, pour ne pas dire mon rêve, de voir un jour le Québec devenir indépendant.»

Dès ma tendre enfance, j’ai baigné dans une atmosphère d’indépendance. Mon grand-père maternel, Anatole Poirier, par sa famille, est issu de la déportation de l’Acadie. Des membres de sa famille sont passés par le nord des États-Unis avant d’aboutir au sud de l’Ontario pour finalement arriver à Montréal.

Anatole a uni sa destinée à celle de ma grand-mère maternelle, Victoria Papineau ; Papineau, ça nous dit quelque chose, hein ?

Quant à mon père, Julien Jolivet, il a été partisan du Bloc populaire (1942-1947), parti nationaliste du Québec sous la gouverne au fédéral de Maxime Raymond et au provincial d’André Laurendeau.

Et moi, dans tout cela ? Eh bien, j’ai été membre de l’Ordre de Jacques-Cartier (La Patente) qui voulait faire avancer les intérêts des Canadiens français catholiques, avant d’intégrer le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) de Pierre Bourgault. Comme plusieurs rinistes, j’ai ensuite milité pour le Mouvement souveraineté-association (MSA) de René Lévesque, avant de me présenter pour le Parti québécois et d’en devenir député.

Vous comprenez maintenant mon idéal, pour ne pas dire mon rêve, de voir un jour le Québec devenir indépendant. Tous les efforts investis jusqu’à maintenant pour y arriver sont aujourd’hui amoindris par la division des personnes et des groupes qui se disent souverainistes. Répartis entre le Parti québécois, Québec solidaire ou les membres ambivalents de la Coalition avenir Québec, ils font le jeu des fédéralistes réunis sous la bannière du Parti libéral.

Les libéraux ont compris que, pour gouverner, il fallait se fixer un but : gagner sans se demander dans quel régime on veut vivre.

Malheureusement, certains partisans de l’indépendance, avant même l’arrivée du pays, voudraient que l’on détermine le régime de ce nouveau pays (de droite, du centre, du centre droit, du centre gauche, de gauche) avant d’en obtenir le pouvoir de le créer.

Or pour créer ce pays de façon démocratique, il nous faut gagner une élection nous permettant ainsi de soumettre ce rêve aux électeurs. Tant et aussi longtemps que nous ne prendrons pas cette direction, nous permettrons aux libéraux et aux caquistes de gouverner selon leur vision de droite et fédéraliste.

La difficulté pour les souverainistes ou les indépendantistes, peu importe le vocable, c’est de s’entendre sur cette première étape, qui est de prendre le pouvoir afin de proposer ce rêve aux électeurs tout en gardant intact le régime qu’ils voudront et pourront proposer une fois la souveraineté obtenue.

L’arrivée de Vincent Marissal chez Québec solidaire est un exemple concret qui confirme mes dires. Par sa décision de se présenter contre Jean-François Lisée, il fait le jeu des libéraux tout en mettant en exergue la division des votes pour la souveraineté du Québec.

En 1995, les votes Non de Québec et de Montréal sont venus contrebalancer le souhait des régions qui, en majorité, avaient voté Oui.

À Québec, parce que des fonctionnaires provinciaux, échaudés par l’arrivée de fonctionnaires fédéraux transférés précédemment au Québec au ministère de la Main-d’oeuvre (avec leur ancienneté et leurs salaires plus élevés), ont eu peur de perdre leurs chances de promotion dans la fonction publique québécoise avec l’arrivée massive de fonctionnaires fédéraux advenant un Oui au référendum.

À Montréal, parce que la crainte de certains anglophones et de certains allophones associés au pouvoir de l’argent a fait basculer le vote vers le Non. De plus, le grand love-in des personnes venues des autres provinces a eu l’effet escompté par les stratèges fédéraux.

