Libre opinion - Régimes de retraite: les promesses brisées

Imaginez que vous souscrivez une assurance vie. En payant les primes d’assurance déterminées dans votre contrat, l’assureur s’engage, à votre mort, à donner un montant d’argent prévu au contrat à vos héritiers. L’assureur vous fait une promesse : vous payez aujourd’hui et il payera dans le futur. Des milliers de contrats impliquant ce genre de promesse se signent au Québec chaque jour.

 

Vous avez respecté votre partie du contrat et avez payé rubis sur l’ongle toutes vos primes. Lorsque vient le temps pour l’assureur de remplir sa part du contrat et de payer vos héritiers, celui-ci trouve que ça lui coûte beaucoup trop cher. Il décide donc de lancer une campagne de relations publiques pour demander au gouvernement de pouvoir rouvrir votre contrat d’assurance vie pour ne respecter qu’une partie de sa promesse tout en gardant vos primes payées.

 

Imaginez maintenant qu’à la suite de plusieurs articles dans les journaux vous dépeignant comme un profiteur qui coûte trop cher à l’assureur, le gouvernement du Québec décide d’accepter la demande de la compagnie d’assurance et de déposer un projet de loi pour vous enlever les bénéfices de l’assurance vie que vous avez payée. Comment qualifieriez-vous ce projet de loi qui saperait la sécurité financière de vos héritiers ? Probablement de vol légalisé.

 

C’est pourtant ce que le gouvernement du Québec, autant sous les péquistes de Pauline Marois que les libéraux de Philippe Couillard, s’apprête à faire aux employés municipaux du Québec. Ceux-ci ont accepté d’avoir un salaire moins élevé durant leur carrière en échange d’une promesse que les municipalités allaient leur payer une rente de retraite qui leur garantirait une sécurité financière pour leurs vieux jours.

 

Pendant des années, les travailleurs municipaux ont respecté leur part du contrat en travaillant et en payant leur promesse de retraite avec une partie de leur rémunération. Maintenant que les régimes de retraite coûtent plus cher que les municipalités ne le souhaitent, le gouvernement du Québec s’apprête à répondre à leur campagne de relations publiques et à légaliser le fait qu’elles brisent leur promesse.

 

Ce projet de loi est très inquiétant parce qu’il crée un précédent important. Si le gouvernement du Québec s’apprête aujourd’hui à légaliser le bris des promesses faites aux travailleurs municipaux, qu’est-ce qui l’empêcherait demain de transformer d’autres promesses inscrites à des contrats en « promesses de politiciens » ?

 

Une société se bâtit sur la confiance entre les citoyens. Cette confiance ne peut pas exister si l’on n’accorde aucun respect à la parole donnée. La seule chose juste à faire pour le gouvernement du Québec est d’encourager le dialogue entre les municipalités et leurs travailleurs pour négocier un compromis qui conviendra à tous dans le contexte actuel. Permettre aux municipalités de se soustraire unilatéralement à leurs obligations, c’est tuer cette négociation en permettant aux municipalités de voler leurs travailleurs en toute légalité.

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28 commentaires
  • Denise Lauzon - Inscrite 27 mai 2014 03 h 00

    Un petit doute

    On étend souvent dire que les fonctionnaires ont des salares moindres que des travailleurs du secteur privé. Considérant les avantages sociaux, les bonis dans certains cas et les salaires- mêmes, j'ai tendance à penser que la majorité des employés de l'État sont avantagés.

    • Guy Vanier - Inscrit 27 mai 2014 15 h 26

      Vous faite quoi à 70/75 ans, retraité sans d'autre revenu que votre pension que vous avez toujours payé toute votre vie? Retournez travaillé?
      Les retraités de White Burch à Québec ont perdu 41% de leur chèque de retraite sans avoir leur mot à dire....
      C'est du vol organisé et le gouvernement y a participé en permettant à cette compagnie de retarder leur cotisation au régime, jusqu'à leur faillite....
      Il veulent faire la même chose avec les retraités des villes du Québec.

      Vous n'êtes pas tanné de mourir bande de caves? C'est assez! Non?

  • simon villeneuve - Inscrit 27 mai 2014 03 h 51

    Un oubli

    "Ceux-ci ont accepté d’avoir un salaire moins élevé durant leur carrière en échange d’une promesse que les municipalités allaient leur payer une rente de retraite qui leur garantirait une sécurité financière pour leurs vieux jours."

    Il ne faut jamais oublier qu'un fond de pension affecte directement a la baisse, les REERs qu'un employe a droit de cotiser !

    Ainsi pendant plusieurs annees, si ce n'est pas toutes leurs carrieres dans certains cas, les employes ne pouvaient cotiser autant qu'ils le voulaient dans leurs REERs pour etre mieux proteger et aujourd'hui ils doivent en plus perdre ce qu'ils devaient recevoir en benefices des fonds de retraites ...

    C'est plus que du vol ...

    C'est comme dire, les 10$ de l'heure tu gagnais en 1995 et bien finalement aujourd'hui nos homme politiques decident que tu ne gagnait que 8$ et tu doit rembourser les 2$/heure a ton employeur retroactivement car ce dernier a ete irresponsable et corrompu.

    Si ce n'est pas de la fraude c'est quoi ?

