L’errance de nos élus

Le 1er octobre 2015 a été un jour sombre dans l’histoire du Québec. L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité une motion présentée par Françoise David pour dénoncer l’« islamophobie » qui sévirait actuellement dans la société québécoise, plus précisément « l’augmentation des vidéos et déclarations à caractère islamophobe et raciste qui fusent sur les réseaux sociaux ». Par son appui à cette motion tendancieuse, le Parlement a fait preuve d’un grand manque de clairvoyance et de courage.

 

On ne peut que s’étonner que tous nos parlementaires aient entériné une motion aussi mal conçue et aussi ségrégative. On y dénonce l’« islamophobie » sous prétexte, entre autres choses, de soutenir les réfugiés syriens. D’une part, il faut souligner que la vague de migrants qui déferlent sur l’Occident aujourd’hui n’est pas formée majoritairement de Syriens, mais d’une foule d’immigrants économiques illégaux provenant de différents pays musulmans. D’autre part, il convient de rappeler que le peuple syrien est multiethnique et multiconfessionnel : outre des musulmans, les réfugiés issus du conflit en Syrie comptent aussi de nombreux chrétiens implantés dans le pays depuis l’Antiquité, donc bien avant l’apparition de l’islam.

La motion du parti Québec solidaire affirme que « les Québécoises et les Québécois de confession musulmane sont des citoyens à part entière ». Bien sûr, mais elle omet de dire que les adeptes de l’islam posent d’énormes problèmes d’intégration aux sociétés occidentales, aussi bien en Europe qu’en Amérique, car nombre d’entre eux, favorables à cette loi inique et rétrograde qu’est la charia, revendiquent avec opiniâtreté des accommodements religieux qui nient la laïcité et les valeurs des démocraties modernes. En les présentant comme une communauté faisant l’objet de discrimination dans notre société, la motion leur confère le statut compassionnel de victimes, si bien qu’on hésitera dorénavant à contrer leurs velléités communautaristes.

Plus grave encore, en soutenant cette motion qui « s’inquiète de l’augmentation des vidéos et des déclarations à caractère islamophobe et raciste », nos députés ont avalisé, au plus haut niveau, le concept douteux d’islamophobie. Or, ce concept amalgame abusivement race et religion, et il a été instrumentalisé par les islamistes eux-mêmes pour empêcher toute critique de l’islam. La dénonciation des dérives de l’islam et des comportements abusifs de ses fidèles n’est absolument pas du racisme ; elle correspond plutôt à une lutte citoyenne contre une idéologie politico-religieuse à visée théocratique.

Au nom du Parti québécois, le député de Bourget, Maka Kotto, a certes exprimé des réserves à l’endroit de la motion et il a demandé des amendements. Il n’empêche qu’au bout du compte, vous tous, députés du Parti québécois, vous avez voté en faveur de la motion dans sa formulation intégrale. L’épisode traumatisant qu’a été pour votre parti le projet de loi 60 — la « charte des valeurs » — sur l’interdiction des signes religieux ostentatoires, vous aurait-il rendus à ce point timorés que vous n’osez plus aborder les questions religieuses que dans le plus strict conformisme ? Vous êtes à l’évidence tombés dans le piège habilement tendu par Québec solidaire ; en même temps, vous avez fait le jeu du gouvernement libéral qui profitera sans doute de cette occasion inespérée pour faire passer son liberticide projet de loi 59 (Loi édictant la Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours incitant à la violence). Il fallait au contraire voter contre cette motion insidieuse et avoir le courage de braver la bien-pensance médiatique afin de respecter la volonté de l’immense majorité des Québécoises et des Québécois.

Pourquoi nos parlementaires ne s’informent-ils pas davantage sur la religion musulmane, sur son histoire, sur sa doctrine, sur ses textes sacrés, sur la vie de son fondateur, le prophète armé Mahomet ? Il n’est pourtant qu’à lire les centaines de versets haineux et violents du Coran pour constater que l’islam n’est pas cette « grande religion de paix et d’amour », comme on cherche à le faire croire à la population.

Démocrates convaincus, nous restons très préoccupés par la montée de l’islam et de son pendant politico-religieux, l’islamisme, ainsi que nous l’avons exprimé dans notre mémoire présenté à la commission parlementaire chargée d’étudier le projet de loi 59. Avec l’adoption unanime par l’Assemblée nationale de la motion insensée de Québec solidaire, nous constatons que tous les partis politiques, y compris le Parti québécois, font fi des profondes inquiétudes que nous partageons avec un bon nombre de nos compatriotes face à l’islam.

35 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 6 octobre 2015 04 h 18

    Laïcité et anti-religiosité...

