De #MeToo à la pornographie

Compte tenu de la vague de dénonciations #MeToo qui a déferlé dans les médias sociaux, il serait intéressant de promouvoir, du moins, des pornographies dans lesquelles il y a respect et consentement, estime l'auteure. 
Photo: iStock Compte tenu de la vague de dénonciations #MeToo qui a déferlé dans les médias sociaux, il serait intéressant de promouvoir, du moins, des pornographies dans lesquelles il y a respect et consentement, estime l'auteure. 

La vague de dénonciations #MeToo qui a déferlé dans les médias sociaux après l’affaire Weinstein révèle un constat assez effarant : rares sont les femmes qui n’ont pas subi de harcèlements et d’agressions sexuels. Pour plusieurs, la notion de consentement ne semble pas claire du tout. Comment se fait-il qu’elle soit aussi floue ? Comment se fait-il qu’il y ait un manque si généralisé de prise en compte de la volonté et des désirs de l’autre ?

L’un des endroits où l’on présente des rapports sociaux dénués de considération pour autrui, c’est bien dans la pornographie mainstream, celle qui est gratuite. Cette pornographie, qualifiée de gonzo, est la plus produite et la plus vue.

Le gonzo repose sur une représentation de la sexualité qui se veut brute. Rien ne doit interférer avec l’immédiateté des pulsions ou des désirs : là réside ce qu’il y a de plus pur, de plus « réel ». Il s’agit d’une sexualité « désubstantialisée » du social, c’est-à-dire une sexualité qui ne doit pas être façonnée, réfléchie ou transformée par quelque chose d’extérieur comme pourraient l’être une norme, un compromis, ou plus largement la culture.

C’est un retour à l’état de nature. Les relations sexuelles sont sans contexte, sans construction du désir et sans communication. Ce qui compte, c’est la satisfaction immédiate des pulsions de celui qui jouit.

Norbert Elias décrivait la civilité comme une « lutte [qui] se déroule dans [le] moi entre les manifestations pulsionnelles prometteuses de plaisir et les interdictions et restrictions lourdes de menaces, les sentiments de pudeur et d’inconfort d’origine sociale ». 

Dans la pornographie gonzo, cette lutte n’existe pas. Alors que la civilité marque un trait entre l’autre et moi, ce type de pornographie efface ce trait en présentant des individus assujettis à leurs pulsions brutes et immédiates. Dépourvue de restriction face au désir individuel, la pornographie gonzo représente une sexualité marquée par une absence de civilité et de conscience d’autrui.

Dans la pornographie gonzo, la notion de consentement reste assez floue, pour ne pas dire absente. Bon nombre de titres de vidéos décrivent des viols : « il viole sa femme de ménage » ou encore « forcée à sucer des mecs ».

Dans le documentaire Hot Girls Wanted (2014), qui porte sur les conditions des jeunes femmes actrices dans le milieu amateur, on y présente le tournage du film Virgin Manipulations. La scène se déroule comme suit : une adolescente est seule à la maison. Un ami de la famille vient faire un tour et constate que les parents sont absents. Il saisit l’occasion pour avoir un rapport sexuel avec elle. Lors du tournage, le réalisateur spécifie à la jeune actrice qu’elle ne doit en aucun cas démontrer qu’elle est consentante. À la fin du tournage, elle se confie au caméraman du documentaire et dit qu’elle sait désormais ce que peut ressentir une victime de viol.

Civilité

Les titres des vidéos pornographiques démontrent un manque de civilité. Les mots en français « enculer », « défoncer » et « élargir » sont fréquemment utilisés pour démontrer la brutalité de l’acte sexuel. Pourquoi représenter ainsi une sexualité dépourvue de civilité, de considération pour l’autre ?

La pornographie n’est certes pas à l’image des rapports sociaux réels, mais elle agit en tant que média d’influence sur la sexualité. Elle présente la suprématie du désir individuel sur le savoir-vivre en société.

