Un nouveau pôle d’expertise à la Faculté de droit de l’Université de Montréal

Mme de Kovachich n’occupera pas un poste de professeure, mais sera plutôt chargée de mettre sur pied une toute nouvelle clinique de médiation juridique.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Mme de Kovachich n’occupera pas un poste de professeure, mais sera plutôt chargée de mettre sur pied une toute nouvelle clinique de médiation juridique.

L’arrivée à la Faculté de droit de l’Université de Montréal de Mme Hélène de Kovachich, juge au Tribunal administratif du Québec, a suscité la curiosité, voire la désapprobation de certains commentateurs. Ce type de question est soulevé chaque fois qu’un haut fonctionnaire est détaché de ses fonctions pour servir dans d’autres organisations publiques ou parapubliques. Pourtant, il s’agit d’un transfert d’expertise unique qui sera appréciable à plus d’un égard.

Précisons tout d’abord que le détachement de Mme de Kovachich, qui demeure juge au Tribunal administratif du Québec et continue de relever de lui, a été autorisé selon une procédure expressément prévue à la Loi sur la justice administrative. Précisons aussi qu’elle n’occupera pas un poste de professeure, comme on l’a laissé entendre, mais qu’elle sera plutôt chargée de mettre sur pied une toute nouvelle clinique de médiation juridique à la Faculté et de contribuer à la formation pratique des étudiants en matière de médiation et de conciliation. L’évolution et les résultats de la clinique feront aussi, à terme, l’objet de diverses recherches.

L’expertise et la compétence de Mme de Kovachich en ces matières sont largement reconnues et seront précieuses à notre faculté. Le mandat qui lui est confié touche directement son champ d’expertise, la justice administrative et les modes alternatifs de règlement des différends. Cette question revêt une grande importance aussi pour le législateur, en raison des difficultés d’accès à la justice qu’éprouvent de trop nombreux citoyens et compte tenu du rôle de tribunaux de « proximité » que jouent les tribunaux administratifs.

C’est un réel changement de culture juridique qui est souhaité avec l’entrée en vigueur du nouveau Code de procédure civile. Ce changement, qui vise à instaurer une culture moins axée sur le contentieux, profitera aux justiciables, bien sûr, mais aussi à des tribunaux qui verront devant eux des juristes intéressés par le règlement, en amont plutôt qu’en aval, des problèmes concrets des citoyens et qui disposeront d’une solide formation pour le faire. Une telle évolution de la culture juridique prendra du temps et doit s’amorcer dès la formation des futurs avocats et notaires. C’est dans ce contexte que la mise en place d’une clinique de médiation juridique à notre faculté constitue un projet structurant pour le système de justice et que l’arrivée d’une personne de la compétence de Mme de Kovachich pour jeter les bases d’une telle clinique est une excellente nouvelle.

Avec des juristes davantage outillés, car mieux formés, pour aider au règlement efficient des problèmes des citoyens, le système de justice au Québec ne s’en portera que mieux.

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6 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 16 septembre 2016 07 h 53

    Monsieur le doyen

    La crédibilité de monsieur le doyen Gaudreault-Desbiens est nulle et non-avenue.

    • Johanne Fontaine - Inscrite 16 septembre 2016 09 h 34

      Sans compter qu'à la fac de droit de l'UdeM
      le conjoint de l'intéressée
      faisait déjà la pluie et le beau temps,
      au tout début des années 70.

      J'y étais et assistais, médusée,
      aux premières armes de PMJ en matière politique,
      faites sur le dos d'étudiant(e)s
      comme moi; il en a pris de la graine.

      Ca s'appelle, s'initier pour pas cher.

  • Martin Chénier - Inscrit 16 septembre 2016 08 h 50

    Intégrité et jugement

    C'était l'intégrité de la juge de Kovachich dont il était question et non pas de son expertise. Maintenant, c'est le jugement du doyen qui semble ne pas comprendre ''la désapprobation de certains commentateurs'' qui est mis en doute.

  • Bernard Terreault - Abonné 16 septembre 2016 09 h 57

    Là n'est pas la question

    Madame de Kovachich est peut-être compétente, je ne peux en juger. Le fait important est qu'elle a fraudé le gouvernement et qu'au lieu de la punir, on la récompense, par pur favoritisme envers la veuve d'un politicien du parti au pouvoir. Est-cela qu'on prône à la Faculté de DROIT ?

    • François Dugal - Inscrit 16 septembre 2016 16 h 45

      "Est-ce cela que l'on prône à la Faculté de Droit?"
      Affirmatif, monsieur Terreault; bienvenue à l'anti-chambre du parti libéral, tant fédéral que provincial.

  • Dominique Gouin - Abonné 16 septembre 2016 16 h 58

    «L’expertise et la compétence de Mme de Kovachich en ces matières sont largement reconnues [...] Cette question revêt une grande importance aussi pour le législateur, en raison des difficultés d’accès à la justice qu’éprouvent de trop nombreux citoyens.» - Jean-François Gaudreault-Desbiens.

    Ce qui n'était pas le cas de Mme de Kovachich...et à nos frais.

    Dominique Gouin, abonné