Le revenu annuel garanti: une fausse bonne idée?

À l’heure où la plupart des économies du monde se remettent difficilement de la dernière grande crise économique et financière, de nombreuses idées économiques et sociales émergent, susceptibles de promouvoir un monde meilleur. Parmi celles-ci figure la mise en place d’un revenu annuel garanti (ou allocation universelle, selon le terme usuel en France), qui consisterait à verser à chaque individu un revenu tout au long de sa vie, sans aucune condition autre que d’appartenir à une communauté politique (parmi d’autres formules, bien sûr). Au Canada, les gouvernements du Québec, de l’Ontario, et même le gouvernement fédéral discutent ouvertement de la possibilité d’étudier et même d’adopter cette politique, bien que les modalités restent à définir.

Cette politique fait l’objet d’un important consensus, défendue tant par la droite que par la gauche, mais souffre néanmoins de sérieuses faiblesses. Nous proposons ici deux critiques : la première est d’ordre économique, la seconde, plutôt sociologique.

D’abord, d’un point de vue strictement économique, nous identifions trois problèmes. Premièrement, pour réduire la pauvreté, nous pensons qu’il existe de meilleures politiques économiques, dont la création directe d’emplois, voire l’adoption d’une politique de plein emploi. Aujourd’hui, la création d’emplois est secondaire dans le discours politique ; c’est le résultat souhaité de la croissance économique passant par la réduction d’impôts aux entreprises, lesquelles veulent à tout prix maintenir la prétendue flexibilité des marchés du travail. Toutefois, nous pensons que le plein emploi doit devenir un objectif économique en soi, car le travail offre une meilleure rémunération qu’un revenu minimum garanti et est une meilleure solution à la pauvreté.

Deuxièmement, il y a clairement un risque d’appauvrissement de la notion du travail et même du travailleur. S’il n’existe pas de filet de sécurité du type salaire minimum, les employeurs peuvent être tentés de payer les salariés, surtout les moins qualifiés, le moins possible, puisqu’ils savent qu’ils pourront compter sur la collectivité pour financer le différentiel « soutenable » par le revenu minimum garanti. Dans ce contexte, il n’y a pas réduction, mais accroissement de la pauvreté salariale, voire de la pauvreté tout court.

Troisièmement, en minimisant l’importance du travail et du marché du travail, une telle politique réduit le rôle des syndicats, qui sont importants dans la lutte contre les écarts de revenu. Une étude récente du Economic Policy Institute à Washington le confirme. Selon cette étude, la baisse des taux de syndicalisation depuis 20 ans correspond à l’accroissement des revenus pour les 10 % plus riches de la population.

Il s’agit donc d’une remise en question fondamentale du rôle du travail au quotidien, ainsi qu’une remise en question de la relation entre le citoyen et sa communauté, et de sa participation à la création de la richesse nationale (et à la croissance) lui permettant de devenir un rouage essentiel du système macroéconomique, par ses apports productifs. Ceci nous conduit à notre seconde critique.

D’un point de vue sociologique, le revenu minimum garanti tend à déconstruire la solidarité et la régulation sociales offertes par le travail. En effet, le travail n’est pas simplement un revenu transféré d’un employeur en contrepartie d’une contribution à la sphère économique. D’une part, le travail établit des liens sociaux entre les travailleurs par la division du travail, qui donne une identité, une place et un statut à chacun, construisant ainsi la solidarité sociale par la chaîne des interdépendances. D’autre part, le travail relie l’individu à la collectivité entière par des règles sociales et juridiques protectrices et collectivement encadrées : sécurité sociale, droit à l’emploi régi par des lois, droit à des prestations sociales, droit d’être représenté par des syndicats. Ainsi, le travail concrétise l’appartenance sociale à cette communauté, permettant à cette dernière de fonctionner politiquement.

En conséquence, il existe une différence fondamentale entre la logique du revenu garanti et celle du travail. Avec la première, on reçoit parce qu’on est membre d’une collectivité, créant l’illusion d’un lien automatique et direct entre l’individu et la société. Avec la seconde, on reçoit grâce à sa contribution, ce qui crée un lien indirect entre l’individu et la société, mais beaucoup plus concret et surtout beaucoup plus fort.

