Conférence de Paris: qui sera notre délégué?

Les chefs d’État du monde entier se réuniront à Paris en décembre prochain dans le but de conclure un accord international sur le climat. Les décisions, les cibles et les engagements qui y seront pris, les moyens qui y seront consacrés et surtout le suivi qui sera effectivement fait par chacun des États dans les années qui viennent ne détermineront rien de moins que le sort de la planète et l’avenir de l’humanité. C’est donc dire l’importance de l’élection fédérale prochaine qui choisira la personne qui parlera et prendra position au nom des Canadiens.

La question ne se limite pas à se proclamer d’accord ou non avec la construction de gazoducs ou à suggérer des normes d’émissions des véhicules automobiles. Il faut prendre conscience que des efforts individuels et collectifs seront exigés de tous les Canadiens dans les prochaines décennies. Et ces efforts seront sans commune mesure avec ce qui leur a été demandé à ce jour. Ils s’apparentent à des efforts de guerre à réaliser en temps de paix. Pensons seulement aux cibles très exigeantes reliées aux changements climatiques qui remettent en cause nos habitudes de transport et de consommation et aux transformations commerciales et industrielles qu’engendrera l’après-pétrole.

Seule une vision de la contribution potentielle du Canada à la survie de la planète peut donner du sens à ces efforts. Cette vision se doit d’être endossée par les Canadiens dans le cadre de la présente campagne électorale. N’est-il pas désolant de constater qu’aucun chef n’a, à ce jour, cru utile de faire état de la position de son parti sur le sujet ? Pas même une allusion ou un petit communiqué de presse !

Je ne peux pas concevoir que les Canadiens donnent un chèque en blanc à une personne qui n’a pas respecté ses engagements passés (pourtant bien en deçà de ce qui était attendu d’un pays riche comme le Canada), qui défend les intérêts de l’industrie des sables bitumineux, qui masque les travaux des scientifiques et qui doute même des changements climatiques pourtant observables tous les jours.

Il ne nous faut pas laisser passer l’occasion d’élire un leader porteur d’une position courageuse et capable de résister aux lobbys défenseurs d’intérêts économiques à court terme. Il nous faut déléguer à Paris un porte-parole capable de rallier les autres chefs d’État et d’exercer un rôle constructif dans les négociations.

Aux urnes citoyens !

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