Niqab et islamophobie: une leçon de démagogie

La co-porte-parole de Québec solidaire Françoise David
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir La co-porte-parole de Québec solidaire Françoise David

Le débat sur l’interdiction du niqab lors de l’assermentation à la citoyenneté révèle une fois de plus que les Québécois sont opposés à la reconnaissance de la religion dans la sphère publique. Cette réaction s’explique par notre évolution historique. Cela ne reflète aucunement un état d’esprit intolérant et islamophobe qui serait répandu ici, comme semble le croire Françoise David.

Les Québécois d’hier vivaient jadis dans une société où l’Église détenait beaucoup de pouvoir. Le clergé contrôlait entre autres l’enseignement et les services sociaux, ce qui lui permettait d’exercer une grande influence morale sur la vie des gens. À titre d’exemple tiré de mon histoire familiale, ma grand-mère maternelle, qui avait sept filles et trois garçons, s’est vu refuser l’absolution par son curé après qu’elle eut admis ne plus vouloir d’enfants. Ce refus l’avait beaucoup perturbée.

Ce genre de situation explique pourquoi, depuis la Révolution tranquille, les Québécois ont voulu édifier une société où la religion se pratique dans la sphère privée, de façon à ce que le catholicisme ne soit plus en mesure d’imposer ses choix ou ses normes au plus grand nombre. Ce qui vaut pour la majorité vaut aussi pour les autres. Quand les Québécois s’opposent aux accommodements religieux, ils ne font qu’appliquer aux religions minoritaires les normes qu’ils s’imposent à eux-mêmes. Cela n’a rien d’intolérant. Cette approche relève plutôt d’une logique inclusive et égalitariste. Dans la mesure où aucune confession ne s’impose dans la sphère publique, cela place tout le monde sur le même pied.

Les Québécois semblent aussi en avoir assez que ces questions soient décidées par les tribunaux. Dans le cas du niqab, jusqu’à présent, les juges se sont contentés de statuer que le gouvernement fédéral n’a pas le droit, en vertu des règles régissant l’immigration, de bannir ce vêtement lors des cérémonies d’assermentation. Il n’a pas encore été question de liberté de religion à proprement parler. Les conservateurs ont toutefois promis de revenir avec une loi s’ils sont réélus. Dans un tel cas, les opposants prétendront que cette législation constitue une violation de leur liberté religieuse. Ils se tourneront vers la Charte et les tribunaux.

En réalité, cette affaire ne pose pas tant la question de la liberté de religion. Quelqu’un pense-t-il sérieusement que les libertés religieuses sont réellement bafouées au Canada ? Il s’agit plutôt de savoir qui décide de ce qui est raisonnable. Les droits et libertés ne sont pas illimités, sinon la société sombrerait dans l’anarchie. On ne peut, par exemple, crier au feu à la blague dans un cinéma et ensuite invoquer sa liberté d’expression pour se justifier. Les droits s’arrêtent quelque part.

Les partisans des accommodements religieux ont une confiance aveugle en la capacité des tribunaux de décider où tracer la ligne. Les parlementaires n’auraient ni la capacité ni la légitimité pour agir. Telle est la position de Thomas Mulcair et de Justin Trudeau. On sent toutefois que la population souhaite que les parlementaires se mêlent de la question de la place de la religion dans notre société. Il s’agit d’un enjeu important et la Constitution, entre autres, donne des outils aux élus.

Cela n’a pas empêché les politiciens et commentateurs bien-pensants d’accuser les conservateurs (et les bloquistes qui ont une position similaire) de jouer le jeu de la division et de la démagogie. La preuve serait d’ailleurs venue le 30 septembre dernier, quand deux jeunes auraient tiré sur le voile d’une musulmane, amenant celle-ci à tomber. Il n’en fallait pas davantage pour que Québec solidaire saute à la seule conclusion possible : nous faisons face à un grave problème d’islamophobie. Aux grands maux les grands remèdes, voilà que QS présente une motion dénonçant cette dangereuse dérive, comme si le possible crime de deux idiots reflétait une tendance lourde dans la population.