En somme, on ne peut pas dissocier un programme de revenu annuel garanti d’une politique de plein emploi, car sans cette dernière, ce programme risque d’appauvrir la société.

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29 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 2 juillet 2016 03 h 33

    Ce qui démontre clairement...

    "Avec la seconde, on reçoit grâce à sa contribution, ce qui crée un lien indirect entre l’individu et la société, mais beaucoup plus concret et surtout beaucoup plus fort." est-il écrit ici.
    Ce qui démontre clairement la nécessité absolue, en cas de refus politique d'accéder à ce revenu minimum garanti pour tout le monde, de donner largement à vivre aux individus qui, pour des raisons diverses, ne peuvent pas contribuer pleinement à la richesse économique du groupe national.
    De leur donner les moyens de vivre convenablement, et pas de le faire de manière précaire, et de se soigner comme n'importe qui a des moyens financiers.
    Donc, à l'inverse exact de ce que fait au quotidien le gouvernement actuel du Québec et qui, de manière coupable, pour casser définitivement ce qu'est le Québec et ce que sont véritablement les Québécois dans leur ensemble et faire ainsi plaisir au Canada et à nombre de Canadiens, ne cesse de couper dans les budgets et structures de solidatité avec les individus plus en difficultés de notre société.
    Je le dis ici parce que je m'attends maintenant aux pires arguments de l'équipée Couillard au sujet du revenu garantie : quand on choisi de ne pas adopter cette formule de solidarité qu'est l'allocation universelle, il y a des conséquences directes à côté desquelles il est carrément indécent de passer.
    Chose qui malheureusement, dans cet article, est entièrement tenue sous silence par ses deux auteurs...

    Merci de votre lecture.

  • Christian Montmarquette - Abonné 2 juillet 2016 06 h 39

    Des emmerdeurs


    Ces deux emmerdeurs viennent nous dire qu'il faudrait se concentrer sur " le plein emploi" alors que que la norme en plein emploi est de 5% de chômage et que quoiqu'on fasse il existe aussi un autre 5% de la population ici comme partout dans le monde qui, pour toutes sortes de raisons, qu'elles soient sociales, éducationnelles, émotionnelles ou simplement humaines, ne sont pas en mesure de travailler. Ce qui nous laisse donc un 10% de la population dans une insécurité telle, qu'on pourrait dire qu'elle s'attaque aux droits humains et au droit à la vie.

    Je ne sais pas qui sont ces Louis-Philippe Rochon et Guillaume Vallet. Mais du haut de leurs tires ronflants et de leurs tours d'ivoire professorales, on voit bien qu'ils ne connaissent rien du problème vu à partir du terrain, alors qu'il y a 1,6 millions de demandes dans les banques alimentaires par mois et que la pauvreté engendre plus de 17 milliards de dépenses en santé par année au Québec.

    Christian Montmarquette

    • Jacques Patenaude - Abonné 2 juillet 2016 12 h 05

      Je ne sais pas si les auteurs vivent dans des tours d'ivoire. Mais je sais cependant que ce qu'ils écrivent est essentiellement ce qui est appliqué dans les pays scandinaves. En général lorsqu'on cite des exemples de mesures progressistes on va les chercher dans ces pays. La politique de plein emploi est la base de leur système socio-économique.

      j'appui en particulier leur conclusion. Un revenu garanti sans politique de plein emploi ne ferait qu'appauvrir les gens. Même Québec Solidaire propose une telle politique.

      Voici un extrait du programme de Québec solidaire tel qu'on peut le lire sur leur site WEB

      "Revenu minimum garanti
      À travers la politique de plein emploi proposée par Québec solidaire, un revenu minimum sera
      assuré pour le plus grand nombre.
      Pour toute personne sans emploi, ou à revenu insuffisant, l’État
      assurera un revenu minimum garanti et inconditionnel versé sur une base individuelle à partir de 18 ans.
      Ce revenu pourrait être complémentaire à un revenu de travail ou à un autre soutien du revenu
      lorsque celui-ci est inférieur au seuil établi."

