Un peu plus de civilité pour une meilleure qualité de vie

Le chacun-pour-soi dans les lieux publics semble de plus en plus une façon d’agir normale, une règle sociale acceptée, se désole l'auteur. 
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le chacun-pour-soi dans les lieux publics semble de plus en plus une façon d’agir normale, une règle sociale acceptée, se désole l'auteur. 

Un des phénomènes sociaux que l’on observe au Québec depuis quelques années est la diminution de notre sens civique dans les lieux publics ; le manque flagrant de courtoisie, de politesse, d’affabilité et d’amabilité est de plus en plus fréquent.

Plusieurs allèguent que l’éducation donnée maintenant aux enfants et aux adolescents valorise moins l’importance de la politesse et de l’égard envers les personnes qui nous entourent dans nos activités de tous les jours qu’il y a quelques années. Je suis de cet avis, mais cela n’explique pas pourquoi de plus en plus d’adultes considèrent peu cet aspect de notre vie collective. Par exemple, on voit régulièrement des adultes de tous âges et de toutes classes sociales garer leur véhicule en travers d’un passage à piétons ou devant l’entrée principale d’un commerce achalandé, des fumeurs jeter leur mégot de cigarette au sol et même certaines personnes cracher en pleine rue. Il n’est pas rare non plus de voir quelqu’un tenter de dépasser d’autres citoyens dans une file d’attente ou parler à haute voix à son cellulaire dans une salle bondée.

Le chacun-pour-soi dans les lieux publics semble de plus en plus une façon d’agir normale, une règle sociale acceptée. Je pense que les moyens de communication rapides actuels et l’utilisation des médias sociaux qui nous accaparent de plus en plus dans notre quotidien ainsi que la recherche à tout prix de la performance sont certainement en cause. Aussi, tenir la porte à une personne que l’on ne connaît pas, ou simplement saluer un passant ou une autre personne à un arrêt d’autobus sont souvent perçus comme des gestes incongrus, voire inquiétants.

Recherche d’isolement

On échange de multiples messages courts avec des personnes loin de nous en oubliant celles qui nous entourent dans notre environnement immédiat. Certains marchent en regardant leur téléphone intelligent, comme si celui-ci pouvait leur dicter leurs pas, et s’empêchent presque de voir les arbres, les fleurs et d’entendre les oiseaux sur leur passage, ou, encore pire, les voitures et les vélos qui s’approchent d’eux au prochain carrefour. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant qu’on ignore une personne dans la rue qui veut obtenir une information ou qu’on ne cède pas le passage ou son siège dans un autobus à une personne âgée ou ayant un handicap physique. On cherche donc l’isolement dans la foule et, ce faisant, on se prive d’une communication simple qui rendrait notre quotidien plus humain, plus fluide et plus confortable.

Je ne pense pas que ces outils de communication attractifs et performants soient les seuls en cause. Pensons aux comportements de plusieurs automobilistes durant les périodes de circulation dense, où le chacun-pour-soi et la performance supplantent souvent la courtoisie et le respect des autres, occasionnant de la frustration et bien sûr du stress. Il y a enfin ceux et celles qui se comportent à l’aéroport, dans les salles d’attente, à la pharmacie et même au travail comme s’ils étaient dans leur jardin, dans leur salon ou à la plage. Bien que cet aspect soit très important à mes yeux, je crois aussi qu’un minimum d’éthique s’applique également à la tenue vestimentaire dans les lieux publics.

Le soucis des autres

 

Je ne propose évidemment pas qu’on revienne à des cours sur les bonnes manières à l’école, mais simplement qu’on ait le souci des autres lorsque l’on partage un espace public et qu’on évite de penser que le chacun-pour-soi dans sa bulle est la bonne manière d’être en public. Je pense qu’il est de la responsabilité de tous d’adopter des comportements d’une plus grande civilité, qui pourraient être contagieux et devenir graduellement des normes sociales favorisant une meilleure qualité de vie. Cela ne s’oppose nullement à une utilisation efficace des moyens de communication actuels ou en développement.

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