Le droit de vote à 16 ans, un pouvoir d’agir pour la relève

De nombreuses études démontrent que les jeunes de 16 ans et de 17 ans n’ont rien à envier à leurs aînés en ce qui a trait aux compétences civiques.
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir De nombreuses études démontrent que les jeunes de 16 ans et de 17 ans n’ont rien à envier à leurs aînés en ce qui a trait aux compétences civiques.

Lors du congrès du Parti québécois tenu il y a deux semaines, l’idée de baisser l’âge du droit de vote à 16 ans a été rejetée. L’ancienne candidate péquiste et professeure de philosophie au collégial Louise Mailloux a justifié ce refus en évoquant « des souvenirs douloureux » où les représentants des associations étudiantes passaient dans les salles de cours pour dire « que le Parti Québécois, c’est comme le Parti libéral ».

Outre l’aspect bassement partisan de ce manque de maturité prêté aux jeunes (on leur reproche de ne pas avoir la « bonne » opinion), il s’agit surtout d’une opinion contraire à la vérité. Pour peu qu’on leur demande leur avis sur des problèmes qui les touchent, les jeunes font preuve d’une maturité, d’une curiosité et d’une intelligence remarquables. De nombreuses études scientifiques démontrent d’ailleurs que les jeunes de 16 ans et de 17 ans n’ont rien à envier à leurs aînés en ce qui a trait aux compétences civiques. L’idée qu’ils n’ont pas atteint à cet âge la maturité nécessaire pour avoir des opinions réfléchies — et qu’en ce sens ils ne devraient pas voter — est clairement réfutée.

Qui plus est, un citoyen qui vote à sa première opportunité tend à le faire de façon systématique par la suite alors qu’il s’avère très difficile de renverser une tendance contraire. Combiner une formation en éducation civique à la possibilité de voter à partir de l’âge de 16 ans pourrait ainsi avoir un effet de levier important sur la participation électorale des jeunes. Aussi, il faut noter que 16 ans est l’âge auquel il est possible de devenir membre d’un parti politique et que l’implication des jeunes de 16 à 18 ans est plus souvent qu’autrement remarquable.

Des précédents ailleurs dans le monde

Il faut savoir que le droit de vote à 16 ans est loin d’être une idée abstraite ou utopiste puisqu’il est déjà en vigueur dans certains pays comme l’Autriche et le Brésil. L’Écosse l’a également accordé dans le cadre du référendum sur sa souveraineté. Lors des élections de juin 2017 en Grande-Bretagne, le Parti travailliste en a fait un cheval de bataille et a permis une mobilisation historique des jeunes électeurs. À cette occasion, le journal The Guardian a explicitement appuyé cette mesure en page éditoriale. The Economist a également soutenu l’idée et publié en ce sens un texte très intéressant au titre éloquent : « Vote early, vote often ».

Certes, la désaffection des jeunes à l’égard de la politique est préoccupante et leur niveau de participation politique est en déclin et inférieur à celui de leurs aînés. Cependant, octroyer le droit de vote aux jeunes de 16 ans enverrait le signal que les institutions démocratiques québécoises leur appartiennent tout autant qu’à leurs aînés et pourrait inverser des tendances inquiétantes. Et surtout, en leur donnant le pouvoir d’agir, les jeunes de 16 à 18 ans auront l’opportunité d’entreprendre l’avenir du Québec.

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 22 septembre 2017 09 h 04

    Étonnante CAQ

    Le droit de vote à 16 ans, mais le droit de fumer du pot seulement 5 ans plus tard ?

  • Jacques Tremblay - Inscrit 22 septembre 2017 09 h 33

    Commençons par avoir un système de représentation démocratique plus juste et proportionnelle et après on reverra le taux de participation.

    18 ans c'est bien assez tôt pour perdre ses illusions démocratiques.

    Avec le système actuel mon vote est surtout défensif: je vais voter car je veux que personne d'autre y aille à ma place.

    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc