Les chefs fédéraux doivent proposer une solution de remplacement

Le député de Québec solidaire Amir Khadir
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le député de Québec solidaire Amir Khadir

La plus longue campagne électorale de l’histoire récente du Canada permet de mettre en évidence les contradictions des grands partis sur la question écologique. S’il y a un enjeu qui touche à la fois le développement économique, la protection des écosystèmes, la santé publique, le réchauffement climatique, les transports et la légitimité des institutions publiques, c’est bien l’exploitation des sables bitumineux et les multiples projets d’oléoducs pour exporter le pétrole le plus polluant au monde.

Disons-le d’emblée : aucun parti fédéral à l’heure actuelle n’a de plan crédible de sortie des hydrocarbures. Ils ne se sont pas prononcés sur des projets controversés comme Old Harry, Anticosti ou les gaz de schiste. Aussi longtemps que le Québec restera dans la fédération canadienne, les Québécois et Québécoises auront le droit de demander davantage des partis qui souhaitent gouverner à Ottawa pour qu’ils prennent des décisions à la hauteur des enjeux du XXIe siècle.

Il est de bon ton d’affirmer que l’économie et l’environnement ne doivent pas être opposés. On passe toutefois sous silence les contradictions entre l’impératif de croissance illimitée de l’exploitation des sables bitumineux et la lutte contre le réchauffement climatique.

Intérêts pétroliers

Une brillante journaliste du Toronto Star, Linda McQuaig, qui se présente sous la bannière du NPD à Toronto, a mis le doigt sur le problème. Lors d’un débat télévisé, elle rappelait une évidence qui rejoint le consensus scientifique : une grande quantité de sables bitumineux devra rester sous terre si le Canada souhaite atteindre ses objectifs en matière de lutte contre les changements climatiques.

Cette simple affirmation factuelle a déclenché une tempête médiatique où tous les chefs, y compris Thomas Mulcair, ont pris leurs distances par rapport à cette position. « Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots », disait Jean Jaurès. Eh bien c’est exactement ce qui s’est produit.

Ces chefs se sont dépêchés de qualifier les propos de la candidate néodémocrate d’extrêmes ! Et de réitérer leur soutien à l’industrie énergétique sous prétexte d’emplois bien rémunérés. Évidemment, puisque personne n’est contre la vertu, le développement durable, l’acceptabilité sociale et les énergies renouvelables, chacun y est allé de promesses d’évaluations environnementales, en oubliant qu’elles sont trop souvent confiées à des instances lourdement influencées par des gens issus de l’industrie, notamment pétrolière.

Au final, les intérêts pétroliers se sont imposés à la classe politique, pour tordre le sens des mots et reproduire le « business as usual ». La pétropolitique canadienne exige de ne pas déranger le paradigme économique et énergétique dominant, où de puissantes fortunes ont intérêt à ce que rien ne change.

Oléoducs de la discorde

Un autre exemple d’ambiguïté des grands partis fédéraux concerne leurs positions vis-à-vis les multiples projets d’oléoducs. Au Québec, on s’intéresse évidemment au cas d’Énergie Est de TransCanada, qui souhaite transporter 1,1 million de barils de pétrole par jour pour l’exportation outre-mer, avec des retombées économiques infimes et des risques accrus pour des centaines de cours d’eau et pour les communautés locales. Mais il y a également les projets de Northern Gateway, Keystone XL et Kinder Morgan, de même que les projets d’exploration et de forage en eaux profondes dans l’Arctique et le golfe du Saint-Laurent.

Dans le cas d’Énergie Est, il est clair que les intérêts du Québec sont opposés à ceux de l’élite économique qui domine la politique canadienne. La question pétrolière est de ce point de vue non seulement un enjeu national pour les indépendantistes québécois que nous sommes, mais aussi une question environnementale et sociale qui touche à la fois le peuple québécois, le peuple canadien, les Premières Nations et la planète entière !

