Trouvons le courage d’appeler un chat un chat

Le Québec doit trouver le courage d’admettre le problème de xénophobie et d’islamophobie croissantes, qui permet aujourd’hui à ces groupes néo-nazis d'alimenter la haine contre les immigrants, estime Amir Khadir. 
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le Québec doit trouver le courage d’admettre le problème de xénophobie et d’islamophobie croissantes, qui permet aujourd’hui à ces groupes néo-nazis d'alimenter la haine contre les immigrants, estime Amir Khadir. 

L’attentat à la mosquée de Québec, c’était il y a un an: 6 morts, 19 blessé·es et une minorité identifiable terrorisée à l’idée que ce qu’a fait Alexandre Bissonnette puisse se répéter.

Heureusement, le Québec tout entier a réagi avec justesse et dignité. Accusés par plusieurs d’alimenter la haine contre les immigrant·es et les musulman·es, même des radio-poubelles et certains de leurs animateurs se sont empressés de se montrer solidaires avec les victimes de la tuerie, bien qu’on doive un jour examiner avec sérieux la responsabilité de leurs propriétaires, qui n’ont habituellement aucun scrupule à faire du fric en alimentant les ressentiments, sinon la haine des uns contre les autres.

Depuis ces événements, et même avant, on débat à juste titre sur une épineuse et lancinante question: l’islamophobie existe-t-elle au Québec?

Une enseignante québécoise, immigrée du Maghreb, proche de l’une des victimes de la fusillade, se confiait ainsi à l’émission de Denis Lévesque « Personnellement, nous n’avons pas été victimes d’islamophobie. [...] Au Québec, moi j’ai été agressée par des musulmans, pas des Québécois. » Elle affirmait même que réclamer une journée de sensibilisation sur l'islamophobie est « s’ingérer dans les affaires du Québec ».

Bien que ces affirmations contiennent beaucoup de contresens, je ressens de la sympathie pour cette enseignante, chez qui je devine un souci aigu d’éviter d’alimenter les ressentiments ou d’offenser celles et ceux qui ont fait preuve de générosité envers elle et sa famille en les accueillant au Québec.

Rend-on pour autant service au Québec en occultant ce qui nous arrive? Cette précaution louable de ne pas amalgamer l’ensemble du Québec avec la terrible vision du monde et les agissements d’un petit nombre de xénophobes et de racistes doit-elle nous empêcher d’appeler un chat, un chat?

Le Québec mérite mieux de notre part

Non, le Québec n’est pas islamophobe dans son ensemble, pas plus que le Québec n’est raciste ou xénophobe. Mais il existe malheureusement, au Québec comme ailleurs dans le monde, des racistes et des xénophobes.

Je parle d’ailleurs, car lorsqu’on pense à ce qui se vit aux États-Unis ou dans certains pays européens, on peut sans gêne affirmer que nous sommes une société heureusement tolérante dans son ensemble, où les manifestations de haine et de racisme pâlissent en comparaison.

Mais le Québec mérite mieux de notre part. Nos attentes devraient être plus élevées que de remporter la comparaison avec nos voisins du sud, où la montée en puissance de suprémacistes blancs, galvanisés par leur président, est franchement inquiétante.

Le Québec dont nous sommes fiers mérite que nous ayons le courage de reconnaître les problèmes qui nous font obstacle.

Le courage de reconnaître que les idées délirantes qui ont alimenté la haine d'Alexandre Bissonnette pour qui « les Blancs risquent la marginalisation au Québec » ont malheureusement d'autres adeptes chez nous.

Le courage de reconnaître qu’Alexandre Bissonnette n’est pas seul à vouer une admiration sans bornes pour Trump et Le Pen, qui tous deux ont cherché leur succès politique en brandissant la présence des minorités d’origine musulmane sur leur territoire comme une menace aux sociétés occidentales. Cela s’appelle de l’islamophobie et on en trouve plusieurs adeptes et partisans ici.

Le courage de reconnaître qu’il y a aussi chez nous une minorité franchement raciste et dangereuse, comme le groupe Atalante, qui affiche ses convictions néonazies et qualifie de « parasite » un immigrant comme moi sur des affiches placardées dans les rues de Montréal.

Le Québec dont nous pouvons collectivement être fiers doit trouver le courage d’admettre le problème de xénophobie et d’islamophobie croissantes, qui permet aujourd’hui à ces groupes néo-nazis d'organiser des rassemblements provocateurs pour alimenter la haine contre les immigrants.