Comment nommer cette attitude qui consiste à faire triompher son désir en niant celui de l’autre ? Peut-on dire que c’est de l’individualisme ? Du narcissisme ?

Modernité

L’individualisme, chez Tocqueville, est le fait que chaque individu recrée une petite société à l’intérieur de lui-même. Ainsi, il n’agit qu’en fonction de ses propres normes et volontés individuelles. Pour Charles Taylor, l’individualisme constitue l’un des malaises de la modernité. Ce malaise laisse place à une dérive si l’individualisme prend un caractère monologique, c’est-à-dire que l’individu ne pense qu’à ses propres désirs personnels, en dehors du bien commun.

L’individualisme peut être positif s’il prend un caractère dialogique, soit en interaction avec un « autre », vers une morale universelle. Le narcissisme est le fait qu’un individu soit incapable de dissocier le « soi » de « l’autre ». C’est comme cela que Narcisse serait tombé dans l’eau en voulant embrasser son reflet, étant incapable de dissocier le monde extérieur de lui-même. Le narcissisme est l’aboutissement radical de l’individualisme.

La pornographie gonzo est une pornographie narcissique. Alors qu’elle laisse croire que l’individu est plus libre que jamais d’assouvir ses pulsions et désirs, elle l’emprisonne dans des schémas et des stéréotypes sexuels et sociaux bien définis. Cette liberté sexuelle et individuelle est un leurre, une sexualité contre elle-même.

On ne peut faire l’expérience du monde que si nous sommes en interaction avec autrui. Pourtant, il existe des pornographies altruistes. Seulement, elles sont rarement gratuites et beaucoup moins accessibles. Compte tenu des événements #MeToo, il serait intéressant de promouvoir, du moins, des pornographies dans lesquelles il y a respect et consentement.

12 commentaires
  • Raymond Ayas - Abonné 8 janvier 2018 08 h 34

    Quelle porno altruiste?

    Mme Gélinas votre texte est excellent - jusqu'à l'avant-dernier paragraphe. Vous gachez le tout lorsque vous prétendez que la pornographie gonzo soit mauvaise et qu'il puisse exister "des pornos altruistes". Pire, vous dites que ces bonnes pornos sont à promouvoir au public!

    Si le gonzo est mauvais car il promeut 1- la satisfaction immédiate des pulsions du jouisseur et 2- l'absence de civilité et de conscience d'autrui, expliquez-moi comment les pornographies dites "altruistes" feraient autrement. Dites-moi par exemple comment ça se passe dans un couple où une femme surprend son mari (qui se cache) pour apprécier une video porno dite altruiste. C'est peut-être un film sans violence, un scénario réflechi... mais cette femme bien humaine ne subit-elle pas une violence psychologique - celle d'être rejetée par son mari au profit d'un vaisseau de jouissance virtuel? Le consommateur - qui se cache car il a honte - ne se fait-il pas une violence à lui-même, ne vit-il pas une sorte de double vie? De plus, si le scénario altruiste fait preuve de communication et respect dans le jeu des acteurs, quelle communication y a-t-il chez le consommateur? Quel respect démontre-il? Et sa jouissance - le but ultime de regarder la porno - demeure toujours immédiate.

    Vous auriez dû biffer votre dernier paragraphe.

    • Jacques Patenaude - Abonné 8 janvier 2018 12 h 08

      C'est l'utilisation de l'expression "pornographie altruiste" qui est dérangeante dans le texte. Mais quand à moi si on utilise plutôt l'expression "érotique et altruiste" le texte prend un autre sens. Je pense effectivement que la représentation de relations sexuelles belles et consensuelles accessibles facilement sur le WEB serait une façon de combattre la pornographie qu'on appelle gonzo dans le texte.
      Les cours d'éducation sexuelles sont une nécessité mais ajouter une accessibilité à images claires et sans fausse pudeur serait une excellente façon de développer une culture positive des relations sexuelles.
      Comme le dit l’expression une image vaut milles mots.

