Une posture victimaire qui fragmente le mouvement des femmes

Gabrielle Bouchard est la première femme trans a être élue à la présidence de la Fédération des femmes du Québec.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Gabrielle Bouchard est la première femme trans a être élue à la présidence de la Fédération des femmes du Québec.

Le 8 décembre, Le Devoir publiait un texte de Marlihan Lopez pour défendre la légitimité de Gabrielle Bouchard, qui se dit « femme transgenre », à diriger la Fédération des femmes du Québec (FFQ). Ce texte, signé par une des vice-présidentes de la FFQ, Marlihan Lopez, répondait à un récent article de Denise Bombardier, qui remettait en question non seulement la capacité de Gabrielle Bouchard à représenter l’ensemble des femmes, mais aussi ses propos tenus en 2015, lors d’une commission parlementaire, pour demander d’enlever les mots maternité et mère.

Avec l’idéologie de l’intersectionnalité qui est prônée par la FFQ, par Marlihan Lopez et qu’on retrouve fréquemment dans les propos de Gabrielle Bouchard, on oppose deux groupes de femmes : d’un côté, les femmes qui cumulent un ensemble de privilèges, et de l’autre côté, les femmes qui vivent à l’intersection de nombreuses oppressions et qui seraient victimes de marginalisation. Et du même coup, on accuse le féminisme pratiqué depuis des décennies par les Québécoises d’avoir centré ses actions uniquement sur les premières, à savoir les femmes « blanches », hétérosexuelles, de classe moyenne ou aisée, et qui ne souffrent pas de handicap, et d’avoir délaissé les autres. Au lieu de favoriser la solidarité autour des droits des femmes, ce langage victimaire fragmente le mouvement féministe.

Or, l’histoire du mouvement des femmes est là pour témoigner qu’il s’est porté à la défense des femmes dans leur ensemble, et non pas seulement des intérêts d’une petite minorité accusée d’être constituée de privilégiées. La littérature pour le prouver ne manque pas, particulièrement celle produite par le Conseil du statut de la femme (CSF) depuis plusieurs décennies.

Sortir de la confusion

Pour sortir de la confusion associée à l’expression « femme transgenre », précisons que Gabrielle Bouchard est biologiquement un homme et que cela ne peut changer, même après l’obtention de nouveaux papiers d’identité mentionnant qu’il s’agit d’une femme. De même, on ne peut changer l’ADN d’une personne. Même après de nombreuses interventions, chirurgicales ou esthétiques, visant à transformer des caractéristiques extérieures liées à un sexe, comme la pilosité ou la pomme d’Adam, les organes internes ne sont pas changés. De plus, le raccourci « trans » ne fait qu’embrouiller davantage les choses puisqu’il s’applique à la fois aux personnes « transsexuelles », à savoir celles qui ont été opérées, et aux personnes « transgenres » qui ont gardé leurs attributs sexuels de naissance.

Les femmes se sont battues pendant des siècles pour se libérer de stéréotypes sociaux qu’on associait à leur sexe, et qu’on justifiait par de nombreux préjugés. On pensait qu’un cerveau de femme, ça ne pouvait pas penser comme un cerveau d’homme. Après que le mouvement féministe eut longtemps lutté contre les préjugés associant les femmes à leur corps, voilà que certaines féministes affirment qu’une personne peut naître dans le mauvais corps puisqu’elle aurait l’esprit (et un cerveau ?) de l’autre sexe. Le vocabulaire à la mode et répété sans aucune réflexion, c’est qu’à la naissance, on aurait « assigné » un sexe à l’enfant. En réalité, sauf dans des cas exceptionnels, le personnel médical et les parents « constatent » le sexe à la naissance, souvent même avant la naissance.

Ramener les femmes à leurs caractéristiques physiques ou à des modes vestimentaires socialement attribuées aux femmes, tout cela constitue un énorme recul. C’est pourtant l’implication logique de la prétention qu’une femme trans est une femme : si l’on admet qu’un mâle humain est une femme dans la mesure où il a l’apparence et adopte l’habillement des femmes, alors on est en train de dire qu’être une femme est une question d’apparence.

Dans le mouvement féministe universaliste, il y a de la place pour toutes les femmes et, surtout, il y a place pour la solidarité entre les femmes, quels que soient leur statut social, leur richesse, leur orientation sexuelle, leur âge, leur ethnie, leur santé physique ou psychologique, etc. Revendiquer pour les femmes des droits égaux à ceux des hommes, ce n’est pas exclure les femmes moins favorisées. Il s’agit plutôt de faire avancer l’égalité de fait entre les hommes et les femmes.