Tant et aussi longtemps que les partisans du Oui se diviseront entre diverses factions au lieu de viser le même but, soit obtenir le pouvoir permettant de proposer notre rêve au peuple, les partisans et les partisanes du Non, en votant en bloc du même bord sous l’emprise de la peur (ce qui est leur droit en démocratie), nous empêcheront d’obtenir le rêve que nous chérissons. À nous de décider si nous voulons la réunion et non la division de nos forces. La prochaine élection nous indiquera la voie à suivre.

35 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 30 avril 2018 01 h 19

    Radotage péquiste

    1 ) Il est fini, bien fini, le temps où la gauche et la droite devaient se ranger derrière le PQ pour ne pas diviser le vote souverainiste.

    2 ) Si vous vous cherchez une solution, elle est dans la lutte pour le scrutin proportionnel revendiqué par QS depuis sa fondation et que justement le PQ a évacué de son programme en 2011.

    3 ) Si, tel que QS le propose, le mouvement souverainiste n'arrive pas à articuler la question nationale avec la question sociale (et même environnementale), et ne fait pas apparaitre l'indépendance comme une solution aux énormes problèmes engendrés par la droite et le néolibéralisme au Québec. Oubliez ça, vous n'aurez jamais les arguments nécessaires pour vendre le projet, faire avancer la cause et convaincre le peuple que l'indépendance sera avantageuse pour lui et améliorer ses condition de vie.

    Les beaux discours sur la langue, la culture et le drapeau ont démontré qu'il ne conduisaient le mouvement qu'à un échec.

    Christian Montmarquette

    • Claude Bariteau - Abonné 30 avril 2018 07 h 27

      Vous négligez l'entente entre QS, la CAQ et le PQ pour instituer un scrutin proportionnel 365 après la prise du pouvoir par l'un d'eux et la mise en application de ce mode de scrutin aux élections de 2020.

      Par ailleurs, vous oubliez qu'introduire ce mode de scrutin ne change pas le système politique monarchiste constitutionnel hérité de la Grande-Bretagne, que seul un système républicain avec un contrôle exercé par les citoyens et les citoyennes sur le pouvoir des élus et des dirigeants peut changer.

      C'est d'ailleurs seulement dans un tel système que les citoyens et les citoyennes pourront faire valoir leurs intérêts concernant l'environnement et lutter contre les pouvoirs débridés du capitalisme néo-libéral qui s'irradie à l'échelle internationale en prenant les moyens en conséquence, l'indépendance du Canada en étant un des plus consistants.

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 avril 2018 07 h 51

      @ Claude Bariteau,

      "Vous négligez l'entente entre QS, la CAQ et le PQ pour instituer un scrutin proportionnel." - Claude Bariteau

      Et vous, vous négligez de dire qu'il y a une méchante différence entre ce que le PQ dit et ce que le PQ fait, puisqu'il a eu le scrutin proportionnel durant des décennies à son programme, mais ne l'a jamais institué.

      D'ailleurs avec ses supposés 100,000 membres et son grand financement, si le PQ était le moindrement sérieux dans sa volonté de changer le mode de scrutin, il aurait du initier la lutte dès sa prise de position avec le soutien des syndicats, des groupes communautaires et de la société civile; sans compter les partis politiques qui le réclament depuis des lustres.

      Car ce n'est pas une fois élu par un système inéquitable duquel on vient de profiter allègrement qui motive pour le changement.

      Et il suffit de voir l'odieux recul du gouvernement Trudeau sur une promesse pourtant fondamentale pour s'en rendre compte.

      En ce qui me concerne, ce sont les gestes qui comptent et non les belles promesses d'un vieux parti devenu hyper-électoraliste qui n'a cessé de dire une chose et faire le contraire une fois au pouvoir depuis des décennies.

      Christian Montmarquette

    • Raynald Goudreau - Abonné 30 avril 2018 08 h 45

      Radotage Solidaire , on risque l'assimilation bien avant l'ombre d'un debut d'accroissement d'un pourcentage significatif electoral de Quebec Solidaire lequel , d'abord , devra se saborder advenant la stagnation de celui-ci aux elections prochaines .