Ce qui manque cruellement dans cette campagne électorale, c’est une vision globale, une solution de remplacement désirable, viable et réalisable à l’exploitation sans frein des hydrocarbures. Bref, un plan crédible qui part d’« où nous sommes présentement » et nous montre un chemin à suivre « vers où nous voulons aller ». Il ne s’agit pas d’utopie, mais de faire preuve de réalisme pour opérer une transition énergétique vers une économie post-carbone d’ici 2050.

Comme le souligne le philosophe André Gorz, il est temps de penser à l’envers : de définir les changements à réaliser en considérant le but à atteindre et non pas de fixer les buts en partant des intérêts de ceux qui résistent au changement. Il faut donc aller bien au-delà d’un simple replâtrage de la pétropolitique actuelle. Il nous faut une prospérité fondée sur des sources d’énergie durables et écologiquement responsables.

48 commentaires
  • Guy Lafond - Inscrit 20 août 2015 02 h 07

    Convaincus et courageux!


    Nouvelle politique énergétique:

    Je suis derrière M. Khadir.

    Je suis derrière Mme McQuaig.

    Je suis derrière Mme May.

    Préparons dès à présent la nouvelle économie et donnons à nos enfants un monde propre et durable!

    (Un Québécois gentilhomme à Ottawa)

    • Cyril Dionne - Abonné 20 août 2015 08 h 18

      Ce serait plus crédible si Québec solidaire n'apportait pas un appui caché au "New Democratic Party of Canada", celui-même qui est en faveur du pipeline de l'enfer. Mme McQuaid s'est fait rabroué et cloué le bec par son propre chef, notre cher Thomas Mulcair. Je suis derrière le Bloc québécois puisque c'est le seul parti qui est catégoriquement contre le transport de ce bitume lourd sur le territoire québécois. En fait, tous les partis fédéralistes sont pour le pipeline d’Énergie Est incluant le NPD. Il y en a qui diront que le Parti vert est contre le pipeline, mais il ne faudrait pas oublier que c'est la seule raison d'être de ce groupuscule de parti ayant la même proportion de support de l'électorat que Québec solidaire.

      Une transition post-carbone est souhaitable mais la nature humaine pourrait en décider autrement. Pas beaucoup de gens sont prêts à débourser le double pour avoir une empreinte verte. Pas beaucoup de gens ont les ressources nécessaires pour le faire. Pour les pays en voie de développement, ceci est le dernier de leur souci. Et les changements climatiques ne reconnaissent pas les frontières géopolitiques.

      Et présentement, les énergies renouvelables (éolienne-biomasse-solaire) sont loin d’être rentable et doivent être subventionnés à coup de milliards par les contribuables quelque soit le pays. Plusieurs citeront des pays comme le Danemark en exemple mais on n’est pas si sûr que ces mêmes supporteurs seraient prêts encore à payer plus de 45 sous du kWh (kilowattheure). Les Québécois paient 6 à 7 sous pour leur kWh.

      Le Québec est choyé puisqu’il produit une énergie électrique verte en utilisant la gravité naturelle (l’hydroélectricité) en quantité et en a à revendre . On ne peut pas être plus vert que cela.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 août 2015 10 h 18

      «Ce serait plus crédible si Québec solidaire n'apportait pas un appui caché au "New Democratic Party of Canada", » - Cyril Dionne

      Jamais le parti Québec solidaire n'a appuyé un parti politique aux élections fédérales depuis sa fondation.

      Et comment les bloquistes peuvent-ils encore oser demander l'appui de Québec Solidaire, quand on sait que Gilles Duceppe a traité Amir de tous les noms en 2012 ???

      Référence :

      «Le député de Québec solidaire Amir Khadir est un être populiste et opportuniste, qui ne mérite même pas le respect.» - Gilles Duceppe, La Presse, 03 août 2012


      Et d'ailleurs, l'inverse est aussi vrai..

      - Quant avez-vous vu le Bloc appuyer Québec Solidaire aux élections provinciales? - Jamais!

      Quant on crache en l'air..