    • Raymond Ayas - Abonné 8 janvier 2018 13 h 30

      Il n'existe pas de "représentations de relations sexuelles belles et consensuelles" en vidéo. Ça demeure un jeu d'acteurs, c'est du faux. Ça ne remplace pas la vraie vie, ça ne remplace pas les relations amoureuses, et ça n'a aucune valeur pédagogique. Ça demeure de la pornographie - et les écoles québécoises n'ont certainement pas besoin de ça. Si vous pensez que les "cours d'éducation sexuelles" qu'impose bientôt le Ministère Proulx devraient comporter des vidéos pornographiques explicites alors vous êtes dans une très petite minorité de la population qui tient une position encore plus extrémiste que les sexologues qui ont conseillé le ministre de l'éducation.

    • Jacques Patenaude - Abonné 8 janvier 2018 17 h 02

      @ AYAS
      S'il n'existe pas de représentations de relations sexuelles belles et consensuelles en vidéo alors l'érotisme n'existe pas et mieux vaut revenir aux censeurs. La sexologue marie-Paul Ross, religieuse et sexologue qui a distingué dans l'émission française (équivalente de TLMEP) l'érotisme de la pornographie avait tord.
      Quand au titre de membre de la"très petite minorité de la population qui tient une position encore plus extrémiste que les sexologues", merci pour le compliment!

    • Johanne St-Amour - Abonnée 8 janvier 2018 22 h 50

      Vous avez raison M. Ayas, l'article était intéressant jusqu'aux deux derniers paragraphes où Mme Gélinas semble faire la promotion de la pornographie «non-narcissique» ou «altruiste» comme elle le souligne. C'est à pleurer alors qu'on sait très bien le rôle de soumission des femmes dans le porno.

      Richard Poulin, professeur à l'UQAM, s'est beaucoup penché sur la pornographie et la prostitution, entre autres, dans le résumé d'un de ses livres il mentionne ceci concernant la pornographie: «On imagine bien pourtant, compte tenu de la puissance des images, que les incidences sociales et culturelles sont importantes ; la pornographie, produite de plus en plus massivement, mais aussi consommée de plus en plus librement et précocement, détermine, à l’évidence, les représentations collectives dominantes, elle influence et codifie les rapports sociaux et singulièrement la sexualité, sa pratique et ses normes. Longtemps marginale ou confidentielle, taboue, condamnée ou interdite, elle est aujourd’hui légalisée, décomplexée et parfois même défendue au nom de la libération sexuelle. Mais à qui « profite » − et il faut entendre aussi : qui en tire les bénéfices ? − cette libération sexuelle ? N’est-ce pas d’ailleurs, plus qu’une libération, une libéralisation qui exploite, instrumentalise et rentabilise le corps et le sexe des femmes, et pas seulement dans les films pornos, mais aussi dans la réalité la plus quotidienne voire la plus innocente ?»

      Ce n'est pas avec des articles tel celui de Mme Gélinas que les femmes atteindront l'égalité entre les hommes et les femmes. Ce n'est pas avec des articles qui banalisent la pornographie que nous verrons enfin éclore le droit des femmes à ne pas être instrumentalisées, comme objet sexuel!

  • Solange Bolduc - Inscrite 8 janvier 2018 09 h 56

    Se servir, être servi !

    Dans la mentalité masculine de presque toujours, quoique cela tend à passablement évoluer, la relation homme-femme n'existe pas parce que le dialogue est absent. Désirer un corps féminin ne veut pas dire dialoguer, ou susciter le désir de la femme: c'est brutalement se servir, sinon être servi en utilisant son corps comme une «poubelle»! De l'incivilité à bras-le-corps !

