Nous, médecins, ne sommes pas seulement un salaire

J’essaie simplement de montrer l’autre coté de la médaille, des médecins fiers de leur profession, qui ont choisi la médecine pour aider les gens. Par pour l'argent, parce que ça ne vaut pas la peine, expose l'auteure. 
Photo: Steve Debenport Getty Images J’essaie simplement de montrer l’autre coté de la médaille, des médecins fiers de leur profession, qui ont choisi la médecine pour aider les gens. Par pour l'argent, parce que ça ne vaut pas la peine, expose l'auteure. 

Je lis tous les jours les articles dégradants sur les médecins. Ça me peine de voir qu’on nous décrit comme cupides et paresseux. Comment en est-on arrivés là ? La critique est facile quand on ne connaît qu’une facette de la réalité. Dans le cas précis, le salaire.

J’ai toujours voulu être pédiatre. J’ai tellement étudié pour entrer en médecine. Quand mes amies sortaient, j’étudiais. Finalement acceptée en médecine, j’ai réalisé pleinement ce qu’étudier signifiait. Pendant quatre longues années.

Puis la résidence en pédiatrie. Pas facile, sept gardes de 24 heures par mois en plus de mes journées. Heureusement, le lendemain des gardes, je pouvais aller me coucher et tenter de dormir, la tête encore pleine des échos des alarmes des moniteurs et des sonneries de Pagette qui avaient habité ma nuit. Après cinq ans de résidence, je pars faire une formation supplémentaire de trois ans aux États-Unis.

A 32 ans, je commence enfin à travailler. Mes amies ont déjà une famille, une maison, un travail ! Moi j’ai des dettes. Et je voudrais une famille.

Pas de retrait préventif. Travailler jusqu’à 38 semaines, debout à faire des coloscopies, à m’occuper des enfants des autres, à répondre aux urgences la nuit et le week-end. Être en contact quotidiennement avec des virus pouvant causer des malformations foetales. J’ai été chanceuse, mes filles sont nées en santé.

Pas de congé de maternité payé. Pour ma dernière, j’ai osé prendre un an. Mon chef m’a exprimé son mécontentement. Un médecin qui part, ça fait plus de travail pour ceux qui restent, car on n’est pas remplacés.

Pas de congé de maladie payé. Un matin, je me suis cassé le pied en allant travailler. Après ma radiographie, j’étais de retour à l’hôpital en béquilles pour faire ma tournée médicale puis mon week-end de garde. Parce que trouver quelqu’un pour te remplacer à la dernière minute, ce n’est pas facile.

Mes filles comprennent mon travail et pourquoi elles étaient les premières arrivées et les dernières à partir du service de garde. Pourquoi, lors des spectacles, j’étais toujours la mère en retard, debout à l’arrière de la salle à agiter frénétiquement la main pour qu’elles sachent que je suis là ! Mais il y a eu des questions. Comme un matin ou ma fille, fiévreuse, a dû rester à la maison avec une gardienne.

« Maman, reste avec moi

Impossible, je dois aller à l’hôpital, les enfants malades ont besoin de moi.

MAIS MOI, JE SUIS MALADE »…

Je ne peux pas annuler ma clinique à la dernière minute, je ne ferais jamais ça à mes patients. Et je dois gérer ma liste d’attente.

Je travaille facilement 11 heures par jour, je rentre à la maison à 19 h. Heures supplémentaires ? Non, juste une grosse journée. Je connais les infirmières de jour et de soir, je rencontre parfois aussi celles de nuit.

Je ne dois pas faire d’erreur. Je dois tout vérifier, tout le temps, peu importe la charge de travail. Parce qu’à la fin de la journée, c’est MOI qui ai l’ultime responsabilité du patient, parce que c’est MON nom sur leur bracelet d’hôpital.