      Christian Montmarquette

    • Ludvic Moquin-Beaudry - Inscrit 20 août 2015 10 h 30

      M. Dionne, je vous invite à vous renseigner avant d'imaginer des appuis cachés un peu partout. QS a résolument décidé de n'appuyer aucun parti fédéral en 2015, et sa base militante se sépare pas mal 50-50 entre le Bloc et le NPD.
      D'ailleurs, c'est Duceppe lui-même qui déclarait, récemment, avoir des organisateurs de QS dans son équipe.
      C'est précisément avec ce genre de discours conspirationniste, à la limite paranoïaque, que le Bloc et le PQ nuisent au projet d'indépendance.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 août 2015 10 h 40

      «En fait, tous les partis fédéralistes sont pour le pipeline d’Énergie Est incluant le NPD..» - Cyril Dionne

      Avec une chute des prix à 30$ - 40$ le baril, y'aura même pas besoin de mobilisation citoyenne. C'est le marché qui va bloquer le pétrole de l'Alberta beaucoup trop cher à produire; et même avec la dévaluation du dollar canadien, puisque tout le pétrole se transige en dollars américains.

      Christian Montmarquette

      Source :

      «Vers un baril de pétrole à 40 $ US ?» - Journal de Montréal , 4 août 2015.

    • Raymond Labelle - Abonné 20 août 2015 11 h 54

      S'il est possible que le problème disparaisse à cause de la chute du prix du pétrole, cela n'est pas sûr - on n'en est pas encore au stade de la cessation de cette production destinée à l'exportation. Et resterait à savoir quand le problème disparaîtrait.

      Il n'est pas sûr combien de temps le prix du pétrole restera bas, à quel point, et s'il deviendra possible d'exploiter les sables bitumineux à plus bas coût grâce au développement technologique.

      Il est prématuré de déclarer ce problème comme déjà résolu par les lois du marché.

      Par ailleurs, M. Dionne a oublié de mentionner que le Parti vert fédéral était contre le pipeline Énergie Est.

    • Patrick Boulanger - Abonné 20 août 2015 14 h 56

      @ M. Dionne

      « Je suis derrière le Bloc québécois puisque c'est le seul parti qui est catégoriquement contre le transport de ce bitume lourd sur le territoire québécois. En fait, tous les partis fédéralistes sont pour le pipeline d’Énergie Est incluant le NPD. Il y en a qui diront que le Parti vert est contre le pipeline, mais il ne faudrait pas oublier que c'est la seule raison d'être de ce groupuscule de parti ayant la même proportion de support de l'électorat que Québec solidaire. » (M. Dionne)?

      M. Dionne, le « groupuscule » dont vous parlez a plus de députés à la Chambre des communes que le BQ (3 députés verts et 2 députés bloquistes). ;o)

    • Cyril Dionne - Abonné 20 août 2015 22 h 15

      @ Messieurs Moquin-Beaudry, Montmarquette, Labelle et Boulanger

      Premièrement, M. Moquin-Beaudry, QS appuie le « New Democratic Party of Canada ». Vous n’avez qu’à lire les commentaires de M. Montmarquette. Il y en a peut-être qui travaille pour faire élire des candidats du Bloc québécois, mais la plupart sont soit invisibles, ou bien n’arrêtent pas de louanger le « NDP » un parti centriste, fédéraliste, multiculturaliste et qui fait la promotion du communautarisme.

      Deuxièmement, M. Montmarquette, vous pouvez garder pour vous vos leçons d’économie en ce qui a trait au prix du baril des sables bitumineux. Tous savent que le point de démarcation est présentement de 35,00$ du baril. Avec la conjoncture économique mondiale, le prix du baril de pétrole ne dépassera pas les 50,00$ pour plusieurs années. Et la production d’un baril de pétrole lourd et sale est dispendieuse si on la compare à d’autres méthodes de production de pétroles plus légers.

      Troisièmement, M. Labelle, prenez la peine de lire mon commentaire au complet. Le Parti vert et sa prise de position contre le pipeline de l’enfer, eh bien, je l’ai bien mentionnée. J’imagine que les habiletés de littératie au Québec ont encore du chemin à faire.

