Résolu c. Greenpeace: une trêve svp

« L’heure est à la trêve et à la concertation, et nous devons miser sur la bonne foi de l’ensemble des acteurs en présence, et leur demander de venir s’asseoir ensemble. »
Photo: Anagramm « L’heure est à la trêve et à la concertation, et nous devons miser sur la bonne foi de l’ensemble des acteurs en présence, et leur demander de venir s’asseoir ensemble. »

Nous avons annoncé mercredi notre volonté de proposer aux intervenants concernés par le maintien de la certification FSC (Forest Stewardship Council) chez Produits forestiers Résolu (PFR) de se mettre à la recherche de solutions. Notre point de vue, depuis 2006, est que la norme FSC est un outil pertinent pour mettre en place les conditions gagnantes pour une foresterie durable, respectueuse de l’environnement et des communautés qui vivent de ses fruits. Cette norme, exigée par plus de 1800 clients importants, partout sur la planète, nous apparaît comme un gage de stabilité pour assurer le maintien de bons emplois dans un secteur forestier fragilisé par les crises, les changements technologiques et le déclin de la demande, car elle permet de solidifier la place des entreprises certifiées dans le marché des produits du papier et du bois, et de garantir les contrats avec les clients majeurs.

Se mettre à la recherche de solutions en vue de maintenir la norme FSC chez PFR suppose d’abord de rompre avec le climat actuel de confrontation entre la direction de PFR, les organisations syndicales, Greenpeace et les autres groupes environnementaux. L’heure est à la trêve et à la concertation, et nous devons miser sur la bonne foi de l’ensemble des acteurs en présence, et leur demander de venir s’asseoir ensemble. C’est ce rôle que la Fédération de l’industrie manufacturière de la CSN veut jouer, celui de rassembler ces intervenants à la même table et leur demander de trouver des solutions durables pour régler les non-conformités qui feront bientôt perdre la certification à PFR.

Pour régler ces quelque 13 non-conformités majeures et mineures pour les exploitations forestières de PFR au Lac-Saint-Jean, nous souhaitons ardemment que la direction de la compagnie, le gouvernement, les communautés autochtones, les élus locaux, les organisations syndicales et les groupes environnementaux collaborent à un plan de sortie de crise. D’une part, PFR et le gouvernement doivent s’entendre sur les actions à poser pour assurer la conformité des opérations forestières au Lac-Saint-Jean avec le cahier de charges de la norme FSC, et d’autre part, les communautés locales, autochtones ainsi que les travailleurs doivent être mobilisés dans ce processus. Finalement, afin de permettre la mise en place de ce plan d’action et de donner le temps à PFR de se conformer à sa certification FSC, nous souhaitons que les groupes environnementalistes, dont Greenpeace, acceptent de mettre de côté leur campagne de pression et collaborent avec nous dans ce processus.

Nous souhaitons aussi interpeller le certificateur FSC et le vérificateur en cause, Rainforest Alliance, afin qu’ils collaborent activement à cette concertation, pour guider nos travaux et nous indiquer comment PFR doit orienter ses actions pour maintenir sa certification.

Les différents intervenants seront contactés au cours des prochains jours, et nous souhaitons amorcer cette concertation au début de l’année 2015. Il y va de l’avenir d’un pan important de notre secteur forestier et des emplois dans nos régions.

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1 commentaire
  • François Genest - Inscrit 19 décembre 2014 09 h 37

    Pour une entente réelle

    J'ai assisté à une audience où la Cour entendait beaucoup d'avocats : ceux d'une communauté autochtone, d'une famille traditionaliste affectée directement par les coupes, de Resolu et du gouvernement. Voici mes observations : 1) L'octroi des permis de coupes est fait par des fonctionnaires ignorants de la culture des traditionalistes. Exemple : «Ils nous disent qu'il y a des espaces sacrés, mais on n'a pas moyen de savoir si c'est vrai.» 2) L'accès aux informations sur l'utilisation du territoire est inégal : le public n'a pas les moyens de connaître la vitesse, l'étendue et les répercussions des coupes. 3) Les travailleurs et la SQ sont prompts à criminaliser les autochtones.

    À mon humble avis, le leadership ne viendra pas du politique, ni du patronat. Je salue votre appel et je vous souhaite de trouver une solution durable.

    François Genest