    La laïcité est le concept philosophique et l'éventuelle déclaration contitutionnelle dont le but est de protéger le droit de tous à croire ou ne pas croire, de même qu'à pratiquer une religion ou un athéisme qui ne bloquent pas la liberté des autres qui s'exprime dans l'expression de leurs droits fondamentaux.
    La laïcité et l'anti-religiosité sont deux choses. Deux choses souvent confondues, soit, mais deux choses séparées quand même...
    La laïcité doit entre autre, pour être crédible dans une société donnée, tracer la ligne de démarcation qui sépare toute religion ou forme d'athéisme de sectes qui peuvent, ouvertement ou hypocritement, se dire de l'une ou de l'autre de ces deux possibilités de conviction.
    Il me semble que dans le texte ci-dessus, par une anti-religiosité sectarisée, malheureusement rien n'est fait pour aider l'avancée concrète de la laïcité au Québec. Mais bien au contraire, puisque la confusion y est largement et trop facilement entretenue entre une pratique religieuse légitime (ici l'islam) et le travertissement d'une religion en forme d'arme de combat politique pour le profit de quelques-uns (ici l'islamisme).
    Ce qui, à mon avis, est aussi contre-productif en terme d'appaisement social que contraire à la recherche d'un équilibre social à but égalitaire. Recherche plus que jamais nécessaire, dans l'ambiance générale d'excès émotifs et subjectifs que nous connaissons depuis ces quelques années où une mouvance extrémiste pseudo-religieuse mondial excelle à faire valoir non seulement ses arguments, mais à faire partager ses méthodes rédutrices de l'humain.
    La justice qu'exige la liberté humaine ne commence-t-elle pas par une recherche volontariste et obsédante de justesse de propos et de concepts ? En commençant avec ce domaine si intime qu'est la foi.
    La foi en un Dieu ou bien celle d'une absence de Dieu ?

    A l'occasion de la publication de ce texte, j'en pose ici la question.

    Merci de m'avoir lu.

  • Gaston Bourdages - Inscrit 6 octobre 2015 04 h 46

    Comment réagir à une lettre comme la vôtre...

    ...messieurs Blanchet-Gravel, Simard et Verreault ? J'en connais si peu sur les religions. Je vous remercie pour vos éclairages. Lorsque je lis que l'islam «...n'est pas cette grande religion d'amour et de paix», je fronce les sourcils.
    Est-ce à dire qu'elle prône l'inverse et ce, dans une très subtile et insidieuse approche de climat de violence(s) ?
    Si oui, je suis inquiet comme vous l'êtes, vous et «...un bon nombre de nos compatriotes»
    Je conclus avec ceci: la violence j'ai connue et il s'y trouvait aussi un fond de pratique religieuse. Cette dernière prônant l'inverse: l'amour et la paix.
    Gaston Bourdages,
    Auteur - Conférencier.

    • Pierre Fortin - Abonné 6 octobre 2015 20 h 26

      Qui, de quelque religion qu'il soit, croit encore à cette sublime et simple maxime : « Paix sur Terre aux?umains de bonne volonté »

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 6 octobre 2015 06 h 47

    … couleurs !

    « Le 1er octobre 2015 a été un jour sombre dans l’histoire du Québec. L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité une motion » (Jérôme Blanchet-Gravel, Claude Simard, Claude Verreault, ULaval)

    Oui, en effet, ce jour à ébranler plusieurs (A, notre réaction), notamment toutes ces personnes et ressources qui, de la communauté québécoise, sympathisent, de fierté et de détermination, avec des questions d’autodétermination, de souveraineté, et ce, incluant les valeurs de laïcité, d’identité, de démocratie, de république à la québécoise !

    De cette motion adoptée unanimement et sans contre-parti (qui serait, d’exemple, appuyée d’une motion pro-Québec) par l’ANQ, encore Maison du Peuple ?, on-dirait qu’éventuellement, si aucune résistance éclairée, le fleurdelisé risque de changer de …

    … couleurs ! - 6 oct 2015 –

    A : http://www.ledevoir.com/politique/canada/451651/la

  • Sylvain Rivest - Inscrit 6 octobre 2015 06 h 58

    Au Canada ils ont Harper

    ...au Québec on a Françoise David!
    Le combat est différent mais le résultat reste le même.
    Elle aussi dangereuse que lui pour notre société.

    • Yves Corbeil - Inscrit 6 octobre 2015 10 h 34

      Je suis d'accord avec vous, la manipulation par les mots et la façon de les utilisé pour dérouter même des parlementaires, faut le faire.

  • Michel Thériault - Inscrit 6 octobre 2015 06 h 59

    Rêve

    Il faut régler le problème à la source : on apprend à nos enfants à penser par eux-même au lieu d'écouter tous ces bouffons avec leurs contes de fées et les religions disparaitront dans un avenir par si lointain. On leur enseigne ensuite le Pastafarisme et nous formerions alors une société avec un peu moins d'abrutis. Je sais, je rêve…

    Ramen.