    Je ne crois pas que la pornographie doive être encouragée, même la pornographie que vous appelez altruiste! Je ne vois aucune possibilité d'altruisme dans la pornographie : les rapports sexuels devraient pouvoir se vivre dans l'intimité, pas devant une caméra! Devant une caméra, on joue un jeu! Dans l'intimité, avec un peu de civilité ou de respect, on cherche idéalement le plaisir mutuel. Pour cela, ça prend un dialogue ! La pornographie est monologue ! Quelle horreur !

  • Jean-François Trottier - Abonné 8 janvier 2018 12 h 28

    Ah! La facilité d'être bien-pensant! Ah! (1)

    Rien n'est plus facile que de dénoncer la pornographie. Assouvissement immédiat, langage violent, stéréotypes de comportements sadiques jusqu'au sanguinaire... Je ne veux pas en ajouter, question de caricaturer la thèse présentés ici. Je ne veux pas la prétendre exagérée. Elle est tout simplement complètement dans le champ.

    Lors de mon enfanc e et ma pré-adolescence, le traitement réservé aux femmes était dix fois pire qu'aujourd'hui.

    L'inceste régnait en maître dans les campagnes, au filles de bien se couvrir et de se tenir loin de papa, du mononcle ou du curé. Campagnes ? Un peu partout, oui. L différence était qu'à la campagne les langues étaient plus déliées, les secrets plus difficiles à couvrir et les gens, habitués à voir un boeuf saillir une "fumelle".

    En général, plus règne une morale de surface, plus le fond est sale et crapouilleux. Faut avoir connu cette ère pour le savoir. Mais il suggit de se référer à pas mal tous les régimes propres et unanimistes pour en convenir.

    Alors, dire que la porno a apporté plus de saleté qu'avant, ben c'est non. Pantoute. Zéro.

    Ai-je dit que la porno est saine ? Encore moins!

    Autrefois, il y a deux générations, il était rare qu'une femmepuisse se hisser le moindrement dans une hiérarchis sans avoir compris le rôle de l'horizontale dans les rapports humains. Sale, très sale!

    Y a-t-il eu amélioration ? Certainement.
    Est-ce dû en partie à la libération sexuelle ? Oh que oui!

    • André Joyal - Abonné 8 janvier 2018 23 h 40

      Intéressant ce que vous racontez M.Trottier sur l'asservissement des femmes et des filles dans nos campagnes. Il y a plus de 60 ans, l'enfant de choeur que j'étais fut scandalisé en étant témoin du tripotage de deux vieux mononcles exercé sur deux cousines de 15 -16 ans.

      Qu'en est-il de nos jours là où la porno n'est pas accessible ou du moins n'est pas en cause? Le no de janvier 2017 du «National Geographic» nous en fournit une idée. On a interrogé des enfants de 9 ans à travers le monde leur demandant l'avantage et l'inconvénent de leur sexe.

      _ Une petite Kényenne: «Les filles sont pourchassées partout: en allant chercher de l'eau, du bois,etc.

      _ Un petit Kényen: «L'avantage d'un garçon c'est d'avoir un pénis». Il ne précise pas si c'est dû à la facilité d'uriner...

      _ Un petit Indien: «Les gars sont incités à voler des biens et à pratiquer le «Eve teasing» (harcellement sexuel);

      _ Une petite indienne: «Les gars vont à l'école, pas les filles»

      _ Une petite Canadienne d'Ottawa: «De nos jours les filles et les gars sont égaux, pas autrefois»

      La traduction est de moi.

  • Jean-François Trottier - Abonné 8 janvier 2018 12 h 29

    Ah! La facilité d'être bien-pensant! Ah! (2)

    Est-ce que la porno y a apporté quelque chose de mieux ? J'en doute.
    Mais il me semble clair qu'elle est un épiphénomène de la tendance lourde de la diminution, ou de la restriction de l'esclavage sexuel dans lequel les femmes, toutes les femmes et de tous les âges, étaient enfermées depuis des siècles sinon plus.