Adoptée unanimement, cette motion a été couronnée de succès. On comprend mal d’ailleurs que le PQ et la CAQ, deux partis nationalistes, ne se soient pas opposés à une motion qui, sous un vernis de lutte contre l’intolérance, renforce l’idée que nous constituons un peuple xénophobe. Mais Françoise David sait jouer sur la corde sensible des Québécois. À force de se faire accuser de brimer le droit des minorités quand ils appuient une mesure à caractère identitaire, plusieurs de nos compatriotes finissent par faire acte de contrition. Invoquant un possible crime haineux contre une musulmane alors qu’il n’y a encore ni arrestation ni accusation et encore moins de condamnation, la porte-parole de QS a réussi à susciter un sentiment de culpabilité.

Quand il s’agit de démagogie, Françoise David est bien placée pour donner des leçons. Dans un cas qui fera école, elle vient de nous démontrer de façon magistrale comment un politicien peut jouer de ce registre comme un virtuose tout en se présentant comme un preux défenseur de la vertu.

57 commentaires
  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 9 octobre 2015 01 h 22

    Je n'ai vu personne au Québec s'inquieter de l'Age d'or..

    Je suis navrée, M. Bastien, mais votre explication de la réaction exagérée des québécois à la question du niqab ne tient pas la route.

    Les églises sont encore pleines chaque dimanche, d'aieuls très pieux et très croyants qui se réunissent pour entendre des conneries récitées par un prêtre phallocrate et prier ensemble.

    Avez-vous entendu un seul québécois protester de ça? Nonobstant notre passé entaché de religion? Jamais!

    Ceux qui l'ont vraiment vécu, le contrôle de l'Église, sont les seuls a encore la fréquenter aujourd'hui! Et tout le monde en est totalement indifférent. La preuve, le crucifix de Duplessis a l'assemblée. Il est toujours la! Et la promesse de le retirer ne changerait pas le vote d'un parti anti Harper au parti d'Harper en un battement de cil...

    Mais une mosquée ouvre à Shawinigan, wou, il y a 60 réactions ( négatives) à l'article.

    Harper ne fait rien pour une multitude d'autochtones assassinées sauvagement le long d'une route canadienne, je suis la seule a dire un mot, l'imam Chaoui a droit à un local pour propager ses idées très singulières sur l'islam, 120 réactions plus indignées les unes que les autres. et nous sommes parmi la Fine Fleur de la Sophistication de la province, pas sur la ligne ouverte de Denis Lévesque. Et depuis la charte des valeurs, c'est comme ça, ca n'arrête pas...

    Et je ne connais pas vos amis, mais les témoignages que j'ai personnellement recueillis sur le terrain étaient en grande proportion haineux et assurant, même s'ils n'en avaient connu aucun, "que les musulmans sont une bande de tous croches qu'il faut empêcher d'entrer au pays". Ici, on se croirait au temps des croisades...

    Personnellement, je trouve cela un peu "islamophobe".

    Moi je dis Chapeau a madame David et bravo à l'assemblée: prendre conscience de son cas est un pas vers la liberté!...

    • Yves Côté - Abonné 9 octobre 2015 08 h 59

      Madame Bouchard, êtes-vous sérieuse lorsque vous écrivez à propos des femmes autochtones disparues et sans aucun doute assassinées : je suis la seule a dire un mot ?
      Dans ce cas, je dois lire ce qu'écrivent là-dessus un certain nombre d'extra-terrestres, parce qu'il me semble que vous n'êtes pas la seule personne à prendre la parole sur ce sujet pour en dénoncer l'abominable de la chose...

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 9 octobre 2015 09 h 29

      Mais sur quelle planète vivez-vous, madame Bouchard?