Critiquer l'Islam dans un débat d'opinion n'est pas de l'islamophobie. Pas plus que critiquer les musulmans comme n'importe quels acteurs de la société — pour ce qu'ils font et non pour ce qu'ils sont. Mais des gens influents présentent les citoyens québécois d’origine maghrébine ou musulmane comme une menace à « la survie de notre nation»! Il y a même des animateurs et des chroniqueurs régulièrement payés pour écrire tout ce qui peut alimenter le ressentiment contre cette minorité. C'est ce qu'on appelle islamophobie et nous pouvons avoir le courage de le reconnaître.

Nous devons trouver ce courage pour ne plus voir l’Assemblée nationale et les élites politiques se montrer frileuses à l’idée même de débattre de manière structurée et formelle de la discrimination systémique en Commission parlementaire.

Qu’on les nomme ou pas, ces problèmes existent. Et ils risquent de croître si nous ne trouvons pas les mots et le courage pour le dire.

60 commentaires
  • Jean Gadbois - Inscrit 30 janvier 2018 01 h 26

    Comment faut-il vous le dire.

    On aime pas les personnes violentes qu'elles soient des "pures laines" ou des étrangers, qui ne veuleut pas de nos valeurs et qui ne sont pas bien ici, mais qui choisissent de venir le dire en profanant des menaces de violence, d'intégrisme idéologique ou de délinquance et qui ne veulent pas respecter le vivre-ensemble. Qui tuent, volent ou expriment la haine!
    Rien à voir avec la religion, la race, l'ethnie, la classe sociale,
    Assez, c'est assez.
    On veut vivre en paix, en français et progresser comme société. Passons aux vraies choses, de grâce!

    • Cyril Dionne - Abonné 30 janvier 2018 18 h 39

      Le problème avec la religion musulmane M. Gadbois, c'est que la Réforme de celle-ci est islamiste. Les djihadistes sont les réformistes. Triste, mais bien vrai.

      Tous veulent vivre en paix et au Québec, c'est en français. Pourtant, ce n’est pas difficile à comprendre comme pour le 75% des musulmans qui deviennent aussi catholiques que nous une fois arrivés au pays.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 30 janvier 2018 05 h 37

    ... OUI !

    « Non, le Québec n’est pas islamophobe dans son ensemble, pas plus que le Québec n’est raciste ou xénophobe. Mais il existe malheureusement, au Québec comme … . » ; « Qu’on les nomme ou pas, ces problèmes existent. Et ils risquent de croître si nous ne trouvons pas les mots et le courage pour le dire. » (Amir Khadir, QS)

    De cette citation, l’utilisation du mot « mais » étonne de curiosités, complices de quelque chose, de quelque doute, de quelque entourloupette ?

    De ce « mais » :

    Est-il audacieux et courageux de se déclarer islamophobe si on cherche le maintien et consolidation de la culture-mentalité d’expression québécoise ? ;

    Est-il courageux et audacieux de dénoncer de raciste si on cherche à partager nos couleurs dans le respect des différences ?, et ;

    Est-il audacieux, ou courageux et de courtoisie, se dire xénophobe si on cherche à protéger le drapeau ainsi que le territoire, la mentalité-culture à la québécoise ?

    De ce « mais » ?

    Non, pour certains, et, pour d’autres, ….

    … OUI ! - 30 jan 2018 -

    • Daniel C. Gauthier - Abonné 30 janvier 2018 10 h 20

      Je ne comprends pas du tout ce que vous écrivez.

  • Clermont Domingue - Abonné 30 janvier 2018 07 h 11

    La rupture.

    Tout est allé très vite. En deux générations, nous sommes passés du taux de natalité le plus élevé à l'un des plus faibles au monde.Cette réalité inquiète notre petit peuple à cause de sa fragilité en Amérique du Nord.

    Dans ce contexte,nous ouvrons grande la porte à l'immigration.Ça insécurise beaucoup de monde.Telle insécurité mal idetifiée provoque le repli sur soi et le rejet de l'autre.

    Nous avons besoin de temps pour reconnaître et accepter que les immigrants transforment notre société en lui rapportant ses valeurs.

    Certaines grandes gueules de Québec n'aident pas leur auditoire à comprendre ce qui se passe. Il faut la leur fermer.

    La commémoration du 29 janvier éclaire tout le monde et votre intervention aussi. Merci monsieur Kadir.