    Épiphénomène, comme dans phénomène entraîné par le reste, qui reste externe et circonscrit les difficultés relationnelles entre les humains dans un domaine onirique, fantasmagorique, que chacun sait (ou devrait savoir) comme n'étant surtout pas ait pour se réaliser.

    Tout comme il y a des personnes que j'aimerais étrangler de mes mains, dans ma tête et uniquement dans ma tête. Bin quin. Je regarde des films de super-héros, je n'ai jamais essayé de voler pour autant.

    Alors la première diffculté est là : comment faire comprendre que la porno n'est absolument pas faite pour être actualisée ?

    Je crois que ça débute par son acceptation, i.e. en admettant qu'elle n'est pas faite pour disparaître. Autant interdire le rêve!

    Elle doit rester dans l'interdit, mais pas pour sa représentation. Lui donner un emprise sur la réalité de notre société est lui donner une place qui n'est pas la sienne.

    Je dis donc que ce sont entre autres les pourfendeurs de porno, drapés dans leur morale puérile, qui fait déborder celle-ci dans le domaine des possibles.

    Tant qu’on n’acceptera pas l’existence de la porno, qui de toute façon existera toujours, on créera dans les esprits un espace brumeux et tabou dont il sera impossible de parler avec raison et simplicité.

    C’est assez grave merci.

    • Solange Bolduc - Inscrite 8 janvier 2018 14 h 35

      Quelque chose m'échappe dans votre discours, M. Trottier! Suis-je bébête à ce point?

      Il n'y a rien de moral à refuser la porno (pour les femmes), ce n'est qu'une question de dignité pour moi: rien de moins, rien de plus!

      Que vous acceptiez de vous gaver de porno, je m'en sacre bien, et ce que vous décrivez à propos de l'avant, je l'ai connu amplement, mais il demeure que la porno est un choix, que les gens font (j'en connais), mais que je trouve aliénant....dégradant, et je parle pour une femme !

      Continuez de regarder de la porno, c'est pas sur ça que je juge les gens, mais en ce qui me concerne, c'est non comme c'était non dans le passé en matière de sexualité perverse (curés, mononcle, beau-frère et j''en passe)! La porno, ce n'est pas mieux, aussi pernicieux, mais plus visible et acceptée comme quelque chose de moins pire par des gens comme vous !

    • Sébastien Giroux - Inscrit 8 janvier 2018 23 h 43

      Dans le documentaire cité, (Hot Girls Wanted (2014)), on peut retenir qu'il existe une source sans fin de jeunes femmes qui acceptent de se faire '' traiter comme des salopes'' pour un salaire et un statut de pseudo star.

      C'est probalement à cause des hommes qui regardent...

    • Solange Bolduc - Inscrite 9 janvier 2018 09 h 39

      @M. Giroux
      «C'est probablement à cause des hommes qui regardent...»

      Je ne sais pas si ces femmes se croient des «salopes» pour accepter d'être payées et de jouer à la vedette, mais une chose est certaine, monsieur, il existe des grandeurs et des misères chez tout le monde, qu'on soit homme ou femme, quelque soit notre rang social, nos connaissances intellectuelles, ou nos prétentions, il existe notamment des petites et grandes misères, et peu y échappe, même pas vous, ni moi, monsieur Giroux !

      Le passé de ces femmes jouent certainement du fait qu'elles acceptent de perdre toute dignité, et de se droguer probablement pour devenir des «salopes» comme vous dites, et les hommes qui les exploitent, ou qui les regardent, n'ont certainement pas un passé plus reluisant, et un avenir plus glorieux, et surtout plus de dignité!

      Quand je me promène sur le rue Ste-Catherine, dans le quartier gay où j'habite, que je vois des jeunes hommes prostitués, drogués, c'est la misère humaine que je vois devant moi, pas le jugement facile ! Ils n'ont pas besoin de faire de la pornographie pour nous rappeler leur grande misère, leur désoeuvrement! J'ai de la compassion pour eux!