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 avril 2018 09 h 59

      M. Montmarquette,

      1) Le premier but de QS est de planter le PQ depuis au moins 2010. Vous en êtes la preuve vivante.

      2) La confusion qu'entretient QS en ne parlant presque pas du PLQ tout en mettant le PQ dans le même panier très vague, et surtout MENSONGER, du néolibéralisme, est de la même eau que le PCCML d'autrefois : socialisme à la papa.

      3) La proportionnelle est un miroir aux alouettes et un danger tant que les pouvoirs exécutif et législatif sont soudés. Il mène à l'immobilisme à court terme et à la sclérose à moyen terme. Le pouvoir exécutif doit avoir un appui qui dépasse de loin la représentativité de la proportionnelle, ce qui ne pourra se faire qu'avec l'indépendance. Sur ce point aussi QS est puéril.

      3) QS entretient le flou dans son approche en parlant de "package deal". Ses exigences sur la justice sociale, l'écologie, l'égalité non genrée et bien d'autres sujets immobilise dans les faits le débat en une série de discussions stériles à savoir qui est le plus "moral", qui a "le mieux" pensé. Des curés!
      En réalité cette façon de faire est profondément antidémocratique puisqu'elle exige de savoir à l'avance les idées des gouvernements qui seront élus dans les générations futures. Elle suppose un manque de confiance et même de respect envers la population quant à ses choix éventuels. Mon avis ? Dégueulasse, sinon pire.

      4) Vos accusations au sujet de l'échec référendaire sont basses et malhonnêtes. Le référendum a été volé par Ottawa à coup de millions et en acceptant à pleine porte des milliers de demandeurs de citoyenneté en quelques semaines plutôt que des années, et à la condition expresse qu'ils ne parlent pas français : je l'ai vu sur le terrain.
      Votre ignorance voulue de ce fait vous place au premier rang parmi les faux indépendantistes et branleurs de QS.

      Dans les faits le référendum aurait dû être déclaré gagnant et vous déconnez plein tube avec votre ton simili-triomphateur d'opérette. Quelles sont vos sales intentions ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 avril 2018 13 h 08

      À Jean-François Trottier,

      "QS en ne parlant presque pas du PLQ " - Jean-François Trottier

      De toutes évidences, vous ne suivez pas l'actualité politique, puisque 90%, sinon 95%, des interventions, conférences de presse et communiqués officiels de Québec solidaire critiquent le Parti libéral et non le PQ.

      Alors que c'est plutôt le PQ qui n'a pas cessé d'attaquer QS depuis des mois sur son politburo.. patrimoine.. Marissal et que sais-je encore? Pendant qu'il est en train de se faire manger tout rond par son véritable adversaire de la droite identitaire de la CAQ qui courtise son même électorat, et qui est en train de lui faire la peau, ne lui laissant qu'un famélique 16% des intentions de votes dans le dernier sondage de l'Actualité.

      - Et si vous n'êtes pas convaincu...

      - Commencez donc par prendre connaissance du bilan fort négatif du 25 avril denier que Gabriel Nadeau-Dubois vient de faire du mandat libéral..

      - Vous nous en donnerez des nouvelles !

      Christian Montmarquette

      Référence :


      "Gabriel Nadeau Dubois Assemblée nationale, bilan libéral, 25 avril 2018." - Vers 16h30 :

      http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/


      .

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 avril 2018 13 h 18

      @ Jean-François Trottier,

      "Dans les faits le référendum aurait dû être déclaré gagnant.." - Jean-François Trottier

      — J'espère que vous rigolez?

      Puisque c'est Jacques Parizeau lui-même qui s'est empressé de concéder la victoire au camp du Non, au lieu de contester le résultat, de relancer la bataille et de se battre.