Lorsque les parents veulent me parler en arrivant à l’hôpital après leur journée de travail, je le fais même si ça fait déjà plus de 10 heures que je suis là. Je suis joignable presque tout le temps. Parfois, j’étais en vacances, mais mes patients, eux, étaient en hémorragie, en septicémie, en phase terminale…

Je passe la journée à me faire demander des choses par tout le monde. À l’hôpital, Dre Marchand… À la maison, Maman… Puis les courriels, Valérie…

Mes patients sont très malades. J’en vois 15 par jour en clinique. Impossible d’en voir plus, c’est trop lourd. Je ne suis pas productive selon Barrette. Venez me voir travailler et dites-moi que je ne suis pas productive…

J’appelle mes patients, souvent le soir, pour leur donner des résultats de tests. Pourquoi venir à l’hôpital, manquer une journée de travail ou d’école, payer essence et stationnement, uniquement pour des résultats ? J’écris des lettres et je remplis d’innombrables formulaires pour eux. Je ne suis pas payée pour ces appels et ces formulaires, uniquement pour les patients que je VOIS.

Certaines réunions sont rémunérées. Des réunions lors desquelles on prend des décisions difficiles pour des patients compliqués, ça ne mérite pas de rémunération ?

J’enseigne aux étudiants en médecine. Moins payant que de voir des patients, mais j’aime ça. Je suis impliquée bénévolement auprès du Collège royal pour la formation des futurs médecins, auprès de la Société canadienne de pédiatrie, pour établir des documents de principe.

Pas de vacances payées. Pas de régime de retraite. Des milliers de dollars par année en assurance salaire et en assurance responsabilité. Plusieurs de mes collègues paient aussi, à même leur salaire, secrétaire, loyer et équipement.

Je ne me plains pas. J’adore mon travail et mes patients. J’essaie simplement de montrer l’autre côté de la médaille, la réalité de plein de médecins de coeur qui se donnent à 150 %, compensent les compressions, COMME ET AVEC le personnel infirmier, les pharmaciens, nutritionnistes, psychologues, travailleurs sociaux, etc. Des médecins fiers de leur profession, qui ont choisi la médecine pour aider les gens. Pas pour l’argent, parce que ça ne vaut pas la peine. Et certainement pas pour se faire traîner dans la boue.

Nous sommes plus que juste un salaire.

71 commentaires
  • Ian de Valicourt - Abonné 13 mars 2018 05 h 39

    Un appel à la pitié bien malvenu...

    Mme. Marchand comprend mal les termes du débat politique actuel. On lit rarement des critiques concernant le travail des médecins et je n’ai pour ma part entendu aucune attaque personnelle à l’endroit d’un ou une médecin. Le débat de société concernant leur rémunération n’a pas à être ainsi personnalisé.
    Là où on peut par contre accuser les médecins (et surtout leur fédération à vrai dire) d’avoir un portefeuille à la place du cœur, c’est dans leur insensibilité la plus totale à l’intérêt collectif et aux sacrifices économiques que font les Québécois pour se payer des services publics de qualité. Comment ont-ils pu exiger des hausses de rénumérations de plus de 100% en huit ans, eux les privilégiés des privilégiés qui faisaient déjà parti du 1% les plus riches de la population avant leur augmentation salariale? Comment peuvent-ils juger naturel que leurs patients, qui peinent parfois à manger de façon équilibrée, consacrent une part de leur maigre pitance à l’impôt qui financera leur salaire avoisinant le demi-million annuellement? (Surtout quand eux peuvent échapper à l’impôt à cause des règles iniques qui font d’eux les seules entrepreneurs au service de l’État.)
    C’est au niveau du sens civique des médecins que cette augmentation salariale choque la population. L’avidité de leurs négociateurs fait en sorte que le système de santé est plombé par les fonds qui disparaissent dans leur renumeration. Les contribuables sont écœurés de payer pour un service de santé où leur argent est dilapidé pour que les médecins spécialistes puissent se payer tout leur caprice.
    Non madame Marchand, le témoignage de vos petites misères personnelles n’adoucit aucunement le jugement que les citoyens peuvent poser sur la rémunération que vous vous êtes négociés grâce à vos pitoyables collègues postés au Parti Libéral du Québec. Je crains que, avec Barrette et Couillard, vous ayez perdu de vu l’intérêt collectif de notre société...