    Le plus hypocrite c'est que les liberaux ont denonces le parti quebecois qui voulait, retroactivement , cibler les 130000$ et plus de revenus pour l'annee 2012 seulement en augmentant sensiblement leurs impots pour eliminer la taxe sante .

    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/359834/ra

    Evidement, proteger les plus riches sur une courte periode est essentiel mais faire payer la classe moyenne retroactivement pour des deficits qui s'etalent sur des dizaines d'annees, ca c'est correct et normal !


    Oubliant aussi que les fonds de retraites sont en majorites bien loin de la crise dans laquelle ils etaient en 2008.

    http://www.ledevoir.com/economie/actualites-econom

    Le populisme est en grande forme au Quebec.

  • Gaétan Cloutier - Abonné 27 mai 2014 06 h 39

    Ce sera le "petit contre le petit"

    L'irresponsabilité de nos dirigents de nous désigner comme des "bien nantis" n'est que le début de la mauvaise farce. Lorsque nous sortirons en pleines rues pour crier notre désapprobation, ce ne sera pas Nous contre les gouvernements, mais bien Nous contre tous ces gens qui paient pour ces régimes (qui de plus, la majorité n'ont aucun projet de financement de retraite).

    Les Labaume de ce monde ne font que dire aux "petits": Réveillez-vous, car vous payer pour tous ces gâtés.

    Il ne sera jamais mention que je cotise à hauteur de 100$ par semaine (combien sont ceux qui se permettent de prendre 5000$ de REER...). Il ne sera jamais mention non plus des congés de cotisation de ces même municipalités pour finalement faire gonfler le déficit à ce que l'on se fait dire.

    J'écoute les stratégies que veulent employer le syndicat où je travaille (montrer du doigt le régime de pension de nos élus...)...à ce compte-là, on ne gagnera pas. Les gens ne s'identifient pas aux élus (ce n'est pas de bonne presse ces temps-ci); ils s'identifient à leur voisin d'en face qui est retraité à 55 ans cependant.

    Nivelons par le bas et que le petit conclu notre sale boulot.

    C'est dommage d'avoir cru que les années 70 (période où ces régimes ont été adoptés) se propageraient pour toujours.

    On fait quoi maintenant (ultimement, le gouvernement en sortira même vainqueur en passant pour qqn qui a mit ces culottes face à ces damnés syndiqués de l'état). Je ne vois pas; à part espérer que le gouvernement ne coupera pas davantage dans un futur pas si lointain

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 27 mai 2014 06 h 50

    Êtes-vous surpris d'être triché ? p1

    Êtes-vous surpris d’être triché dans vos régimes de pensions, par nos dirigeants ? Voyez tout ce que l’on a fait des régimes de pensions de la classe moyenne en amérique du Nord depuis 2008.
    Voyez tout ce que peuvent faire nos politiciens et administrateurs avec nos argents. Ils veulent notre participation à des régimes de retraite pour profiter des bénéfices et par la suite ils nous spolient.

    Commission “Grenier”
    Le PLQ, le PLC et le gouvernement du Canada doivent être éternellement reconnaissants à Grenier et à Blanchet d'avoir ainsi réussi à cacher aux Québécois les magouilles odieuses utilisées par le camp du Non pour voler le référendum de 1995.
    Le juge Grenier a fait des découvertes explosives qui sont toujours secrètes. Sa commission devait durer 3 mois; elle en a duré 18. Ce que lui ont dit les 90 témoins et les plus de 4 500 documents qu'ils ont déposés en preuve sont frappés d'une ordonnance de non-divulgation sans limite de temps.
    On n'impose pas le «secret pour l'éternité» sur des insignifiances. Le huis clos a permis que des faits majeurs concernant le vol du référendum de 1995 soient soustraits à la connaissance du public.

    Commission “Bastarache”
    Le rapport final de la Commission estime toutefois que le processus de nomination des juges est « perméable » à des influences de toutes sortes et formule 46 recommandations pour corriger la situation.

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 27 mai 2014 06 h 52

    Êtes-vous surpris d'être triché? p.2

    Commission “Gomery”
    Il s'agit du Scandale des commandites: un crime d'État. On y présente une chronologie détaillée des faits et une présentation des lois qui ont été violées. L'implication des politiciens, explication du fait que l'on puisse conclure à un crime d'État.
    Le rapport du le 1er novembre 2005 par le juge Gomery blâme fortement l'ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien, pour sa participation. Le rapport conclut à une ingérence politique de la garde rapprochée de Jean Chrétien dans la gestion du programme. Selon Gomery, le programme a servi à alimenter un système complexe de pots-de-vin profitant au Parti libéral du Canada. Également, le chef de cabinet Jean Pelletier, Alfonso Gagliano, Charles Guité, Jacques Corriveau, ainsi que plusieurs hauts fonctionnaires, dirigeants d'agences de publicité, ainsi que d'autres organisateurs libéraux sont pointés du doigt.

    Commission “Charbonneau”
    Collusion et corruption sont dévoilées. On attend le rapport.

    Et ils veulent notre confiance. LOL.

    • Mario K Lepage - Inscrit 27 mai 2014 09 h 54

      Le temps est proche où les gouvernement provincial et fédéral couperont dans les régimes de pension, prétextant que certains ont assez d'argent avec leur réer ou pensions privées.... Ils détourneront ainsi à leur profit des sommes mirobolantes comme dans l'assurance emploi... La machine est en marche!