    • Nadia Alexan - Abonnée 30 janvier 2018 09 h 38

      L'opposition à l'intégrisme «n'est ni de l'insécurité mal identifiée ni le repli sur soi et le rejet de l'autre.» Les Québécois sont ouverts à tous les immigrants qui viennent ici de tous les coins du monde, sans leur bagage religieux.
      Il faudrait que la minorité intégriste fasse sa part aussi pour s'intégrer à nos valeurs de l'égalité homme/femme et de la laïcité. Ce n'est pas à la majorité de s'intégrer à la minorité islamiste.
      Il faut faire attention aussi que l'islam politique conquérant insiste à faire le prosélytisme à tout prix et a poussé l'obscurantisme et la misogynie au bout. Il utilise la victimisation et la récupération d'un sentiment de culpabilité pour faire passer son message.
      Quand une minorité insiste a porter le niqab, se vêtement qui cache le visage et qui symbolise l'aliénation et la subjugation de la femme aux diktats du patriarcat, on a le droit de s'inquiéter. Ce n'est pas de la fermeture de notre part.
      Il faudrait aussi préciser que 82% de tous les Canadiens dans les autres provinces s'opposent au port de ce voile intégral, incluant la majorité silencieuse musulmane. Il faut faire la part des choses et oui appeler un chat un chat.

    • Clermont Domingue - Abonné 30 janvier 2018 12 h 19

      Madame Alexan,je suis contre les excès et je reconnais au moins cinq
      faits.
      1- Les musulmans nous rapportent certaines de nos valeurs du passé.Bon nombre de ces valeurs ne sont pas à rejeter.
      2- L'ardent désir de certains de nous convertir est trop insistant et dérangeant.
      3-Si pour vous le message de la femme pourtant la burka est que nous sommes des mécréants, c'est insultant.Moi, ça ne me dérange pas.
      4-Si la musulmane est heureuse sous son vêtement, ça me convient.
      5-Comme Québécois, je suis insécure quant à ma langue et je trouve que mon identité change trop rapidement.

      Suis-je trop tolérant? Je suis Québécois...

    • André Joyal - Abonné 30 janvier 2018 17 h 15

      M. Domingue; quand vous écrivez...« reconnaître et accepter que les immigrants transforment notre société en lui rapportant ses valeurs.»

      Je ne comprends pas, et pas davantage quand vous répondez à Mme Alexan:«Les musulmans nous rapportent certaines de nos valeurs du passé»
      Voulez vous dire «apporter»? Il apporteraient avec eux certaines de nos valeurs du passé? De grâce expliquez-vous!

      Le port de la burqa ( ou le niqab) vous rappellent les bonnes soeurs de la Providence de mon cours primaire? C'est ça que vous souhaitez retrouver: le retour aux bonne soeurs?

      Vous êtes difficile à suivre. Je me demande,sans vous insulter, ce que vous comprenez en lisant Le Devoir


      .

    • Cyril Dionne - Abonné 30 janvier 2018 18 h 16

      Cher monsieur Domingue,

      La religion musulmane est basée sur une idéologie politico-religieuse. Elle n’a rien à voir avec la race ou l’ethnie, mais bien des idées reçues, gardées et personnelles. On ne vient pas au monde musulman; on le devient et je l’espère, par choix éclairé. Il n’y a rien de xénophobe à décrier des idées dogmatiques qui vont à l’encontre de la liberté de conscience et de l’égalité pour tous. Pas beaucoup d’homosexuels et de « trans » ouvertement déclarés dans la religion préférée de l’islam. Pour les femmes, c’est bien plus que #metoo à la puissance de 1 000.

      Les symboles ostentatoires dans la sphère étatique, qui sont en fait une annonce publicitaire pour votre ami imaginaire préféré, ne sont pas les bienvenus. Lorsqu’on parle à quelqu’un et si on veut établir une véritable communication, on doit le faire à visage découvert. Sinon, c’est un manque de respect d’autrui tout en sachant que les religions monothéistes abondent dans ce monde imparfait.

      Les valeurs au Québec et partout dans le monde libre, sont énumérées par la devise française : liberté, égalité et fraternité partout et pour tous. Le reste, ce n’est que de la bouillie pour chat.

      Et la tolérance n'est pas un synonyme de stupidité.

    • Michel Blondin - Abonné 30 janvier 2018 19 h 25

      Monsieur Domingue,
      Vous posez la question suis-trop tolérant?
      Je vous répondrai que vos cinq faits n'en sont pas. Ce sont des préjugements.
      Je partage votre inquiétude sur la langue mais pas sur l'indifférence et la supposé « heureuse de son sort celle qui enfile la burka ». Et surtout je ne partage pas ce changement d'identité.
      Votre honnêteté transparait dans cette naïveté de dire n'importe la conséquence. Votre identité ne change pas mais votre perception est doublée par votre senti qui se brule à l'indifférence.
      C’est comme le muscle qui est en tension et ne veut pas relaxer. Il fait un nœud comme d’autres produisent de l’indifférence. Comme les excès, la vie les rejette mais en même temps elle en a besoin. Les insultes, ne vous dérange, c’est plutôt l’excès. Alors, comment vous interprétez ce que l’on nomme dignité et fierté? Parce que la tolérance est une mesure qui plie à la rupture en quête du seuil mais cherche tout de même sa limite.
      Chaque ouverture, ce que d’autres nomme tolérance, est un besoin essentiel qui nous tue un peu chaque fois. L’excès est le corolaire qui invite l’incertitude au besoin d’interrelations.
      Vous êtes québécois par votre désir de l'être mais surtout parce que vous y habitez le territoire. Ni plus ni moins.

