Langue: l'à-plat-ventrisme de Philippe Couillard

Philippe Couillard est le chef de parti le plus à-plat-ventriste que le Québec ait connu dans le dossier linguistique: même les employés d’une chaîne de montage devraient connaître l’anglais au cas où un investisseur américain ou britannique visite l’usine!

Hier lors du débat, M. Couillard a démontré qu’il serait sans doute le premier ministre le plus à-plat-ventriste que le Québec ait connu dans le dossier linguistique. Non seulement il dénie tout déclin du français à Montréal, mais il trouve normal qu’on exige l’anglais pour n’importe quel emploi, même ceux qui ne nécessitent aucun contact avec le public ou l’extérieur du Québec. Pour lui, même les employés d’une chaîne de montage devraient connaître l’anglais au cas où un investisseur américain visite l’usine!

Sur l'Île de Montréal, 53 % des gens utilisent le français comme langue d'usage et 48,7 % des gens ont le français comme langue maternelle, une tendance à la baisse qui gagne maintenant la couronne de la métropole. La force d’attraction de l’anglais y est de cinq fois supérieure proportionnellement à celle du français, là où se concentre la grande majorité des nouveaux arrivants (plus de 50 000 par année) et des allophones. La part de la main-d’œuvre des entreprises privées résidant sur l’Île de Montréal et travaillant uniquement en français a diminué de 9,9 points de pourcentage entre 1997 et 2010. De plus, le pourcentage de ces employés travaillant généralement en français est passé de 45,3 % en 1989, à 41,0 % en 1997, puis à 32,1 % en 2010.

Et M. Couillard trouve non seulement que tout va bien, mais qu’il faut laisser libre cours au bilinguisme institutionnel. Le bilan du Parti libéral dans le dossier linguistique est catastrophique, mais là M. Couillard dépasse les bornes. En commission parlementaire contre le projet de loi 14, les libéraux se sont littéralement déshonorés. Ils se sont faits complices d’une des pires campagnes de dénigrement et d’intimidation que le Québec ait subie. N’oublions pas que ce sont eux qui ont imposé le bâillon à l’Assemblée nationale pour adopter la loi 115 qui permet à des bien nantis de s’acheter le droit d’envoyer leurs enfants et toute leur descendance à l’école anglaise. C’est M. Couillard qui a donné un statut bilingue au dernier hôpital francophone de l’Ouest-de-l’île de Montréal, alors qu’il s’était engagé à faire le contraire en tant que ministre de la Santé.

Il avait déclaré en Chambre le 11 mars 2008 : «Et il n'est aucunement question de modifier le caractère linguistique, ni de l'environnement des soins, ni de l'environnement de travail du personnel.» C’est le même Philippe Couillard qui a donné le feu vert à la construction de deux mégahôpitaux à Montréal, financés à parts égales, l’un pour les 79 % de francophones et l’autre pour les 8 % d’anglophones au Québec. C’est l’équivalent de deux stades olympiques que toutes les régions du Québec devront contribuer à défrayer pendant des lustres, d’autant plus que la construction du McGill University Health Center (MUHC) a connu des dérapages majeurs, survenus sous l’administration du collègue de M. Couillard, le Dr Arthur T. Porter.

S’il reste encore une once de fierté aux électeurs qui pensent voter pour le Parti libéral, nous leur demandons de bien réfléchir avant de voter pour un Parti libéral qui met en péril les acquis qu’a contribué à bâtir le Parti libéral des années 60 avec le Maître chez nous de Jean Lesage et la loi 22 de Robert Bourassa, qui faisait du français la langue officielle du Québec. Le PLQ de messieurs Charest et Couillard est méconnaissable. Il apparaît de plus en plus comme un simple relai des revendications de certains groupes de pression anglophones.

Nous avons besoin d’un gouvernement prêt à renverser la tendance au déclin du français, et non pas d’un retour des libéraux qui mettront tout en œuvre pour accélérer notre assimilation.
27 commentaires
  • Pierre Brosseau - Abonné 29 mars 2014 00 h 55

    SI SEULEMENT ...

    ... les électeurs qui ont la moindre fibre nationaliste pouvaient lire votre texte, M. Beaulieu, même les libéraux purs et durs, comment pourraient-ils ne pas vous donner raison ?

    • Maurice Turcot - Inscrit 29 mars 2014 11 h 59

      Hmmm... Plein d'exagérations dans ce texte. L'auteur présente les deux méga hôpitaux comme étant les seuls du Québec. Un francophone se fera servir en français dans tous les hôpitaux, incluant celui de McGill. Pour ce qui de l'enseignement de l'anglais, c'est comme l'enseignement des mathématiques. Les jeunes sont enseignés les matières de base qui pourraient être utiles dans leur choix et cheminement de carrière. C'est plus facile de maîtriser une langue dès un jeune âge.

      La langue des affaires, la langue interculturelle et la langue des sciences est l'anglais. Et non pas comme d'autres peuples qui ne perçoivent pas l'anglais comme une menace et qui réussissent à conserver leur langue tout en maîtrisant l'anglais (Néerlandais, Suédois, Allemands, "Alouettes") certains Québécois perçoivent encore l'anglais comme la langue de notre conquérent. Perception qui est un véritable boulet sur notre évolution et qui consomme du temps et des ressources qui pourraient être consacrés à régler de véritables problèmes.

    • André Gervais - Inscrit 29 mars 2014 16 h 29

      À Maurice Turcot.

