Libre opinion - Les caisses Desjardins, des coopératives présentes et engagées dans leur milieu

Dans une lettre publiée dans l’édition du Devoir du 5 août, intitulée Où s’en vont les caisses populaires ?, M. Pierre-André Julien s’interroge sur les motifs justifiant les changements qui s’opèrent dans le réseau des caisses Desjardins, notamment dans certaines localités où les administrations des caisses repensent la configuration de leur réseau.

 

On le perd souvent de vue : les caisses Desjardins sont, encore aujourd’hui, les institutions financières les plus présentes dans toutes les régions du Québec et elles entendent bien le demeurer. Par exemple, 32 % de leurs points de services sont situés dans des zones à faible densité, contre 2 % des succursales bancaires.

 

Le modèle d’affaires Desjardins est fondé d’abord sur la notion de service aux membres et non sur le gain à court terme. Ainsi, au Québec, le réseau de Desjardins regroupe près de 1200 points de services, tandis que la plus grande banque au Canada a environ 1300 succursales dans tout le pays. Et cela alors que neuf transactions sur 10 sont désormais réalisées ailleurs qu’au comptoir d’une caisse et que celles effectuées par Internet croissent à un rythme accéléré.

 

Tendance irréversible

 

Au cours des 10 dernières années, la façon de transiger avec son institution financière a profondément changé et la tendance est irréversible. Les administrateurs des caisses, élus parmi les membres, sont tout à fait légitimés de se questionner sur la pertinence de maintenir ouverts des centres de service dont la fréquentation diminue. Leur exploitation, de plus en plus déficitaire, mine par le fait même la santé financière de la caisse. Ce ne sont pas là des décisions faciles, on en conviendra.

 

Les fermetures annoncées ne visent pas des caisses à proprement parler, mais des extensions de celles-ci, ce que l’on appelle des centres de services. Ils sont l’un des accès possibles aux services d’une caisse et on est à même de constater de nos jours que, pour avoir accès à son argent, par exemple, les moyens ne manquent pas : les guichets automatiques, l’achat d’épicerie combiné à un retrait d’argent ou encore le financement de biens réalisé directement chez le commerçant en sont des exemples parmi tant d’autres.

 

Une caisse se doit d’être rentable pour être en mesure d’offrir des taux compétitifs, remplir pleinement sa mission, continuer à soutenir de nombreux événements ou initiatives locales. S’ajoute à cet impératif celui de respecter des exigences réglementaires accrues, dictées dans la foulée de la crise financière de 2008.

 

Si on voulait imposer aux caisses Desjardins de maintenir ouverts tous leurs centres de services, il serait sans doute tout aussi légitime d’inviter leurs membres à regrouper l’ensemble de leurs épargnes et de leurs affaires financières au sein de leur caisse.

 

Alphonse Desjardins serait fier de voir que le mouvement coopératif qu’il a fondé est aujourd’hui en mesure de répondre aux besoins de toutes les classes de la population. Lui qui était si soucieux de la rentabilité des caisses, il serait surtout impressionné d’apprendre que le Mouvement Desjardins est aujourd’hui fort d’un actif de plus de 200 milliards, qu’il apporte une contribution de l’ordre de 6 milliards au Québec, en salaires, en impôts directs ou indirects, en produits et services qu’il acquiert, etc., qu’il est le plus important employeur privé du Québec avec plus de 40 300 employés et que les caisses continuent, par leur engagement, à soutenir leurs membres et les collectivités où elles sont présentes.

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