Oui à la lutte contre le tabagisme, mais sans excès

La Fédération estime que toute réglementation supplémentaire devrait prioritairement viser à modifier les comportements, notamment chez les jeunes.
Photo: Sasa Prudkov / iStock La Fédération estime que toute réglementation supplémentaire devrait prioritairement viser à modifier les comportements, notamment chez les jeunes.

Alors que le projet de loi 44 — loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme — revient dans l’actualité, la FCCQ tient à réitérer la nécessité de lutter contre la consommation de tabac tout en rappelant qu’il reste un produit légal rigoureusement encadré. Nous appuyons une réglementation stricte des produits du tabac, mais nous croyons qu’il ne faut pas recourir à des solutions dont l’influence sur les comportements n’est pas prouvée, comme l’oblitération complète des marques de commerce sur les emballages. Jusqu’à nouvel ordre, le tabac demeure un produit légal et les principes élémentaires de commerce, comme celui de savoir ce que l’on achète, devraient continuer de s’y appliquer.

Un sondage réalisé pour le compte de la FCCQ par la firme CROP au cours de l’été 2015 révèle que plus de 8 Québécois sur 10 estiment que le niveau actuel de la réglementation gouvernementale dans la vie courante est adéquat ou excessif. En matière de tabagisme, 86 % des répondants déclarent connaître les risques liés au tabac sur la santé. Que nous indiquent ces résultats ? Que le gouvernement doit faire preuve de discernement et éviter de dresser des barrières qui seraient contraires aux principes du commerce. Nous sommes fermement favorables à la lutte contre le tabagisme, mais on ne peut empêcher les entreprises de commercialiser un produit légal ni restreindre le droit du consommateur de connaître la marque et les caractéristiques d’un produit qu’il achète s’il décide de fumer, en toute connaissance de cause.

La Fédération estime que toute réglementation supplémentaire devrait prioritairement viser à modifier les comportements, notamment chez les jeunes, et non à mettre en place des mesures qui ne feront qu’encourager le commerce illicite du tabac. La surréglementation n’est jamais souhaitable. Le sondage CROP de l’été dernier révèle en outre qu’en matière de réglementation contre le tabagisme, le soutien populaire est complexe. Favorable aux mesures reliées à la prévention du tabagisme et à la protection des jeunes contre la fumée secondaire, la population croit que le niveau de contrôle du gouvernement est insuffisant en matière de tabac de contrebande. Le soutien du public est plus fragile lorsqu’il s’agit de hausser les taxes sur les produits du tabac. Si 65 % des répondants se prononcent pour une hausse éventuelle de taxes, cet appui chute à 47 % lorsqu’on les informe du niveau existant de taxation.

Comme la FCCQ l’a indiqué, notamment dans le cadre des travaux de la commission Godbout, nous sommes d’avis qu’il est nécessaire d’avoir une politique fiscale prévisible qui tient compte du fragile équilibre à maintenir si l’on veut éviter d’encourager le marché noir. En matière de lutte contre le tabac, la réglementation doit soutenir d’abord et avant tout la modification des comportements. Appliquer à un produit légal des interdictions et élever des embûches au commerce comme s’il s’agissait d’un produit illégal est non seulement contraire aux principes du commerce, mais s’avérera improductif sur le plan économique sans contribuer à la santé publique.


 
2 commentaires
  • Pierre Marcotte - Inscrit 4 novembre 2015 08 h 32

    Hypocrisie capitaliste

    La seule raison que ce poison est encore toléré dans nos sociétés modernes est la somme des taxes récoltées par le gouvernement sur sa vente au public. Personne ne songerait boire un litre de chlore, ou mordre dans une galette d'asphalte. Pourtant, fumer fait sensiblement la même chose, à plus long terme. Les coûts du tabagisme sur le système de santé sont bien supérieurs aux fonds récoltés par sa vente. Des gens meurent chaque jour ou tombent malade à cause de la fumée principale ou secondaire.
    Il est temps de prendre la seule vraie décision en rapport au tabac: interdire sa production.
    Si ce n'était qu'une question de choix personnel, ce serait tant pis. Mais non, le choix des uns vient piger dans les poches des autres et une société responsable commence par la saine gestion des finances publiques.

    • Denis Marseille - Inscrit 4 novembre 2015 14 h 51

      «Si ce n'était qu'une question de choix personnel, ce serait tant pis. Mais non, le choix des uns vient piger dans les poches des autres et une société responsable commence par la saine gestion des finances publiques.»

      Cette phrase me déplait à chaque fois que je la lis. J'aimerais mieux que le système universel des soins de santé ou ce qu'il en reste disparaisse plutôt que d'imposer à tous des choix moraux sous le couvert du «ça coûte cher à la société»

      Je suis un fumeur, un ex-fumeur et un refumeur. J'aime fumer et si je deviens malade, soyez assuré monsieur que je ne coûterai rien à la société car je ne me ferai pas soigner. Je ne fume pas en présence de non-fumeur.

      De la vie, je n'attends rien de spécial. Je n'ai pas demandé à naître, Je n'ai pas signer de contrat social, je ne dois rien à personne.

      Je suis un suicidaire qui n'est pas pressé. J'ai fait un choix et je l'assume. Ma vie sera surement plus courte que bien des gens et ça fait mon affaire.

      Rendre la cigarette illégale n'empêcherait pas les gens de fumer. Le crime organisé attends juste ça.