Le texte de Marlihan Lopez laisse entendre que c’est parce que Gabrielle Bouchard est une « femme aux marges » que Denise Bombardier et d’autres mettent en doute sa légitimité d’être à la tête de la FFQ. Tel n’aurait pas été le cas si la nouvelle présidente avait été une femme noire, autochtone, lesbienne, immigrante, handicapée ou autre. Le problème avec Gabrielle Bouchard, c’est qu’elle s’est approprié un poste réservé aux personnes ayant un vécu de femmes — poste par ailleurs pensé pour elles —, ce qui n’est pas son cas.

73 commentaires
  • Julien Villeneuve - Abonné 12 décembre 2017 01 h 18

    "si l’on admet qu’un mâle humain est une femme dans la mesure où il a l’apparence et adopte l’habillement des femmes..."

    Ce que d'admettent pas les trans.
    Donc l'argument est mauvais.
    Meilleure chance la prochaine fois!

    • Annie-Ève Collin - Abonnée 12 décembre 2017 08 h 33

      Alors peut-être sauriez-vous nous expliquer dans quel autre objectif ils portent des vêtements et accessoires socialement attribués aux femmes ou modifient leur corps pour le faire ressembler à un corps de femme?

    • Annie-Ève Collin - Abonnée 12 décembre 2017 08 h 37

      D'ailleurs, je vous invite à remarquer que nous ne parlons pas de ce que disent les trans, mais de l'implication logique du fait d'admettre qu'un mâle humain est une femme dans la mesure où il a une apparence féminine, et cela, trans ou pas, bien des gens le prétendent.

    • Julien Villeneuve - Abonné 12 décembre 2017 09 h 25

      "Alors peut-être sauriez-vous nous expliquer dans quel autre objectif ils portent des vêtements et accessoires socialement attribués aux femmes ou modifient leur corps pour le faire ressembler à un corps de femme?"

      ... parce que (pour tourner les coins ronds) elles sont des femmes avec le mauvais corps. En réalité, c'est plus compliqué que ça:

      https://www.nature.com/news/sex-redefined-1.16943

      Éduquez-vous, de grâce, au lieu d'en rester à des lieux communs "intuitifs" mais absolument non fondés en science.

      "qu'un mâle humain est une femme dans la mesure où il a une apparence féminine, et cela, trans ou pas, bien des gens le prétendent."

      Je ne connais absolument personne qui prétend ça, mais je vous concère qu'on ne fréquente probablement pas le même genre de monde.

    • Annie-Ève Collin - Abonnée 12 décembre 2017 11 h 12

      "Éduquez-vous, de grâce, au lieu d'en rester à des lieux communs "intuitifs" mais absolument non fondés en science."
      Je reconnais bien là une réplique qu'on nous donne souvent : pourquoi prendre pour acquis que nous ne nous sommes pas éduquées? Parce qu'on n'adopte pas les mêmes orientations idéologiques que vous? Le texte que vous mettez en lien, je l'ai lu, et il n'offre aucune définition alternative au mot "woman" (femme), autre que "femelle de l'espèce humaine", ni ne prouve qu'il existe des personnes objectivement nées dans le mauvais corps, ni ne prouve qu'il y a plus de deux sexes.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 12 décembre 2017 20 h 35

      Julien Villeneuve: c'est quoi cette condescendance dans votre : «Éduquez-vous de grâce»?

    • Jean Gadbois - Inscrit 12 décembre 2017 23 h 07

      @ Mme. Collin,
      Nos bien-pensants, auto-proclamés, depuis la chute des idéologies et la perte des repères moraux et fondammentaux de l'ancien ordre social (qu'ils ont prétendu pouvoir jeter comme le bébé avec l'eau du bain), et ce, depuis une génération entière, nous ont laissé un salmigondi de perceptions toutes aussi confusent que multiples. À telle enseigne que ce qui prévaut, aujourd'hui, c'est que tout se vaut, ce qui revient à dire que rien ne vaut: le n'importe quoi fait loi. En matière sexuelle, culturelle, psychologique, sociale, politique, ontologique, philosophique, etc..
      Cassez-vous la tête tant que vous voudrez, le féminisme aujourd'hui, comme toute tentative d'objectivation cognitivo-sociale, va continuer de s'embourber dans le "moi, c'est ça que je pense donc, je suis".