      Finalement M. Boulanger, un parti politique qui recueille moins de 10% du support de la population est un groupuscule de parti. Québec solidaire est supporté par moins de 7% des Québécois tandis que le Parti vert trouve 6% qui sont en faveur de son option. Par contre, le Bloc Québécois recueille plus de 21% du suffrage universel. Ces anomalies politiques représentent le système monarchique constitutionnel du Canada dans toute sa splendeur. Et les seuls députés que QS a pu faire élire se retrouve dans le centre-ville de Montréal avec les aristocrates de la gauche salon et des gens sur le BS. En passant, dans le ROC, QS est perçu comme un parti fédéraliste avec son support inconditionnel pour le multiculturalisme.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 août 2015 09 h 40

      "Il y en a qui diront que le Parti vert est contre le pipeline, mais il ne faudrait pas oublier que c'est la seule raison d'être de ce groupuscule de parti ayant la même proportion de support de l'électorat que Québec solidaire."

      C'est bien vrai que vous aviez écrit ceci. Je vous avais lu trop vite. D'habitude j'essaie de ne pas trop me précipiter, mais suis tombé dans le piège de l'immédiateté électronique. Moi qui râle si souvent contre ce mal contemporain, j'ai chuté. Mea culpa.

      Je vous assure toutefois qu'il ne s'agit d'une distraction passagère causée par un empressement injustifié et que je n'ai pas les troubles de littératie que vous m'attribuez.

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 août 2015 09 h 47

      «Un parti politique qui recueille moins de 10% du support de la population est un groupuscule de parti. Québec solidaire est supporté par moins de 7% des Québécois tandis que le Parti vert trouve 6% qui sont en faveur de son option. Par contre, le Bloc Québécois recueille plus de 21% du suffrage universel. » - Cyrille Dionne.

      Vous pouvez garder vos leçons de statistiques pour vous Dionne, puisque QS reçoit actuellement non pas «7%» mais «13%» des intentions de vote et que le Bloc reçoit non pas «21%» mais «16%» des intentions de vote.

      Quant au NPD, il en est a «47%» des intentions de votes.

      Ce qui démontre bien que quoiqu'en dise ce Cyrille Donne qui n'a rien de mieux à faire que de mépriser les plus pauvres au Québec, qu'une forte majorité des bloquistes on décidé d'en finir avec ce parti manchot-cul-de-jatte qui ne nous mène nulle part et qui, par dessus le marché, espère le retour de Harper au pouvoir!

      Christian Montmarquette

      Référence :

      Les conservateurs sont majoritaires pour la première fois. Je veux les remettre minoritaire.» - Gilles Duceppe, La Presse, 13 août 2015.

      «Sondage CROP/La Presse: le NPD domine sans partage», La Presse, 20 août 2015

      « LE PQ PERD DES PLUMES » - La Presse, 20 août, 2015.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 août 2015 10 h 21

      "Il y en a qui diront que le Parti vert est contre le pipeline, mais il ne faudrait pas oublier que c'est la seule raison d'être de ce groupuscule de parti ayant la même proportion de support de l'électorat que Québec solidaire." Cyril Dionne.

      Vous pourrez appliquer vos excellentes capacités de lecture à l’examen du programme du parti Vert : vous constaterez qu’il s’y trouve une variété de sujets et qu’il y a là un programme de gouvernement assez global. Vous trouverez ce programme ici : http://www.greenparty.ca/fr/notre-vision

      En lisant aussi les comptes-rendus du débat en anglais, vous constaterez que Mme May a étonné par sa maîtrise des dossiers sur l’ensemble des sujets qui y ont été traités.

      En le regardant vous-mêmes, vous ne pourrez que faire le même constat.

      Plusieurs affirment même qu’elle a gagné le débat.

      Je ne vais pas nécessairement voter pour le parti vert, mais votre affirmation sur son caractère limité est injuste.

      Pour ce qui est de l’appui au parti vert, il est vrai que celui-ci tourne autour de 5% ou de 6% à l’échelle du Canada.

      Quant au dossier environnemental. Rappelons quand même que nous sommes à un moment crucial - nos actions ou inactions, dès maintenant, peuvent avoir des effets néfastes terribles à très long terme pour la vie de toute l'espèce et de la planète. Le sujet est important.