      Comme on le voit ce revenu minimum garanti ne serait qu'un complément à la politique de plein emploi et ne serait disponible qu'à ceux de 18 ans et plus sans emploi ou à revenu insuffisant. Ça ressemble beaucoup, à ce qu'était à l'origine la sécurité du revenu avant qu'on fasse une distinction entre les "aptes" et les "inaptes".
      QS prévoit que ce revenu serait de 12 000$ environ. On peut en convenir ce ne serait pas en mesure d'assurer une sortie de la pauvreté.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 juillet 2016 16 h 33

      À Jacques Patenaude,

      Personne n'est contre le plein emploi.

      C'est juste que je commence à avoir la mèche courte quand on parle de filet social et de lutte à la pauvreté et qu'on nous serve encore la recette du plein emploi. Alors que justement, le revenu minimum garanti est revendiqué parce qu'autant l'État que les entreprises ne parviennent pas à instaurer le plein emploi.

      Et on le constate encore ici même au Québec avec les promesses ratées des libéraux, qui, non seulement ne parviennent pas au plein emploi, mais continuent de nous faire croire qu'il faut remettre les BS au travail pour qu'ils aient le droit d'encaisser leur chèque avec la loi 70, alors que les jobs ne sont toujours pas au rendez-vous et que le taux de chômage est toujours de 7%.

    • Jacques Patenaude - Abonné 2 juillet 2016 16 h 52

      De mon côté je constate que votre propre parti propose une politique de plein emploi qui est beaucoup plus que de laisser l'État et les entreprises créer de l'emploi au hasard du marché.
      Le revenu minimum garanti n'en est que le complément.

    • Jean-François Trottier - Abonné 3 juillet 2016 06 h 17

      M. Montmarquette,

      veuillez je vous prie considérer que ce revenu minimum garanti dont parlent les gouvernements est avant tout une façon d'assurer la consommation. On est loin de la recherche de vie saine.

      Il est bon de remettre en question les ponces de la droiture politique quand ceux-ci cessent de s'interroger eux-mêmes.

      Le pire est que je ne sais pas du tout comment pallier à ce déséquilibre abyssal auquel nous assistons, tant que notre vote sera aussi inutile qu'aujourd'hui. Il est impensable de croire modifier quoi que ce soit dans ce monde où l'État n'est plus qu'un pantin démuni devant les forces économiques qui nous secouent.

      Le RMG est tout au plus une pilule dorée, ça je le sais. L'emploi, un leurre selon ce que je vois. Par contre la volonté de redistribution des auteurs, elle, reste. Faut conserver en tête leur bonne foi et garder le débat ouvert.

      Les solutions faciles ne sont pas à l'ordre du jour, le blocage en faveur de ceci ou celà, non plus.
      Le doute est et restera une des rares valeurs saines.

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 juillet 2016 13 h 12

      À Jean-François Trottier,

      " Il est impensable de croire modifier quoi que ce soit dans ce monde où l'État n'est plus qu'un pantin démuni devant les forces économiques qui nous secouent." - Jean-François Trottier

      Il faudrait peut-être commencer par cesser de voter pour les mêmes foutus de partis corrompus qui ont frauduleusement copiné avec les corporations avec le financement sectoriel et le système de prête-noms à coups de millions; c'est à dire, le PQ et le PLQ; et voter pour des gens qui combattent le néolibéralisme et l'affairisme en politique, c'est à dire Québec Solidaire.

      On me dira que tous les partis finissent par se corrompre au pouvoir, mais si nous avions ne serait-ce que deux mandats de gouvernements solidaire avant qu'une supposée corruption s'installe en système, ce serait déjà ça de pris, non? D'autant plus que QS propose d'installer une nouvelle constitution pour améliorer les règles et les sanctions en politique.

      Que diriez-vous par exemple, d'un système où les partis politiques ne pourraient pas faire plus que 4 mandats de gouvernements avant d'être dissous par le DGEQ?