    • Steve Dubois - Abonné 9 octobre 2015 10 h 58

      vous passez à côté de l'essentiel du texte de M. Bastien. Il a le mérite de souligner, avec raison je crois, que l'enjeu ici n'est pas la liberté religieuse, mais plutôt "de savoir qui décide de ce qui est raisonnable. Les droits et libertés ne sont pas illimités (...) On ne peut, par exemple, crier au feu à la blague dans un cinéma et ensuite invoquer sa liberté d’expression pour se justifier. Les droits s’arrêtent quelque part." Devons-nous donc laisser les intégristes décider de ce qui est raisonnable? Car c'est de cela dont il s'agit. Qui d'autre que des intégristes pronent le port du niqab? On n'a pas affaire ici à des musulmans modérés.

    • Hélène Paulette - Abonnée 9 octobre 2015 11 h 48

      "Avez-vous entendu un seul québécois protester de ça? Nonobstant notre passé entaché de religion? Jamais!" Je suis perplexe madame Bouchard... Vous oubliez le Mouvement Laïc (entre autres) qui a été à la base de la déconfessionalisation des Commisions Scolaires, initiée par Pauline Marois, ce qui a déchaîné sa détestation parmi les ouailles de Mgr Ouellette. Ne trouvez-vous pas paradoxal que ce soit justement ces intégristes de la foi catholique qui soient en première ligne de ce que vous nommez l'islamophobie?

    • Nicole Vermette - Abonnée 9 octobre 2015 12 h 01

      Personne ne s'oppose au fait que les gens exercent une religion ou une autre, qu'ils aient des églises, des synagogues ou des mosquées. Mais on s'oppose à l'occupation illégale d'un lieu de culte. À Shawinigan, la mosquée voulait occuper un espace qui ne permettait pas un lieu de culte. C'est à l'occupation illégale que les gens s'opposaient.
      L'arrondissement Ahuntsic-Cartierville a refusé l'occupation illégale de 3 églises chrétiennes, question de zonage. Et ceci entériné par la cour supérieure du Québec. Mais le même arrondissement accepte l'occupation illégale d'une mosquée. Et c'est là que le bat blesse! La loi devrait être la même pour tous.

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 9 octobre 2015 15 h 54

      M. Côté, je parlais de l'article paru il y a environ une semaine. Il n'y a eu qu'une seule réaction ou je me demandais justement si je débarquais d'un ovni pour être chamboulée par cette histoire tellement personne ne commente jamais les articles sur ce sujet. Vous me faites passer pour une menteuse, allez vérifier, ils sont tous archivés et les deux fois où j'en ai vus, je fus la seule à réagir...c'est un fait!

      M. Paulette, personne ne lutte contre la messe du dimanche, quand même... C'est pas parce que vous avez trouvé une gang de militants qui vouent leur vie au laïcisme que vous me convaincrez que c'est l'opinion ambiant. Et beaucoup d'athées sont au moins aussi " islamophobes" que les intégristes religieux. Allez vous promener en région et parlez de la culture arabe avec les gens du peuple un peu...

      Mme Vermette, les avez vous lus les commentaires ce jour-là? Moi oui. Et je me souviens. Ce n'était pas du tout une question d'illégalité. Vous tronquez la vérité et vous vous mettez la tête dans le sable. Et de toute manière, la mafia montréalaise ne fait " réagir" personne et pourtant elle n'est pas très très légale. La légalité franchement, le monde choisit quand ça leur tient le plus à cœur...

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 9 octobre 2015 16 h 01

      M.Dubois allez lire l'article sur la Femme au niqab dans la section politique Canada et revenez me dire que cette fille la est une " redoutable intégriste". De toute façon, ça ne change rien à ce que je dis, en ce moment, il plane de l'animosité envers l'islam au Québec, c'est évident partout. Il n'est pas question de dire si nous avons raison ou non d'être si dérangés mais juste au moins d'admettre que nous le sommes, ce qui est comme je l'ai déjà dit, un grand pas vers la liberté!