  • Raynald Rouette - Inscrit 30 janvier 2018 07 h 17

    Oppostion n’est ni haine ni islamophobie


    Il faut arrêter de bassiner le Québec entier avec cette fausse rhétorique!

    Ce qui fait problème, le Québec est tacitement laïque depuis les années 1970. Il veut le demeurer. Il est inadmissible et inacceptable qu’une religion fondamentaliste comme l’islam ou autre prenne la place qu’occupait le catholicisme fondamentaliste.

    En tentant de culpabiliser l’ensemble du Québec pour des gestes malheureux de quelques uns, cela a un effet contraire et contreproductif.

    Pourquoi l’islam fondamentaliste ne pourrait-il pas faire comme la communauté juive hassidique de Montréal? Nous pourrions alors tous vivre en paix...

    • Diane Boissinot - Abonnée 30 janvier 2018 11 h 41

      Le problème repose justement dans ce que l'on puisse affirmer à tort et à travers ce qui suit sans l'ombre d'un petit doute: «une religion fondamentaliste comme l’islam». C'est faux. Ce que l'on craint c'est l'islamisme qui est l'équivalent de l'islam intégriste et fondamentaliste. Donc attention au mot «islamophobie». Je le bannirais de notre vocabulaire et j'utiliserais plutôt le mot «islamismophobie». Ce n'es pas parce que le mot «islamismophobie» n'est pas accepté dans la langue franco-française que l'on doive s'en priver au Québec.

    • Benoît Landry - Abonné 30 janvier 2018 12 h 37

      Je me demande si vous avez bien lu la lettre, par exemple ce simple petit bout-là:
      «Critiquer l'Islam dans un débat d'opinion n'est pas de l'islamophobie. »

      et je rajoute ce bout qui infirme totalement que ce texte ne tente pas de culpabiliser l'ensemble du Québec:

      «Le Québec dont nous pouvons collectivement être fiers doit trouver le courage d’admettre le problème de xénophobie et d’islamophobie croissantes, qui permet aujourd’hui à ces groupes néo-nazis d'organiser des rassemblements provocateurs pour alimenter la haine contre les immigrants.»

      Alors sur quoi vous vous basez au juste pour justifiez ce que vous écrivez?

    • Gilles Théberge - Abonné 30 janvier 2018 13 h 27

      Pourquoi monsieur Landry, persistez vous à dire « islamophobie », alors qu’il est clair que ce vocable ou cette expression, est un abus de langage?

    • Jean Gadbois - Inscrit 30 janvier 2018 15 h 51

      M.Landry,

      J'endosse les propos de Mme. Boissinot.

      Ce qu'elle explique, de façon limpide et pertinente, et qui semble vous échapper ... c'est que l'Islam est une chose et que l'islamisme en est une autre.

      La foi des musulmans est une chose mais l'interprétation radicale, fondamentaliste et intégriste qu'en font certains de ses adeptes en est une autre.
      Cet intégrisme prône le rejet de ce qui diffère de cette lecture, stigmatise, polarise les positions et frappe d'anathème les personnes qui ont des conceptions divergentes. Cet intégrisme est simpliste, réducteur, xénophobe, radicalement autarcique, se refuse à l'intégration communautariste et fait dans le prosélytisme. Or, une faction de ses tenants, qui fait craindre les pires dérives, s'exprime par la violence et la haine partout dans le monde.
      La très, très grande majorité des québécois ne voient dans l'Islam, l'hindouïsme, le bouddhisme, l'animisme, le sikhisme ou l'anglicanisme, par exemple, quelque problème intrinsèque que ce soit, ni à la pratique de ces religions. Donc le terme islamophobie, employé par M. Khadir, l'empêche lui-même de pouvoir appeller un chat un chat, alors qu'il prétend le faire. C'est là une prétention qui devrait l'embarasser.
      Ce qui fait problème, c'est le faux amalgame Islam-islamisme/ foi religieuse-intégrisme, phobie-racisme: ce sont là des confusions sémantiques qui ont de graves répercussions sur les vues de l'esprit et engendrent des conflits sociaux importants. La folie d'Alexandre Bissonnette en est un exemple frappant.