      On aimerait que les partis qui gouvernent prennent la chose au sérieux et agissent dans la bonne direction avec suffisamment d'énergie en cette matière.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 août 2015 11 h 47

      "Je suis derrière le Bloc québécois puisque c'est le seul parti qui est catégoriquement contre le transport de ce bitume lourd sur le territoire québécois." Cyril Dionne. Interprétons « bitume lourd » comme signifiant : « pétrole issu des sables bitumineux ». Et vous écrivez à la phrase suivante que le parti vert est également contre.

      Si cela est votre raison pour être derrière le Bloc québécois, je dois vous informer que vous n'avez pas d'autre choix que de voter pour le parti vert.

      Plusieurs interventions ci-dessous démontrent clairement qu'on ne peut pas compter avec assurance sur le Bloc pour s'opposer au transport du pétrole issu des sables bitumineux sur le territoire du Québec. Seul le parti vert est clairement et indubitablement contre.

    • Patrick Boulanger - Abonné 21 août 2015 12 h 54

      @ M. Dionne

      « Premièrement, M. Moquin-Beaudry, QS appuie le « New Democratic Party of Canada ». Vous n’avez qu’à lire les commentaires de M. Montmarquette. » (M. Dionne)?

      M. Dionne, M. Montmarquette n'est pas porte-parole de QS.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 août 2015 18 h 51

      @ Patrick Boulanger

      "M. Dionne, M. Montmarquette n'est pas porte-parole de QS."

      Non, c'est seulement un des membres fondateurs qui "trolle" sur tous les sites pour promouvoir une utopie qui a été délaissée y a longtemps. 93 % des citoyens au Québec, dans la province la plus à gauche en Amérique du Nord, rejettent les avances politiques de cette dernière. Québec solidaire est seulement dépassé par deux siècles de mouvances sociales. Et personne ne parle plus de la Grèce chez QS. ;-)

  • Raymond Labelle - Abonné 20 août 2015 03 h 05

    Emplois perdus pour cesser l’exploitation des sables bitumineux et emplois gagnés pour sortir des hydrocarbures.

    Bravo et merci M. Khadir - un politique en vue doit rappeler ces choses et les mettre au premier plan.

    Quelques précisions quand même.

    Il n'est pas nécessaire d'être très avancé dans le remplacement du pétrole utilisé au Canada pour déjà grandement diminuer la production de pétrole bitumineux, car celui-ci est destiné à l'exportation.

    Mais que faire alors des emplois consacrés à cette production? C'est à cause de cette question que les partis susceptibles d'avoir la responsabilité de gouverner ne sont pas à l'aise avec l’idée de diminuer ou d’arrêter cette production. Accordons-leur que le problème est difficile pour qui gouverne.

    La sortie ou la diminution de cette production implique, autant que possible, de fournir des emplois aux personnes qui perdent le leur a cause de la diminution ou de l'arrêt de cette exploitation. Ou même, accepter qu'il y aura peut-être perte nette d’emplois - je n'ai pas l’expertise pour faire le calcul.

    Rappelons-nous toutefois que, de façon globale, le remplacement des hydrocarbures utilisés ici implique une reconversion et une adaptation - ce qui est une activité économique génératrice d'emplois. Lesquels emplois pourraient être donnés en priorité aux salariés qui auront travaillé dans le domaine des hydrocarbures.

    C’est ici que pourrait se faire le lien entre la réorientation de notre économie vers d’autres sources d’énergie et la diminution ou l’arrêt de l’exploitation des sables bitumineux. Ceci demande beaucoup de planification, d’action et d’énergie de la part du gouvernement, et peut-être un certain temps, même en voulant aller vite.

  • Raymond Labelle - Abonné 20 août 2015 03 h 51

    Aucun parti fédéral n’a de plan crédible pour sortir des hydrocarbures ?

    M. Khadir a écrit :
    « Disons-le d’emblée : aucun parti fédéral à l’heure actuelle n’a de plan crédible de sortie des hydrocarbures. Ils ne se sont pas prononcés sur des projets controversés comme Old Harry, Anticosti ou les gaz de schiste. »

    Les projets controversés comme Old Harry, Anticosti ou les gaz de schiste n’impliquent pas de perte d’emplois actuellement occupés. Ne pas réaliser un projet demande peu de planification - il s’agit de ne pas faire quelque chose.

