L’indépendance en action et non en réaction

«Avec l'arrivée de Pierre Karl Péladeau, fini ce temps de la réaction», écrit Denis Forcier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Avec l'arrivée de Pierre Karl Péladeau, fini ce temps de la réaction», écrit Denis Forcier.

On peut s’en désoler encore, mais la défaite référendaire de 1995, malgré les tribuns de haut niveau que furent les Bouchard, Parizeau et Dumont, peut être explicable, fondamentalement, par le fait que la proposition de pays reposait principalement sur une réaction de frustration et de colère à la suite du rejet de l’accord du lac Meech en 1990, un rejet, en fait, du « beau risque » de René Lévesque et de sa main tendue, au nom du Québec, au Canada rêvé par Brian Mulroney. Une condition qui, malgré les apparences, n’a pas été gagnante.

Avec l’arrivée de Pierre Karl Péladeau, fini ce temps de la réaction, fini ce temps de « c’est la faute aux Anglais pour la conquête 1760, ou la faute à Pierre Elliott Trudeau et son ignominie pour avoir rapatrié la Constitution sans le consentement du Québec en 1982, ou encore la faute à… ». Cette histoire tissée de ressentiment ne l’intéresse pas. Et, heureuse coïncidence, ces vieux démons n’intéressent pas non plus la jeunesse, laquelle, si elle s’implique avec Péladeau, fera bouger les choses pour l’avenir du Québec.

En effet, les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas dans le passé négatif, mais dans l’avenir positif. Il est donc à espérer qu’avec Péladeau, ils voudront l’indépendance pour que le Québec soit un acteur de cet avenir ; pour que le Québec prenne sa place et profite de cet avenir ; mais aussi pour que le Québec apporte sa voix et sa contribution dans la définition de cet avenir avec les autres pays.

Et Péladeau a un atout majeur pour susciter leur intérêt. Bien qu’il soit d’âge moyen avec un fort bagage d’expérience, il est jeune en politique et tout comme les jeunes, il veut apprendre et il le fait rapidement afin de construire cet avenir pour le Québec. Tout comme eux, il veut agir et non simplement réagir. Sur cette base, il a de bonnes chances de rejoindre et de mobiliser rapidement cette jeunesse, d’autant plus qu’à la suite de cette course, le Parti québécois s’est enrichi d’idées nouvelles et modernes portées par des candidats dynamiques et plutôt jeunes qu’ont été les Alexandre Cloutier et Martine Ouellet.

Une phrase de son premier discours, le soir de sa victoire, à titre de chef du Parti québécois donne toute la mesure de l’homme Péladeau et de son projet : l’indépendance, c’est ni à gauche ni à droite, c’est maintenant !

Voilà de la détermination, celle d’assumer notre passé, celle de ne plus baisser les bras, celle d’aller parler avec les Québécois de leur avenir, celle de présenter un plan clair d’accession à la souveraineté, six mois avant la prochaine élection, celle enfin d’agir dès maintenant pour le pays.

Péladeau a un atout majeur pour susciter leur intérêt. Bien qu’il soit d’âge moyen avec un fort bagage d’expérience, il est jeune en politique et tout comme les jeunes, il veut apprendre et il le fait rapidement afin de construire cet avenir pour le Québec.

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