Service de garde: je crains le pire

Pour améliorer l’accessibilité aux services de garde, il faut plus.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Pour améliorer l’accessibilité aux services de garde, il faut plus.

J’observe le débat sur le financement des services de garde et j’écoute les échos des rumeurs sur les options pour son expansion. J’appréhende le pire ; je le crains.

J’ai la chance inouïe de travailler comme professeur d’université. Je collabore à différents travaux touchant le développement des enfants, la réussite scolaire, les difficultés d’apprentissage, la scolarisation chez les allophones. Je pourrais vous présenter mille données, provenant de mille études différentes démontrant hors de tout doute qu’on a tout à gagner à être fous de nos enfants. Mais je suis surtout mère de deux enfants d’âge préscolaire. C’est à titre personnel que je choisis d’écrire cette lettre puisque c’est chaque fibre de ma personne, mon coeur comme mon esprit, qui vibre au son de ce débat.

La solution au financement : je l’appréhende et je la crains. Il est vrai que garder des coûts raisonnables est essentiel à l’accessibilité au réseau et au retour des femmes sur le marché du travail. Mais pour améliorer l’accessibilité, il faut plus. Il faut convaincre les parents des milieux plus vulnérables de faire confiance au réseau. Il faut que les moyens pour s’inscrire sur la liste d’attente soient simples et accessibles à tous. Il faut surtout des CPE ayant pignon sur rue précisément dans les milieux défavorisés. Combien de garderies privées, que l’on veut transformer en CPE d’un coup de baguette magique, ont leur adresse dans les quartiers défavorisés ?

Quand j’entends que l’expansion du réseau passera vraisemblablement par l’accréditation de garderies privées en CPE… je n’appréhende plus le pire, je ne le crains plus, je tremble. La qualité des services éducatifs dans les garderies privées doit être sérieusement remise en question. Quel sera le processus d’accréditation mis en place ? Quels seront les critères pour la formation, les pratiques éducatives, les programmes, les installations, qui devront être remplis par un établissement pour qu’il obtienne une accréditation de CPE ? Ces garderies privées facturent entre 40 et 55 $ par jour par enfant aux parents. Les enfants inscrits viennent forcément de milieux favorisés. En quoi accréditer ces garderies en CPE aidera-t-il à prévenir les difficultés chez les enfants les plus vulnérables ? Est-ce vraiment l’expansion du réseau dont la société a besoin ?

J’appréhende et je crains la suite des choses. Si le gouvernement voulait simplement réduire le coût du réseau, il aurait pu augmenter les tarifs, comme l’a proposé le gouvernement précédent.

Pourquoi modifier la règle du tarif universel ? Pourquoi choisir d’accréditer les garderies privées alors que ce choix ne peut que nuire au principe fondateur du réseau des CPE : la prévention des difficultés scolaires et sociales des plus vulnérables ? J’ai peur et je tremble. Je suis trop jeune pour avoir connu la grande noirceur, mais je sens parfois que la lumière s’éteint. Bonne nuit, les enfants.

2 commentaires
  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 16 septembre 2014 11 h 47

    Les slogans, d'la petite politique

    @ Mme Andréanne Gagné
    Les slogans des libéraux,
    En 2003, c'était "Nous sommes prêts",
    En 2008, c'était "Les deux mains sur le volant"
    En 2012, c'était "Pour le Québec"
    En 2014, c'était "Ensemble on s'occupe des vraies affaires"

    Et de 2003 à 2012 le déficit du Québec est passé de 2 milliards à 12 milliards de dollars et avec M.Couillard, le chum et successeur de John James Charest libéral, l'on vivra avec les années qui viennent la période d'austérité la plus sévère que les Québécois auront vécu et il vendra les acquis des Québécois; l'Hydro-Québec, la SAQ, la SAAQ, Loto-Québec et la CDPQ aux néo-libéraux.
    Ça, c'est de la grande, très grande noirceur. Ce sont les ténèbres qui s'en viennent.

    Ce que vous n'avez pas vécu dites-vous, "La période de la grande noirceur", fût un slogan libéral qui ne pouvaient se défaire de M. Duplessis. Un très grand québécois. Charest et Couillard n'y viennent pas à la cheville.

    Sous son régime, les femmes furent admises au Barreau. Il fit construire 4000 écoles au Québec pour les francophones qui étaient porteurs d'eau et il autorisa le développement et la construction de l'université de Sherbrooke.
    Le bilan de chacune des années fiscales se soldait pour un "0" de déficit. Aucune dette pour le Québec. Aucune dette, ce qui permit de réaliser pour les suivants libéraux, Jean Lesage, Pariseau, Lévesque et autres, la Révolution tranquille.
    Ce que l'on ne nous enseigne pas dans nos écoles en raison de la censure libérale.
    Il fut l'instigateur de l'Hydro-électricité québécoise.
    Oui, il y eut de la corruption. Il dit un jour que pour battre les libéraux il fallait jouer leur propre "game". (Il était un fan de baseball)
    Taschereau son prédécesseur libéral était un corrompu qui aurait pu témoigner à la commission Charbonneau puisque les impôts des Québécois allaient dans les comptes bancaires des membres de sa famille, culture bactérienne libérale.
    Authenticité qui se vérifie à l'histoire. (Voir le film Duplessis)

    • Gaetane Derome - Abonnée 16 septembre 2014 19 h 34

      On ne peut dire que c'est un homme ou deux qui ont fait la Revolution Tranquille mais toute une generation,celle de 1960.C'est surtout a ce moment ou apparait la separation de l'Eglise Catholique et L'Etat,apparait en meme temps l'affirmation des femmes en societe.
      Dans les annees 1970 il y a de plus en plus de femmes qui font leurs cours universitaires et pour la premiere fois on retrouve 40% d'etudiantes en medecine a Montreal.
      C'est aussi,cette Revolution Tranquille le debut d'un mouvement nationaliste fort chez les quebecois francophones.
      Le parti quebecois a permis ces garderies accessibles a toutes les familles,c'est un acquis social-democrate et aussi pour les femmes.Je pense qu'il faut le preserver.
      A noter que c'est sous la gouvernance de M.Charest(PLQ) que le Quebec a engranger ce deficit de pres de 12 milliards.