    • Johanne St-Amour - Abonnée 13 décembre 2017 09 h 40

      Harvey Jeni, écrivaine, féministe et mère en Grande-Bretagne pose la question ainsi: «Un homme devient-il une femme dès lors qu'il dit en être une?»

      Et elle élabore le questionnement:
      «Croyez-vous vraiment que les hommes devraient pouvoir utiliser les espaces féminins, concourir dans les événements sportifs féminins et être sélectionnés pour des postes et des fonds réservés aux femmes, simplement parce qu’ils en ont envie ? Croyez-vous vraiment que le sexe n’a pas d’importance, malgré le sexisme de notre société ? Ou croyez-vous qu’il est plus moral de prétendre croire en des choses auxquelles l’on ne croit pas, si les nier risque de causer de la détresse à une minorité vulnérable ? Peut-être croyez-vous que les réalités de la biologie sont insignifiantes, ou du moins de moindre importance, en comparaison des idées subjectives que ressent un genre socialement construit ? Ou que les sentiments de détresse vécus par une infime minorité d’hommes comptent pour plus que les droits et la sécurité des femmes de naissance, qui constituent la moitié de la population ? En d’autres termes, qu’est-ce que vous soutenez exactement et pourquoi ?

      Voilà les questions qu’il nous faut poser comme éléments d’un débat ouvert sur la meilleure façon de concilier les droits des femmes "de naissance" et les besoins de ceux qui s’identifient comme transfemmes. Pourtant, les militants trans rejettent ces questions activement et agressivement, en particulier parce que tout approfondissement de ces enjeux menace d’exposer le mensonge de base : celui qu’un homme est une femme dès qu’il dit en être une.» http://sisyphe.org/spip.php?article5427#.Wi_8PKP1P

    • Bibiane Bédard - Abonnée 14 décembre 2017 06 h 38

      Eh bien s'ils ne l'admettent pas, raison de plus qu'un homme transgenre soit à la tête d'une fédération de femmes.

    • Bibiane Bédard - Abonnée 14 décembre 2017 06 h 54

      Une question que je me pose: s'il y a lieu de redéfinir la notion de genres, et qu'il faille sortir des catégories «binaires», pourquoi alors est-ce qu'une personne qui hors de ces catégories voudrait absolument être à la tête d'un mouvement qui se veut représentatif de l'une des deux ?
      Mon avis est que si les transgenres, transsexuels et autres hors catégories veulent être représentées, eh bien qu'ils se fondent leurs propres mouvements.
      En clair, un homme transgenre ne me représente pas comme femme.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 14 décembre 2017 10 h 51

      À la suite de reproches encourus après ce billet, Annie-Ève Collin a tenu bon de faire des précisions :

      «Le 12 décembre 2017, le Devoir publiait un billet que j’ai co-écrit avec Michèle Sirois au sujet de ce qui pose problème, d’un point de vue féministe, dans le fait d’admettre que l’on est femme par son genre plutôt que par son sexe. En effet, admettre qu’un mâle humain est une femme parce qu’il pense, agit ou paraît « comme une femme », c’est ramener ce contre quoi les féministes ont lutté par le passé : définir la femme en fonction de normes de genre, voire de stéréotypes. D’aucuns nous reprochent de réduire la femme à son sexe, à ses organes génitaux. Cela représente une mauvaise compréhension de ma position, de celle de Sirois et de celle de toutes les féministes critiques du genre. Mais surtout, les réactions agressives à notre endroit, comme à l’endroit de toutes les femmes qui osent parler des enjeux féministes liés au transgenrisme, révèlent qu’une fois encore, on attend des femmes qu’elles comprennent que leurs intérêts et revendications sont moins importantes que celles des autres : les religions passent avant les femmes ; le multiculturalisme passe avant les femmes ; les revendications des personnes trans et autoproclamées non binaires, aussi, passent avant les femmes. Celles qui refusent d’admettre cela ne sont certainement pas des femmes fières, ni des féministes engagées, ce sont des mégères, des femmes violentes, des TERFs[1]»
      http://www.discernement.net/details/131

    • Johanne St-Amour - Abonnée 14 décembre 2017 10 h 54

      Après avoir précisé qu'elle n'a jamais affirmé que la personne humaine ne se réduit pas à son sexe, elle conclut:

      «Il est à noter que beaucoup de nos détracteurs et détractrices s’identifient au féminisme intersectionnel. J’ai critiqué celui-ci à plusieurs reprises, et ceci est l’une des raisons : en prétendant tenir compte de toutes les oppressions, ce soi-disant féminisme s’occupe de tout sauf des femmes, et va même jusqu’à blâmer les femmes qui revendiquent que leurs intérêts soient pris en compte, sous prétexte que le féminisme ne doit pas être instrumentalisé pour justifier la transphobie, ou encore l’islamophobie, ou je ne sais quoi encore. Finalement, des femmes qui veulent l’émancipation des femmes, ce sont des femmes qui oppriment, des privilégiées qui veulent conserver leurs privilèges. C’est tout sauf féministe.»

