Un devoir envers la population québécoise

«Les pourparlers sur un éventuel pacte électoral demeurent en attente d’une décision des membres de QS à l’occasion de leur congrès de mai», écrit l'auteur.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Les pourparlers sur un éventuel pacte électoral demeurent en attente d’une décision des membres de QS à l’occasion de leur congrès de mai», écrit l'auteur.

Réplique à la lettre ouverte de Stéphane Lessard parue le 10 mai 2017, « M. Lisée, on se calme le pompon… au sujet de la convergence ? »

Selon les plus récents coups de sonde, la majorité des Québécois souhaite que le gouvernement libéral ne soit pas réélu en 2018. Compte tenu du mode de scrutin actuel et de la division du vote entre les différents partis, le Parti libéral du Québec (PLQ) continue d’être en tête des intentions de vote. Face à ce blocage politique, le Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée à sa tête, a entrepris une démarche sincère de convergence avec Québec solidaire (QS), afin de maximiser les chances de se débarrasser des libéraux à la prochaine élection générale.

Cette démarche vise à répondre à une réelle préoccupation de la population et nous estimons qu’il est de notre devoir envers la population québécoise de tout faire pour y parvenir. Et nous ne sommes pas les seuls, puisque 80 % des délégués de QS au conseil national de novembre dernier ont déjà partagé ce constat en appuyant l’ouverture des discussions.

Contrairement au dire de M. Lessard, le PQ, QS et les autres formations politiques souverainistes ont des discussions fréquentes au sein de OUI-Québec. Les pourparlers sur un éventuel pacte électoral demeurent en attente d’une décision des membres de QS à l’occasion de leur congrès de mai. Jamais le chef du PQ n’a lancé d’ultimatum, malgré ce que certains titres plus sensationnalistes ont pu laisser entendre. Il a plutôt précisé les horizons selon lesquels la signature d’une entente électorale était réaliste et réalisable.

Étant interpellé par plusieurs membres de QS pour obtenir des précisions de la part du PQ, il est normal d’offrir des réponses. Nous ajoutons qu’il n’est pas réaliste de n’entamer ces discussions qu’en novembre 2017. Nous avons aussi fourni des réponses que M. Lessard ne semble pas avoir lues au moment d’écrire sa missive. Nous proposons des mesures communes phares importantes pour l’avenir du Québec : réforme du mode de scrutin, salaire minimum à 15 $, opposition au projet Énergie Est. Ce ne sont que quelques exemples des positions sur lesquelles nous pouvons êtes d’accord et qu’il est possible de réaliser dans le mandat 2018-2022.

Dans cette discussion franche et honnête, nous ne pouvons que souhaiter que les hautes instances de QS emboîtent le pas en favorisant le dialogue entre nos formations politiques et en respectant la démocratie interne de nos deux partis politiques. Pour progresser, il faut se donner les moyens d’amorcer cette discussion rapidement. Les efforts récents du PQ et de son chef visent non seulement à démontrer notre bonne foi, par exemple dans Gouin ou dans le sauvetage de Sainte-Marie–Saint-Jacques, mais également à fournir les informations nécessaires aux membres de QS pour qu’ils puissent prendre une décision éclairée sur la possibilité d’un déblocage politique historique au Québec.

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24 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 12 mai 2017 02 h 07

    Une convergence s'impose!

    Je suis d'accord avec vous qu'une convergence entre QS et PQ s'impose pour se débarrasser des Libéraux. Par contre, il faudrait aussi changer notre système fiscal en ajoutant des paliers progressifs davantage, pour que tout le monde paie sa juste part d'impôts.
    Il faudrait également règlementer les sociétés et les banques qui cachent leurs profits dans les paradis fiscaux, ce qui privent les coffres de l'État québécois d'aux moins 2 milliards de dollars chaque année. Des sommes dont on a un besoin criant pour nos dépenses publiques.

    • Benoit Toupin - Abonné 12 mai 2017 13 h 16

      En politique, il est rare que l'on gagne totalement, mais beaucoup plus fréquent de gagner globalement. Sur ce principe, il devrait être possible d'en arriver à une stratégie commune qui minimise l'impact de la division actuelle et potentialise la chance d'être maitre d'oeuvre d'un certain nombre de projets communs.

      Sinon il y a de forte chance que le maître d'oeuvre soit quelqu'un d'autre qui tentera de mettre son agenda en place. Il est temps de discuter et le dialogue peut commencer maintenant; de façon à ce que les congrès respectifs à l'automne est en main une idée de ce qui est possible.

