La doctrine Gérin-Lajoie, un socle solide

«La vision de Paul Gérin-Lajoie inspire mon travail de ministre des Relations internationales et de la Francophonie», confie Christine St-Pierre.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir «La vision de Paul Gérin-Lajoie inspire mon travail de ministre des Relations internationales et de la Francophonie», confie Christine St-Pierre.

Enfant, Paul Gérin-Lajoie faisait déjà partie de ma vie et de celle de milliers de jeunes Québécois et Québécoises. Il nous a transmis le désir d’apprendre, tout comme celui de découvrir le monde. Dans un discours dont nous célébrons ces jours-ci le 50e anniversaire, il a énoncé ce qui constitue aujourd’hui le socle juridique et politique des relations internationales du Québec.

Cette doctrine, présentée pour la première fois le 12 avril 1965, stipule que le Québec a non seulement le droit, mais également le devoir, d’exercer ses compétences chez lui comme sur la scène internationale. Elle trace la ligne à suivre pour le Québec, par l’extension externe de nos compétences internes.

Cinquante ans plus tard, la vision exprimée par M. Gérin-Lajoie aura véritablement inscrit le Québec dans l’espace international. Le Québec est de plus en plus visible et a su approfondir cette dimension. C’est cette vision qui, aujourd’hui, inspire mon travail de ministre des Relations internationales et de la Francophonie.

Il y a un an, le premier ministre, Philippe Couillard, m’a confié la mission de mettre cet héritage au service du développement du Québec. Notre gouvernement sait que nos grands défis économiques s’ancrent plus que jamais dans un environnement mondial hautement compétitif. Nos grands projets de développement, qu’il s’agisse du Plan Nord ou de la Stratégie maritime, ne sauraient être menés à bien sans de substantiels partenariats étrangers. En tant qu’État fédéré, le Québec contribue de façon importante à l’effort collectif de lutte contre les changements climatiques et de gestion durable des ressources et de l’environnement.

Les États qui réussissent le pari de la prospérité savent être aux bons endroits, aux bons moments. C’est ce qu’illustre notre décision récente d’ouvrir des représentations à Dakar ainsi que dans la province chinoise du Shandong et d’accroître notre capacité d’action économique aux États-Unis, à Houston et à San Mateo. On n’insistera jamais assez sur le caractère stratégique de nos représentations à l’étranger, qui accompagnent tous les ans quelque 4000 exportateurs, universitaires et artistes.

L’an dernier, nous avons été partenaires de près de 300 projets de coopération et de 100 projets de solidarité internationale. Les retombées de tels investissements profitent à l’ensemble de la société québécoise. Cette place que les Québécois occupent désormais sur la scène internationale, par le truchement du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, a de quoi rendre fier M. Gérin-Lajoie.

Les principes qu’il a énoncés il y a 50 ans sont à la base de l’engagement remarquable des femmes et des hommes du MRI, qui poursuivent le développement de réseaux d’influence, la conclusion d’ententes, le rayonnement du Québec et le soutien à l’étranger aux éléments les plus dynamiques de notre nation.

Autant ces principes ont permis à l’État québécois de mener une diplomatie fructueuse, de l’adapter aux contraintes du moment et aux configurations changeantes de l’environnement international, autant ils guideront notre action des prochaines années au service du développement économique, scientifique, social et culturel du Québec. La doctrine Gérin-Lajoie, en somme, demeure aussi pertinente et actuelle qu’elle l’était il y a 50 ans.

C’est forts de cette assise que nous intensifions nos collaborations avec les acteurs, traditionnels et nouveaux, des relations internationales, y compris les entreprises, villes, universités et créateurs, et ce, sur toutes les places, y compris numériques, où le commandent les intérêts du Québec.

Encore aujourd’hui, et après 50 ans d’actions d’envergure internationale, M. Gérin-Lajoie nous rappelait récemment que « pour prospérer et se développer dans un monde compétitif et globalisé, le Québec se doit, plus que jamais, de tisser des relations avec le reste de la planète, dans tous les domaines d’activités ». Puisse cette doctrine inspirer nos actions et ceux qui nous succéderont dans la représentation du Québec dans le monde.


 
6 commentaires
  • Denise Lauzon - Inscrite 14 avril 2015 03 h 31

    Le mot d'ordre est: exploiter pour prospérer jusqu'à la fin des temps


    La planète entière est soumise à une exploitation intensive de ses ressources. Tous les gouvernements s'évertuent à chercher des moyens de pousser toujours davantage ces exploitations et pour y aller plus efficacement, ils s'assurent que les jeunes soient formés non pas pour travailler à la préservation de la nature mais bien pour qu'ils en arrivent eux aussi un jour à poursuivre cette surexploitation des ressources naturelles. Des chantiers de construction qui pourraient s'étendre sur la planète entière. Voilà le grand projet de l'espèce humaine qui est en train de s'opérer au détriment de toutes les autres formes de vie.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 14 avril 2015 06 h 23

    … invisible !

    « En tant qu’État fédéré, le Québec » (Christine St-Pierre, ministre, MRIFQ)

    De cette citation, la visibilité internationale du Québec devrait être « souveraine » (d’indépendance) des diktats du Canada qui, de vision parfois discutable, cherchent à limiter et court-circuiter son autonomie en matière de politique étrangère !

    Oui, en effet, le Québec demeure visible à l’extérieur, et ce, depuis possiblement Gérin-Lajoie, mais, de l’intérieur, on-dirait qu’il est comme …

    … invisible ! - 14 avril 2015 -

  • Gilles Théberge - Abonné 14 avril 2015 09 h 26

    Malheureusement

    Le problème c'est que cette ministre n'a pas la crédibilité qu'il faut posséder pour se réclamer et s'inscrire dans le sillage du grand personnage, que dis-je, le monument politique qu'est Paul Gérin Lajoie.

    Si l'intérêt principal de cette ministre était le Québec, on le saurait...

  • Pierre Grandchamp - Abonné 14 avril 2015 10 h 48

    Le ratatinement du Québec au plan international

    Mme St-Pierre s’est empressée de remplacer des gens compétents et qualifiés par des libéraux, notamment Christos Sirros à Londres à l’âge de 67 ans. http://jflisee.org/tag/christos-sirros/

    Ensuite, elle s’est mis les pieds dans les plats en accusant faussement son prédécesseur J.F. Lisée; elle a dû s’excuser.

    Le premier ministre Couillard ne nous a pas impressionnés au niveau international. Que ce soit en Chine, en Islande.....Il n’était pas là en France en janvier pour accompagner le peuple français(Affaire Charlie). Il n’a même pas envoyé de ministre. Il se comporte en bon premier ministre provincial.

    IL faut le dire: avec Couillard et madame St-Pierre, c’est le ratatinement du Québec sur le plan international:

    http://jflisee.org/comment-ratatiner-la-presence-i

  • André Nadon - Inscrit 14 avril 2015 11 h 24

    Un État fédéré.

    Le choix des mots exprime très bien la pensée du gouvernement du PLQ, satisfait de sa condition de grosse municipalité et son désir de se fondre dans le Canada.
    À l'intérieur du Canada, notre pouvoir d'être soi-même continuera à diminuer. L'assimilation est à nos portes.
    En plus de subir le poids de la mondialisation,s'ajoutera le poids d'être une petite minorité dans un pays qui ne fut jamais le nôtre.