  • Nadia Alexan - Abonnée 12 décembre 2017 03 h 22

    Revendiquer d'abord l'égalité homme/femme.

    L’idéologie de «l’intersectionnalité» à la mode fragilise et divise les femmes au lieu de les réunir pour combattre les vrais problèmes du sexisme systémique dans le travail et dans le quotidien de toutes les femmes. Encore, les femmes doivent faire face à une discrimination au travail dont l'écart salarial entre les hommes et les femmes persiste toujours. Pour chaque dollar gagné par les hommes, les femmes ne gagnent qu'en moyenne 80 cents.
    De plus, les femmes doivent surmonter encore les avances sexuelles, non désirées, des hommes comme la démontré l'actualité dernièrement. Il faudrait d'abord revendiquer le droit à l'égalité entre les hommes et les femmes.

  • Gilbert Turp - Abonné 12 décembre 2017 07 h 10

    La dispersion

    Je suis totalement en phase avec cette analyse. J'ai assisté depuis un an à 4 ou 5 rencontres féministes et j'ai aussi pu observer à l'œil nu ce phénomène de fragmentation, gros comme le bras.
    Outre les bris de solidarité nécessaire, cette dispersion favorise le statu quo.
    Ce qui se passe ainsi avec le mouvement féministe rejoint un peu ce qui se passe avec le mouvement souverainiste.
    Le Québec actuel ne sait plus comment se solidariser avec lui-même. Il se fragmente et se disperse.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 12 décembre 2017 11 h 34

      Tout est devenu compliqué aujourd’hui. Pour être solidaires, il faut un minimum de consensus. Comme tout le monde a sa propre opinion sur tout, et que ces opinions sont largement diffusées via les nouvelles technologies, on se retrouve avec beaucoup d’opinions allant dans toutes les directions possibles et impossibles, ce qui nous éloigne d’un certain consensus et de la solidarité qui viendrait avec. Je ne saurais dire pourquoi mais la complexification est un phénomène très actif de nos jours et il va sans dire que notre société s’en ressent.

  • Sylvain Auclair - Abonné 12 décembre 2017 07 h 19

    Et si on pouvait?

    Si on pouvait changer l'ADN, les organges internes et le structure musculo-squelette de Mme Bouchard, est-ce que ça changerait votre opinion? Et pourquoi?

    • Annie-Ève Collin - Abonnée 12 décembre 2017 09 h 02

      Les enjeux du féminisme, relativement au transgenrisme, dépassent la seule personne de Gabrielle Bouchard, et ce serait trop long pour tout développer sur la tribune du Devoir, je vous invite donc à lire sur le sujet si cela vous intéresse. Ceci dit, nous pouvons au moins dire qu'il reste que quelqu'un qui a entamé des démarches pour tenter de devenir une femme à un certain moment de sa vie n'a pas été socialisé comme une femme depuis sa naissance.

    • Céline Delorme - Abonnée 12 décembre 2017 09 h 54

      Bravo à Mmes Collin et Sirois pour avoir ramené un peu de bon sens dans ces discussions oiseuses.
      A M Auclair:
      Avec des si-si-si, et des suppositions, on peut tout dire et contredire:
      Si des extraterrestres à la peau bleue atterissaient sur Terre, et qu'ils avaient le pouvoir de changer de sexe à chaque saison, (voir les romans de Ursula LeGuinn) oui, cela changerait mon opinion, mais ce n'est pas demain la veille qu'on verra cela.
      Entre temps, il existe des personnes qui sont mal à l'aise avec le Genre que la nature leur a donné, notre société évoluée doit s'assurer qu'ils et elles peuvent vivre de leur mieux, comme tout le monde, sans souffrir de discrimation dans leurs études, leurs emplois, et dans les divers services de la communauté.
      D'un autre côté, ces personnes doivent se rendre compte qu'ils ne peuvent pas demander à toute la société des tâches impossibles, comme de faire disparaitre les genres féminin et masculin, qui ont toujours existé et que personne sur terre ne veut faire disparaitre.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 12 décembre 2017 11 h 06

      Pourquoi cela changerait l'opinion ?

