L’AIEQ est indispensable pour faire rayonner le Québec sur la scène internationale

L'historien et sociologue Gérard Bouchard a qualifié l’AIEQ de «formidable vitrine de la culture et de l’ensemble de la société québécoise à l’étranger, en même temps qu’un instrument d’animation exemplaire».
Photo: Chris Sadowski Getty Images L'historien et sociologue Gérard Bouchard a qualifié l’AIEQ de «formidable vitrine de la culture et de l’ensemble de la société québécoise à l’étranger, en même temps qu’un instrument d’animation exemplaire».

Lettre adressée au premier ministre Philippe Couillard

Au cours des dernières années, nous avons tous eu la chance, pour ne pas dire le privilège, de recevoir une décoration de votre part, de celle du ministre de la Culture et des Communications ou encore de celle de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie. Chaque fois, nous nous sommes fait dire que le Québec nous était reconnaissant parce que nous avions contribué à accroître son rayonnement sur la scène internationale. Certains d’entre nous ont même été qualifiés « d’ambassadeurs culturels » du Québec.

Jusqu’à tout récemment, nous n’avions aucune raison de douter de la sincérité de ce témoignage de reconnaissance. Ce n’est toutefois plus le cas depuis que nous savons que le Conseil du trésor, appuyé visiblement par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie, a de nouveau jugé bon de réduire la subvention qui est accordée à l’Association internationale des études québécoises et de l’obliger à s’autofinancer à plus ou moins brève échéance. Comment peut-on prétendre être reconnaissant envers certains des membres de cette association, comme c’est notre cas, et faire montre d’autant d’ingratitude envers tous ses membres qui pourtant sont aussi méritants que nous ? Il s’agit là d’un paradoxe qui nous laisse perplexes, découragés, et même, pour certains d’entre nous, amers.

Comme le déclarait récemment Richard Prieur, le directeur général de l’Association nationale des éditeurs (ANEL), « cet organisme à but non lucratif fort estimé a contribué à faire connaître plusieurs écrivaines et écrivains d’ici sur la scène internationale. Couper ses ressources financières, c’est hypothéquer sérieusement le rayonnement de notre littérature à un moment où elle est fortement recherchée sur la scène internationale ». Pour sa part, dans un article récent paru dans La Presse, l’éminent historien et sociologue Gérard Bouchard a qualifié l’AIEQ de « formidable vitrine de la culture et de l’ensemble de la société québécoise à l’étranger, en même temps qu’un instrument d’animation exemplaire ». Nous sommes témoins de la justesse de ces remarques, parce que nous avons consacré notre temps et notre expertise à faire rayonner le Québec dans nos pays respectifs.

Nous vous demandons donc, avec insistance, de tout mettre en oeuvre pour que cette décision de priver l’AIEQ de ressources, qui lui sont indispensables pour pouvoir continuer à faire rayonner le Québec sur la scène internationale, soit annulée. Nous vous demandons également de faire en sorte que cette association puisse à l’avenir bénéficier d’un financement plus important que celui qui lui est accordé présentement et que, par surcroît, elle puisse jouir de l’autonomie de gestion qu’il lui faut pour remplir sa mission avec encore plus d’efficacité.

Convaincus que vous comprendrez l’urgence et l’importance de ne pas nous décevoir en nous manifestant à nouveau votre gratitude, à travers les gestes concrets que vous poserez pour faire en sorte que l’AIEQ et les membres de son réseau puissent obtenir un soutien à la hauteur de leur mérite, nous vous prions, Monsieur le Premier Ministre, d’agréer l’expression de notre considération.

Zila Bernd, Brésil, Ordre national du Québec; Peter Klaus, Allemagne, Ordre national du Québec; Ingo Kolbloom, Allemagne, Ordre national du Québec et Ordre des francophones d’Amérique; Rachel Killick, Royaume-Uni, Ordre des francophones d’Amérique; Marie-Christine Koop, États-Unis, Ordre des francophones d’Amérique; Ursula Mathis Moser, Autriche, Ordre des francophones d’Amérique; David Parris, Irlande, Ordre des francophones d’Amérique; Françoise Tétu de Labsade, France, Ordre des francophones d’Amérique; Milena Santoro, États-Unis, médaille du 50e du MRIF; Françoise Sule, Suède, médaille du 50e du MRIF