Le plus beau chemin de Montréal

Même en fermant le chemin Camillien-Houde, les automobilistes vont continuer de monter la montagne et de la descendre sur un demi-parcours, à l’est comme à l’ouest, estime l'auteure. 
Photo: Catherine Legault Le Devoir Même en fermant le chemin Camillien-Houde, les automobilistes vont continuer de monter la montagne et de la descendre sur un demi-parcours, à l’est comme à l’ouest, estime l'auteure. 

Je l’empruntais pour amener les enfants glisser, en bas de la montagne, ou au lac des Castors et pour aller patiner sur la magnifique patinoire située sur ce même lac et malheureusement récemment fermée. J’ai marché sur ses nombreux sentiers, monté ses interminables escaliers avec plaisir. J’y ai admiré ses sculptures au moment du Symposium et assisté à de multiples événements, concerts, expositions. J’y ai pique-niqué et j’y organise encore des pique-niques intergénérationnels où l’on mange en toute liberté pendant que les enfants courent les écureuils ou jouent au ballon.

Aux amies et amis venus d’ailleurs, j’ai fait visiter les différents quartiers de Montréal, l’est de la ville d’abord, puis la montagne et ses points de vue imprenables, son cimetière, l’un des plus beaux au monde, puis, redescendant de l’autre côté de Côte-des-Neiges, les ai menés vers le point de vue sur l’autre versant, vers les « grosses maisons » et le marché Atwater. Ce chemin, lien symbolique entre nos « deux solitudes », je le prends moi-même par plaisir parfois, parce que c’est le plus paisible, le plus beau en ville, jamais le même au fil des saisons.

Pénaliser les citoyens

Beaucoup de mes amis et collègues sont cyclistes, mon mari est cycliste, ma fille est cycliste et elle utilise les sentiers de la montagne et le chemin Camillien-Houde quand elle se sent en forme. Je suis absolument concernée par l’urgence et la nécessité absolue de les protéger. Leur vie est menacée par des camions qui ont récemment causé la mort sur l’avenue du Parc, entre autres, d’autres cyclistes ont été blessés parce qu’un chauffeur n’a pas vérifié son angle mort avant de tourner, d’autres encore courent le risque quotidien de perdre la vie à cause d’automobilistes qui font de la vitesse ou des demi-tours sur différentes artères de la ville.

La proposition actuelle de fermer Camillien-Houde ne règle pas ce problème tout en pénalisant inutilement les citoyens qui n’ont pas raison d’être pénalisés. Les automobilistes vont continuer de monter la montagne et de la descendre sur un demi-parcours, à l’est comme à l’ouest. Il y aura toujours des irresponsables pour faire de la vitesse ou des demi-tours, là comme ailleurs, et les cyclistes resteront vulnérables. La solution doit être plus globale et protéger tous les cyclistes et les automobilistes de Montréal. La montagne est un joyau en ville. Un patrimoine collectif précieux pour tous, un lieu qui contribue à l’identité unique des Montréalais. Chacun l’aime à sa façon, passionnément parfois : les réactions émotives que cette décision suscite sont éloquentes. M. Ferrandez, malgré toute l’estime que j’ai pour vous, je crois qu’il y a sûrement d’autres solutions à explorer, efficaces et dans le respect de tous les citoyens, sans transformer en double cul-de-sac le plus beau chemin de Montréal.

3 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 24 février 2018 10 h 18

    Un parc est un parc

    Pas d'autos privées. Les parkings à l'entrée. Une navette pour ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas se rendre au Lac ou au chalet à pied ou en vélo ou en planche ou en trotinette.

    • Céline Delorme - Abonnée 24 février 2018 15 h 15

      Monsieur Bernard Terreault.

      Combien de jeunes bébés avez-vous?
      Quel âge avez-vous?
      Combien de fractures, de cancers, ou d'infarctus avez-vous subis?
      Combien de mois, ou d'années dans votre vie vous êtes-vous déplacé en béquilles ou en fauteuil roulant?
      combien de fois avez vous amené une personne handicapée contempler le Mont-Royal?
      Combien de fois avez-vous amené votre père et votre mêre de 92 ans contempler le Mont Royal?
      Vous êtes indifférent à vos concitoyens qui n'ont pas la chance d'être en parfaite santé.

  • Pierre Raymond - Abonné 24 février 2018 11 h 52

    Le juste milieu !

    Depuis un certain temps, j'ai l'impression que nos décideurs ne peuvent rien mettre en oeuvre qui ne soit le résultat d'une décision quasi spontanée ou suite à une multiplication d'études s'étendant sur des mois voire des années de réflexion.

    Pourrait-on prendre UN PEU de temps pour consulter minimalement et pour soupeser les tenants et aboutissants de tout changement sur le chemin Camillien-Houde ?