      Christian Montmarquette

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 2 juillet 2016 07 h 41

    Liens

    Le lien entre l'individu et la société par le travail et sa rémunération ne fonctionne pas aujourd'hui et ne fonctionnera pas demain, pas pour tous. Le lien entre la richesse et la pauvreté ne changera pas parce que les chiffres montent. En 1960 je gagnais $1.75 de l'heure, j'achetais tous ce dont j'avais besoin et il ne restait rien. Quand j'ai arrêté 45 ans plus tard, je gagnais 25 fois plus, j'achetais tous ce dont j'avais besoin et il ne restait toujours rien. Maintenant que je suis à ma retraite, que mon revenu est coupé en deux, j'achète toujours ce dont j'ai besoin et il ne reste toujours rien. Conclusion ? Si vous montez les revenus, les prix s’adapteront.

    Ah ! Pour les «revenus garantis par l'État»... en 1960, ceux qui en recevaient ne recevaient pas ce qu'ils reçoivent aujourd'hui. Devinez la suite.

    Hier une livre de beurre à 40 cennes, aujourd'hui $4, demains ??? Mais elle ne pèse toujours qu'une livre. Faites le lien.

    Bonne journée.

    PL

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 juillet 2016 10 h 12

      À Pierre Lefebvre,

      " Pour les «revenus garantis par l'État», en 1960, ceux qui en recevaient ne recevaient pas ce qu'ils reçoivent aujourd'hui. Devinez la suite. Hier une livre de beurre à 40 cennes, aujourd'hui $4, demains ??? Mais elle ne pèse toujours qu'une livre. Faites le lien."-PL

      Il y a une sacrée différence en "rester rien" de votre revenu, et être en dessous de 100% du minimum vital pour survivre.

      Et toutes vos belles théories se fracasseront et voleront en éclats sur le mur des 17 milliards par année de coûts de santé que la pauvreté engendre au Québec.

      Une pauvreté telle qu'on pourrait facilement appeller ça de la violence économique et un crime contre l'humanité pour refus d'assistance aux personnes en détresse.

      Et question de coût de livre de beurre et de cout de la vie..

      Si l'aide sociale avait été indexée au même taux que les autres programmes de transferts, ce n'est pas 630$ par mois, mais 1,300$ par mois auquel les personnes seules auraient droit à l'aide sociale.

      Pas de quoi se faire un prophète de calamités et faire grimper la livre de beurre à 20$ le kilo. Au contraire, de quoi stimuler les petites économies locales au lieu d'envoyer des tonnes de fric gelé dans les "paradis fiasco".

      Il existe malheureusement de cette sorte de gens qui se font taper sur la tête et qui en redemandent. Allez donc savoir pourquoi? Un vieux fond d'austérité et d'auto-flagellation judéo-chrétienne peut-être?

      .

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 2 juillet 2016 16 h 08

      «Un vieux fond d'austérité et d'auto-flagellation judéo-chrétienne peut-être ?» Devant la nouvelle vieille révolte de Spartacus.
      Y a vraiment, mais vraiment rien de neuf sous le soleil.
      Et nous regardons la situation de façon différentes, j'en conviens.

      À la prochaine.

      PL

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 juillet 2016 16 h 21

      La livre de beurre comme référence économique..

      - Quelle grande nouveauté!

      Et surtout..

      - Quelle grande précision économique..

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 2 juillet 2016 19 h 41

      « Quelle grande précision économique..»
      Sauf que... contrairement à une Cadillac, du beurre, tout le monde en achète, sauf ceux qui mange de la margarine, ce qui ne les met pas en meilleur situation. il vaut bien les calculs savants quand tu manges ton pain sec.

  • Jean-François Trottier - Abonné 2 juillet 2016 08 h 10

    Des solutions boîteuses

    En fait je ne réussis pas à cerner les tenants et aboutissements du RMG. Je ne suis pas économiste.