      Au fond, le PQ n'a peut-être pas été battu tant que ça par l'argent et le vote ethnique..

      Mais par son propre défaitisme et propre manque de combativité.

      Christian Montmarquette

    • Cyril Dionne - Abonné 30 avril 2018 19 h 31

      « Les beaux discours sur la langue, la culture… »

      Que reste-il des français d’Amérique sans la culture et la langue qu’on parle par cœur? Nous vivons au sein d’une mer anglo-américaine et sa culture dominante est partout dans le monde. Et dire qu’il y en a qui passe leur temps à refaire l’intérieur de la maison alors que le toit fuit de partout en matière d’aménagement linguistique et culturel. La gauche globaliste, pour ne pas dire, le communisme de deux siècles passés, a fait son temps. Nationaliser les ressources naturelles, les banques et toutes les activités humaines ne solutionnera absolument rien. Les gouvernements sont très incompétents en matière d’économie puisque ceci va à l’encontre de la nature humaine.

      Le Québec peut jouer dans la cour des grands au niveau socio-économique et tient plus que son bout dans les industries de la 4e révolution industrielle. N’en déplaise à nos amis de l’extrême gauche, les questions sociales et environnementales se posent partout et personne n’a encore la vraie réponse. Alors, pour tous nos bien-pensants et donneurs de leçons de l’autel de la très Sainte rectitude politique, on avance en marchant par en avant et non pas en reculant. Le 1er octobre, on vote pour un parti pragmatique, indépendantiste et qui a les intérêts des Québécois à cœur. Il nous semble que cela est simple et on n’a même pas besoin de couper des atomes en deux.

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 avril 2018 23 h 03

      @ Jean-François Trottier,

      "QS en ne parlant presque pas du PLQ " - Jean-François Trottier

      En complément de réponse, voici une seule, parmi une multitude de critiques que Québec solidaire fait au quotidien du Parti libéral, et qui ne rate pas la cible, quand Gabriel Nadeau-Dubois traite à toutes fins pratiques les libéraux de "cancres"en matière d'accès à l'information :

      "Ma question pour le premier ministre : Comment se sent-il aujourd'hui d'être à la tête d'un État, l'État québécois, qui fait figure de cancre, de dernier de classe au monde en matière d'accès à l'information? Prenons, par exemple, le palmarès qui est fait chaque année par le Centre for Law and Democracy, qui, récemment, plaçait le Québec au 57e rang, 57e rang mondial en termes d'accès à l'information, derrière des pays comme le Honduras, qui a vécu un coup d'État pas plus tard qu'en 2009. Est-ce qu'il est fier de son bilan en matière d'accès à l'information quand il prend connaissance de ces statistiques-là?" - Gabriel Nadeau- Dubois

      Source : Journal des débats :

      http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/

      .

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mai 2018 03 h 23

      À Cyril Dionne,

      "Le 1er octobre, on vote pour un parti pragmatique, indépendantiste et qui a les intérêts des Québécois à cœur."-Cyril Dionne

      Je vois mal comment il soit possible d'associer le PQ à un parti indépendantiste qui a les intérêts des Québécois à cœur, quand on sait que non seulememt le PQ aura abandonné les plus démunis de ses concitoyens dans la misère avec 500$ par mois d'aide sociale pour survivre durant les 21 ans où il détenu le pouvoir et alors qu'il aura largé la question nationale durant plus de 27 ans puisque sans référendum au programme jusqu'en 2022; sans comter qu'en deux décénies au pouvoir il aura toujours refusé au peuple la simple équité démocratique de l'instauration d'un mode de scrutin équitable et proportionnel.

      Toujours dans le même sens..

      — A-t-on le droit de prétendre que le PQ défend les intérêts des Québécois.es, quand on sait qu'il s'est rendu coupable de plus de 5,6 millions fraudes électorales et qu'il est à l'origine même du financement sectoriel * et donc aussi magouilleur que les libéraux?

