Santé des enfants: redoubler d’efforts

Un médecin de l'organisme Médecins sans frontières examinait une petite fille atteinte de tuberculose à Malakal, au Soudan du Sud, en juin dernier.
Photo: Albert Gonzalez Farran Agence France-Presse Un médecin de l'organisme Médecins sans frontières examinait une petite fille atteinte de tuberculose à Malakal, au Soudan du Sud, en juin dernier.

Il y a 19 ans, Martha Jere est née au Malawi, infectée par le VIH. À une certaine époque, l’espérance de vie des personnes atteintes du sida était de 18 mois. Aujourd’hui, Martha est toujours en vie. Grâce au diagnostic précoce et aux traitements, les personnes atteintes de maladies autrefois mortelles peuvent maintenant mener une vie en bonne santé.

Lors des 16 dernières années, le Canada a mené les efforts pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Des investissements et des interventions ont permis d’améliorer l’alimentation, de réduire l’incidence de maladies et de renforcer les systèmes de santé. Les taux de mortalité chez les enfants sont à la baisse à l’échelle mondiale depuis 2000.

Malgré cela, beaucoup d’enfants ont été laissés pour compte. Chaque jour, 16 000 enfants âgés de moins de cinq ans meurent de causes pour la plupart évitables. Les plus démunis sont près de deux fois plus susceptibles de mourir avant l’âge de cinq ans que les enfants les plus riches. Depuis 2000, le nombre de décès liés au sida chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans a plus que doublé ; la tuberculose est la cause d’un de ces décès sur trois chaque année. À l’échelle mondiale, 80 % des cas de paludisme et 78 % des décès sont répartis dans 15 pays, principalement en Afrique subsaharienne.

Avoir des objectifs mondiaux attire l’attention internationale, mobilise les ressources et galvanise la volonté politique pour que le changement se produise. Notre objectif maintenant, dans le cadre du nouveau Plan d’action pour le développement durable, consiste à mettre fin aux épidémies de sida, de tuberculose et de paludisme d’ici 2030.

Nous applaudissons la contribution de 785 millions de dollars sur trois ans du Canada au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ce qui permettra de sauver quelque huit millions de vies et portera la contribution totale du Canada à 2,1 milliards de dollars, ce qui constitue le plus important investissement du pays dans la santé mondiale à ce jour.

Le 16 septembre, le Canada accueillera la cinquième conférence de reconstitution du Fonds mondial à Montréal. La conférence réunira les dirigeantes et dirigeants mondiaux et la communauté internationale de la santé dans le but de mobiliser les efforts pour mettre fin au cours des 14 prochaines années à trois des épidémies les plus dévastatrices du monde.

Nous encourageons le Canada à saisir cette occasion de montrer au monde que notre pays est un champion mondial de la promotion de l’équité dans la santé pour les femmes, les jeunes et les enfants. Pour y parvenir, nous devons prendre cinq mesures concrètes.

Nous devons continuer l’élargissement des travaux sur la santé reproductive et sur la santé des mères, des nouveau-nés, des enfants et des jeunes, en mettant davantage l’accent sur la santé des adolescentes et des adolescents, la santé sexuelle et reproductive et les droits qui s’y rattachent. Nous devons continuer d’investir dans le renforcement des systèmes de santé à l’échelon communautaire. Nous devons continuer de miser sur l’expertise canadienne et encourager de nouveaux partenariats et modèles de financement novateurs pour la santé mondiale. Nous devons aussi nous employer à protéger les gains durement acquis en intensifiant les interventions éprouvées, en particulier dans les États fragiles.

Nous devons relever les défis qu’il reste avec une détermination encore plus grande que lorsque nous avons commencé. Et nous devons nous y mettre maintenant.