Libre opinion - Dénoncez la violence dans Hochelaga-Maisonneuve

Lettre à M. Jonathan Aspireault-Massé du comité BAILS Hochelaga-Maisonneuve, au sujet des actes de vandalisme posés dans ce quartier

Je vous écris pour vous demander de participer au comité de travail en réponse au vandalisme dans Hochelaga-Maisonneuve. Votre hésitation me désole et m’interloque. En fait, c’est votre devoir d’y participer.

Vous faites un travail dur et essentiel que vos concitoyens estiment. Chaque jour, nous côtoyons la misère. Vous, vous en êtes immergé. Vous tentez de répondre à une détresse pour laquelle vous n’avez que trop peu de ressources et voici une occasion unique d’attirer la sympathie.

Je devrais me présenter, ce serait impoli de ne pas le faire. En fait non, je vais nous présenter. Nous sommes les enfants de la révolution tranquille. Nous sommes les fils et les filles de la social-démocratie qui a transformé le Québec contemporain. Nous sommes ceux qui payent leurs taxes et impôts avec le sentiment de contribuer à une société plus juste. Nous sommes ces citoyens ouverts sur les idées, nous sommes ceux qui permettent le financement d’organismes comme le vôtre. Nous avons marché, un carré rouge sur le coeur, pour nous assurer que le Québec ne retourne pas en arrière. Nos enfants sont nés dans le quartier, ils sont chez eux plus encore que vous l’êtes et nous bâtissons pour eux un environnement où ils pourront s’épanouir. Nous ne sommes pas des bourgeois, mais de jeunes familles de la classe moyenne. La crise du logement nous a autant affectés que les plus démunis. Beaucoup des nôtres sont partis en banlieue à contrecoeur.

Votre organisme se doit d’être neutre politiquement et de représenter tous les citoyens dans le besoin d’un logement abordable. Y compris ceux qui désirent mettre leurs enfants en contact avec une culture de qualité et fréquenter les commerces de leur choix. Ceux qui, comme ma mère en son temps, veulent former leurs enfants dans un environnement stimulant afin qu’ils aient une vie meilleure que celle qu’eux-mêmes ont eue.

Lorsque nous vous demandons de dénoncer les actes de violence et de vandalisme, voyez-vous, ce n’est pas pour vous soumettre. C’est pour vous affranchir d’un jupon noir qui dépasse peut-être un peu trop. Ne pas le faire suggère que vous préférez la confrontation au dialogue. Des mauvaises langues pourraient dire que vous mettez vos convictions politiques devant la mission de votre organisme.

Quand vous ne rectifiez pas la rhétorique mensongère, à la limite de la propagande, que vos sympathisants masqués utilisent, c’est comme si vous l’endossiez. Ils veulent cultiver le sentiment que les mieux nantis sont responsables du malheur des gens à faible revenu. Leur projet est de soulever les prolétaires contre les méchantes jeunes familles et les propriétaires de condos. Mais je ne vous apprends rien, n’est-ce pas, Monsieur Aspireault-Massé ? Le malheur, c’est que cette stratégie ne fait qu’exacerber les préjugés et polariser les positions. Bonsoir le consensus !

Madame Poirier ne fera pas une Line Beauchamp d’elle-même et, le cas échéant, nous lui rappellerons fermement pourquoi nous l’avons élue. Parce qu’effectivement, démocratiquement, nous l’avons choisie pour nous représenter tous, pauvres et moins pauvres, que ça vous plaise ou non. Encore une fois, je vous le demande ; saisissez cette occasion de faire votre travail comme jamais auparavant. Montrez-nous que votre objectif est de trouver des solutions qui correspondent à votre mandat et non de maintenir une lutte des classes au service de vos desseins politiques.

Et si, au réveil, je devais trouver un grand A sur la brique rouge de ma maison, j’inscrirai dessous : « La propriété, c’est la liberté ! »,un sourire aux lèvres.


Guillaume Lamothe - Montréal

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