      Christian Montmarquette

      * Référence :

      Source : "Au cœur du financement sectoriel au PQ" - Radio-Canada, 19 juin 2014

    • Gilles Bousquet - Abonné 1 mai 2018 07 h 47

      Fait que, faudrait que le "Québec un pays" soit socialiste jusqu'à la fin des temps ? Les partis de droite seraient interdits ou pas, dans un Québec séparé du Canada à la façon de Québec solidaire ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mai 2018 09 h 48

      À Gilles Bousquet,

      "Fait que, faudrait que le "Québec un pays" soit socialiste jusqu'à la fin des temps?" - Gilles Bousquet

      Un pays se fonde sur la base de ses valeurs, de ses coutumes et de sa culture.

      Or, il y a déjà plus de 50 ans que le Québec est une social-démocratie dotée d'un système de santé, d'éducation et d'un filet social et qui plus est d'un système fiscal de redistribution de la richesse, dont la plupart sont plus que fiers, mais se plaignent qu'il n'est pas suffisamment soutenu par l'État, voir, qu'on abandonne à la décrépitude pour favoriser le privé.

      Où serait donc le grand désavantage de ne pas instituer ces valeurs et ce système en les consolidant constitutionnellement de manière à ce qu'ils ne puissent être détruits par des gouvernements néolibéraux passagers, qui défendent les intérêts des entreprises au détriment des intérêts du peuple?

      Il existe autre chose que la langue, l'égalité homme-femme et la laïcité comme valeurs communes au Québec. Et la solidarité sociale en est une des plus importantes dont on parle trop peu et qui nous est pourtant fondamentale en plus de constituer un argument majeur pour promouvoir l'indépendance et sécuriser les citoyens face à leur crainte du changement.

      Christian Montmarquette

    • Cyril Dionne - Abonné 1 mai 2018 16 h 25

      M. Montmarquette, le Parti québécois est le seul parti indépendantiste au Québec. Le seul. L'autre, ce n'est qu’une copie-conforme mal faite.

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mai 2018 19 h 55

      À Cyril Dionne,

      "Le Parti québécois est le seul parti indépendantiste au Québec. Le seul." - Cyril Dionne

      Je suis littéralement assommé par la force de votre argumentaire Dionne!

      Pas étonnant que le PQ n'en soit plus qu'à 16% des intentions de vote, ce qui ne correspond même pas à la moitié du 30-35% des gens qui appuient encore l'indépendance au Québec.

      - Toute une crédibilité!!

      Christian Montmarquette

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 30 avril 2018 03 h 17

    ... certes !?!

    « À nous de décider si nous voulons la réunion et non la division de nos forces. La prochaine élection nous indiquera la voie à suivre. » (Jean-Pierre Jolivet, Député et Ex-ministre, « / 1976-2001, PQ)

    Bien sûr que certes, mais pour s’y faire, convient-il de lire et d’écouter, entre les lignes et espaces, et avant le jour de la votation, le contenu (plateformes écrites-verbales, prestations publiques) des forces en présence, un contenu susceptible de ?!?

    Bien sûr que …

    … certes !?! - 30 avril 2018 –

    Ps. : Bien que, personnellement, la décision soit « prise », et compte tenu de ce qui se vit au Québec, se continuant ou selon, je prévois voter … « voilé » ou … ?!?

  • Pierre Deschênes - Abonné 30 avril 2018 06 h 05

    Idéaux et diffèrends

    Les divergences entre les partisans/anes de l’indépendance exacerbent certes la difficulté d’atteindre un but commun. C’est même à se demander si, dans un scénario idéal, l’union ponctuelle des forces indépendantistes saurait ensuite résister à leurs différends advenant la concrétisation de leur rêve.

  • Claude Bariteau - Abonné 30 avril 2018 06 h 28

    On prend le pouvoir en affirmant ce qu’on fera.


    Votre analyse du NON de 1995 surprend.

