Les Québécois ne sont pas radins

Malgré une culture philanthropique encore jeune, les gens de Québec sont fondamentalement généreux. La solidarité est une valeur bien vivante, chère aux citoyens d’ici. La campagne annuelle de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches en est d’ailleurs une preuve tangible, connaissant une croissance marquée depuis plus de 20 ans.

Nous vivons dans une région où les organisations sont dynamiques, où les entrepreneurs innovent et où, somme toute, l’économie se porte plutôt bien. Et pourtant, bien que ce portrait soit positif, une personne sur cinq a eu recours aux services offerts par les 211 organismes et projets soutenus par Centraide en 2013. Pauvreté, exclusion, détresse, maladie mentale, dépendances, violence, etc.: les problématiques qui fragilisent nos semblables – mais également toute notre société – se transforment, s’accentuent, se complexifient. L’État ne peut répondre à tout, et c’est pourquoi des ressources communautaires sont présentes. Pour être en mesure d’offrir une prestation de services de qualité, ces dernières ont toutefois besoin de revenus dont une bonne part est le fruit de votre générosité.

L’an dernier, 101 080 donateurs ont contribué à la campagne de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches. Quand on fait un don, on fait appel à la fois à notre émotion et à notre raison. En effet, on s’engage envers une cause en laquelle on croit parce qu’avant tout, celle-ci fait vibrer une corde sensible et trouve écho à nos valeurs. Mais on souhaite également, aussi intensément, que l’argent confié soit géré avec rigueur et ait un maximum d’impact. Pour y arriver, Centraide doit bien connaître les réalités des milieux, cerner les problématiques non seulement existantes, mais émergentes, et cibler les ressources communautaires les mieux placées pour agir.

Chaque dollar donné à Centraide est réinvesti avec le souci constant de faire une réelle différence dans notre collectivité. Cette année, 88 % des dons recueillis en 2013 ont été versés à des organismes et des projets qui interviennent sur le terrain auprès de personnes et de familles dont le quotidien est fragilisé. À ce titre, Centraide Québec et Chaudière-Appalaches enregistre un des plus hauts pourcentages de retour à la communauté non seulement parmi les oeuvres de bienfaisance de la région, mais du Québec. D’ailleurs, sans le précieux engagement des 5 500 bénévoles qui consacrent de leur temps, Centraide ne pourrait remplir aussi efficacement sa mission et maintenir des frais d’administration aussi bas.

Donner – de l’argent comme du temps – s’inscrit sans contredit dans l’ADN des gens d’ici qui partagent, tout comme nous, la profonde volonté de tendre la main à chaque personne vulnérable. Nous avons la certitude de changer le cours des choses et de bâtir, avec vous et surtout grâce à vous, une société plus inclusive. Au nom de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, sincèrement merci.

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1 commentaire
  • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 23 octobre 2014 10 h 54

    La charité, résidu de protestantisme

    Que de beaux CV à mettre en exergue de cette lettre toute empreinte d'humanisme.

    Les fleurons de notre belle société : comptable, médecin, financier et faiseur d'opinion réunis au club de golf pour aider les pauvres.

    Bien entendu, "(l)’État ne peut répondre à tout", c'est pourquoi nous faisons tous les efforts pour solliciter des dons, déductibles d'impôts et qui permettent en outre de mettre un nom sur la charité, de personnaliser cet altruisme.

    Ces mêmes qui se plaignent du fardeau fiscal ou qui se battent pour des hausses de salaire viennent après coup signer des chèques de solidarité. C'est ce qu'on appelle le marketing solidaire : les causes doivent alors se faire voir, en montrant des enfants malades, en tombant dans le misérabilisme, pour susciter la sympathie des bonnes gens.

    Est-ce plus efficace que de laisser le soutien social dans les mains de l'État? En partie, peut-être, mais il est évident que le pouvoir de l'État pour atténuer à la base les inégalités et leurs conséquences est énorme, du moins s'il en a les ressources.

    Laisser la "charité" entre les mains de mécènes intéressés, résidu de protestantisme, permet surtout à ceux-ci de lier leur nom à des causes populaires, et fait en sorte que les organismes sont constamment dans le marketing du malheur pour attirer les dons. En outre, cela maintient les inégalités structurelles et contribue à légitimer ces inégalités, en faisant du riche un "sauveur" altruiste.

    Ce n'est pas la solution au problème, ce n'est qu'un pansement infecté....