Libre opinion - Un rendez-vous s.v.p.

Depuis plusieurs années, j’ai des problèmes aux genoux, et cette semaine, je suis allé à un groupe de médecine familiale dans le but d’avoir un rendez-vous avec un orthopédiste pour régler mon problème.


À la clinique, on m’a dit que je n’étais pas assez « maganné » pour voir un orthopédiste, que plusieurs patients avaient plus de problèmes que moi et qu’ils n’étaient pas référés à des orthopédistes. On m’a dit que je devrais voir un médecin de famille, mais, comme plusieurs Québécois, je n’ai pas de médecin de famille. On m’a donné l’adresse Internet d’un guichet pour m’inscrire sur une liste d’attente ; cette adresse ne fonctionne pas, mais j’ai réussi à trouver le site en question. On m’a suggéré des CLSC avec lesquels communiquer pour avoir un médecin de famille. Mais une couple de ces CLSC sont fermés depuis deux ou trois ans, dont celui le plus près de chez moi. Je vais en trouver un, c’est certain.


Donc j’ai un problème aux genoux, et depuis quelques années, j’ai plus de difficulté à monter des marches. Je n’avais autrefois aucun problème à monter et descendre les multiples escaliers de la ville de Québec malgré une douleur somme toute endurable, mais là, ça devient plus difficile, donc j’ai abandonné les escaliers. Naturellement, j’ai abandonné aussi le vélo.


Avec le temps, je deviendrai de plus en plus sédentaire. Ce n’est pas en faisant des petites marches de pépère que je me considérerai comme actif physiquement. La sédentarité va amener son lot de problèmes : haute pression, cholestérol élevé, diabète, ankylose, prise de poids (déjà que j’ai plus de poids à perdre qu’à prendre), etc. Mais notre système de santé va certainement me prescrire de belles petites pilules pour contrôler ces problèmes, lesquelles pilules peuvent me causer d’autres problèmes : à l’estomac, au foie, au rein. Problèmes qui seront corrigés par d’autres pilules, naturellement.


Dans quelques années, quand je serai confiné chez moi, au lit, parce que mes problèmes aux genoux seront plus graves. À ce moment, je pourrai entreprendre des démarches pour voir un orthopédiste. Naturellement, ça va prendre plusieurs mois, pendant lesquels ma situation va se détériorer avant que je puisse voir un orthopédiste, et ce médecin va me dire quoi ? « M. Boutin, vous avez été négligent, vous auriez dû venir me voir plus tôt ! »


Pendant le temps d’attente pour voir un orthopédiste, je vais finir par me retrouver dans une résidence pour personnes en perte d’autonomie où on va continuer à me donner la multitude de pilules que je devrai prendre à cause de ma condition, et en plus, on va me donner de belles pilules pour faire de moi un zombie pour que je me tienne tranquille. J’en connais à qui c’est arrivé, à leurs proches. Tous ces problèmes vont finir par affecter mon moral, mais là encore, ce n’est pas grave, on pourra toujours me prescrire des antidépresseurs.


Je veux juste voir un médecin spécialiste pour régler le problème que j’ai avant d’avoir tous les problèmes énumérés plus tôt.

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