    • Serge Pelletier - Abonné 13 mars 2018 09 h 46

      Attention M. Valicourt, Barrette ne voulait pas donner la dernière augmentation salariale aux médecins... Son boss de PM, du nom de Couillard, lui a enlevé la négo pour la donner à son copain ex-secrétaire général de son cabinet, lui aussi médecin spécialiste, qui s'est empressé de dire oui oui oui...

      Quant à Barrette, il a bien des défauts, mais lui au moins fait face à la musique... Et comme il a osé faire, ou tenter, des changements (certains heureux - d'autres pas)... Il s'est mis tout le monde à dos, et plus particulièrement les deux associations de médecins ainsi que les centrales syndicales qui sont toute aussi corporatives que les associations de médecins.

      Quant à l'histoire des CLSC vs Clinique privée à la Barrette... Avez-vous souvenirs que les directions des CLSC ont fait un mea culpa sur leurs disfonctionnements opérationnels (heures d'ouverture, accès aux soins, etc.). QUE NON... La dernière en date des niaiseries bureaucratiques primant dans les CLSC vient de se produire à celui de Verdun: vous êtes sur une liste d'attente où le rendez-vous est fixé dans un délai de 2 à 4 mois pour obtenir un vaccin de présention du tétanos pour votre enfant en bas âge... Pour votre information, ça c'est un vaccin ne nécessitant pas de prescription par un médecin... Une infirmière ou une infirmière auxiliaire est habilitée à procéder séance tenante... Avez-vous souvenirs dans ce cas que le directeur général du CLSC s'est excusé, qu'il a téléphoné à la la Dame pour lui dire que cela était inacceptable, de se présenter séance tenante avec son enfant au CLSC que le personnel infirmier procèderait immédiatement au vaccin... QUE NON... Mentalité de "fonctionnaire' primant - c'est de ta faute Madame, t'as juste à mettre ton nom sur la liste comme on te dit.

    • André Joyal - Abonné 13 mars 2018 11 h 24

      M.de Valcourt écrit:«Les contribuables sont écœurés de payer pour un service de santé où leur argent est dilapidé pour que les médecins spécialistes puissent se payer tout leur caprice (sic).»

      À quel caprice - au singulier -, vous faite allusion? Sûrement pas à celui de pouvoir soigner sa fille chez-elle puisque ça lui est impossible.
      Vou surenchérissez en écrivant: «Non madame Marchand, le témoignage de vos petites misères personnelles n’adoucit aucunement le jugement que les citoyens peuvent poser sur la rémunération...»
      Si vous en vivez, vous, des «petites misères personnelles» telles que décrites dans cette lettre, soyez assuré de toute ma compassion. Mais, permettez-moi de douter que vous ayiez dû travailler, de 22 ans à 32 ans, sous le salaire minimum (étant donné le nombre d'heures de travail exigé) en assumant d'énormes responsabilités.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 mars 2018 15 h 09

      Monsieur Pelletier, quand vous dites que le ministre Barrette ne voulait pas donner la dernière augmentation, pourriez-vous dire quelles sommes d'argents auraient été épargnées par le Trésor public, juste pour être sûr qu'on ne parle pas simplement de « trop » d'argent ?

      Monsieur Valicourt, si vous estimez que le débat ne doit pas être « personnalisé », vous seriez vous-même bien inspiré de ne pas invoquer aussitôt un manque de sensibilité de la part des médecins. Vous pourriez notamment mettre un peu plus de soin à évaluer le pourcentage d'augmentation du budget de la santé consacré à la rémunération médicale qui a doublé, mais en chiffres absolus et non en dollars constants et qui doit tenir compte de l'évolution du volume de pratique entre les deux dates. En tout respect, par ailleurs, ni vous ni moi ne sommes en mesure de porter le jugement à l'effet que les fonds publics seraient « dilapidés », à moins de prendre pour argent comptant le pitch média de monsieur Contandriopoulos, par exemple, qui concluait d'une étude qui ne parlait pas du tout de ce sujet qu'il y avait une corrélation forte entre les hausses et une baisse de rendement.

