Vapoteuse: on confond le remède et le poison

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S’il y a lieu de s’enthousiasmer devant l’annonce du gouvernement de réviser la législation sur le tabac, visant à relancer la baisse du tabagisme, il est nécessaire de se questionner sur les impacts de la réglementation de la cigarette électronique (vapoteuse), maintenant soumise aux mêmes règles encadrant la cigarette de tabac.

De prime abord, une majorité d’utilisateurs, de propriétaires de boutiques et d’intervenants du milieu s’entendent pour dire qu’une législation était vivement nécessaire afin d’enrayer le doute et l’ambiguïté maintenus des années durant à l’égard des pratiques émergentes. Il était devenu prioritaire d’encadrer la cigarette électronique notamment parce qu’à l’heure actuelle, n’importe qui peut mettre le dosage de nicotine qu’il souhaite — la nicotine demeure un produit chimique, faut-il le rappeler —, aucune loi n’interdit la vente aux mineurs, il n’y a aucun produit qui est contrôlé de manière satisfaisante et rien n’indique que tel ou tel ingrédient est bel et bien présent dans tel produit. Bref, il était temps que Québec se penche sur le dossier, et c’est chose faite. À l’égard des mesures encadrantes, il est relativement de bon augure d’interdire le vapotage dans les milieux publics, car il advient inévitablement que cela peut déranger certaines personnes et que quelques-uns des « vapoteurs » n’auraient peut-être pas épousé le degré de civisme de la majorité des utilisateurs qui, eux, vapotent discrètement, ce qui aurait contribué à nuire à la cause. Concernant l’interdiction de vente aux mineurs, c’est une bonne nouvelle. Toutefois, il faudrait trouver une manière de rendre « accessible » la cigarette électronique à ces jeunes qui en ont vraiment besoin.

Là où le gouvernement semble errer, c’est lorsqu’il envoie le message que la cigarette électronique est du même bois que les produits du tabac et qu’il légifère en ce sens. En effet, la cigarette électronique et le tabac n’ont en commun que le nom, et de la sorte on causerait plus de tort que de bien en associant un produit récréatif pour adulte, qui plus est qui est une manière d’arrêter ou de diminuer de fumer, à un produit du tabac. À part la nicotine, il n’y a aucun lien à faire entre les deux. Bien sûr qu’il faut réglementer, mais aucunement comme un produit du tabac. Par exemple, interdire toute publicité alors qu’il est question d’une solution de santé publique pertinente est un non-sens et ferait surtout le jeu du lobby du tabac.

Si le gouvernement a bien raison de réglementer, il faudra veiller à ne pas mettre « le poison » et « le remède » dans le même sac, pour ainsi dire.

Soyons clairs, la vapeur de la cigarette électronique est presque inoffensive et reste dans l’air quelques dizaines de secondes seulement (contre environ 15 minutes pour la fumée de cigarette). Elle participe à l’approche de réduction des méfaits et serait des centaines de fois moins nocive que la cigarette traditionnelle (qui, elle, contient 4000 substances chimiques et produits toxiques, y compris environ 50 agents carcinogènes connus). De plus, la nicotine pouvant être contenue dans la cigarette électronique n’est pas cancérigène. Concernant la crainte qu’il s’agisse d’une « porte d’entrée » vers le tabagisme pour les jeunes, plusieurs études européennes pointent un pourcentage négligeable de cette réalité et sont plutôt encourageantes.

Bref, il est à espérer que notre gouvernement considère la cigarette électronique comme un formidable bienfait pour la santé publique, capable de sauver des millions de vies, et qui devrait être accueillie comme tel.

4 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 7 mai 2015 07 h 08

    46 ans d'esclavage

    J'ai arrêté il y a deux ans avec cette foutu machine à faire de la vapeur, je me pince encore en me levant le matin sans le gout d'une cigarette en sortant du lit. Ils peuvent tous dire ce qu'ils veulent moi j'ai ma réponse toute vraie sans études ou statistiques.

    Et finalement c'est sur que le lobbyisme y est pour quelque chose dans tout ça sinon se serait disparu du marché depuis longtemgs la cigarette. La contrebande ça fait l'affaire des gouvernements pour justifier leur innaction face à ce cancer de produit. Trop d'argents et d'emplois en jeu pour prendre la bonne mesure, bande d'hypocrites.

  • Christian Dion - Abonné 7 mai 2015 10 h 05

    Moyen salutaire d'arrêter de fumer.

    J'ai 57 ans et été fumeur jusqu'au mois d'avril 2014 ayant opter pour la vapoteuse à compter de ce jour..
    C'était un vendredi après-midi. Après avoir été conseillé par le vendeur, j'ai acheté
    le nécessaire, soit la vapoteuse avec liquide 18 mg de nicotine(je fumais entre de 35 à45 cigarettes par jour). En sortant du magasin, j'ai commencé immédiatement à vapoter bien qu'il me restait encore des cigarettes et à compter de ce moment, je n'ai plus jamais touché une cigarette de ma vie. Depuis, ma respiration s'est grandement amélorée, je n'ai plus de sécrétion dans la gorge le matin, il n'y a plus de mauvaise senteur dans la maison au grand plaisir de ma conjointe.
    Opter pour le vapotage a été salutaire pour m'aider définitivement à arrêter de fumer.
    Christian Dion, abonné
    P.S. Un médecin m'a confirmé que la nicotine est aucunement cancérigène.

  • Sylvain Auclair - Abonné 7 mai 2015 11 h 19

    Si le but est de briser la dépendance...

    Si le but des cigarettes électriques est de briser la dépendance, ne devraient-elles pas être réservées à ceux qui fument déjà?

    • Yves Corbeil - Inscrit 7 mai 2015 14 h 51

      Allez donc comprendre, si nous avions eu toute ces publicités négatives sur ce produit pensez-vous qu'il y aurait eu autant de fumeur de ma génération. Maintenant je m'explique très mal pourquoi certain jeunes commencent à fumer, un mystère pour moi.