Roland Parenteau, bâtisseur de l’ENAP

Universitaire de carrière et gestionnaire reconnu, Roland Parenteau a participé et contribué directement à façonner le Québec des décennies 1960, 1970 et 1980.
Photo: Louise Lemieux Archives Le Devoir Universitaire de carrière et gestionnaire reconnu, Roland Parenteau a participé et contribué directement à façonner le Québec des décennies 1960, 1970 et 1980.

C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Roland Parenteau. La communauté de l’ENAP conservera de lui le souvenir d’un doyen et d’une éminence de la discipline de l’administration publique. La société québécoise en général se souviendra de lui comme d’un bâtisseur, d’un artisan de la première heure du Québec d’aujourd’hui.

Pour nous, Roland Parenteau a été tout spécialement notre fondateur. En 1969, il fut chargé par le gouvernement de créer, littéralement, l’École nationale d’administration publique afin de doter le Québec d’une institution de haut savoir dans l’enseignement et la recherche en administration publique, ainsi que dans la formation et le perfectionnement d’administrateurs publics — une institution d’enseignement supérieur tournée vers l’excellence de l’État. Nous savons, par ses mémoires publiés en 2008, que cette réalisation professionnelle a toujours compté parmi celles dont il était le plus fier.

Il fut, à l’ENAP, le premier directeur jusqu’en 1974, il y enseigna pendant plus de 17 ans avant de devenir professeur émérite en 1991. Plus qu’un titre, cette accession à l’éméritat se voulait une reconnaissance pour sa contribution exceptionnelle au rayonnement de la discipline et de notre École.

Universitaire de carrière et gestionnaire reconnu, Roland Parenteau a aussi participé et contribué directement à façonner le Québec des décennies 1960, 1970 et 1980 et que l’on peut rattacher sans équivoque au groupe des grands artisans de la Révolution tranquille. Ainsi, au début des années 1960, il a été, notamment, directeur général du Conseil d’orientation économique du Québec (1964-1968) et puis directeur fondateur de l’Office de planification du Québec (1968-1969).

Tout au long de sa carrière universitaire, il a signé de très nombreux articles et a participé à plusieurs ouvrages marquants, d’abord sur l’économie du Québec et du Canada, puis sur le management et l’administration publique. Il a aussi été membre, de 1978 à 1982, du Conseil de rédaction de la revue Administration publique du Canada, qui récompense, depuis 1992, l’auteur du meilleur article en langue française d’un prix qui porte son nom. Un autre prix existe d’ailleurs à l’ENAP depuis 1991, pour récompenser nos meilleurs étudiants.

Ayant toujours été profondément préoccupé de communication et de vulgarisation des connaissances, il a participé à de nombreux colloques et prononcé quantité de communications devant des sociétés savantes, des organisations professionnelles, des entreprises publiques et des groupes sociaux. Il a été sollicité pour participer à des dizaines d’émissions de radio et de télévision.

Il a siégé à maints comités et organismes consultatifs, tant à Ottawa qu’à Québec. Il a effectué de nombreuses missions de planification et d’évaluation dans plusieurs pays de l’Afrique francophone en qualité de conseiller en évaluation de programmes auprès de l’ACDI. Membre de la Société royale du Canada à partir de 1964, il a reçu en 1986 la Médaille Vanier de l’Institut d’administration publique du Canada, il a été décoré de l’Ordre national du Québec en 1994, et il a reçu, en 2010, la Médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.

Roland Parenteau nous quitte au moment où l’administration publique se redéfinit. Son sens du devoir, du bien commun et de l’innovation sont autant de vecteurs qui doivent aujourd’hui nous inspirer. Et, à cet égard, l’ENAP, cette institution qu’il a fondée pour répondre précisément à ce genre de défis, est toujours présente pour contribuer à la formation, au perfectionnement et au soutien des organisations publiques, d’ici comme ailleurs dans le monde. Cette pérennité dans l’action donne l’ampleur du legs qu’il laisse au Québec.