    • Diane Gélinas - Inscrite 9 octobre 2015 16 h 39

      Madame Bouchard, alors là ! Vous me jetez par terre !

      Françoise David vient de manipuler l’Assemblée Nationale en déposant sa motion condamnant l’islamophobie. C'est l'exemple parfait de la
      démagogie à l'état pur : Madame plaçait les députés devant une situation où, qu’ils votent pour ou contre, cela les déshonorerait :
      voter contre équivalait à une attitude raciste et voter pour, à une prétention illogique.

      En effet, le mot phobie signifie peur, et non haine. Aucune résolution, d'aucun parlement, ne réussira à diminuer la crainte légitime des gens face à ces islamistes extrémistes, allergiques à la démocratie.

      Après cette intervention, la population réalisera bien vite que Québec Solidaire, avec un tel agenda idéologique, n'a pas un gros avenir au Québec. Lisez donc Christian Rioux ce matin : ça aide à mettre les choses en perspective.

    • Hélène Paulette - Abonnée 9 octobre 2015 22 h 45

      Madame Bouchard, j'habite en région ... Et le MLQ existe depuis 1976 et ce n'est certainement pas une gang de perdus. Les athées ne sont pas islamophobes ils s'opposent simplement à la préséance de la religion... Vous me lisez mal et en passant c'est madame Paulette...

    • Yves Côté - Abonné 10 octobre 2015 10 h 42

      Madame Bouchard, loin de moi l'intention de vous faire passer pour X ou Y.
      Vous avez écrit "Harper ne fait rien pour une multitude d'autochtones assassinées sauvagement le long d'une route canadienne, je suis la seule a dire un mot".
      Nulle part vous ne parliez que vos propos traitaient, ni en particulier ni en exclusivité, de l'article de la semaine dernière.
      Par ailleurs, puisque vous ajoutez "personne ne commente jamais les articles sur ce sujet.... allez vérifier, ils sont (les vôtres) tous archivés et les deux fois où j'en ai vus, je fus la seule à réagir...c'est un fait!", je vous invite à élargir le champ de vos recherches "archivistiques" et surtout de vos lectures, puisque j'ai moi-même et plusieurs autres, avons commis quelques commentaires sur ce sujet et des suites d'articles du Devoir.
      Certains de ces commentaires furent d'ailleurs au moins aussi acerbes à l'endroit de l'actuel gouvernement canadien que les vôtres, si d'ailleurs ce n'est pas bien plus...
      Alors, de vos cris de vierge offensée en direction de personnes qui n'use finalement ni plus ni moins des mêmes droits d'expression que vous, je vous invite à modérer vos transports pour ne pas finir par perdre définitivement toute crédibilité auprs des gens qui, comme moi, prennent le temps de vous lire.
      Salutations, Madame.