      L'Islam n'est pas une race, l'islamisme n'est pas l'islam et l'intégrisme n'est pas l'équivalent du vivre-ensemble d'une société laïque qui aspire à la paix sociale.

      La rigueur sémiologique est aujourd'hui plus urgente que jamais: islamismophobie et intégrismophobie sont les termes les plus justes à employer dans la situation actuelle et qui nous préoccupe tous.

      Voilà, à mon sens, sur quoi se base Mme. Boissinot pour justifier ce qu'elle écrit

    • Benoît Landry - Abonné 30 janvier 2018 20 h 05

      M. Gadbois, premièrement je répondais à M. Rouette. Deuxièmement je trouve sidérant que vous et Mme Boissinot fassiez du problème des agressions, de la haine que vivent trop de musulmans un simple problème de sémantique. Ce que vous décrivez, Amir Khadir ne le nie pas, il admet comme pratiquement tous les membres de QS que nous pouvons et avons le droit de critiquer l'islam comme n'importe laquelle religion d'ailleurs.


      J'ai une question pour vous, vous rencontrez un groupe de femmes qui se sont fait violées dans une ville, elles affirment qu'il y a une culture du viole dans cette ville. Qu'allez-vous faire ? Argumenter qu'il n'y a pas de culture du viol dans cette ville et qu'il ne faudrait pas utiliser cette expression qui risque de stigmatiser tous les hommes de la ville, ou vous vous occupez d'aider ces femmes indépendamment du choix des mots.

      Pendant qu'on palabre sur les mots, les musulmans subissent de la haine

  • Pierre Desautels - Abonné 30 janvier 2018 07 h 23

    La bête.


    Merci, Monsieur Khadir, de remettre les pendules à l'heure. Bien sûr, plutôt que d'affronter la bête, certains vont se réfugier dans un facile "les Québécois ne sont pas racistes", ce qui équivaut à dire, qu'il ne faut plus parler de racisme et d'islamophobie, voyons.

    De plus, d'autres vont se réfugier derrière un "les Québécois sont fatigués de se faire traiter de racistes", alors que cela n'a jamais été le cas. Nous avons le devoir, comme citoyens d'un peuple minoritaire, de dénoncer les actes racistes et le silence, les haussements d'épaule, regarder ailleurs, font parfois partie du déni et du silence complice.

    Pour ce qui est du mot islamophobie, qui est défini dans le Larousse comme "hostilité envers l'islam, les musulmans", et qui est même utilisé par des partis de droite en France, il va falloir s'y habituer, que l'on aime ce mot ou nom, faute de remplaçant.

    • Céline Delorme - Abonnée 30 janvier 2018 09 h 12

      Oui, bien sûr, il y a un certain nombre de personnes racistes au Québec. Tous s'accordent à dire qu'il y en a moins qu'ailleurs:
      Un sondage récent dans le Devoir citait 18 ou 19 % de personnes qui se disent racistes au Québec (le sondage n'indiquait pas leur origine ethnique) , idem au Canada anglais. Dans d'autres pays, on en cite environ 30 % qui se disent eux-mêmes racistes.
      Si on tient à détailler tous les propos racistes, je ne comprends pas pourquoi on parlerait de "racisme, xénophobie, et islamophobie, qui serait une autre catégorie?".

      Pour être juste, si on tient à mentionner tous les aspects du racisme, on doit aussi dénoncer les chino-phobes, africanophobes, arabophobes, anti-sémites, haitien-phobes, rom-phobes (les Roms, pas les Romains), et plusieurs autres, la liste est longue.
      SI on en débat et qu'on cherche des solutions: Ca me parait plus clair avec le mot "racisme" tout court, qui les contient tous, car tout cela relève du même processus: la peur de l'autre, de la différence.
      La population est déjà divisée: Pourquoi diviser en plus les "opprimés". Fait-on une compétiton de ceux qui sont les plus "victimes" parmi les différents citoyens d'origines diverses? Cela sert à quoi?

    • Pierre Desautels - Abonné 30 janvier 2018 16 h 41


      @Céline Delorme.

      "Fait-on une compétiton de ceux qui sont les plus "victimes" parmi les différents citoyens d'origines diverses?"

      Bien sûr que non. Mais vous devez reconnaître que depuis quelques années, c'est le dossier des signes religieux des musulmans qui divise la société québécoise. Et lorsque l'on souligne une tuerie qui a fait 6 morts et dix neufs blessés, il est normal que l'on parle de la communauté visée.