    La crainte des fonctionnaires du Québec de l'arrivée de fonctionnaires du Canada n’explique le pourcentage plus faible à Québec. Les sociologues Simon Langlois et Gilles Gagné ont montré que les résultats de Québec sont analogues à ceux au Québec, sauf à Montréal, selon les groupes d'âges, l'exception étant le groupe des personnes âgées qui s’y trouvent en plus grand nombre, qui explique les résultats.

    À Montréal, le « We love you » n’explique pas l'homogénéité du vote des Anglo et Allo-québécois. Les Anglo tiennent au Canada pour des raisons historiques et ceux demeurés au Québec après 1976 rêvent de se retrouver d’une province qui les a avantagés socio-culturellement et économiquement. Ils ont voté en conséquence. Le vote des Allo découle plutôt de la révision de l’ordre canadien en 1982 avec l’inclusion du multiculturalisme et les déclarations des leaders des principales communautés ethnoculturelles, incités par des dirigeants du Canada à inviter leurs membres à voter NON.

    Votre conception du pouvoir étonne.

    Le PLQ, depuis 1980, est allié au PLC et à l’ordre canadien de 1982. Aussi cherche-t-il à prendre le pouvoir provincial pour affirmer cet ordre. Il n’entend pas demander quoi faire. Il affirme le Canada. Si l’objectif des partis indépendantistes est de prendre le pouvoir pour demander quoi faire, ils oublient l’essentiel, qui est de combattre l'ordre canadien.

    Le combattre consiste principalement à changer le système politique qui assure l’ordre canadien. Cet objectif, qui est mobilisateur, nécessite que les partis indépendantistes précisent qu’ils abandonneront le monarchisme constitutionnel à la faveur du républicanisme et renforceront le pouvoir des citoyens et des citoyennes sur les décisions des élus. En clair, ils doivent s'engager à créer un nouveau pouvoir au Québec. Avec ce cap, ils rallieront. Sans lui, ils feront le jeu du Canada et du PLQ.

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 avril 2018 07 h 05

      @ Claude Bariteau,

      "Combattre (l'ordre canadien) consiste principalement à changer le système politique qui assure l’ordre canadien. Cet objectif, qui est mobilisateur, nécessite que les partis indépendantistes (...) renforceront le pouvoir des citoyens sur les décisions des élus."- Claude Bariteau

      Et tant qu'à moi, cela s'appelle la lutte du 99% du monde ordinaire, contre les abus du 1% des petites élites économiques et politiques à la solde des entreprises, qui, notamment, permettent des aberrations comme ces 300 milliards par année évadés dans les paradis fiscaux qui appauvrissent et détruisent nos services publics et le bien commun comme l'explique si bien Alain Deneault dans une de des lumineuses entrevies à Tout le monde en parle (1) et autrement dit, une lutte de gauche.

      Alors que les péquistes nous ont assommé depuis des décennies à avec cette lubie, comme quoi l'indépendance ne serait ni de gauche ni droite, ce qui, bien évidemment, équivaut à laisser les pouvoirs des establishments et le système en place, comme l'avait d'ailleurs établi en noir sur blanc l'Entente de 1995 proposée par le PQ lors du dernier référendum.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      (1) Alain Deneault à Tout le monde en parle à la 17e minute:

      https://youtu.be/OJb06sBZPp4?t=17m1s

      ,

    • Pierre R. Gascon - Inscrit 30 avril 2018 07 h 29

      Alors, pourquoi ne voterions-nous pas Jean-François Lisée?

      Hésitants, nous avons de la peine à décider; et, sans envisager les conséquences et de façon inconsciente, sommes-nous quelque peu monarchisme constitutionnel par complaisance?

    • Jacques Lamarche - Abonné 30 avril 2018 08 h 59

      Je ne crois pas, monsieur Bariteau! En matière de constitution ou de régime politique, on ne peut rien promettre, pas plus que nos adversaires. C'est le jeu démocratique qui plus tard en décidera! Comme partout, comme dans tout pays, c'est la vitalité du débat démocratique qui permet d'aller plus à gauche, plus à droite, ou sa médiocrité qui condamne à tourner en rond!

