Que sont devenus les outils de soutien à la concertation?

«Les réseaux publics semblent éprouver maintenant bien des difficultés à fournir les services de base en fonction desquels ils ont été mis en place», écrit l'auteure.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir «Les réseaux publics semblent éprouver maintenant bien des difficultés à fournir les services de base en fonction desquels ils ont été mis en place», écrit l'auteure.

Avant 2014, il existait des structures qui apportaient un soutien au développement des communautés. À titre d’exemple, on peut penser aux conférences régionales des élus, qui s’occupaient de faciliter la concertation entre des partenaires sociaux de la société civile. On peut aussi évoquer le rôle assumé par certains ministères, dont une partie des effectifs était consacrée à cette fonction, dont la santé publique au ministère de la Santé et des Services sociaux, mais également au ministère de l’Éducation, dont la mission en était aussi une de soutien des communautés.

Les compressions lourdes imposées depuis quelques années semblent avoir fait disparaître, tout compte fait, ces structures. Les réseaux publics semblent éprouver maintenant bien des difficultés à fournir les services de base en fonction desquels ils ont été mis en place. Les citoyens en sont fort conscients, ce n’est pas pour rien que des chaînes humaines ont été mises en place une fois par mois ; les écoles tombent en ruine, les services aux élèves ont été grandement diminués, les travailleurs des écoles sont découragés et veulent quitter leur emploi ou carrément le quittent, etc. C’est la même chose dans le réseau de la santé, où la situation semble s’être dégradée de façon considérable, quand on essaie de s’informer sur ce qui se passe dans les établissements.

La société civile est écartée

Par ailleurs, sur le terrain, des citoyens bénévoles essaient de mettre en place, grâce à des travailleurs du secteur communautaire (dont on connaît bien la précarité très grande des conditions de travail), des endroits de concertation. À Québec par exemple, plusieurs tables existent, elles fonctionnent afin que les personnes puissent s’informer mutuellement des besoins, des attentes, de certains projets envisagés. Cela m’a paru être le balbutiement de ce que visaient ces structures, soit une meilleure réponse aux besoins locaux des communautés.

Pendant ce temps, les décideurs de tous les paliers confondus paraissent avoir choisi la voie d’écarter la société civile des discussions concernant le développement des communautés, trouvant sans doute préférable de discuter entre membres d’un même groupe — voyez l’ironie de la situation. On est très loin là d’un développement démocratique de nos communautés. Écarter la société civile, c’est, à mon avis, réserver à une élite de décideurs le choix des priorités, le choix des projets, la voie du développement qui sera retenue sans même que les citoyens ordinaires aient les moyens de se faire entendre, c’est pour moi une régression, je suis désolée de vivre ça et inquiète pour la génération qui me suit.

Cela devrait représenter un thème des campagnes électorales, au municipal à l’automne et au Québec, en principe, en octobre 2018. Cela aiderait davantage les citoyens préoccupés d’une réponse plus adéquate à leurs besoins et qui mettent en place des instances de concertation à cette fin.

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