Libre opinion - Des propos qui manquaient de perspective

Les propos que le porte-parole du Conseil national des chômeurs, Pierre Céré, tenait dans les pages du Devoir lundi manquaient de perspective.

En dressant son bilan de la manifestation nationale contre le saccage de l’assurance-emploi, manifestation qui fut d’ailleurs sans l’ombre d’un doute une réelle réussite, il a dit que la prochaine étape devrait être de mobiliser le reste du Canada contre la réforme du gouvernement conservateur. Or, depuis le début de la lutte contre l’odieuse réforme de la ministre Finley, le NPD et ses partenaires travaillent justement à rallier les progressistes de partout au pays pour en faire non pas une lutte de l’Est contre l’Ouest, mais un combat des travailleurs canadiens contre une mauvaise politique des troupes de Stephen Harper.


Dans l’Est, les gens ont compris l’importance de la situation. Même le premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick, David Alward, a demandé au fédéral de faire marche arrière.


Que se passe-t-il à l’ouest du Québec ? On ne peut ignorer que, pas plus tard que la semaine dernière, s’est formée à Toronto la « Good Jobs for All Coalition ». Cette nouvelle coalition regroupe une trentaine d’organisations ontariennes et poursuit les mêmes objectifs que la coalition québécoise, c’est-à-dire de faire reculer le gouvernement conservateur au sujet de l’assurance-emploi.


Cela s’ajoute à des manifestations qui ont eu lieu un peu partout au pays, dont une devant les bureaux du député conservateur de Calgary-Nord-Est le 26 avril dernier. Oui, même à Calgary, des gens en ont contre la réforme ! Vendredi dernier, la ministre Diane Finley elle-même a reçu la visite impromptue de manifestants dans son bureau de circonscription de Simcoe, en Ontario.


Il faut reconnaître que le Québec ne peut pas, à lui seul, corriger tous les mauvais traitements que les gouvernements libéraux et conservateurs ont infligés au programme de l’assurance-emploi à travers les années.


À nous, maintenant, d’appuyer ces coalitions qui poussent ailleurs au Canada et d’alimenter un mouvement de grogne que les conservateurs ne pourront ignorer. Et si Stephen Harper s’entête, il trouvera le NPD sur son chemin lors des élections de 2015.