      Une étape à la fois! Sinon, peine perdue! Déjà est difficile pour les électeurs de choisir entre la dépendance et l'indépendance! Si en même temps, ils doivent opter pour un gouvernement socialisant, les chances iront diminuant!!!

      M. Jolivet a raison. C'est limpide! Il faut s'unir, n'en déplaise à ceux qui rêvent de révolution ou de tout faire en même temps! Pour l'instant, une seule cible doit et peut être visée: le POUVOIR!! A-t-on idée de tout ce qui devient possible tous les moyens en main!

      Mon amitié sincère!

    • Pierre Turgeon - Abonné 30 avril 2018 09 h 18

      Parler au nom du peuple.

      Ça fait douze ans que certains du mouvement QS ont cette prétention, parler au nom du peuple. Malheureusement, pour eux, ils sont les seuls à le savoir. On se demande pourquoi ils veulent la proportionnelle. C’est la seule façon, qu’ils pourront passer de trois à quatre députés.

      Quelle contradiction de demander aux autres partis de leur faire une place qu’ils ne pourront jamais avoir autrement.

      Pierre Turgeon

    • Claude Bariteau - Abonné 30 avril 2018 09 h 26

      M. Montmarquette, pour vous, la lutte citoyenne, si elle n'est pas à gauche selon vos vues, n'est pas une lutte. Là, je ne vous suis pas, car, ce que j'avance, est le pouvoir des citoyens et des citoyennes exprimés dans un régime républicain et indépendant du pouvoir canadien, une idée qui peut rejoindre autant les péquistes que les qsites, mais surtout une majorité de citoyens et de citoyennes qui voient clairement ce qui se passe depuis 1995 et en ont ras-le-bol.

      En réaction, vous parlez de 99 % du monde ordinaire en lutte contre des abus des élites politiques. Or, pour faire cette lutte, il faut que les citoyens et citoyennes s'investissent à changer l'ordre politique qui protège ces abus et cette lutte implique de viser plus que le 1 %, car plusieurs « petits bourgeois » profitent et assurent le maintien de ce pouvoir, ce que Poulantzas a mis en relief et lui valut des charges du Parti communiste français.

      Je m'attendais à un engagement plus consistant de votre part qu'une critique de votre ennemi juré avec lequel QS et la CAQ viennent de signer, ce qui est un action constructive, une entente pour mettre en place un scrutin proportionnel, un premier pas, à mes yeux, vers un renversement du système politique actuel, le PLQ étant dorénavant le seul défenseur d'un mode de scrutin qui protège le pouvoir canadien au Québec.

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 avril 2018 10 h 22

      M. Monmarquette, si je dois l'écrire 100 fois je le ferai.

      Votre vision dogmatique est si fermée qu'on n'en revient jamais. Elle l'est au point que vous exigez de savoir comment les gens voteront dans le futur!

      Non mais, pour qui vous prenez-vous ?

      Non, on ne sait pas si le Québec réussira à suivre sa voie social-démocrate. Il faudra continuer à débattre chaque jour et à dénoncer les passes malhonnêtes.
      Il faudra aussi conserver un bon sens de l'auto-critique, justement ce qui vous manque au plus haut point. Étonnamment, ce parti à qui on reproche tant ses débats ouverts, en clair le seul qui soit démocratique, est celui pour lequel vous vous réveillez la nuit pour le détester.
      Quel hasard, hein...

      La lutte contre tous les néolibéralismes ne cessera jamais.Votre idée de tout régler à travers un seul débat mêlant l'indépendance à une démarche si globale qu'elle va dans le moindre détail est une tentative sciemment orchestrée pour bloquer la question.
      Sciemment, je le répète et vous en accuse.