      C'est vrai que quand on est bien payé comme le Dr Marchand, il faut prendre garde à ne pas trop dire de bêtises. Elle s'en acquite plutôt convenablement. Jamais assez pour ceux qui estiment avoir payé assez cher à même leurs maigres revenus le privilège, à eux réservé semble-t-il, de prendre appui sur leur seul sentiment pour justifier leur mépris.

    • Yves Mercure - Abonné 13 mars 2018 15 h 49

      Prendre un chemin plus proche pour qu'on y voit mieux... plutôt que plus croche pour la vindicte populaire
      Oh! Bêtise, quand tu nous tiens... disais-je ailleurs
      Une généralisation brutale, tous dans le même sac, n'est-ce pas. Puis, on se reprend pour, un instant, avoir l'air moins bête, pour retourner à la simplification vite fait.
      Des pensées de bébés attardés disait un autre pauvre d'esprit? Ouvrez vos mirettes et vous verrez une majorité de Md aussi désolée que la population en général. Symptôme oui, mais d'un phénomène plus important que le simplisme des coups portés à monne médical.
      Symptôme d'un syndicalisme corporatif qui dérape peut-être.
      Symptôme d'une centration sur leur travail, qui laisse à place pour les opportunistes comme Barette et autre fin eux.
      Symptôme d'une gouvernance qui fait croire que l'incurie ministérielle est innocente, comme l'est le parti et son Cheff.
      Symptôme d'un focus médiatique démesuré pour placer du papier ou de l'écoute.
      Symptôme d'une société qui se laisse manipuler vers des boucs-émissaires qui servent d'épouvantails devant les vrais pouvoirs en place.
      Symptôme d'une société désemparée dont le mal de vivre ne voit plus que l'instant présent et qui twist son acrimonie en 140 caractères pour crucifier le type mal stationné, dans un appel au meurtre comme le gogo qui fait son 140 pour déclarer la guerre à tout un chacun.
      Symptôme disait un autre lapideur ailleurs.. Un peu mon neveux! Pour une fois que le journal place des contr-parties, faut que les voyous s'y mettent. Ce débat ne fait pas que déraper, il fusille l'intérêt de la relève autant que la motivation dans le présent.

    • Pierre Ferland - Abonné 14 mars 2018 09 h 35

      Nous n'avons pas tous , toutes les memes talents, le meme tempérament, le meme milieu...Quelle est l'idée que j'ai de la vie, de ma vie, de la société...Pour moi, je suis responsable de ma vie, de ma vision que j'ai de la société et la société doit aider l'individu a s'épanouir tout en ayant le plus de solidarité possible. Que suis-je sans l'autre...

  • Serge Pelletier - Abonné 13 mars 2018 06 h 48

    Dettes d'études... Hihihi.

    Mais Madame, la très forte majorité des étudiants universitaires terminent leur baccalauréat avec des dettes d'études jouant des les 20,000$/25,000$. Ajoutez à ce montant un 10,000$ pour les études de second cycle. Notez aussi qu'il ne s'agit là que des dettes aux Régimes gouvernementaux de prêts/bourses - plutôt prêts que bourses. Notez aussi Madame que certains programmes demandent des stages non rémunérés, et parfois fort longs... L'enseignement comporte un stage terminal d'une année non rémunérée et sans garantie d'emploi... Pire, les futurs "enseignants" n'obtiennent pas de poste "fixe" avant une moyenne de 5 à 6 ans - périodes où c'est l'insécurité totale à tous les niveaux. En droit, la situation, avec quelques variantes corporatives, est pratiquement similaire... L'on pourrait faire un long, fort long tour d'horizon des programmes où les étudiants (es) se trouvent avec des dettes, des contraintes d'accès à la profession et des sous-emplois en terminal. CE QUI N'EST PAS LE CAS DES MÉDECINS.

