Libre opinion - Livre numérique: un débat pour l’élite!

La gent intellectuelle est confrontée à un nouvel obstacle. En effet, quelques auteurs à succès rendront accessibles leurs oeuvres populaires sur leur site Web et par la commande en ligne plutôt que par le réseau traditionnel de distribution. Trahison selon les éditeurs et les libraires courroucés, autonomie et innovation, répliquent les nouveaux spécialistes de l’autopromotion du livre.

 

Que de palabres, lues et entendues, pour justifier cette tendance ou condamner cette nouvelle façon de faire ! Les spécialistes ergotent sur les prix, coût, accès et profit. Chacun y va de sa théorie mercantile et économique pour annoncer la baisse ou la hausse, c’est selon le point de vue, de la vente du livre.

 

Dorénavant, aux libraires du coin de la rue et aux magasins à grande surface, il faudra ajouter l’auteur-distributeur virtuellement actif pour commercialiser le rejeton de Gutenberg. Déjà, le livre numérique est accessible sur la plateforme commerciale de commande en ligne des grandes entreprises de l’édition.

 

Voilà maintenant que le gouvernement songe à légiférer en la matière et frapper là où ça fait mal : le prix. Plancher abaissé ou plafond diminué, l’entrepôt du livre voit sa charpente menacée.

 

Pendant que toutes ces tergiversations font grand bruit dans le milieu et ajoutent de la friture à la réflexion, on fait abstraction du véritable enjeu avec lequel notre société est aux prises. Le prix du livre n’est pas la prémisse au plaisir de lire.

 

La lecture est une activité de moins en moins pratiquée par la population, et cela n’a rien à voir avec le coût de l’objet, le livre. Avec un taux d’alphabétisation réel frôlant dangereusement le 50 % au Québec, un niveau de décrochage inquiétant chez nos étudiants, une nouvelle syntaxe qui ne dépasse plus 140 caractères, l’instantanéité de l’actualité en quelques images formatées, la marchandisation aguichante des vedettes remplissant d’insipides magazines, comment pouvons-nous nous illusionner qu’en modulant à la baisse le prix du livre, celui-ci deviendra une denrée essentielle à notre soutien moral et intellectuel ?

 

Peut-il en être autrement ? La lecture en général, et le livre en particulier, est en déclin. Le futile débat sur le prix n’y changera rien et n’apportera que des solutions illusoires, un miroir aux alouettes.

 

Faute d’avoir un parent intéressé par la lecture, l’école doit devenir (ce qu’elle n’est pas actuellement) le moteur de la motivation à la lecture. La bibliothèque scolaire ou municipale doit poursuivre sa mission et proposer un vaste choix de lecture.

 

Pour ma part, je n’ai plus besoin d’acheter ou de télécharger, j’ai accès, à quelques rues de ma demeure, à une offre incroyable de livres dans une bibliothèque publique, joyeux labyrinthe de la connaissance où des préposés se font un plaisir de me guider.

 

Je devrai peut-être attendre mon tour pour mettre la main sur le dernier « best-seller », mais de milliers d’autres excellents bouquins me feront patienter sans difficulté.

 

Chez le bobo, membre de l’élite intellectuelle, lire la nouveauté avant tout le monde pour bien en discourir avec toute sa jactance n’a pas de prix. Dans mon cas, le plaisir de lire ne sera pas amenuisé par la gratuité des livres dont je m’approvisionnerai sans souci.

 

Vive la lecture libre !


 
3 commentaires
  • Charles F. Labrecque - Inscrit 15 novembre 2013 09 h 26

    Quelle belle vérité déclarée.

    Comme j'ai toujours cru, il existera toujours des gens bien intentionnées qui refuseront de croire aux changements que nous apportent la sciences. Malheureusement parmi ces gens qui font le plus de bruits, se trouve des gens trop intéressées aux profits sans plus. Mon expérience de vie acquise durant mes 82 ans de vie me permet de dire qu’inévitablement le livre papier disparaîtra comme la dactylo d'autrefois. Pourquoi conserver des milliers de mètres d'étagères de livres papier, quand nous savons qu'il sera possible de conserver le tout sur une disquette ou une clef mémoire de quelques centimètres.
    Aussi savons nos arbres aux grand plaisir des environnementalistes.

  • André Michaud - Inscrit 15 novembre 2013 10 h 58

    Sagesse

    Beaucoup de sagesse dans ces propos..je seconde!