Comité contre les violences sexuelles: les précisions de l’UQO

Ce comité doit ressembler et rassembler les membres de la communauté universitaire de l’Université du Québec en Outaouais dans toute sa diversité, souligne l'auteure. 
Photo: Jean Boileau CC Ce comité doit ressembler et rassembler les membres de la communauté universitaire de l’Université du Québec en Outaouais dans toute sa diversité, souligne l'auteure. 

Il est important de corriger certains faits d’un article paru le 14 décembre 2017 dans Le Devoir s’attaquant au fonctionnement du Comité consultatif pour une université sans violence sexuelle de l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Ce comité a été créé dans le cadre d’un projet du Plan stratégique de l’UQO 2016-2020. Le projet a été déposé en février 2016, soit bien avant la controverse à propos d’une activité étudiante relatée dans ledit article du Devoir. La composition du Comité se veut à l’image de la diversité de la communauté universitaire par la présence d’étudiantes, de professeures, de personnes chargées de cours, de représentants des divers corps d’employés ainsi que de représentants des comités de la condition féminine de différents syndicats. La sélection des membres a été faite par appel de candidatures, selon les règles en vigueur à l’UQO, et, au total, 26 personnes étaient invitées à participer aux travaux du Comité.

Malgré le retrait de certains membres, le Comité a tenu sa neuvième rencontre le 13 décembre 2017 avec un ordre du jour bien chargé, dont la programmation des activités pour le trimestre d’hiver 2018. Il s’agit là d’activités concrètes contribuant au développement d’un campus sans violence sexuelle. Il faut préciser que le Comité et ses groupes de travail comptent toujours des membres issus du corps professoral, des employés et des étudiants. Les membres présents à cette rencontre ont réitéré leur appui aux travaux du Comité et ont insisté sur le fait qu’ils ne partagent pas les reproches formulés par les membres démissionnaires.

L’espace protégé

Depuis sa création, les membres du Comité ont convenu de se doter d’un « espace protégé » pour formuler ses avis de sorte que les propos et les points de vue demeureraient confidentiels. Cette façon de faire permet à toutes et à tous d’échanger et de partager librement sur un sujet hautement délicat. De plus, plusieurs membres ont indiqué dès le départ vouloir que leur nom soit tenu confidentiel afin d’éviter d’être interpellés personnellement.

Bien que les membres soient assurés de la confidentialité de leurs propos et points de vue, les recommandations adoptées par le Comité sont ensuite rendues publiques. Plusieurs stratégies de communication ont d’ailleurs été mises en avant. La confidentialité ne porte donc que sur les points de vue exprimés individuellement ; les représentants syndicaux peuvent à leur gré faire état de ces recommandations à leurs membres.

La beauté d’un groupe comme celui-ci est qu’il permet « d’entendre » la communauté dans toute sa diversité. Le Comité en est un de concertation, au sens noble du terme. Il peut donc s’avérer que ce dernier n’adopte pas intégralement une proposition d’une des parties prenantes. En effet, l’ensemble des propositions soumises sont enrichies et modulées par la rétroaction de ses membres. C’est la raison d’être de ce projet !

L’UQO est engagée dans la lutte contre les violences sexuelles. L’angle retenu dès le départ par l’Université et présenté à la communauté universitaire est de favoriser le développement d’une culture du respect. Il ne faut pas confondre les enjeux de certains groupes d’intérêts qui y sont présents avec l’objectif ultime du Comité qui est de mettre fin aux violences sexuelles sur nos campus.

Ce projet doit ressembler et rassembler les membres de la communauté universitaire de l’UQO dans toute sa diversité et placer la « personne victime de violence à caractère sexuel » au coeur de la réussite du projet.

3 commentaires
  • Marguerite Paradis - Inscrite 20 décembre 2017 11 h 44

    LOI SUR LES NORMES DU TRAVAIL

    TOUT EMPLOYEUR est tenu par la loi d'offrir une environnement de travail absent de TOUT harcèlement, non?

    M.P.

    • Marc Therrien - Abonné 20 décembre 2017 18 h 44

      Parmi l’ensemble des critères qui composent la définition du harcèlement d’un employé par un autre employé ou par un patron, il y a le caractère répétitif : «Considérés isolément, une parole, un geste, un comportement peuvent sembler anodins. C’est l’accumulation ou l’ensemble de ces conduites qui peut devenir du harcèlement.»

      Quand je lis : "L’angle retenu dès le départ par l’Université et présenté à la communauté universitaire est de favoriser le développement d’une culture du respect", j’en comprends qu’un des buts de ce comité de l’UQO et de sensibiliser la population de son université en vue de prévenir le geste à caractère sexuel vexatoire isolé qui, s’il était produit par une majorité d’individus, rendrait le climat d’études nocif.

      Marc Therrien

  • François Genest - Inscrit 21 décembre 2017 11 h 18

    Ça reste bien nébuleux

    Pour les néophytes, il faut savoir que la notion d'"espace protégé" ("safe space" en anglais) est au coeur de sérieuses controverses sur les campus universitaires américains. Je ne vois aucun problème à créer de tels espaces sur la base d'initiatives étudiantes, pour permettre de discuter d'agressions sexuelles, de harcèlement et de choses plus positives comme la reprise de contrôle de son corps et son milieu de vie. Là où je vois un problème, c'est quand l'institution elle-même reprend cette notion pour son propre fonctionnement. Quand on regarde l'organigramme du vice-rectorat daté du 20 décembre 2017, ce comité consultatif n'apparait même pas. Même si les avis diffèrent sur la pertinence des espaces protégés, on peut clairement se demander ce que vaut un organigramme s'il ne reflète pas la réalité.