Enseignement et technologie: un duo prometteur

Nous communiquons la plupart du temps par des moyens numériques : il n’est pas étonnant que ces technologies fassent leur entrée à l’université.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Nous communiquons la plupart du temps par des moyens numériques : il n’est pas étonnant que ces technologies fassent leur entrée à l’université.

Nous avons adopté les technologies numériques pour les achats, les opérations bancaires, la lecture, les émissions de télé et les films. Nous communiquons la plupart du temps par des moyens numériques : téléphones intelligents ou tablettes. Bref, il n’est pas étonnant que les technologies numériques fassent leur entrée à l’université.

Que les personnes inquiètes de voir les outils numériques devenir des solutions de facilité profitant aux étudiants paresseux se rassurent. À mon avis, c’est l’inverse qui se produit. Disposant, grâce à une vaste panoplie de moyens, d’une plus grande autonomie pour réussir, les étudiants doivent accepter davantage de responsabilités et être partie prenante à l’enseignement de la matière.

De nos jours, les étudiants veulent prendre une part active à leur enseignement. Ils veulent découvrir et mettre en oeuvre les nouvelles notions et non pas seulement les prendre en note bien sagement assis dans une salle de cours. Toutefois, cela ne signifie pas que les professeurs sont sur le point d’être supplantés par les technologies numériques. Au contraire, les membres du corps professoral adoptent les outils numériques pour être en mesure d’intégrer dans leurs cours de nouvelles activités pédagogiques visant à améliorer l’enseignement. Ainsi, depuis que je fais partie du corps enseignant de Concordia, j’ai vu mon rôle évoluer : d’une personne chargée de transmettre du savoir, je suis devenue conseillère en apprentissage.

Facteur de dialogue

 

En matière d’enseignement, les nouveautés vont de l’apprentissage assisté, consistant à recourir à des outils numériques pour faciliter l’apprentissage en classe et en dehors de la classe, aux cours dont l’enseignement et les examens se déroulent exclusivement en ligne, en passant par des formules d’apprentissage mixtes dans le cadre duquel les cours enregistrés et les activités en ligne ou sur place remplacent les classiques cours magistraux en classe.

De plus, même dans les cours en classe habituels, les enseignants peuvent recourir à des outils numériques destinés à faciliter le dialogue entre les étudiants — même lorsqu’ils sont nombreux —, plutôt que de reproduire le vieux modèle du cours où quelques étudiants, toujours les mêmes, répondent aux questions, tandis que les autres écoutent passivement. Les enseignants peuvent désormais faire appel à un système de réponse en classe pour faire participer les étudiants. Un tel système permet aux étudiants et aux enseignants de savoir en temps réel comment se déroule l’enseignement. En effet, quand un enseignant pose une question à la classe, les étudiants peuvent répondre à l’aide d’un petit appareil. Ils sont donc en mesure de s’assurer qu’ils suivent bien, et l’enseignant peut adapter sur-le-champ son enseignement en fonction des réponses.

L’enregistrement de cours est aussi un service qui donne aux étudiants un dispositif leur permettant d’adapter l’enseignement à leur emploi du temps et à leurs besoins. Un tel dispositif permet désormais aux enseignants d’enregistrer, à l’aide d’un ordinateur portable, leurs diapositives, leurs notes de cours et leurs explications pendant qu’ils donnent leur cours, puis de les mettre en ligne sur une page Web afin de donner à leurs étudiants la possibilité de suivre à nouveau le cours intégralement ou en partie après la classe. Ce genre d’outil peut se révéler très utile pour les étudiants qui n’ont pas compris quelque chose ou pour ceux dont la langue maternelle n’est pas l’anglais.

Dans le contexte d’un cours mixte, les enseignants peuvent se servir de cet outil pour faire un cours « renversé », dans le cadre duquel les étudiants doivent suivre le cours en ligne avant de venir en classe afin de pouvoir consacrer le temps réservé au cours à la mise en oeuvre des connaissances nouvellement acquises, en vue de résoudre des problèmes individuellement ou en groupe avec l’aide du professeur.

Cours par correspondance

 

Les technologies numériques ont également permis d’élargir le concept classique de cours par correspondance. Les étudiants peuvent désormais suivre les cours sur leur téléphone cellulaire, leur tablette ou leur ordinateur quand, où et aussi souvent qu’ils le souhaitent, remettre leurs devoirs par Internet (plutôt que par la poste) et même prendre part à des groupes de discussion en différé par l’intermédiaire d’un wiki (un site Web qui permet à plusieurs personnes de créer un document de façon collaborative) ou en temps réel au moyen d’un logiciel de vidéoconférence (comme Skype). Autant de possibilités que n’offraient pas les cours par correspondance.

Toutes ces méthodes d’apprentissage à l’aide des technologies numériques mettent l’enseignement universitaire à la portée d’un nombre chaque jour plus grand de personnes, tout en stimulant la motivation des étudiants. Quand la technique leur donne une plus grande maîtrise sur leur apprentissage et une plus grande souplesse dans l’expérience qu’ils peuvent acquérir, les étudiants sont en mesure d’approfondir la matière étudiée et de la retenir plus longtemps. En adoptant les technologies d’apprentissage numérique, nous offrons un enseignement plus dynamique, et donc la possibilité d’une plus grande réussite universitaire.

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