      Effectivement, j'ai travaillé au sein de l'OTAN et des "Partners for Peace" avec des néerlandais, allemands, norvégiens et suédois qui, tous parlaient très bien l'anglais. J'ai d'ailleurs toujours mentionné que la meilleure façon de protéger notre langue était de se donner un pays. Sincèrement, si ce n'était que la Hollande existe comme pays indépendant, les hollandais parleraient tous l'allemand, et le néerlandais aurait été rejoindre le bavarois, le silésien et autres dialectes germaniques au pays des langues disparues!

    • Maurice Turcot - Inscrit 29 mars 2014 19 h 19

      Sauf que les langues que vous mentionnez n'existait que dans une région dans un seul pays. Le français est parlé par plus de 100 millions de personnes dans des dizaines de pays dont certains où qui l'utilisent comme unique langue officielle. Pour le néerlandais, il est aussi parlé en Belgique, pays à trois langues officielles.

      Considérant les pouvoirs actuels de la province du Québec, je vois mal comment un pays assurera plus la survie de la langue française. L'importance qu'a pris la langue anglaise dépasse les 25 millions de canadiens-anglais. Partout sur la planète les gens de differents peuples apprennent l'anglais pour communiquer entre communautés linguistiques.

    • Gilles Daoust - Inscrit 30 mars 2014 10 h 33

      J'ai fait mon bac en ingénierie avec des connaissances insuffisantes en anglais et je constate que cela désavantage les unilingues francophones car la grande majorité des livres de référence sont en anglais. Et laissez-moi vous dire que ce n'est pas la qualité de l'enseignement universitaire qui peut palier à cet état de fait.
      J'ai eu la chance, lors de la récession de 1988, de me trouver un emploi en Ontario et j'ai pu ainsi acquérir les connaissances nécessaires pour finalement avoir accès à toutes les connaissances en ingénierie. Oui, nos étudiants doivent être bilingues pour faire avancer le Québec.

  • Carole Jean - Inscrite 29 mars 2014 02 h 31

    Bravo à M. Beaulieu pour tous ces chiffres éloquents.


    Oui. Il y a péril à la demeure.

    SVP lire l’excellent éditorial du Directeur du Devoir M. Bernard Descôteaux sur le même sujet :
    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/404027/El

  • André Chevalier - Abonné 29 mars 2014 03 h 49

    Couillard, promoteur de l'assimilation

    Les tenants du fédéralisme canadiens sont cohérents. Ils savent très bien qu'en restant dans le Canada, les québécois sont voués inéluctablement à l'assimilation au monde anglophone. Pour eux, plus vite ça se fera, mieux ce sera. Ils sont donc opposés à toute mesure qui peut ralentir ou empêcher ce phénomène.

    Évidemment, il est important pour eux de faire accroire à la population que la langue française se porte bien au Québec et même à Montréal. Il vont passer sous silence le fait que, dans beaucoup d'entreprises soi-disant francisées, on exige la connaissance de l'anglais pour occuper certains postes (ce qui est acceptable), sans jamais exiger la connaissance du français. Dans ces entreprises, on peut être unilingue anglophone, mais pas francophone. Le résultat est que la langue de communication interne est l'anglais.

  • Gérard Boudreau - Inscrit 29 mars 2014 03 h 52

    Le vrai Philippe Couillard?

    À-plat-ventriste, Couillard?

    C'est encore lui faire bien trop d'honneur que de le qualifier de la sorte!
    Ce gars-là n'est que le fier thuriféraire du Canada de Harper et le très bon ami d'un certain Porter:

    Porter est nommé par le ministre Philippe Couillard président du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS),
    ils ont été ensemble au CA de la société minière Canadian Royalties,
    ils ont été ensemble au Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité,
    ils ont été ensemble avec leur Porter, Couillard et associés.

    Couillard c'est aussi le gars qui revient d'Arabie Saoudite (oui oui, le pays qui finance l'Islamisme radicale). Certains y voyaient de stupéfiantes dérogations à la sécurité nationale lorsqu'on sait qu'obtenir un tel poste (au CSARS) permet l'accès aux plus grands secrets du Canada... «La politique et l'envie de récompenser des amis ont pris le dessus sur la raison et la sécurité nationale.»

    http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politi

    Maintenant Porter est en prison et malade, et notre gars, Couillard le carriériste versatile (!) et amateur de paradis fiscaux se dissocie vigoureusement de Porter et veut le poste de Capitaine Canada et de premier ministre du Québec!

    L' assimilation des francophones, il n'en a rien à foutre.
    Ses principales tâches seront de continuer l'oeuvre de Charest: démoniser le PQ (et les outils démocratique tels les référendums) et étouffer économiquement le + possible le Québec tout en le gardant dépendant du ROC.

    • Claude Champagne - Inscrit 30 mars 2014 17 h 27

      Excellente description d'un danger qui guette le Québec. Comment peut-on se fermer les yeux, de quelqu'un qui possède un cv si troublant? Un personnage douteux et un parti douteux, un cocktail empoisonné avec un lendemain des plus douloureux pour mon Québec si chère.

  • Pierre Couture - Inscrit 29 mars 2014 04 h 19

    Entièrement d'accord

    Je n'ose même pas imaginer la catastrophe que représenterait un gouvernement Couillard.

    Non seulement est-il indifférent à notre disparition comme peuple, mais il trouve l'évasion fiscale et les paradis fiscaux acceptables, il s'est associé avec un personnage soupçonné de multiples illégalités, il ne supporte pas qu'une femme lui tienne tête.

    Il faudrait vraiment nous éviter l'avenir bouché qu'il représente.