    Le parti vert est pour un moratoire sur les gaz de schiste et exige une véritable étude d’impact environnemental pour l’exploitation de Old Harry. Je n’ai rien trouvé de spécifique sur Anticosti, mais quand on regarde l’esprit général de son programme, on peut raisonnablement supposer que…

    Le parti est peut-être obligé d’exiger une étude, sachant fort bien à quelle conclusion une telle étude devrait arriver.

    Quant à la sortie des hydrocarbures, le parti vert a beaucoup de propositions, qui comprennent, entre autres : taxe sur le carbone, bourse du carbone, couper toute subvention à l’industrie des hydrocarbures, développement de sources d’énergie différentes des hydrocarbures, etc. Vous pouvez consulter ici :
    http://www.greenparty.ca/fr/policy/carbontaxplan/a

    Peut-être M. Khadir visait-il les partis fédéraux susceptibles de gouverner, ce qui ne comprend ni le parti vert, ni le Bloc.

    Qui gouverne pourrait peut-être quand même piquer dans le programme du parti vert, celui-ci le lui pardonnerait bien…

    Curiosité : « Old Harry » est une expression par laquelle les marins désignaient le diable - assez approprié. Si vous faites - « old harry » sailors devil - sur votre moteur de recherche - vous trouverez des choses amusantes.

    • Hélène Paulette - Abonnée 20 août 2015 09 h 01

      Étrange de la part d'un membre d'un tiers parti d'ignorer le Parti Vert...

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 août 2015 09 h 05

      «Peut-être M. Khadir visait-il les partis fédéraux susceptibles de gouverner, ce qui ne comprend ni le parti vert, ni le Bloc. » -Raymond Labelle

      Quand on suit de près le débat, on consta que le Bloc et le NPD ont des positions similaires sur Énergie Est soit : «Rien ne devrait pouvoir se faire «tant qu'il n'y a pas un feu vert environnemental, et ça comprend l'acceptabilité sociale et la rentabilité» source : « Le «mystère Québec»? Ça n'existe pas, soutient Duceppe»- Le Soleil, 26 juillet 2015

      De plus, le Bloc parle constamment des deux côtés de la bouche, quand il nous dit que ce qu'il veut réellement, c'est que ce soit le gouvernement du Québec qui prenne la décision. Alors qu'autant le PQ que le PLQ se sont déjà prononcés en faveur du pétrole et que le PQ a même autorisé le transit de pétrole albertain en sol Québécois. Source : «Le PQ avait autorisé le transit de pétrole albertain» - La Presse, 02 octobre 2014.

      - Cm

    • Raymond Labelle - Abonné 20 août 2015 10 h 39

      Lorsque M. Duceppe avait affirmé être contre le pipeline Énergie Est dans une conférence de presse conjointe avec PKP, PKP l’a contredit publiquement sur le champ et a refusé de prendre position (voir : http://www.ledevoir.com/politique/canada/447611/ne )

      De plus, comme le Bloc justifie son existence par la « défense des intérêts du Québec » en l’absence de référendum imminent, il est politiquement délicat et difficile pour le Bloc de prendre une position contraire à celle du gouvernement du Québec.

      Or, on se doute de la direction vers laquelle tendra le PLQ sur cette question, et on ne peut être sûr de la direction vers laquelle tendra le PQ.

      Il est certain que c’est le PLQ qui dirigera le gouvernement du Québec pendant la plus grande partie du prochain mandat fédéral et, possiblement, pendant tout ce mandat.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 20 août 2015 11 h 44

      Stable comme l'étoile polaire !

      Quoi que le chef dise, ne dit pas, sous-entend ou insinue; on ne bouge pas.

      PL

    • Pierre Vaillancourt - Abonné 20 août 2015 13 h 01

      Merci, M. Labelle, pour le lien que vous mentionnez dans votre texte. Je pense que tout électeur soucieux de la question envrionnementale devrait prendre le temps d'aller lire ce document. Il y a là, dans le programme du Parti Vert, des propositions très concrètes et très réalisables.