    Par contre, la création d'emplois comme solution, elle, est un os difficile à avaler pour quiconque suit l'évolution du travail, surtout celui de la manufacturation et probablement des matières premières à moyen terme.

    L'avènement de l'impression 3D va certainement modifier en profondeur l'industrie de seconde transformation, i.e. celle qui prend la matière brute et la forme avant de la remettre à l'industrie d'assemblage. Une imprimante, 20 jobs de moins.
    Les immenses avancées dans le domaine de la robotisation vont réduire le personnel des usines au strict minimum. Nous ne sommes pas loin de l'usine occupée uniquement par deux ingénieurs, quatre techniciens pour réparer les machines, trois programmeurs et deux agents de sécurité.
    On ne réduira pas les usines existantes. On va simplement rapatrier la transformation en Occident, près du client, puisque le cheap labor des pays émergents devient inutile. Beaucoup de construction, beaucoup d'investissements, beacuoup de profits... et puis plus rien.
    Quatre jobs, un beau site propre, des milliers de chômeurs laissés pour compte.
    Exit les syndicats, qui ne représentent malheureusement... que des humains.
    Exit le monde émergent, itou.

    Depuis longtemps la maladie de notre monde éconnomique est la surproduction. Quand l'industrie des armes n'a plus été leur premier moteur, les USA ont inventé la société de consommation et son compère, l'obsolescence. Le crédit a joué un rôle capital pour attacher l'individu à ce mode de vie.
    Puis, selon une logique détestable, on a vidé l'État de son rôle de régulateur économique pour créer un "spin" financier qui a mené à la mondialisation. Pas de frontière veut dire, aucune loi qui limite le profit.

    Maintenant le consommateur n'a plus de job, d'où ce RMG. Et on parle de création d'emploi?
    D'accord. Mais comment et pourquoi ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 juillet 2016 10 h 27

      Qu'on cesse donc de nous casser les pieds.

      En Allemagne 60% des gens ne vivent pas de revenus d'emplois, mais de revenus de transferts. Il faudrait peut-être commencer à en sortir de cette vielle culpabilité judéo-chrétienne de la paresse.

      Le but du capitalisme n'est pas la création d'emplois, mais la maximisation des profits dans un minimum de temps. Il faudra donc trouver un autre moyen que l'emploi pour redistribuer la richesse. Sans quoi, ce sera la famine qui nous guettera à termes.

    • Jean-François Trottier - Abonné 3 juillet 2016 06 h 23

      Maximisation du profit... C'est précisément ce que je dis, monsieur.

      Et ça me désespère un peu, beaucoup.

      Il faut aussi tenir compte du fait qu'un individu vivant de revenus de transfert est nécessairement exclus du cycle de pouvoir. Un bon représentant du Meilleur des mondes, de Huxley.

      Vous pouvez dire qu'il y a "cassage de pieds" mais en réalité j'ai l'impression que vos propres pieds sont fatigués et que vous avez décidé d'arrêter d'avancer.
      C'est entendu, une montre arrêtée a raison deux fois par jour.

      Les belles assurances, tout autant.

  • Bernard Terreault - Abonné 2 juillet 2016 08 h 16

    La dignité par le travail

    Bel objectif. L'obstacle : la plupart des sans emplois font aujourd"hui partie de deux groupes marginaux. D'une part des immigrants victimes de discrimination ou ne maîtrisant pas encore la langue pour travailler efficacement. D'autre part des personnes dépressives, ou droguées, ou maladives, ou autrement handicapées. On ne parle plus de chômage massif quand des millions de gens paraitement valides se retrouvaient sur le carreau.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 juillet 2016 12 h 14

      Qu'on cesse donc de nous faire suer avec "la dignité du travail".

      Tout le monde doit travailler pour survivre; alors que tous n'ont pas nécessairement d'emploi.

      La dignité ne devrait pas s'aquérir avec l'emploi ou avec l'argent, comme un droit fondamental dès la naissance et comme le dit d'ailleurs la Déclaration universelle des droit de l'homme:

      Article premier:

      " Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité."

      http://www.un.org/fr/universal-declaration-human-r

      .