Alex Harvey, un homme d’exception

Le duel vers le fil d’arrivée entre Harvey et Sundby était encore plus magnifique parce qu’il était, si on veut, désintéressé, écrit l'auteur.
Photo: Franck Fife Agence France-Presse Le duel vers le fil d’arrivée entre Harvey et Sundby était encore plus magnifique parce qu’il était, si on veut, désintéressé, écrit l'auteur.

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt les articles de M. Rettino-Parazelli dans Le Devoir tout au long des Jeux olympiques et en particulier celui sur Alex Harvey paru le 26 février.

Et vous, vous l’avez vu cette sublime poussée finale d’Alex Harvey qui lui a permis d’aller ravir, en s’étirant de tout son long, la 4e place à Martin Sundby qui est l’équivalent d’un Sidney Crosby du ski de fond (4 médailles olympiques, 6 médailles en championnats du monde et bien d’autres médailles en Coupe du monde)?

Si ce n’est pas encore fait, choisissez votre appareil préféré et visionnez les faits saillants de cette course de 50 km qui, semble-t-il, sera la dernière course olympique d’un de nos plus grands athlètes.

Ce duel vers le fil d’arrivée entre Harvey et Sundby, point culminant de plus de deux heures de souffrance et malgré l’immense quantité d’énergie dépensée lors des autres courses des derniers jours, était encore plus magnifique parce qu’il était, si on veut, désintéressé : les deux surhommes savaient bien qu’ils ne se battaient pas pour être accueillis sur ce si vénéré podium olympique, mais bien pour terminer à cette si cruelle 4e place.

Devant mon écran, à 2h15 du matin, à la fois triste pour Alex de voir la médaille de bronze lui échapper, mais surtout stupéfait par sa puissance, je me sentais privilégié d’assister à ce moment de pur dépassement sportif. Privilégié de voir deux immenses athlètes qui semblaient se défier pour le simple plaisir de tester la limite de leurs capacités. On aurait dit qu’ils n’étaient plus que deux sur la piste et qu’ils nous invitaient à un duel qui aurait bien pu se dérouler dans un contexte bien loin de la frénésie olympique, en campagne norvégienne ou bien sur une piste de ski de fond du Mont Ste-Anne.

Depuis cette magnifique démonstration sportive, plusieurs journalistes et commentateurs ont exprimé ce que tous les véritables amateurs de sport québécois savent depuis longtemps et encore un peu plus depuis la fin de cette course inoubliable : Alex Harvey est et sera pour toujours un des plus grands athlètes que le Québec ait connus et il mérite toute notre admiration.

Combien de jeunes et de moins jeunes, grands sportifs ou non, ont été et seront pour longtemps inspirés par la détermination qui l’a propulsé malgré les inévitables déceptions et par l’humilité qu’il a conservée malgré ses exploits dont nous ne saisissons pas toute l’ampleur.

Combien de clubs de ski de fond ont été créés ou ont pu se développer grâce au modèle exceptionnel qu’Alex a été pour son sport?

Alex a annoncé que sa carrière olympique est terminée, mais il a aussi dit qu’il défendra l’an prochain son titre de champion du monde et qu’il participera aux finales de la coupe du monde qui auront lieu à Québec à l’hiver 2019. Il faudra saisir toutes les occasions qu’il nous reste de voir à l’oeuvre cet athlète d’exception qui est devenu sous nos yeux, dans les dernières années, un homme d’exception.

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