Vélo et auto à Québec: une relation qui s’améliore

L’opposition entre cyclistes et automobilistes, encore trop souvent entretenue de part et d’autre, tient de moins en moins la route.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’opposition entre cyclistes et automobilistes, encore trop souvent entretenue de part et d’autre, tient de moins en moins la route.

Dans une entrevue à la radio récemment, Mme Suzanne Lareau, p.-d.g. de Vélo Québec, commentait les modifications faites au Code de la sécurité routière pour mieux protéger les cyclistes, soit la distance à respecter pour le dépassement et les amendes plus sévères pour emportiérage. Elle mentionnait que ces mesures seraient appréciées à Québec où, selon les commentaires reçus par son organisme, les relations entre cyclistes et automobilistes seraient tendues, tensions entretenues notamment par les radios d’opinion.

Il semble en effet que ces radios ont une certaine influence et qu’elles sont relayées par une minorité de personnes qui s’insurgent contre tout ce qui n’est pas l’auto individuelle. Cependant, même si du travail reste à faire à Québec pour modifier cette dynamique, je trouve important de témoigner de l’évolution des comportements et des attitudes dans les dernières années.

Je fais du vélo utilitaire depuis plus de quarante ans, d’abord dans la région de Montréal, et à Québec depuis le début des années 1990. Je roule à vélo depuis de nombreuses années, huit mois par an, pour me rendre au travail.

Si je suis à l’occasion exposée à des manoeuvres risquées ou la cible d’attitudes agressives de la part d’automobilistes, j’observe une augmentation significative des gestes courtois à mon égard ces dernières années. Je le constate en particulier aux intersections à quatre arrêts où, après un contact visuel, les conducteurs sont de plus en plus nombreux à me faire signe de passer alors même qu’ils auraient la priorité.

J’explique cette évolution par l’augmentation de la pratique du vélo à Québec comme ailleurs. Au volant de leur voiture, les cyclistes occasionnels ou réguliers sont plus attentifs envers ceux et celles qui circulent sur deux roues. Dans le même sens, quand je prends mon vélo, je conduis en tenant compte des autres personnes qui utilisent la voie, moi qui suis aussi piétonne, cliente du bus et automobiliste selon les déplacements à faire, mon humeur et les saisons.

Développer la ville de manière à favoriser les déplacements par une diversité de modes de transport en donnant plus de place aux transports actifs semble donc une voie prometteuse pour faire évoluer les mentalités et les comportements. L’opposition entre cyclistes et automobilistes, encore trop souvent entretenue de part et d’autre, tient de moins en moins la route alors que la proportion de « multimodaux » comme moi augmente.

Je profite donc de ce billet pour remercier toutes ces personnes qui, au volant de leur voiture, font preuve de courtoisie à l’égard des piétons et des cyclistes. Il suffit de peu pour faire du déplacement des uns et des autres une expérience agréable et empreinte de civilité.

2 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 24 mai 2016 11 h 10

    Les radios d'opinion ?

    Les radio d'opinion ? On devrait dire les radios tout court.

    À Montréal, la radio d'état fédérale se met visiblement au service de son auditoire, les gens assis dans leur voiture. Et comme on n'écoute jamais la première chaîne à vélo ou dans le métro, les cyclistes et les usagers du transport en commun ne font pas partie de l'auditoire à conquérir ou a conserver.

    À la radio fédérale du matin ou de la fin de l'après-midi, on va faire tout un plat parce que trois petits cônes orange imposent un bref changement de trajectoire à l'automobiliste, mais jamais on ne va parler du stationnement illégal (et abondant) sur les voies cyclables, jamais on ne va parler des entrepreneurs qui décident eux-mêmes de bloquer le passage aux piétons et aux cyclistes, créant des zones à risque élevé pour ces derniers.

    Non, les piétons et les cyclistes n'écoutent pas la radio fédérale en marchant ou en roulant. Ils paient quand même taxes et impôts pour la faire vivre, mais n'ont pas droit au même niveau de service, ni au même niveau de considération.

    Finalement, certaines radios qu'on croyait plus nuancées, finissent par rejoindre les radios poubelles en mettant l'automobiliste au centre du monde et en s'élevant sans nuances contre tout ce qui peut les ralentir, et c'est vrai que parfois, pour assurer le partage équitable de la route, certains doivent ralentir un peu, pendant quelques secondes.

  • Luc Deneault - Abonné 24 mai 2016 19 h 34

    ce qui a changé depuis 40 ans..

    Signe des temps qui changent les choses et pas forcément pour le mieux, il y a 40 ans Madame Brais se serait probablement dite "usagère du transport en commun". La novlangue managériale qui sévit et balaie toute notion de service public réussit à nous transmettre cette posture de clients de services qui sont pourtant collectifs (jusqu'à nouvel ordre!..)