    À cet effet, Madame, les frais de scolarité des universités en sol québécois sont pratiquement équivalents entre les différentes formations universitaires. Les étudiants (es) en médecine ont des frais de scolarité d'environ 350$ de plus par session qu'un (e) étudiant(e) en littérature, en droit, en... (une dette scolaire supplémentaire d'environ 3,000$ pour les médecins lors de la remise du parchemin de premier cycle)... Mais le salaire des uns et des autres est loin d'être comparable.

    J'ajoute, Madame, que la très forte majorité des étudiants en médecine reçoivent des cartes (plusieurs) de crédit avec marges de 50,000$ dès leur première année d'études en faculté... Ce qui encourage le gonflement de la dette... Mais pas des dettes d'études, uniquement des dettes de consommation...

    • Hélène Dumais - Abonnée 13 mars 2018 12 h 34

      M. Pelletier, vpus demandez-vous pourquoi les CLSC ne répondent pas aux attentes légitimes de la population???? depuis des années on ne leur fournit plus les ressources dont ils ont besoin; et il y a longtemps que les CLSC n'ont plus de directeur général, depuis la réforme de srtuctures amorcée par Couillard en 2005, puis poursuivie par Barrette ; ce dernier a pris le contrôle, et il a entrepris de décapiter les CLSC qui ont toujours été boycottés par les médecins( salariat, peur de perdre leur autonomie, etc). Barrette favorise les GMF, contrôlés par des médecins, avec un modèle de gestion privée ( essayez de faire une plainte!!!). Les CLSC., un modèle plein de potentiel, sont les grands perdants des réformes de libéraux!

  • Marguerite Paradis - Abonnée 13 mars 2018 07 h 04

    UN SYSTÈME MALADE, DES PISTES DE SOLUTION

    Solutions :
    1) la personne et sa santé, la priorité
    2) les interventions en santé « nécessitent » l'expertise de diverses professions
    3) le-la médecinE, un salarié d'État comme les autres
    4) une formation collégiale en médecine et ensuite une spécialisation universitaire (au besoin)

    • André Joyal - Abonné 13 mars 2018 13 h 26

      Mme Paradis,rois ans de fomation suffiraient selon vous!!! Hey bien, voici un exemple qui révèle le contraire :
      En1968 je travaillais en Algérie. On ne cessait de me dire que si j'étais malade, je devais tout faire pour ne pas aller à l'hôpital. Pourquoi? Parce que je risquais fort d'être soigné par un médecin bulgare doté justement d'une formation en médecine de TROIS ans.
      Les pauvres, pour se faire la main, ils avaient été confiés à un pays «frère en socialisme» par leur gouvernement. Les Algériens les appelaient «les bouchers».

  • Hélène Paulette - Abonnée 13 mars 2018 08 h 35

    Maintenant, imaginez un salaire?

    Oui, un salaire avec tous les avantages que celà comporte!

    • Raymond Labelle - Abonné 13 mars 2018 10 h 41

      Congé de maternité payé, congé de maladie payé.

    • Marc Therrien - Abonné 13 mars 2018 20 h 53

      Mais encore là, ça dépend du salaire.
      Qui est le juge du "juste salaire", comme du juste prix dans l'économie de marché?
      Mettre des $$$ sur la tête des humains pour leur attribuer une valeur est une tâche qui répugne bien des gens.
      Pour ça que j'imagine que comme tout un chacun ne peut pas devenir médecin spécialiste, le même tout un chacun ne peut pas devenir un gestionnaire de haut niveau chargé de négocier le salaire du médecin spécialiste. La démocratie qui permet la liberté de parole a cependant ceci de merveilleux qu'elle peut permettre à tout un chacun d'outrepasser son rôle dans la facilité du discours qui n'a pas à être suivi d'action pour laquelle il devra rendre des comptes.

      Marc Therrien

    • Raymond Labelle - Abonné 14 mars 2018 14 h 31

      "Qui est le juge du "juste salaire", comme du juste prix dans l'économie de marché?"

      La situation force à trancher d'une manière ou d'une autre, tant bien que mal. On ne peut pas ne pas les payer.

