L’école politique du plagiat

Philippe Couillard
Photo: Clément Allard La Presse canadienne Philippe Couillard

Comme certains étudiants, nos politiciens manquent parfois d’imagination ; ils font leurs devoirs en puisant dans le cahier d’exercices des autres partis. À ce chapitre, l’élève Couillard est un étudiant modèle. En bon écologiste, il aime bien recycler les idées des autres. Une fois dans sa bouche, ces propositions deviennent les siennes : la copie remplace l’originale et l’auteur d’origine, s’il ose revendiquer ses droits, est accusé de plagiat.

À ce jeu, l’élève Couillard est un premier de classe. Du haut de sa morale élastique, il aime bien jeter un regard sur les idées de ses voisins de pupitre. À sa gauche, ses collègues de l’opposition officielle sont durs à suivre, car ils s’adonnent souvent à la course à la chefferie, course à obstacles ou à relais vers le test ultime du pays à bâtir. Ces épreuves contre la montre rebutent le premier ministre qui est un adepte de l’immobilisme politique. Il préfère plutôt faire bouger les autres, comme forcer l’expulsion d’un élève gênant qui risquait de perturber la rentrée : parlez-en à l’ex-ministre Daoust.

De toute façon, l’élève Couillard préfère regarder vers sa droite caquiste dont les avancées sont plus près de son cursus néolibéral. Après avoir fait sienne la stratégie maritime de Legault et avoir débauché des recrues de la CAQ, il tente maintenant de s’approprier l’approche nationaliste et identitaire de la seconde opposition. Depuis ces emprunts, certains prétendent que des députés caquistes souffrent de plus en plus de paranoïa et communiquent entre eux par télépathie pour ne pas se faire voler leur programme politique…

Ce qu’il faut savoir également, c’est que l’élève Legault aime bien s’inspirer lui aussi des idées des autres. Pour faire ses devoirs à la tête d’un parti qui se cherche, il s’inspire de l’histoire de l’Union nationale et de son chef Maurice Duplessis, qui a fait école en professant une autonomie provinciale symbolique, une confiance aveugle aux forces du marché et un antisyndicalisme de droite. Ne sont-ce pas là certaines bases du programme politique de la CAQ qui actualise une pédagogie passéiste digne de la Grande Noirceur ?

Plagier ne conduit pas nécessairement à la réussite électorale, certains partis politiques l’ont compris en n’atteignant pas la note de passage. Toutefois, tricheries et pouvoir sont souvent des options gagnantes pour ceux et celles qui espèrent obtenir le diplôme gouvernemental. À l’école politique du plagiat, l’important, c’est de ne pas se faire prendre. Et si cela se produit, les fautifs savent bien que la mémoire du corps électoral est une faculté qui oublie rapidement.

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