  • Yves Côté - Abonné 9 octobre 2015 05 h 13

    Pays normal

    Bien qu'elle mériterait qu'on y colle certaines nuances, excellente analyse ici, selon moi.
    Une seule solution raisonable est donc envisageable pour les Québécois : la proclamation d'une République qui s'accompagne de la laïcité.
    Fini pour nous la monarchie souveraine de nos vies, fini pour nous une majorité canadienne qui perçoit comme indésirable notre volonté de perdurer comme société.
    Avec la laïcité comme gardienne des droits fondamentaux de croire ou ne pas croire, la laïcité comme garantie qu'aucune organisation religieuse ou anti-religieuse, le peuple du Québec doit se donner rendez-vous pour accéder un jour , et lui seul, aux commandes de son pays.
    Laïcité respectueuse des différences des individus et surtout pas celle qui n'est qu'un maquillage intollérant de l'anti-liberté de penser, de croire ou de ne pas croire des uns ou des autres, mais pas plus avec une religion nationale, quelle qu'elle soit, que de religion d'un quelconque Souverain.
    A ce tire, selon moi, l'exemple du gouvernement actuel élu par moins de 30% des électeurs et qui à chaque jour agit dans une espèce d'urgence non pas pour le peuple, mais pour une infime partie de gens qui ainsi cherchent à défendre leurs intérêts, devrait d'ailleurs nous faire réfléchir sérieusement tous sur la nécessité absolue de recréer notre Etat national québécois autour d'un projet de société qui nous convienne au point de pouvoir l'adopter par référendum.
    Celui-ci prévalent immédiatement à la République.
    Etat qu ne doit être ni de gauche ni de droite et qui pour autant, se doit de garantir la possibilité à ses citoyens de choisir en élection et selon les événements qui évoluent, un gouvernement soit de gauche, soit de droite ou du centre pour des mandats électifs déterminés constitutionnellement.
    Une pluralité de choix ponctuels qui, comme dans tout pays normal, doit être possible d'envisager par les tenants de toutes options politiques s'affrontant en élections libres...

    Merci de m'avoir lu.

    • Yves Côté - Abonné 9 octobre 2015 09 h 02

      Oups, il manque un petit bout de phrase...
      Il faudrait lire :
      Avec la laïcité comme gardienne des droits fondamentaux de croire ou ne pas croire, la laïcité comme garantie qu'aucune organisation religieuse ou anti-religieuse ne puisse s'emparer du pouvoir de diriger notre pays, le peuple du Québec doit se donner rendez-vous pour accéder un jour, et lui seul, aux commandes de celui-ci.

      Merci.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 9 octobre 2015 06 h 59

    Oui, je suis islamophobe mais je ne hais pas les Musulmans

    Quand je vois, chaque jour, toutes ces guerres et toutes ces atrocités commises en Afrique et en Asie au nom de Allah. Quand je sais que, dans certains quartiers de certaines villes françaises et anglaises, règne la charia et que les policiers ont peur de s'y aventurer.

    Quand j'entends les discours de Charkaoui et de certains imams québécois. Quand je sais que, périodiquement, des imams extrémistes sont invités à venir donner des conférences au Québec. Quand je vois cette musulmane refuser de se dévoiler lors de l'assermentation à la citoyenneté.....

    Alors je dois constater que je suis islamophobe. Mais je ne hais pas les Musulmans.

    • Yves Côté - Abonné 9 octobre 2015 10 h 03

      Monsieur Grandchamp, savez-vous qu'une phobie doit toujours être soignée pour éviter qu'elle ne dégénère en pire ?
      Sans pour autant éliminer de la carte ce de quoi on est phobique, bien entendu.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 9 octobre 2015 11 h 03

      Vous avez raison. On n’a pas le droit de ridiculiser ou haïr des personnes, mais on a le droit et même le devoir de critiquer, de ridiculiser et même de haïr des systèmes religieux ou politiques aberrants qui le méritent.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 9 octobre 2015 15 h 18

      @M. Côté

      Entendons-nous sur le sens des termes. Si le mot "phobie" vous dérange, remplacez-le par:peur de l'islam!

      Phobie:"Nom féminin singulier ayant 2 sens:
      a)crainte, crainte

      b)peur pathologique et injustifiée de certaines situations, d'objets ou de personnes

      Oui, j'ai peur de l'islam, à tous les joursm quand je suis l'actualité. Et ma peur est tout à fait justifiée.