      Elle est aussi profondément antidémocratique: vous vroyez vraiment qu'un vote règle tout pour toujours!! WOW!

      Je sais que c'est ainsi chez QS : une fois le vote passé, plus un traître mot de contestation, on le voit. La réalité préhensible est bien différente de ce truc à la structure copiée sur un syndicat et qui ose se prétendre un parti.
      J'aime bien les syndicats. Pas QS, pour de fichues bonnes raisons.

      QS n'a strictement rien de social-démocrate.QS est une caricature rigide du socialisme tel que rêvé il y a 150 ans. Faut le faire.

      M. Montmarquette, conservez votre petit poste d'apparatchik. Je vous conseille de le faire en silence. Parce que pour les lubies, vous battez tout.

      Votre démagogie de théâtre scolaire ne passe pas la rampe.

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 avril 2018 23 h 13

      @Jean-François Trottier,

      "Votre démagogie de théâtre scolaire ne passe pas la rampe." - Jean-François Trottier

      ...à 16% des intentions de vote pour le Parti québécois dans le dernier sondage de l'Actualité (un bas fonds absolu de son histoire.. )

      Si j'étais vous..

      J'éviterais de tambouriner que les critiques adressées au PQ que les ne passent pas la rampe.

      Car la réalité aurait plutôt tendance à démontrer le contraire.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mai 2018 18 h 44

      @ Pierre Turgeon,

      "On se demande pourquoi ils veulent la proportionnelle. C’est la seule façon, qu’ils pourront passer de trois à quatre députés." - Pierre Turgeon

      C'est une simple question d'équité et de justice démocratique.

      — Trouvez-vous ça normal, juste et équitable pour les citoyens.nes que des partis politiques puissent diriger le Québec en gouvernements majoritaire avec 40% du vote?

      — Trouvez-vous ça normal, juste et équitable pour les citoyens.nes qu'il faille 105,000 vote pour faire élire un député QS alors qu'il n'en faut que 25,000 au Parti libéral?

      — Trouvez-vous ça normal, juste et équitable pour les citoyens.nes qu'un vote dans certaines régions du Québec valent deux votes à Montréal ?

      À sa face même quand QS obtient 12% des appuis populaires pour 125 circonscriptions, ne serait-il pas normal et juste qu'il obtienne 15 députés.es et non 3, 4 ou 5 ?

      — Seriez vous contre la représentation juste et équitable des életecteurs à l'Assemblée nationale M. Turgeon?

      — Est-ce cela que vous oseriez appeler démocratie?

      Ou si votre position ne serait-elle pas plutôt celle d'un partisan à l'éthique élastique qui cherche un moyen d'augmenter le nombre de ses députés.es en utilisant une méthode frauduleuses qui trahis la volonté réelle des électeurs?

      Christian Montmarquette

  • Mario Jodoin - Abonné 30 avril 2018 06 h 52

    Contradiction?

    «Or pour créer ce pays de façon démocratique, il nous faut gagner une élection nous permettant ainsi de soumettre ce rêve aux électeurs. »

    Justement, le PQ a promis de ne pas soumettre ce rêve aux électeurs au cours de son prochain mandat. Il ne reste qu'un parti qui le ferait, mais vous ne semblez pas l'appuyer...

    • Jacques Lamarche - Abonné 30 avril 2018 08 h 33

      ... pour perdre encore bêtement!

    • Mario Jodoin - Abonné 30 avril 2018 13 h 49

      L'objectif est-il «de soumettre ce rêve aux électeurs» ou de prendre le pouvoir sans le soumettre ? Je ne faisais que souligner la contradiction dans les propos de M. Jolivet. Si on a d'autres objectifs, il est bien sûr qu'on peut et doit voter autrement.

      Cela dit, le PQ ne semble vraiment pas en route vers une victoire, une proportion importante de ses appuis antérieurs se transférant depuis un an à la CAQ.