      Les discussions doivent être initiées avant que les décisions soient prisent en congrès à l'automne. Sinon que de temps perdu ouvrant les portes de la suspicion et de la méfiance... Faut-il que les congrès des deux partis décident que l'un et l'autre peut se parler; franchement...

      Ni QS ni le PQ ne gagnera sur tous les plans, mais globalement une part de nos programmes respectifs auront des chances de devenir réalité; sinon continuons à nous plaindre...

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 mai 2017 15 h 36

      À Benoit Toupin,

      "Ni QS ni le PQ ne gagnera sur tous les plans.."-Benoit Toupin

      Comme le dit Bernard McCann quelques commentaires plus bas, cette Convergence n'a pas été initiée par le PQ pour rien, c'est parce qu'elle avantage le Parti québécois et très peu Québec Solidaire.

      Et si il existe une stratégie possible, sinon à laquelle QS réfléchie actuellement. C'est celle d'une mobilisation générale pour obtenir le scrutin proportionnel AVANT 2018.

      Car dans le cas d'une alliance pour une mobilisation sur une cause, moi-même, je n'y voit non seulement aucun inconvénient, mais un immense avantage pour l'avancement de la démocratie au Québec.

      Les péquistes seront-il de la partie? Ou si leur nouvel appui au changement de mode de scrutin n'était encore qu'un vœu pieu?

      Christian Montmarquette

      .

  • Jacques Lamarche - Inscrit 12 mai 2017 06 h 38

    Pourquoi se parler par médias interposés?

    M. Lessard, M. Généreux, pourriez-vous vous appeler au lieu de nous faire partager des jérémiades plus ou moins fondées! Il faut déplorer des comportements mal avisés qui manquent nettement de mâturité!

    Pour négocier, il faut se calmer, soigner les blessures qu'une longue guerre fratricide a causées, faire confiance dans un climat d'amitié! Pas facile après tant de procès d'intention de part et d'autre intentés! Les commentaires passionnés dans Le Devoir peuvent en témoigner!!!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 12 mai 2017 07 h 27

    Que redire ?

    « Nous proposons des mesures communes phares importantes pour l’avenir du Québec : réforme du mode de scrutin, salaire minimum à 15 $, opposition au projet Énergie Est. » (Christian Généreux, porte-parole, PQ)

    De ces mesures importantes pour l’avenir du Québec, est-il possible d’ajouter celles concernant, aussi ?!?, le devenir du Québec (réforme de l’ANQ, questions identitaires, vers l’indépendance … .) ?

    Que redire ? - 12 mai 2017 -

  • Christian Montmarquette - Abonné 12 mai 2017 07 h 35

    Quels efforts? Et quelles informations?

    «Les efforts récents du PQ et de son chef visent non seulement à démontrer notre bonne foi dans Gouin ou dans le sauvetage de Sainte-Marie–Saint-Jacques. Mais également à fournir les informations nécessaires aux membres de QS pour qu’ils puissent prendre une décision..» -Christian Généreux

    1) Ce ne sont pas les «hautes-instances» de Québec Solidaire qui décideront s'il y aura dialogue ou pas avec le PQ. Mais «la base» du parti. C'est à dire, tous les membres, toutes les associations locales et tous leurs délégués.es élues.es via une décision prise démocratiquement par le Congrès. Il me semble qu'après 11 années d'existence de QS c'est pas fort de ne pas savoir encore ça au sujet d'un parti avec lequel on veut faire alliance..

    2) Il n'y a eu aucune information, ni aucune proposition concrète de mise sur la table de la part du Parti québécois afin que les membres soient éclairés.es pour prendre leur décision au prochain Congrès du 19 au 22 mai prochain, et il est donc bien mal à propos de presser QS face à quelque délais que ce soit, alors que le PQ n'a toujours rien de fait à ce sujet.

    3) Il n'y a eu aucune démonstration de «bonne foi» de la part du Parti québécois dans Gouin ou Sainte-Marie-Saint-Jacques puisque :

    1) De toutes manières Gouin est un comté déjà acquis à Québec Solidaire où il dispose d'une avance de plus de 10,000 voix; et qu'en n'y présentant pas de candidat, le PQ s'est évité des dépenses inutiles en plus d'une cuisante défaite.

    2) Il aurait été tout aussi désavantageux pour le PQ que les libéraux éliminent Sainte-Marie-Saint-Jacques de la carte, puisque QS n'a battu le PQ que par 90 voix, et que SMSJ demeure une circonscription «prenable» pour le PQ alors que la nouvelle circonscription était conçue pour y établir une forteresse libérale.

    Alors, ça suffit les sornettes.

