Offrir enfin aux Québécois ce dont ils ont besoin

Il y a beaucoup trop de douleur non soulagée et de patients qui meurent dans les corridors de nos urgences.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Il y a beaucoup trop de douleur non soulagée et de patients qui meurent dans les corridors de nos urgences.

Le plan de développement 2015-2020, soins palliatifs et de fin de vie, dévoilé le lundi 16 novembre par le gouvernement et son ministre de la Santé, le Dr Gaétan Barrette, vise à permettre à tous les Québécois qui en ont besoin l’accès à des soins palliatifs de qualité. C’est pour le Réseau de soins palliatifs du Québec (RSPQ) et la Société canadienne du cancer (SCC) l’occasion de parler d’une même voix. Ensemble, nous saluons le dépôt de ce plan et sommes prêts à apporter notre contribution pour que cette vision se concrétise.

Plus de 60 000 Québécois décèdent chaque année et le cancer en est la première cause. La majorité d’entre eux pourraient bénéficier de soins palliatifs, mais ils se heurtent à plusieurs barrières : trop peu de soins palliatifs à domicile, attente et référence tardive, accès à l’équipe en soins palliatifs quelques jours voire quelques heures avant le décès et manque d’information. Résultats : beaucoup trop de douleur non soulagée et des patients qui meurent dans les corridors de nos urgences.

Nous devons tout faire pour que ça change et c’est ce que vise le plan présenté par le gouvernement, qui suscite beaucoup d’espoir. Ses 9 priorités et 50 mesures cherchent à assurer un accès équitable à ces soins en bonifiant, entre autres, le nombre de lits disponibles, la proportion de décès à la maison, et le répit aux familles d’un proche en fin de vie à domicile. La formation des intervenants n’est pas en reste et on prévoit une campagne d’information à la population.

Les soins palliatifs visent à maintenir la qualité de vie. Ils accompagnent la personne malade pour soulager ses symptômes et la soutenir sur tous les plans, elle et ses proches. D’abord développés pour les patients atteints de cancer, ils sont bénéfiques pour tous. Les intervenants et bénévoles en soins palliatifs apportent expertise et réconfort à domicile, dans les maisons de soins palliatifs, en CHSLD, ou à l’hôpital. Ils sont réunis au sein du RSPQ, qui travaille de façon soutenue à diffuser l’approche palliative et à améliorer l’accès à ces soins dans toutes les régions du Québec.

De son côté, depuis déjà trois ans, la SCC mobilise sa communauté. Elle a rencontré des experts terrain, sensibilisé les élus et travaillé avec les associations en santé, sans oublier de consulter la population : des dizaines de milliers de citoyens ont réclamé plus de soins palliatifs, pour tous, partout et plus tôt dans le parcours de la maladie. Nous avons transmis ce message au Dr Gaétan Barrette et sommes satisfaits que les signataires reçoivent une réponse concrète.

Souvenons-nous : en 2004, Québec a adopté une politique en soins palliatifs de fin de vie fort pertinente dont l’application n’a jamais atteint la vitesse de croisière souhaitée. En ce moment, les multiples changements dans le réseau de la santé requièrent beaucoup d’énergie, ce qui pourrait modérer l’élan insufflé aux soins palliatifs. Le plan que le gouvernement vient de dévoiler est le fruit d’un vaste chantier et il est clair que les préoccupations de la population et du milieu ont été entendues. Offrir des soins palliatifs à tous les Québécois, au moment opportun et dans le lieu de leur choix demeure un défi majeur : nos deux organismes continueront de travailler de concert et répondront « présents » pour contribuer à le relever.

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4 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 24 novembre 2015 03 h 01

    Ce dont les Québécois ont besoin...

    Ce dont les Québécois ont besoin n'est pas des mesures partielles au coup par coup.
    Ce dont les Québécois ont besoin, c'est un véritable projet de société républicain (dans le sens prremier du mot, bien entendu).
    Quand donc le réveil de nos politiciens là-dessus, pour qu'on puisse enfin tous avancer dans le bon sens ?

    Merci de m'avoir lu.

  • Yvon Bureau - Abonné 24 novembre 2015 10 h 27

    Le Québec offre beaucoup

    En juin 2014, le Québec s'est offert La loi concernant les soins de fin de vie, mise en application le 10 décembre prochain (pas une loi concernant les soins palliatifs). Cette Loi inclue les soins palliatifs et les dépassent de beaucoup. À raison.

    Le Québec offre aux Québécois ce dont ils ont besoin : des soins de fin de vie personnalisés et appropriés. Incluant en plus des soins palliatifs traditionnels, la sédation palliative continue (je préfère «l'anesthésie terminale», terme facilement compris par tous, ne cachant rien disant tout) et l'aide médicale à mourir.

    Autre point. «Les soins palliatifs visent à maintenir la qualité de vie.» Les soins de fin de vie appropriés et personnalisés visent à maintenir et à bonifier la qualité de la vie de chaque personne en fin de vie et à la fin de sa vie. Bref, la personne vivante digne et libre en fin de vie avant la vie. Cela me rappelle une affiche en SP «Respecter la vie jusqu'au bout»; les soins de fin de vie appropriés afficheraient plutôt «Respecter chaque personne vivante éclairée et libre jusqu'à sa fin».

    Les Réseaux québécois et canadien des soins palliatifs semblent encore trop ignorer que deux grands tsunamis ont soufflé avec VIEgueur : La Loi québécoise concernant les soins de fin de vie (juin 2014) et le Jugement unanime et massif de la Cour suprême du Canada du 6 février 2015. Lors de leurs derniers congrès, trop peu de place fut donnée à ces deux grands vents innovateurs. Les médias n'ont pratiquement pas parlé de ces congrès. Curieux, non?

    Il est temps pour le Québec de mettre à jour sa Politique sur les soins palliatifs de fin de vie datant de 2004. Urgence même d'agir. Suggestion de titre : Politique sur la personne en fin de vie : approches et soins appropriés. Centration sur la personne en fin de vie, sa dignité, ses valeurs, sa conscience, son intégrité, sa liberté.

    Le RSPQ devrait se garder à une plus grande distance du réseau de la SCC-Q. Inclusivité oblige.

  • Yvon Bureau - Abonné 25 novembre 2015 10 h 24

    Confidence et invitation

    Lors de leurs derniers congrès québécois et canadien en 2015, aux organisateurs je me suis offert gratuitement, à mes frais, de participer aux panels en lien avec l'AMAM et Le Jugement de la CSC. Sans réponse, bien sûr.

    Les dirigeants des Réseaux choisissent, à tord selon moi, d'éviter les personnes expertes qui pensent autrement plutôt que de les inviter. Éviter, ne pas inviter, voila la source de fermeture.

    Fermeture et inclusivité ne font pas honneur aux Soins palliatifs et n'aident que peu les ouvriers du quotidien en milieu de SP.

    J'invite profondément les Réseaux à laisser parler les ouvriers du quotidien en SP; s'ils se sentent en sécurité de parler, vous sentirez vite et mieux leur ouverture et leur inclusivité, leur volonté de mieux respecter chaque personne en fin de vie, selon sa dignité et selon sa liberté ultime; source de plaisir et de joie professionnels.

    RSPQ et Canada, OSEZ l'ouverture et l'inclusivité. Cela a une odeur agréable de vie.

    • Yvon Bureau - Abonné 25 novembre 2015 11 h 56


      «Fermeture et inclusivité ne font pas honneur ...». Fermeture et exclusivité, non inclusivité.
      Mes excuses.