      C'est qu'alors on serait en présence d'une femme.

      Mais entre les deux, votre propos et le cas ici, c'est que c'est de la fiction que de formuler un changement réel du genre d'un mammifère.

      Alors, "et si on pouvait" ?

      La réponse c'est qu'on ne peut pas.

      La chose appartient donc a l'irréelle. Et est une pure fabrication mentale.


      Comme le disent si bien les deux auteures ici, il faut sortir de la confusion.

      Un homme qui veut vivre sous l'apparence d'une femme ça se nomme un homme transgenre.

    • Sylvain Auclair - Abonné 12 décembre 2017 11 h 16

      Je crois que les auteures ont une approche ontologique de ce qui fait une femme et un homme, et que rien ne permettra à l'un de devenir l'autre. Une femme transgenre a dû affronter bien plus d'obstacles, souvent dès l'enfance, qu'une femme cisgenre dans le cadre de son cheminement, et ce pour vivre dans un genre qu'on dit victime de nombreuses discriminations. Pourquoi ferait-elle cela?

      Et quant à l'idée de la socialisation durant l'enfance, on en revient à deux choses: un immigrant peut-il vraiment s'intégrer puisqu'il n'a pas grandi ici? Et peut-on vraiment comparer la socialisation d'une femme pauvre et celle d'une femme riche?

    • Sylvain Auclair - Abonné 12 décembre 2017 11 h 23

      Madame Collin,
      J'aime assez peu votre argument: «si vous n'êtes pas d'accord avec moi, c'est que vous ne connaissez pas le sujet».

    • Annie-Ève Collin - Abonnée 12 décembre 2017 14 h 11

      J'ai dû mal m'exprimer, ou alors vous avez lu trop vite, parce que je n'ai écrit à personne qu'il ne connaissait pas le sujet, ni à vous, ni à personne d'autre. Le mot "cisgenre" ne fait pas partie de mon vocabulaire.

      Un immigrant peut s'intégrer, bien sûr, mais sa biologie ne changera pas. Où voulez-vous en venir avec cette comparaison?

    • Johanne St-Amour - Abonnée 12 décembre 2017 20 h 42

      Sylvain Auclair,
      Vous dires une femme transgenre a dû affronter bien plus d'obstacles, souvent dès l'enfance, qu'une femme «cisgenre»»: mais qu'est-ce que vous en savez?
      Et votre comparaison boiteuse d'un trans avec un immigrant, c'est de l'humour ou quoi?
      Et dire qu'une femme «riche» n'est pas socialisée comme une femme «pauvre», ah! ben là qu'est-ce que la grosseur du porte-monnaie des femmes a à voir avec les discriminations que les femmes vivent parce qu'elles sont femmes?

  • Jacques Morissette - Abonné 12 décembre 2017 09 h 14

    «...alors on est en train de dire qu’être une femme est une question d’apparence.»

    Nous sommes des êtres biologiques, pas des robots programmés à qui on aurait attribué des différences et fondés rudimentairement sur une apparence physique. La femme est bien plus que son apparence physique. Elle a des qualités inaliénables qui savent bien faire la différence d'avec les hommes, qui ont eux-mêmes leurs propres qualités intrinsèques. Dans les deux cas elle ou lui ont la possibilité de s'adapter, chacun à leur façon, dans la lutte pour la survie.

    • Sylvain Auclair - Abonné 12 décembre 2017 13 h 09

      On en revient à l'ontologie des sexes. Faites donc la liste de ces qualités intrinsèques.

    • Annie-Ève Collin - Abonnée 12 décembre 2017 14 h 13

      Il n'y en a qu'une : les gamètes reproductrices : il y a des gamètes mâles et des gamètes femelles. Chez les espèces sexuées, dont fait partie l'espèce humaine, chaque organisme ne produit qu'un des deux types de gamètes, ce qui fait qu'il y a des individus mâles et des individus femelles. Dans l'espèce humaine, la femelle s'appelle la femme et le mâle s'appelle l'homme.
      Par la suite, l'individu qui s'adonne à être une femme peut se développer de nombreuses façons différentes, de même pour celui qui s'adonne à être un homme, mais ça ne change rien à leur sexe.