      Il y a longtemps de cela, le Parti Québécois a commencé, modestement, par faire élire ses 6 premiers députés. Québec Solidaire, pour sa part, a commencé par faire élire un premier député pour ensuite passer à trois députés élus. Quant au NPD, il est passé directement d'un député au Québec, Thomas Mulcair, à un raz-de-marée québécois, avec 58 députés élus lors des dernières élections fédérales.

      Je persiste à croire qu'il y a, au Québec, suffisamment de gens profondément soucieux de la question envrionnementale pour que nous élisions au minimum 3 ou 4 députés verts. Ces hommes et ces femmes sauront faire avancer la cause environnementale à l'heure de la dernière chance de limiter la quantité de CO2 dans l'atmosphère au seuil critique de 450 ppm.

      Il n'y a rien d'utopique à voter vert, c'est plutôt de refuser de voter vert qui me semble défaitiste.

      Nous avons un avenir, il sera vert et il commence aujourd'hui.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 août 2015 15 h 50

      À Raymond Labelle,

      Votre lien vers l'article ne fonctionne pas, et c'est dommage.

    • Raymond Labelle - Abonné 20 août 2015 16 h 40

      J'avais mal indiqué le lien de l'article relatant que PKP avait refusé de prendre position sur le pipeline Énergie Est et ce, en pleine conférence de presse conjointe avec M. Duceppe, immédiatement après que M. Duceppe avait affirmé être contre.

      Voici le bon lien:

      http://www.ledevoir.com/politique/canada/447611/ne

      Merci de l'avoir signalé M.Montmarquette.

    • Raymond Labelle - Abonné 20 août 2015 17 h 08

      Au cas où. Titre de l'article:

      Ne votez pas «stratégique», votez Bloc, dit Duceppe

      Date: 14 août 2015

      Journal: Le Devoir.

      Extrait pertinent:

      "« Je ne suis pas sûr que les Québécois soient pour l’oléoduc », a fait valoir M. Péladeau. Gilles Duceppe est quant à lui « clair, net et précis » à ce sujet, a-t-il poursuivi.

      M. Péladeau s’est toutefois abstenu de préciser jeudi s’il était lui-même « pour » ou « contre » tout projet de construction de pipelines servant à trouver des débouchés au pétrole issu des sables bitumineux, comme Énergie Est. « On ne peut pas aborder dans un point de presse des questions aussi importantes que les hydrocarbures. Je suis désolé, mais je ne peux pas vous donner une réponse qui va être un “ clip ” de 30 secondes. »"

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 août 2015 20 h 20

      Merci, M, Labelle.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 20 août 2015 07 h 17

    OK !

    OK, une fois que t’as dit ça, on fait quoi pour les élections (bien avant 2050) ? Si les trois partis politiques fédéraux ne présentent pas votre position «de base», on vote pour qui ?

    Si vous éliminez ce qui n'est pas désiré, à trois sur quatre, il ne reste que le quatrième; quel est-il ? Et pourquoi ne le nommez-vous pas ? Pourquoi cette «réserve» ? Pourquoi doit-on «deviner» ? Accuser les autres d’être flou en demeurant flou n’éclaircie pas le flou. Le doigt en l’air n’y change rien. Je n’ai rien contre vous particulièrement monsieur, mais un jour j’aimerais bien que vous finissiez vos phrases. En attendant, ce n’est que de la rhétorique qui nous répète ce que nous savons tous déjà sans indiquer la marche à suivre «immédiatement» en pointant le bon porte-parole. Évidemment, ce pourrait être coûteux de le faire, politiquement parlant, car vos supporteurs se font des ulcères à détester celui que vous ne nommez pas.

    Pour plus de clarté, quand vous parlez des trois partis politiques fédéraux que vous ne supportez pas, vous parlez bien des Conservateurs, des Libéraux et du NPD ? Je ne voudrais pas faire d’erreur d’interprétation. (Ah ! nommer les choses, quelle délivrance.)

    Ou encore… que vous ayez l’intention, un jour, d’aller nous représenter au Fédéral (petit cachotier), mais ce n’est que de la spéculation et toujours du flou.

