Libre opinion - Monsieur Duchesneau, vous m’avez déçue!

Monsieur Duchesneau, si votre opération récente de salissage d’André Boisclair avait des motifs plus nobles, soit contribuer à mettre au grand jour des pratiques frauduleuses dans une société qui réclame transparence et intégrité, je lèverais mon chapeau. D’ailleurs, la commission Charbonneau remplit très bien ses fonctions dans ce dossier en faisant l’éclairage sur les gestes d’André Boisclair au sujet, entre autres, de la signature de contrat entre Paul Sauvé et le gouvernement du Québec à quatre jours du scrutin et des rapports existant entre Paul Sauvé et la mafia. Vous pouvez poser toutes les questions et réclamer toutes les réponses à ce sujet. C’est votre droit le plus strict et sûrement aussi votre devoir.

 

Cependant je considère que, la semaine dernière, vos associations, insinuations avec la cocaïne, le crime organisé et André Boisclair étaient plus que déplacées ; elles étaient tendancieuses et abusives et ne visaient qu’à démolir une personne. Entre exercer son devoir de représentant de la population et faire une chasse aux sorcières, il y a, vous admettrez, toute une marge. Dans le cas qui nous intéresse, vous avez dépassé les bornes. Vous avez procédé à l’endroit d’André Boisclair à une entreprise de salissage de bas étage. Et pourtant, vous avez déjà subi, selon votre propre témoignage, une saloperie semblable (cf. Tout le monde en parle 2011- Jean Lapierre, Paul Larocque, Le Journal de Montréal). On se demande ce que vous en avez retenu…

 

Il est clair que votre rhétorique récente dans l’affaire Boisclair était, il va sans dire, électoraliste ; cependant, elle ne justifie pas pour autant de telles manoeuvres déloyales. Vous avez manqué d’éthique et encore plus de savoir-vivre. Pour gagner quelques points sur l’échiquier électoral (si c’est obtenu), vous avez fait preuve d’incivilité. Actuellement, on se bat pour éliminer la corruption en politique ; il faudrait aussi apprendre à se comporter avec un minimum de décence dans l’arène politique au lieu de s’adonner si servilement à des intrigues et à un grenouillage de cette espèce.

 

J’en viens à déplorer qu’en 2011, vos détracteurs n’aient été plus durs à votre égard. Peut-être auriez-vous alors, dans le cas de M. Boisclair, manifesté plus d’indulgence, à tout le moins, de retenue. Le tonitruant redresseur de torts dont vous nous avez fait montre la semaine dernière ne vous a pas fait marquer de points sur l’échelle de votre crédibilité. Malgré tout ce que l’on pourrait reprocher à M. Boisclair, et dont il répondra sous peu, insinuer par des allusions habilement fricotées avec des rapports de cause à effet pervers qu’André Boisclair est un drogué qui couche avec la mafia trahit une mauvaise foi criante. Et le faire de la façon dont vous l’avez fait, fièrement comme un coq (allez consulter les archives) gloussant presque, voilà un morceau de choix : « Où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. » Vous venez de nous en faire une démonstration des plus éloquentes.

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