      Ici, comme c'est l'État qui paie, la valeur du marché doit être estimée plus ou moins artificiellement, par comparatifs et hypothèses. De plus, l'État n'est pas obligé de payer selon cette valeur estimée du marché, puisque le service médical est un service public et non pas un service purement commercial comme un autre et qu'il peut tenir compte de d'autres éléments, comme la capacité de payer de l'État et les besoins en santé, par exemple.

  • Marc Davignon - Abonné 13 mars 2018 08 h 44

    Quoi répondre ?

    À cette litanie! Que des gens doivent aussi faire tout cela, mais avec des salaires de misère. Ils doivent faire leurs épiceries chez Dollorama! Quand vous gagné $9.80/h (avec les pourboires), que vous n'avez pas d'assurance collective (que celle du gouvernement, pour les médicaments), que vous passé votre journée debout (le service aux tables ne se fait pas assis) à vous faire demandé l'impossible (quand ce n'est pas se faire insulté), que vos vacances (qui ne sont jamais dans la haute saison) son payé par un pourcentage de votre salaire (des vacances gratos, ça n'existe pas!). Et quand, la pauvre, elle fut enceinte, le seul «congé payé» fut le chômage qu'elle reçut après avoir été mise à la porte.

    Alors, dites-lui à cette personne que vous méritez vraiment une augmentation de 100% avec un salaire qui faisait déjà partie du 1%! Allez! Allez la voir et dite lui qu'elle n'a pas raison de jugé de l'impertinence d'une telle augmentation pour une personne qui fait tout ce quelle fait (sauf l'épicerie!) mais avec un salaire de misère. Cela serait certainement instructif. Enfin, dite lui, comment vous vous sentez vexer!

    Oui, la médecine est une discipline qui impose beaucoup de responsabilités. Cela découle probablement du fait que cette discipline a comme sujet le corps humain, nous, notre vie. Ça, ça représente beaucoup d'émotion! Vous ne saviez pas cela avant et même pendant vos études? Vous ne saviez pas que le corps humain ne se met pas à «off» le soir (comme les ordinateurs) ?

    D'accord, vous n'êtes pas seulement un salaire, mais vous n'êtes pas à plaindre non plus!

    • Serge Pelletier - Abonné 13 mars 2018 14 h 06

      Erreur Marc, cette Dame médecin, n'en a que pour le salaire et le prestige. Lisez bien, ligne après ligne sa fort longue litanie. "J’enseigne aux étudiants en médecine. Moins payant que de voir des patients, mais j’aime ça. Je suis impliquée bénévolement auprès du Collège royal pour la formation des futurs médecins, auprès de la Société canadienne de pédiatrie, pour établir des documents de principe. (...) Pas de vacances payées. Pas de régime de retraite. Des milliers de dollars par année en assurance salaire et en assurance responsabilité. Plusieurs de mes collègues paient aussi, à même leur salaire, secrétaire, loyer et équipement.

      Pire, sur sa condition et obligations de ses charges monétaires et bénéfices futurs, elle ment effrontément (comme une aracheuse de dents): plus de 60% de la population canadienne n'a que les régimes publiques de retraite (environ 16,000$/an) - l'autre 40% est majoritairement composé de gens desorganismes gouvernentaux - et ceux dans le privé (environ 4%) le sytême de retraite est plus souvent qu'autrement à la merci des soubresauts des entreprises - style faillite. Quant aux assurances responsabilités, elles sont 100% défrayées par le gouvernement lorsque le travail est fait dans le milieu institutionnel (hôpitaux, CLSC, etc.). Pour l'assurance salaire, les 60% sans régime de retraite n'en ont pas... dans le meilleur des cas, un petit chèque de chômage pour 6 mois. Quand cette Dame pleure qu'elle (et ses collègues) doivent payer des frais de cabinets privés, elle oublie de dire que ceux-ci sont déductibls à 100% de ses revenus (généralement sous le régime d'incorporation) et qu'il lui reste en moyenne, comme spécialiste, une fois ses frais déduits un revenu de plus de 450,000$/an. Si avec un tel salaire "incorporé" elle ne parvient pas à se payer un beau et grand fonds de retraite... C'est qu'elle est malade, grandement malade du coco.