    Vais-je avoir la chance de lire encore les commentaires habituels de vos représentants dans ce journal sur ce sujet ? L’impatience me ronge.

    Bonne journée.

    PL

    • Serge Morin - Inscrit 20 août 2015 10 h 05

      Compter sur un certain CM pour çà

    • Raymond Labelle - Abonné 20 août 2015 10 h 11

      Nommons les choses.

      Sur la question des hydrocarbures - aussi bien leur exploitation que leur remplacement - on peut dire que seul le parti vert manifeste une forte et claire volonté politique d'agir de façon efficace dans un sens écologique et ce, dans une perspective de gouvernement de l'État fédéral.

      Et ce (nommons bien), parmi les quatre partis suivants: Conservateurs, NPD, PLC, Bloc et Vert.

      Ce qui rend d’autant plus regrettable que TVA censure Mme May au débat qu'il organise.

  • Jean Lapointe - Abonné 20 août 2015 07 h 58

    Deux dimensions d'un même problème pour le Bloc.

    « La question pétrolière est de ce point de vue non seulement un enjeu national pour les indépendantistes québécois que nous sommes, mais aussi une question environnementale et sociale qui touche à la fois le peuple québécois, le peuple canadien, les Premières Nations et la planète entière !» (Amir Khadir)

    Amir Khadir donne l'impression de considérer la question de l'indépendance du Québec et la question environnementale et sociale comme deux questions différentes qui méritent un traitement différent.

    Pourtant les deux questions ne sont-elles pas liées? S'il souhaite « un plan crédible qui part d’« où nous sommes présentement » et nous montre un chemin à suivre « vers où nous voulons aller » en matière environnementale pourquoi en serait-il autrement quand il est question de l'indépendance du Québec?

    Et c'est justement la position qu'adopte le Bloc québécois d'après ce que j' ai pu comprendre. Le Bloc considère que l'indépendance fait partie du chemin à suivre pour être mieux en mesure d' aborder les problèmes environnementaux auxquels nous sommes confrontés.

    Le Bloc n'en fait pas, lui, deux problèmes différents. Pour lui, ce sont deux dimensions d'un même problème.

    Et comme c'est la position qu'il entend défendre au Parlement d'Ottawa.

    Ce qui fait que les Québécois qui veulent à la fois l'indépendance du Québec et une façon différente d'aborder les questions environnementales devraient voter pour le Bloc lors des prochaines élections parce qu' il n' y a aucun autre parti fédéraliste qui va le faire.

    C'est que tous les partis fédéralistes sont non seulement opposés à l'indépendance politique du Québec, ils veulent l'empêcher sous toutes sortes de prétextes.

    Amir Khadir, lui, nous dit qu'il est indépendantiste mais, si je ne me trompe pas, il considère qu'elle n'est souhaitable que si elle est perçue comme nécessaire. En d'autres termes, il ne semble pas être prêt à militer activement en sa faveur dès maintenant.

    Ai-je raison? Je le pens

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 août 2015 09 h 35

      «Amir Khadir donne l'impression de considérer la question de l'indépendance du Québec et la question environnementale et sociale comme deux questions différentes qui méritent un traitement différent.»-Jean Lapointe

      C'est pourtant notre belle et grande famille péquiste, qui passe le plus clair de son temps à nous répéter que l'inpendendance n'est ni à gauche, ni à droite, mais quelque part dans le statu quo néolibéral, pollutant et de droite actuel finalement.

      - Cm

    • Raymond Labelle - Abonné 20 août 2015 10 h 15

      Il s'agit d'une élection fédérale dont l'effet sera de déterminer quel parti gouvernera l'État fédéral. Il s'agit donc de choisir le parti qui propose le programme de gouvernement fédéral qui correspond le mieux à nos valeurs.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 20 août 2015 11 h 39

      Au grand minimum nous devons comprendre qu'il n'est même pas prêt à «nommer nommément» l'interlocuteur dans la course «maintenant» qui supporte sa position. Et ça... c'est pas fort. On patauge encore et toujours dans le vague de la brume non condensée.


      PL