    • Yves Côté - Abonné 10 octobre 2015 11 h 00

      En effet, il me semble que le terme "crainte" est plus juste et compréhensible dans l'état actuel des choses.
      Dans un contexte où l'appaisement des propos m'apparaît plus porteur de clarté de vue que l'enflure verbale de diverses figures de style, donc de recherche de solution équilibrée et juste pour tout le monde, en effet le terme de phobie que vous avez utilisez donne à penser que vous trouvez souhaitable que ce sentiment soit celui de tous. Alors que ce qui peut être souhaitable, si je comprends bien le sens de votre texte, est plutôt que tous nous soyons attentifs aux excès présentés comme légitimes par celles et ceux qui pronent l'islamisme au Québec (et ailleurs, cela va de soit).
      Raison pour laquelle non seulement il me dérange, mais pour laquelle je trouve si exagéré le sens de "peur pathologique" qu'on peut donner au mot "phobie", que je trouve que celui-ci déforme ici votre raisonnement.
      Merci de m'avoir lu et répondu, Monsieur Grandchamp.

  • Robert Bernier - Abonné 9 octobre 2015 07 h 11

    Nuances, M. Bastien

    Voici le texte de la motion:

    « Que l'Assemblée nationale réitère venant y chercher un avenir, la paix et la sécurité; Que l'Assemblée nationale prenne acte des nombreuses déclarations inappropriées faites à l'encontre des réfugié-es syriens; Qu'elle s'inquiète de l'augmentation des vidéos et déclarations à caractère islamophobe et raciste qui fusent sur les réseaux sociaux; Que l'Assemblée nationale affirme que les Québécoises et les Québécois de confession musulmane sont des citoyens à part entière et que cette Assemblée condamne sans réserve les appels à la haine et à la violence contre tous les citoyens du Québec. »

    Présentée par Françoise David, députée de Gouin
    1er octobre 2015

    Je ne crois pas que le but de la motion était de condamner en bloc la population du Québec, mais bien plutôt, de façon justement responsable de la part des "élites politiques", de réaffirmer "que le Québec a toujours été une terre d'accueil pour les personnes réfugiées" et qu'il ne faudrait pas laisser se développer une situation de laisser-aller dans laquelle certains se croiraient saisis d'une mission salvatrice de la culture "chrétienne" et des traditions québécoises.

    Robert Bernier
    Mirabel

    • Paul St-Pierre - Inscrit 9 octobre 2015 10 h 50

      Bonjour M. Bernier,

      Très bien! Mais à ce compte-là, d'un même souffle, profitons-en pour dénoncer tout acte de haine. N'acceptons ni le franco-bashing ni l'anglo-bashing. Agissons contre la maltraitance des jeunes, des adultes, des ainés, peu importe leur spécificité. Ne tolérons aucun discours de promotion d'une religion au détriment des autres. La domination de l'islam n'est pas plus acceptable que la domination judaïque ou catholique. Surtout, surtout, donnons au Québec les moyens de s'éduquer! Parce que comme l'a si bien dit Neil Peart :"Ignorance, Injustice et Peur marchent main dans la main".

  • Gilles Delisle - Abonné 9 octobre 2015 07 h 17

    Enfin, un texte qui remet les pendules à l'heure sur la religion

    Texte réfléchi et intelligent sur les dérives des religions au Québec. des politiciens en campagne électorale fédérale, jusqu'à Québec avec les propositions culpabilisantes de Mme David. La liberté religieuse servie à toutes les sauces, de même que des religieux venus d'ailleurs , ont de leur côté provoqué une dérive sans précédent dans notre petit univers électoral, peut-être, sans intention malveillante. Notre indignation collective devant ceux et celles qui refusent nos valeurs communes , dont la pratique de la religion dans la vie civile est le corollaire de notre évolution comme peuple depuis les années 60, et qui s'est orientée vers la pratique religieuse dans la sphère privée, sans aucune intervention dans nos milieux de vie, que ce soient dans nos vies professionnelles ou dans la vie civile. Votre texte révèle ce que plus de 90% des Québécois pensent tout bas sans oser le dire ou l'écrire aussi bien que vous, de peur d'être accuser de tous les maux. Que le Québec dans sa globalité, vous lise Monsieur Bastien.