FRQSC: mais où va donc cet argent?

Rémi Quirion est le scientifique en chef du Québec.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Rémi Quirion est le scientifique en chef du Québec.

Le financement est essentiel dans les études de deuxième et de troisième cycle. Il permet aux étudiants de ne pas avoir d’emploi parallèlement à leurs études, ce qui maximise leur présence au sein de groupes de recherche et dans les colloques. Ce n’est pas sans raison que les bourses d’excellence du Fonds de recherche québécois Société et culture (FRQSC) et du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH) figurent parmi les plus convoitées au sein de la communauté estudiantine en sciences sociales. Les candidats préparent leur dossier durant plusieurs semaines et patientent six mois avant de savoir s’ils obtiendront un financement pour les deux ou trois prochaines années.

 

Cette année, après avoir diffusé une première offre de bourses en avril à plusieurs candidats, le FRQSC a décidé de ne pas offrir, contrairement à ce qu’il a toujours fait, un deuxième et un troisième tour de bourses aux étudiants. Or, plusieurs étudiants ont décliné l’offre qui leur a été faite en avril. Malgré ces refus, les bourses qui leur ont été attribuées ne seront pas offertes à d’autres candidats. Celles-ci ont pourtant toujours permis à des centaines de candidats supplémentaires de poursuivre des études aux cycles supérieurs et de faire avancer la recherche en sciences sociales au Québec. Il y a donc une moins grande présence d’étudiants financés aux cycles supérieurs dans les programmes de sciences sociales.

 

D’ailleurs, la décision du FRQSC hypothèque sans doute des étudiants motivés et qualifiés à faire avancer la recherche au Québec. De plus, elle témoigne d’un manque de considération envers tous les candidats aux bourses qui ont mis du temps et de l’énergie dans la préparation de leur dossier. D’autant plus que les trois fonds de recherche du Québec (dont le FRQSC) obtiennent une hausse de leur budget cette année. Ainsi, où va donc l’argent ? Pourquoi y a-t-il plus d’argent disponible et moins de bourses offertes ?

 

Des messages contraires

 

Dans un message diffusé à la communauté de recherche le 9 juin, le scientifique en chef, Rémi Quirion, a manifesté son grand bonheur de voir les budgets des Fonds de recherche être bonifiés de 12,9 % pour la prochaine année. Cette bonification permet, selon lui, l’augmentation du « nombre de bourses d’excellence offertes [aux] étudiants-chercheurs tout en appuyant la relève universitaire ».

 

Puis, un communiqué diffusé le 7 juillet a plutôt fait savoir aux candidats ayant postulé à des bourses que le contexte budgétaire actuel n’a pas permis au FRQSC d’offrir une deuxième et une troisième offre de bourses. Ces messages contradictoires entraînent une stupéfaction légitime de la part des candidats. Il aurait été pour le moins juste et dans le devoir du FRQSC d’offrir minimalement les bourses déclinées au premier tour aux candidats positionnés sur les listes d’attente afin de ne pas retirer complètement ce financement aux étudiants inscrits aux cycles supérieurs.

 

L’un des objectifs des Fonds de recherche québécois, dont le FRQSC, est d’accorder un plus grand soutien à la relève scientifique. Le FRQSC a comme responsabilité de soutenir financièrement la recherche et la formation des chercheurs. Pourtant, le FRQSC a failli à sa responsabilité. La décision de ne pas offrir de bourses au deuxième et au troisième tour réduit l’espoir de plusieurs étudiants ayant la volonté de poursuivre leurs études aux cycles supérieurs, mais n’ayant pas les moyens financiers pour y parvenir. Comment les étudiants peuvent-ils accepter une telle décision de la part d’un organisme qui envoie des messages contradictoires ? Comment le FRQSC peut-il répondre à son mandat en prenant une telle décision ? Si le FRQSC veut répondre à sa mission première de promouvoir la recherche, la diffusion des connaissances et la formation de la relève grâce à l’octroi de bourses, il doit revoir sa position.

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