Le Quartier de l’innovation: un pari déjà gagné

«Loin d’être un projet uniquement technologique, le QI intègre quatre volets essentiels au succès des sociétés innovantes», remarque Damien Silès.
Photo: Lorraine Boogich / CC «Loin d’être un projet uniquement technologique, le QI intègre quatre volets essentiels au succès des sociétés innovantes», remarque Damien Silès.

Les villes qui ont choisi de faire de l’innovation le fer de lance de leur développement économique sont nombreuses. Avec son Quartier de l’innovation (QI), Montréal n’y échappe pas. Toutefois, ce qui distingue l’approche montréalaise est l’esprit même de ce laboratoire urbain : de l’innovation sociale et économique, et non de la brique à tout prix, voilà le véritable actif stratégique que nous voulons développer.

Les propos des professeurs Ananian et Shearmur, qui ont été rapportés le 6 mai dernier dans le cahier thématique du Devoir sur l’Acfas, nous interpellent. Alors que le QI est le fruit d’un partenariat étroit, entre l’ETS, l’Université McGill, l’Université Concordia et l’Université du Québec à Montréal, il importe de rappeler non seulement la vision humaine, mais aussi les retombées bien réelles de cette alliance.

Des initiatives qui rejaillissent sur Montréal

Le Quartier de l’innovation est le terrain de jeu de nombreuses initiatives. Ces projets illustrent le potentiel de cette communauté, mais aussi les liaisons fortes que nous entretenons avec les quartiers de Montréal. La transformation du planétarium Dow qui deviendra, en quelque sorte, notre place des Festivals, est l’un des exemples qui confèrent à ce quartier le titre d’épicentre de l’innovation !

La multiplication des initiatives, menées de front avec notre équipe, est également un signal important. Vidéotron, l’ETS, Ericsson et le Quartier de l’innovation ont créé le premier laboratoire à ciel ouvert de la vie intelligente au Canada. Nous avons également mis en place Reconnect, avec la Société de développement social, un cloud solidaire qui facilite les démarches pour les personnes sans abri. Le QI attire des secteurs de pointe, comme le plus important centre de données en zone urbaine au Canada. IBM y a établi un centre de proximité, Coveo ses nouveaux bureaux, tout comme Nüvü Caméras. L’écosystème que nous avons bâti a ainsi permis l’implantation d’entreprises qui ont créé plus de 600 nouveaux emplois.

Le QI mise sur les ressources déjà existantes, sans dédoubler ce qui se fait déjà. Il se développe ainsi comme un laboratoire urbain aux multiples ramifications et non comme un site fermé et centré sur lui-même. Une dizaine d’incubateurs et d’accélérateurs collaborent avec nous. Cela représente plus de 400 start-up interconnectées grâce au QI !

Un modèle unique, à l’image de Montréal

Loin d’être un projet uniquement technologique, le QI intègre quatre volets essentiels au succès des sociétés innovantes. On y retrouve autant un volet industriel qu’urbain, mais aussi de la formation et de la recherche, du social et du culturel. Ces retombées ne se mesurent pas toujours sur le court terme, et c’est tant mieux. La vision humaine du QI favorise le durable.

Le QI vise à accroître les collaborations et les partenariats avec les acteurs locaux afin d’avoir des retombées économiques et sociales significatives. Notre approche du développement urbain favorise la mixité, la mise en réseau des individus et des entreprises, mais aussi la médiation entre les entrepreneurs, les pouvoirs publics et les citoyens. Ces stratégies s’incarnent dans de nombreux projets, comme le Neoshop, première boutique de l’innovation en Amérique du Nord, mais aussi des Fab Labs qui facilitent le prototypage. Le journal Le Monde soulignait d’ailleurs cette approche du QI en lui conférant le rang d’accessit, catégorie Grand Prix de l’innovation urbaine lors de la remise de ses Prix de l’innovation « Smart Cities » en 2016.

Le QI est encore très jeune et il va continuer de se transformer. Mais, déjà, nous pouvons parler de création d’emplois et d’entreprises, de collaborations avec le milieu universitaire et de transferts technologiques vers l’industrie, mais aussi de rayonnement international. Grâce à ces retombées actuelles et futures, le Quartier de l’innovation démontrera au cours des prochaines années que le pari peut être gagné.