    Le PQ ne nous a rien donné du tout et n'a travaillé que pour lui-même.

    Et personne n'en n'est dupe dans nos rangs.

    Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 mai 2017 16 h 28

      1) Voikà l'une des raisons pour lesquelles QS n'est pas vraiment un parti. Dans toute organisation publique et principalement dans un gouvernement il est nécessaire que les dirigeants aient une grande marge de manoeuvre. Il en va de même dans un parti. Or QS n'a même pas de dirigeant! Quelle lâcheté!
      Le sens d'une démocratie vivante exige, soit la tenue de référendums dans un processus ouvert et CONTINU (i.e. hebdomadaire ou mensuel), soit la prise en charge des orientations par un petit groupe de meneurs sous la surveillance du grand nombre. QS ne fait ni l'un, ni l'autre. Par contre, il a des "instances"... Wow!
      En ce sens QS est pire que tout organisme social ou syndicat. Faut le faire! Mais ceux-ci ont des raisons de fonctionner commes ils le font, eux.
      2) L'information est là, entière et complète, depuis des lunes. Qu'avez-vous manqué au juste ? Très simple : le PQ propose une alliance, sous quelque forme que ce soit, de tous les partis indépendantistes. C'est un pas, comme un tango. Quel est le vôtre mis à part les accusations de traîtrise et autres gentillesses ?
      3) On reconnaît la "bonne foi" quand on en a soi-même. je ne puis par parler des instances de QS puisqu'elles sont aussi vagues qu'épisodiques dans leurs réactions mais bien de vous, M. Montmarquette. Pour la bonne foi, vous avez énormément de croûtes à manger dont le point (2) ci-haut.
      3.1) Si Gouin est si gagné d'avance, pourquoi le PLQ présente-t-il un candidat ? Je vais vous le dire : pour garder des contacts avec sa base, et c'est ce que le PQ ne fait pas, preuve de bonne foi plus qu'évidente sauf pour un aveugle. Mauvaise foi crasse.
      3.2) Il faut vraiment n'avoir aucun sens commun pour éluder les efforts du PQ dans le dossier Sainte-Marie-Saint-Jacques. Une aide reste une aide, et y voir forcément un coup de Jarnac relève de la paranoïa élevée en vertu cardinale.

      Vos sornettes hurlent, faussent et stridulent.

      Heureusement on en aura fini bientôt d'inepsies pareilles.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 mai 2017 07 h 23

      À Jean-François Trottier,

      1) Toutes les partis politiques ne fonctionnent pas comme des dictatures et des partis-de-chefs qui ne respectent, ni leur instances, ni le fonctionnement démocratique, ni leur programme.

      Et oui, il y a une direction à Québec Solidaire pour décider des positions à prendre au quotidien et dans l’actualité. Mais c’est une «direction collective» des membres de l’Exécutif national. Vous avez un problème avec ça? Mais il demeure que ce sont les Congrès et les Conseils nationaux entre les Congrès qui décident du programme et des grandes orientation du parti.

      2) Sauf des appels lancés dans les médias pour courtiser les votes des électeurs…Non, le PQ n’a rien mis de concret sur la table, notamment en ce qui concerne les partage de circonscriptions (comme pas un détail) et les concessions que le PQ serait disposé à faire pour inciter Québec Solidaire à accepter sa Convergence.

      3) Il n’est pas question ma de bonne foi personnelle dans ce débat, puisque je suis contre toute alliance avec le PQ, comme avec les deux autres partis parti de droite que sont la CAQ et le Parti libéral.

      3.1) Gouin n’est peut-être pas gagnée d’avance. Mais avec une avance de 10,000 voix, il demeure que le PQ se rend lui-même service en évitant une déconfiture et des dépenses inutiles. Si le PQ avait vraiment voulu rendre service à QS c’est un engagement de se retirer dans Laurier-Dorion qui aurait pu servir à quelque chose pour Québec Solidaire et débarquer le libéral Gerry Sklavounos que le Parti québécois a aidé faire élire en 2014 alors que QS était deuxième.

      3.2) Je ne nie pas les efforts du PQ dans le dossier Sainte-Marie-Saint-Jacques. Je dis qu’il a fait dans son propre intérêt.

      En toute bonne foi,

      Christian Montmarquette

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 12 mai 2017 08 h 04

    Je suis optimistes avec les discussions

    existant entre les deux partis souverainistes.Il est inconcevable qu'elles n'aboutissent pas positivement.Je crois que GND aidera notre peuple apres tant
    d'inepties du gouv.libéral de Couillard qui ne peut continer a détruire et coloniser
    notre société. "It's a must" en francais : "Ca va faire".