L’affaire Alex Sodiqov : l’affaire de tous

Alex Sodiqov est un étudiant au doctorat en science politique à l’Université de Toronto. Depuis le 16 juin dernier, il est détenu au Tadjikistan. Son crime ? Les autorités tadjikes n’en ont pour le moment identifié aucun.

 

Natif du Tadjikistan, il a été arrêté alors qu’il menait une entrevue avec un membre de l’opposition, dans la ville de Khorog, pour un projet de recherche dirigé par l’Université d’Exeter, au Royaume-Uni. Pour le moment, on le soupçonne seulement « d’espionnage », voire de « trahison ». Sa détention est ainsi illégale, la loi tadjike n’autorisant pas une détention de plus de 72 heures sans chef d’accusation.

 

Mais au-delà de la dimension juridique, l’affaire Alex Sodiqov est profondément préoccupante pour tous ceux et celles qui se soucient de la liberté d’expression. En effet, pareille entorse à la liberté académique envoie clairement le message qu’on nous épie, qu’on nous donne le droit de nous exprimer seulement à condition de ne pas trop s’intéresser à certains sujets sensibles aux maîtres. Alex Sodiqov est enfermé au Tadjikistan, mais les Québécois et les Canadiens ne doivent pas être dupes : comme nous le rappellent régulièrement les journalistes canadiens pour la liberté d’expression, la liberté d’expression est menacée chez nous comme outre-frontières. Soyons donc solidaires de ce jeune homme, boursier de la Open Society Foundation (inspirée du livre de Karl Popper) et assoiffé d’un monde plus libre.

 

Il y a des raisons d’espérer un dénouement heureux. En effet, loin d’être autarcique, le Tadjikistan est, on peut le présumer, très sensible aux pressions internationales, dépendant lui-même dans une très large mesure de l’aide internationale pour financer ses services publics. De plus, les autorités tadjikes ont récemment promis à leurs homologues britanniques qu’ils effectueraient une enquête « objective ». En sonnant l’alarme collectivement, on peut contraindre les autorités tadjikes à maintenir leur promesse et s’assurer qu’Alex ne se voit pas refuser la justice qu’il mérite.

 

Bien que la balle soit présentement dans le camp du gouvernement tadjik, les citoyens du monde entier peuvent unir leur voix pour sauver Alex Sodiqov. Ceux et celles qui se sentent interpellés par cet enjeu peuvent s’activer de différentes manières, en commençant par visiter le site Web créé par les collègues d’Alex à l’Université de Toronto, freealexsodiqov.org, en signant les pétitions disponibles sur le site, ou encore en incitant le gouvernement canadien à maintenir la pression sur le gouvernement tadjik. En effet, bien qu’Alex Sodiqov et son épouse, Musharaff Sodiqova, ne soient pas citoyens canadiens, leur jeune fille Erika l’est, étant née au Canada. Le gouvernement canadien doit donc se sentir particulièrement concerné par cette affaire.

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